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== Contre la vision réaliste conventionnelle ==
== Contre la vision réaliste conventionnelle ==
La dernière conséquence que Waltz met en avant est la divergence entre le réalisme classique de Morgenthau et d’autres penseurs, et les néoréalistes et Waltz d’autre part ; c’est l’idée même de la stabilité d’un système international particulier.
Kenneth Waltz met en évidence une divergence majeure entre le réalisme classique, représenté par des penseurs comme Hans Morgenthau, et le néoréalisme qu'il défend. Cette divergence porte sur la notion même de stabilité d'un système international particulier.
 
Pour les classiques, un système multipolaire est plus stable qu’un système bipolaire ; comme A peut s’allier à B, C ou D, ou B peut s’allier à A, C ou D ; lorsqu’on a un système multipolaire on a beaucoup de possibilités, c’est de la combinatoire, plus on a de pôles plus on a de possibilités d’alliances.
Pour les réalistes classiques, un système multipolaire est plus stable qu'un système bipolaire. Dans un système multipolaire, les États A, B, C et D peuvent former diverses alliances entre eux, offrant une multitude de combinaisons possibles. Plus il y a de pôles, plus les possibilités d'alliances sont nombreuses. Cette flexibilité accrue est considérée comme un facteur de stabilité, car elle permet aux États de réajuster constamment leurs alliances pour maintenir l'équilibre. La stabilité signifie ici que le système demeure stable sur le long terme, sans changements radicaux ni guerres majeures entre les grandes puissances.
 
C’est le grand nombre de possibilités d’alliances, cette grande flexibilité qui réalise la stabilité du système multipolaire.
Par exemple, le récent rapprochement entre l'Iran et les États-Unis illustre cette flexibilité. Récemment, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien a affirmé que l'Iran est sérieux dans sa volonté de négocier une réduction des sanctions en échange de garanties à la communauté internationale concernant son programme nucléaire, notamment en renonçant à l'enrichissement de l'uranium à des fins militaires.
 
La stabilité veut dire que le système reste stable.
La flexibilité, pour les réalistes classiques, est une caractéristique de la multipolarité qui assure la stabilité en permettant au système de se perpétuer sans conflits majeurs entre grandes puissances.
 
 
Récemment, l’Iran s’est rapproché des États-Unis, hier le ministre adjoint des affaires iranienne a soutenu le fait que l’Iran est sérieux voulant vraiment négocier une diminution des sanctions contre des assurances données à la communauté internationale de ne pas enrichir son uranium et se préparer à être un pays possesseur de l’arme nucléaire.
Le concept de « balancier » est typiquement associé au rôle joué par la Grande-Bretagne au XIXᵉ siècle. Craignant la domination du continent européen par une seule puissance, la Grande-Bretagne soutenait le plus faible contre le plus fort pour empêcher l'émergence d'une hégémonie continentale. L'idée était de contrer les ambitions des puissances montantes en maintenant un équilibre.
 
La flexibilité pour les classiques est une caractéristique de la multipolarité qui assure en même temps la stabilité soit la permanence d’un tel système qui va se perpétuer et on n’aura pas de guerre importante entre les grandes puissances.
John Mearsheimer prône une politique similaire pour les États-Unis, connue sous le nom de « offshore balancing ». Il s'agit pour les États-Unis d'aider les États moins puissants contre les plus forts afin d'assurer la stabilité. Cependant, cette approche vise moins à assurer la stabilité du système international qu'à préserver les intérêts américains en empêchant d'autres puissances de devenir trop influentes.
 
Le système de balancier est un rôle typique que l’on donne notamment à la Grande-Bretagne au XIXème siècle dont le cauchemar est un continent européen dominé par une seule puissance.
Contrairement aux réalistes classiques, Kenneth Waltz soutient que le système bipolaire est plus stable que le système multipolaire, marquant ainsi une rupture entre le néoréalisme et le réalisme traditionnel. Selon lui, bien que la multipolarité offre une grande flexibilité, elle engendre également beaucoup d'incertitude. Cette flexibilité peut être source d'erreurs de calcul, de mauvaises décisions et augmenter le risque de guerre en raison des ambiguïtés inhérentes au système.
 
La Grande-Bretagne allait à l’aide de celui qui été faible contre celui qui était fort, l’idée était qu’il n’y ait pas sur le continent une puissance trop forte, on va contrecarrer le désir des forts.
Dans un système bipolaire, comme celui de la guerre froide, deux pôles s'équilibrent mutuellement, ce qui crée une stabilité supérieure. La bipolarité réduit l'incertitude, les grandes puissances ayant tendance à maintenir le statu quo sans remettre en cause le système international. À certains moments, les États-Unis et l'URSS coopéraient pour gérer les crises, souvent au détriment des pays du tiers-monde. Des pays comme la Suisse ont profité de cette stabilité, les deux superpuissances maintenant le statu quo.
 
Mearsheimer prône une politique de balancier pour les États-Unis, c’est le offshore balancing. Pour les États-Unis, il s’agit d’aider les faibles contre les forts afin d’assurer la stabilité.
En conclusion, Waltz contredit la vision réaliste conventionnelle en affirmant que la bipolarité apporte une plus grande stabilité que la multipolarité. Pour lui, la flexibilité du système multipolaire, loin d'être un avantage, augmente l'incertitude et le risque de conflits, tandis que le système bipolaire favorise un équilibre plus prévisible et stable entre les grandes puissances.
Ce n’est pas assurer la stabilité d’un point de vue systémique ; c’est par intérêt américain de préserver la suprématie américaine que l’on veut empêcher ceux qui sont puissants de devenir encore plus puissants.
Waltz argumente le contraire des réalistes classiques, il y a une rupture avec les néoréalistes ; le système bipolaire est plus stable que le système multipolaire.
La prévision est autre de celle qui était faite dans le même cadre de courant d’analyse ; la multipolarité amène beaucoup de flexibilité est donc il y a beaucoup d’incertitude.
La flexibilité est une source d’incertitude, l’incertitude augmente avec la flexibilité. La possibilité de faire de mauvais calculs, de se tromper et d’être rationnel, mais à cause du risque inhérent à ce système international la possibilité d’une guerre est beaucoup plus grande dans ce contexte.
Avec un système bipolaire de la guerre froide, il y a deux pôles qui s’équilibrent mutuellement ce qui est plus stable.
La bipolarité amène à une incertitude qui diminue, les puissants ont tendance à être statuquo ne remettant en cause le système international.
À un moment donné les États-Unis comme l’URSS s’entendaient afin de gérer les crises aux frais des pays du tiers-monde. La Suisse a profité de cette stabilité les États-Unis et l’URSS maintiennent le statuquo.


= Les armes nucléaires =
= Les armes nucléaires =
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By creating a more stable balance of military power in the Middle East, a nuclear-armed Iran would be the best possible outcome of the west’s standoff with the Islamic republic.
L’analyse est une analyse structurelle, Waltz dit que le problème n’est pas tant et pas seulement le possible armement et développement nucléaire iranien, mais le problème est le déséquilibre introduit par Israël au Moyen-Orient.
L’analyse est une analyse structurelle, Waltz dit que le problème n’est pas tant et pas seulement le possible armement et développement nucléaire iranien, mais le problème est le déséquilibre introduit par Israël au Moyen-Orient.
   
   

Version du 2 décembre 2024 à 22:37

Le néo-réalisme structurel
Professeur(s) Pierre Allan

Lectures


Le néoréalisme, également connu sous le nom de réalisme structurel, est une théorie fondamentale dans l'étude des relations internationales, largement développée par Kenneth Waltz. Il offre un cadre analytique solide pour comprendre les comportements des États et les dynamiques du système international. En se fondant sur l'idée que les États sont des acteurs rationnels motivés par la quête de sécurité dans un environnement anarchique, le néoréalisme met en évidence les contraintes structurelles qui influencent la politique mondiale.

Cette théorie a été largement utilisée pour expliquer des événements marquants de l'histoire contemporaine, tels que la dynamique bipolaire de la guerre froide et l'émergence de menaces transnationales comme le terrorisme mondial. En outre, le néoréalisme constitue un outil théorique puissant pour analyser les causes profondes des conflits internationaux et leurs répercussions sur l'équilibre global des pouvoirs. Il fournit ainsi une grille d'analyse pertinente pour appréhender les stratégies que les États adoptent dans la poursuite de leurs intérêts, tout en tenant compte des limites imposées par la structure anarchique du système international.

En intégrant certains principes du réalisme classique tout en s'en distinguant par son accent sur les facteurs structurels plutôt qu'individuels, le néoréalisme offre une perspective globale des relations internationales. Cette approche permet d'expliquer pourquoi les États adoptent parfois des comportements qui semblent aller à l'encontre de leurs intérêts immédiats, en raison des pressions systémiques. Dans ce cours, nous explorerons les fondements théoriques du néoréalisme, son cadre analytique et ses applications empiriques dans l'étude de la politique internationale contemporaine.

L'émergence du néoralisme

La théorie des relations internationales selon Kenneth Waltz

L'ouvrage Theory of International Politics, publié en 1979 par Kenneth Waltz, est une référence majeure en science politique et dans la théorie des relations internationales. Dans ce livre, Waltz présente une approche systémique de l'étude des relations internationales, soutenant que le comportement des États et des autres acteurs du système international peut être compris en examinant les forces politiques, économiques et sociales qui façonnent ce système.

La théorie de Waltz repose sur l'idée que le système international est caractérisé par une condition d'anarchie, c'est-à-dire l'absence d'une autorité centrale capable d'imposer des règles ou de maintenir l'ordre à l'échelle mondiale. Cette absence crée un sentiment d'incertitude et d'insécurité parmi les États, ce qui peut entraîner concurrence et conflits entre eux. Waltz souligne également que le système international possède une structure hiérarchique où certains États sont plus puissants et influents que d'autres, engendrant ainsi des inégalités et des déséquilibres.

Cet ouvrage marque le passage du réalisme traditionnel au néoréalisme, également connu sous le nom de réalisme structurel. Le réalisme est une tradition des relations internationales qui met l'accent sur l'importance du pouvoir, de l'intérêt personnel et de la quête de sécurité nationale dans le comportement des États. Le néoréalisme, développé par Waltz, se distingue en se focalisant sur le niveau systémique de l'analyse plutôt que sur le niveau étatique ou individuel.

La théorie de Waltz se différencie du réalisme classique de plusieurs manières. Premièrement, elle met l'accent sur les forces structurelles du système international dans la détermination du comportement des États, plutôt que sur les caractéristiques internes des États eux-mêmes. Deuxièmement, elle souligne l'importance de l'anarchie systémique et de la distribution du pouvoir—qu'il soit bipolaire, multipolaire ou unipolaire—dans l'analyse des relations internationales. Enfin, Waltz intègre des concepts empruntés à la microéconomie, tels que l'offre et la demande, pour expliquer les interactions entre les États au sein du système.

Bien que la frontière entre réalisme et néoréalisme ne soit pas toujours clairement définie, Theory of International Politics tente de clarifier cette distinction. Waltz propose à la fois un développement théorique et empirique du réalisme politique. Par exemple, en plein cœur de la guerre froide, il affirme qu'« un système bipolaire est plus stable qu'un système multipolaire ». Selon lui, la présence de deux superpuissances (Moscou et Washington) réduit les risques de conflits majeurs, car les puissances tendent à s'équilibrer mutuellement, assurant ainsi la stabilité du système international.

Cette prédiction a été reprise par d'autres théoriciens, comme John Mearsheimer, qui dans son article « Why We Will Soon Miss the Cold War », soutient que la fin du système bipolaire pourrait entraîner une instabilité accrue en raison de l'émergence de multiples grandes puissances. En effet, un système multipolaire est perçu comme moins prévisible et potentiellement plus conflictuel.

La théorie de Waltz a également été appliquée à des contextes contemporains. Par exemple, il a soutenu que l'acquisition de l'arme nucléaire par l'Iran pourrait contribuer à l'équilibre régional au Moyen-Orient, arguant que si Israël possède déjà l'arme nucléaire, il est naturel que l'Iran cherche à l'obtenir pour équilibrer le pouvoir.

La théorie néoréaliste de Waltz enrichit notre compréhension des relations internationales en proposant un cadre analytique qui met l'accent sur les structures du système international et leur influence sur le comportement des États. Elle souligne que notre perception du monde est en partie construite par nos propres systèmes cognitifs et théoriques. Ainsi, la science politique est une construction de la réalité qui vise à modéliser et à expliquer les dynamiques complexes de la politique mondiale.

La distinction entre réalisme et néoréalisme selon Kenneth Waltz

La frontière entre le réalisme traditionnel et le néoréalisme n'est pas toujours clairement définie, mais l'ouvrage Theory of International Politics de Kenneth Waltz tente d'apporter des éclaircissements. Dans cet ouvrage majeur, Waltz propose un développement théorique du réalisme politique tout en fournissant une analyse empirique. En 1979, en plein cœur de la guerre froide, il affirme : « Un système bipolaire est plus stable qu'un système multipolaire. »

Sur le plan théorique, la théorie de Waltz marque une transition significative du réalisme traditionnel vers le néoréalisme, également appelé réalisme structurel. Le réalisme est une tradition bien établie des relations internationales qui met l'accent sur l'importance du pouvoir, des intérêts personnels et de la quête de sécurité nationale dans le comportement des États. Le néoréalisme, développé par Waltz, se distingue en se concentrant sur le niveau systémique de l'analyse. En mettant l'accent sur l'anarchie du système international, la distribution du pouvoir (hiérarchie) et en intégrant des concepts microéconomiques, la théorie de Waltz offre une compréhension plus nuancée et sophistiquée de la politique internationale que le réalisme traditionnel.

Sur le plan empirique, la théorie de Waltz représente également une avancée majeure dans l'étude des relations internationales. Elle s'appuie sur des recherches et des analyses approfondies, intégrant un large éventail de données et de preuves provenant de différentes périodes historiques et régions géographiques. Cette solide base empirique permet à la théorie de Waltz de fournir une compréhension plus précise et complète de la politique internationale que les théories antérieures. De plus, la théorie de Waltz a été largement testée et validée par des recherches ultérieures, renforçant ainsi sa crédibilité et sa pertinence dans le domaine des relations internationales.

La prédiction néoréaliste concernant la fin de la guerre froide

Une prédiction notable émerge de l'analyse néoréaliste à propos de la fin éventuelle de la guerre froide, comme l'a souligné John Mearsheimer dans son article « Why We Will Soon Miss the Cold War ». Selon cette perspective, nous pourrions regretter la période de la guerre froide, car un système bipolaire—dominé par les deux superpuissances que sont Moscou et Washington—est considéré comme plus stable. Ce système est moins susceptible de changements brusques et d'entraîner des guerres, contrairement à un système multipolaire où plusieurs grandes puissances coexistent et où les alliances peuvent fluctuer de manière imprévisible.

Kenneth Waltz affirme que « la structure du système politique international est décrite comme un domaine d'auto-assistance [...] au final, le pouvoir équilibre le pouvoir ». Cela signifie que les puissances tendent à s'équilibrer mutuellement, et c'est ce mécanisme d'équilibre qui assure la stabilité du système international. L'absence de guerre directe entre grandes puissances pendant la guerre froide est souvent citée comme une illustration de cette théorie, faisant de cette question un enjeu central dans le domaine des relations internationales.

Dans une interview, Waltz aborde la problématique qui l'a guidé lors de l'élaboration de sa thèse de doctorat. Il est notable qu'il figure parmi les rares théoriciens à estimer qu'il est naturel pour l'Iran de vouloir acquérir l'arme nucléaire, soutenant qu'il n'y a pas lieu de s'en inquiéter outre mesure, surtout dans un contexte où Israël possède déjà cette capacité au Moyen-Orient.

Cette position illustre comment la théorie néoréaliste influence notre perception de la réalité. Selon cette approche, la réalité est en partie une construction de nos propres systèmes cognitifs et théoriques. La science politique, et plus largement la science, sont ainsi vues comme des constructions idéales visant à modéliser et à comprendre les dynamiques complexes qui régissent le monde.

Kenneth Waltz contre le réductionnisme

Dans son œuvre, Kenneth Waltz s'oppose fermement au réductionnisme dans l'analyse des relations internationales. Le réductionnisme est une approche qui tente d'expliquer les phénomènes complexes en les décomposant en leurs éléments constitutifs les plus simples, souvent en se focalisant sur le niveau individuel ou étatique. Waltz critique cette méthode, arguant qu'elle néglige les structures systémiques qui influencent profondément le comportement des États.

Selon Waltz, pour comprendre réellement les dynamiques internationales, il est insuffisant de se concentrer uniquement sur les motivations internes des États ou sur les actions des individus. Il soutient que le système international lui-même, caractérisé par l'anarchie et la distribution du pouvoir, impose des contraintes qui façonnent les choix et les comportements étatiques. En d'autres termes, même si les États peuvent avoir des caractéristiques internes différentes, ils sont tous soumis aux mêmes pressions structurelles du système international.

Waltz propose donc une approche systémique, privilégiant l'étude de la structure du système international plutôt que des unités qui le composent. Cette perspective permet d'expliquer pourquoi des États aux systèmes politiques, économiques et culturels variés peuvent adopter des comportements similaires sur la scène internationale. En rejetant le réductionnisme, Waltz insiste sur l'importance de considérer les forces structurelles qui transcendent les particularités nationales.

Cette position contre le réductionnisme a eu un impact significatif sur la théorie des relations internationales. Elle a encouragé les chercheurs à adopter une vision plus holistique, reconnaissant que les interactions internationales ne peuvent être pleinement comprises sans tenir compte des structures systémiques. L'approche de Waltz a ainsi contribué à enrichir les débats théoriques et à approfondir notre compréhension des mécanismes qui gouvernent la politique mondiale.

Qu’est-ce que le réductionnisme ?

Kenneth Waltz, politologue et théoricien influent des relations internationales, est reconnu pour sa critique du réductionnisme dans les sciences sociales. Il soutient que le réductionnisme—la pratique consistant à expliquer des phénomènes complexes en les décomposant en leurs éléments les plus simples—est souvent inadéquat et peut mener à des explications incomplètes ou inexactes des phénomènes sociaux et politiques. En particulier, Waltz affirme que les approches réductionnistes dans l'étude des relations internationales, qui se concentrent sur les actions et motivations des États ou des dirigeants individuels, ne parviennent pas à saisir la complexité et l'interdépendance de la politique internationale. Il préconise plutôt une approche systémique qui prend en compte les forces politiques, économiques et sociales plus larges qui façonnent ces relations.

Les relations internationales se construisent en observant les interactions entre différents acteurs : ce que fait l'État A vis-à-vis de l'État D, et comment B, C, E, F, etc., perçoivent et réagissent à ces actions. Cette vision fragmentée, focalisée sur les composantes individuelles, peut omettre la compréhension globale des dynamiques en jeu.

Selon Waltz, le système international n'existe pas en tant qu'entité tangible ; il s'agit d'un concept, une construction intellectuelle permettant de comprendre un ensemble d'interactions entre des éléments. La logique des relations entre ces éléments crée l'impression d'un système, mais c'est essentiellement une vision théorique, un postulat des relations internationales.

Pour Waltz, qui défend une théorie systémique des relations internationales, il est essentiel d'étudier le système dans son ensemble plutôt que de se concentrer sur les acteurs individuels. C'est pourquoi il s'oppose au réductionnisme. En négligeant les structures systémiques qui influencent le comportement des États, le réductionnisme ne parvient pas à expliquer adéquatement les dynamiques internationales.

Par exemple, dans l'article « Saudischer Schock wegen des iranisch-amerikanischen 'Flirts' » (Choc saoudien face au 'flirt' irano-américain), il est illustré comment les Saoudiens sont perturbés par le rapprochement entre l'Iran et les États-Unis, qui ont récemment repris des discussions officielles après une longue période de tensions. Une analyse réductionniste se focaliserait sur les motivations propres de chaque État, alors qu'une approche systémique examinerait les forces structurelles permettant ce rapprochement et influençant les réactions des autres acteurs régionaux.

Waltz s'oppose au réductionnisme qui analyse les relations internationales en se basant uniquement sur les unités individuelles et les caractéristiques spécifiques des États. Il estime que cette approche est insuffisante pour expliquer pleinement les dynamiques internationales. Selon lui, il est nécessaire d'examiner le système international dans son ensemble, car le réductionnisme tend à considérer le système comme une simple fonction des États et de leurs interactions, négligeant les structures plus larges qui les influencent.

Les trois "images" (Waltz 1959) / niveaux d'analyse

Kenneth Waltz, dans son ouvrage de 1959 Man, the State and War, est célèbre pour avoir introduit le concept des "trois images" ou niveaux d'analyse dans l'étude des relations internationales. Selon Waltz, les causes de la guerre et le comportement des États peuvent être examinés à travers trois niveaux distincts : le niveau individuel, le niveau étatique et le niveau systémique (international). Il soutient qu'une compréhension complète des relations internationales nécessite de prendre en compte ces trois perspectives.

  1. Premier niveau : l'individu Au niveau individuel, l'accent est mis sur la nature humaine et les actions des acteurs individuels, tels que les dirigeants politiques, les décideurs et les personnalités influentes. Waltz explore comment les traits psychologiques, les motivations personnelles, les perceptions et les erreurs de jugement peuvent influencer les décisions menant à la guerre ou à la paix. Cette approche examine comment les ambitions personnelles ou les idéologies des leaders peuvent déclencher des conflits internationaux.
  2. Deuxième niveau : l'État Le deuxième niveau se concentre sur les caractéristiques internes des États. Ici, l'analyse porte sur la structure politique, le système économique, l'idéologie dominante et la culture nationale. Waltz examine comment les régimes politiques (démocratie, autocratie), les politiques internes et les intérêts nationaux façonnent le comportement des États sur la scène internationale. Ce niveau d'analyse cherche à comprendre comment les facteurs domestiques, tels que l'instabilité politique ou les pressions économiques, peuvent inciter un État à adopter des politiques agressives ou coopératives.
  3. Troisième niveau : le système international Au niveau systémique, l'attention est portée sur la structure du système international lui-même. Waltz souligne que l'anarchie qui caractérise le système international—l'absence d'une autorité centrale mondiale—crée un environnement où les États doivent assurer leur propre sécurité. La distribution du pouvoir entre les États, les alliances, l'équilibre des forces et les rivalités géopolitiques sont des éléments clés de cette analyse. Ce niveau examine comment les contraintes structurelles du système international influencent le comportement des États, indépendamment de leurs caractéristiques internes ou des motivations individuelles de leurs dirigeants.

Les trois niveaux d'analyse de Waltz offrent un cadre analytique robuste pour comprendre la complexité des relations internationales. En intégrant les perspectives individuelles, étatiques et systémiques, ce modèle permet d'examiner les multiples facteurs qui peuvent conduire à la guerre ou à la paix. Cette approche holistique aide à mieux appréhender les dynamiques qui façonnent le comportement des acteurs sur la scène internationale et souligne l'importance de considérer chaque niveau pour une analyse complète.

Première image : la guerre résulte de la nature humaine

Dans le cadre des trois niveaux d'analyse de Kenneth Waltz, la première image postule que la guerre est le résultat direct de la nature humaine, intrinsèquement portée vers la domination. Le concept de nature humaine est complexe et fait l'objet de débats parmi les philosophes et les chercheurs. Certains, comme Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau, ont soutenu que la nature humaine est fondamentalement égoïste et compétitive, incitant les individus à adopter des comportements violents et agressifs. D'autres, tels que John Locke et Emmanuel Kant, ont affirmé que la raison et la moralité sont au cœur de la nature humaine, permettant des actions coopératives et pacifiques.

L'idée que la guerre découle de la nature humaine repose sur la croyance que la violence et l'agression sont des aspects inhérents et inévitables du comportement humain. Selon cette perspective, les êtres humains sont naturellement enclins au conflit, et cette tendance fait partie intégrante de notre essence en tant qu'espèce. Par conséquent, la guerre et les autres formes de conflits violents sont considérées comme inévitables et nécessaires pour protéger nos intérêts et assurer notre sécurité.

Les partisans de cette vision avancent que l'histoire de l'humanité est marquée par la compétition et l'agressivité, caractéristiques essentielles à notre survie et à notre réussite en tant qu'espèce. Ils citent des exemples historiques et anthropologiques, tels que la formation de tribus, le développement d'armes et les guerres anciennes, comme preuves de la violence inhérente à la nature humaine.

À l'inverse, les détracteurs de ce point de vue soutiennent que la guerre n'est pas le résultat de la nature humaine, mais plutôt le produit de facteurs sociaux, économiques et politiques. Ils affirment que la guerre n'est pas un aspect inévitable du comportement humain, mais découle de conditions historiques spécifiques et de structures sociopolitiques. Selon cette perspective, la guerre est un phénomène destructeur et indésirable qui devrait être évité, n'étant ni naturel ni nécessaire à la société humaine.

Deuxième image : la guerre résulte de la nature des États-nations

Dans le cadre des trois niveaux d'analyse de Kenneth Waltz, la deuxième image suggère que la guerre est le résultat de la nature intrinsèque des États-nations. Waltz soutient que le comportement des États au sein du système international est façonné par leurs caractéristiques internes, telles que leur puissance, leur richesse, leur structure politique et leurs intérêts nationaux. Ces facteurs jouent un rôle crucial dans l'explication des raisons pour lesquelles les conflits surviennent en politique internationale.

L'argument de Waltz repose sur l'idée que les États sont des acteurs rationnels et égoïstes, motivés par la poursuite de leurs propres intérêts nationaux. En l'absence d'une autorité centrale ou d'un organe directeur mondial, les États doivent s'appuyer sur leur propre pouvoir et leurs ressources pour protéger leurs intérêts et assurer leur sécurité. Cette situation d'anarchie internationale peut conduire à une concurrence acharnée et à des conflits entre les États, chacun cherchant à accroître son pouvoir et son influence pour se prémunir contre les menaces perçues.

Selon Waltz, la guerre découle donc non seulement de la nature humaine (première image), mais aussi des caractéristiques spécifiques des États-nations. En examinant les forces politiques, économiques et sociales qui façonnent les politiques internes des États, sa théorie fournit une explication systématique et exhaustive des causes de la guerre dans les relations internationales. Elle souligne que les conflits sont en partie le reflet des ambitions et des craintes propres à chaque État, influençant ainsi leur comportement sur la scène internationale.

Troisième image : la guerre résulte de la nature du système international

Selon Kenneth Waltz, la guerre est le produit de la nature même du système international, qui est caractérisé par une condition d'anarchie. Dans sa théorie de la politique internationale, Waltz affirme que l'anarchie—l'absence d'une autorité centrale ou d'un organe directeur mondial—crée une situation d'incertitude et d'insécurité entre les États. Cette incertitude conduit à la concurrence et aux conflits, les États cherchant à protéger leurs propres intérêts et à assurer leur sécurité.

L'argument central de Waltz repose sur l'idée que les États sont des acteurs rationnels et égoïstes, motivés par la poursuite de leurs intérêts nationaux. En l'absence d'une autorité supranationale pour réguler les interactions, les États doivent compter sur leur propre pouvoir et leurs ressources pour se défendre et promouvoir leurs objectifs. Cela peut entraîner une course au pouvoir et à l'influence, chaque État cherchant à accroître sa capacité à se protéger contre les menaces perçues.

Ainsi, selon Waltz, la guerre découle non pas de la nature humaine (première image) ni des caractéristiques internes des États (deuxième image), mais de la structure anarchique du système international lui-même (troisième image). En examinant les forces politiques, économiques et sociales qui façonnent les relations internationales, sa théorie fournit une explication systématique et complète des causes de la guerre en politique internationale.

Waltz pour le réalisme structurel (systémisme)

L'approche systémique de Kenneth Waltz, également connue sous le nom de réalisme structurel, repose sur l'idée que les relations internationales doivent être étudiées au niveau du système international plutôt qu'au niveau des États individuels ou de leurs dirigeants. Plutôt que de se focaliser sur les actions et motivations des acteurs individuels, cette approche met l'accent sur les forces politiques, économiques et sociales plus larges qui façonnent les interactions entre les États.

Waltz soutient que les relations internationales peuvent être comprises en examinant les relations et les interactions entre les États et les autres acteurs au sein du système international. Cette perspective souligne l'importance de prendre en compte le contexte global dans lequel se déroulent ces relations, reconnaissant l'interdépendance et la complexité inhérentes à la politique internationale. En adoptant une approche systémique, Waltz affirme que nous pouvons acquérir une compréhension plus complète et précise des relations internationales et des facteurs qui les influencent.

Selon Waltz, l'approche systémique théorise le système international en considérant que :

  • Le système contraint les acteurs : il impose des limitations aux unités qui le composent, influençant leurs comportements et leurs choix stratégiques.
  • Le système façonne les unités : il transforme et modèle les acteurs qui le constituent, entraînant une socialisation qui harmonise leurs actions en fonction des structures systémiques.

Cette vision souligne que le système international n'est pas simplement une collection d'États agissant indépendamment, mais un ensemble structuré où les interactions et les contraintes systémiques jouent un rôle déterminant dans la conduite des affaires internationales. En se concentrant sur ces dynamiques structurelles, l'approche de Waltz offre un cadre analytique pour comprendre comment les relations internationales sont façonnées par des forces qui transcendent les caractéristiques individuelles des États.

Principe d’arrangement : hierarchie / anarchie

Dans son ouvrage Theory of International Politics, Kenneth Waltz soutient que les relations internationales sont caractérisées par une condition d'anarchie, c'est-à-dire l'absence d'une autorité centrale ou d'un organe directeur capable de faire respecter les règles ou de maintenir l'ordre à l'échelle mondiale. Cette absence contraint les États à compter sur leur propre pouvoir et leurs ressources pour protéger leurs intérêts et assurer leur sécurité.

Selon Waltz, l'anarchie est une caractéristique fondamentale de la politique internationale qui façonne le comportement des États et des autres acteurs du système. Elle engendre un sentiment d'incertitude et d'insécurité parmi les États, pouvant conduire à la concurrence et aux conflits entre eux. Cette dynamique crée un système international en constante évolution, où les États doivent s'adapter et réagir aux changements pour survivre et prospérer.

Parallèlement, Waltz affirme que le système international est également caractérisé par une structure hiérarchique, dans laquelle certains États sont plus puissants et influents que d'autres. Cette hiérarchie repose sur divers facteurs, tels que la puissance militaire, la force économique ou l'influence politique d'un État. Elle détermine la répartition du pouvoir et de l'influence au sein du système international.

La hiérarchie peut engendrer un sentiment d'inégalité et de déséquilibre entre les États, certains jouissant de privilèges et de pouvoirs supérieurs. Cette inégalité peut avoir des répercussions significatives sur la stabilité et la sécurité du système international, influençant le comportement et les interactions des États.

Bien que les concepts d'anarchie et de hiérarchie puissent sembler opposés ou contradictoires, Waltz soutient qu'ils sont interconnectés et jouent tous deux un rôle crucial dans le façonnement du comportement des États au sein du système international. L'anarchie crée un environnement d'incertitude et de compétition, tandis que la hiérarchie détermine la distribution du pouvoir. Ensemble, ils influencent la manière dont les États interagissent, souvent en compétition pour protéger leurs intérêts, ce qui peut alimenter davantage la concurrence et les conflits.

Analogie microéconomique dans la théorie de Kenneth Waltz

Kenneth Waltz a intégré des concepts de la microéconomie dans sa théorie des relations internationales pour expliquer le comportement des États et des autres acteurs au sein du système international. La microéconomie, branche de l'économie qui étudie le comportement des agents individuels tels que les ménages, les entreprises et les industries, et leurs interactions sur les marchés, fournit des outils analytiques pertinents pour comprendre les dynamiques internationales.

Waltz a notamment utilisé des concepts microéconomiques tels que l'offre et la demande, l'utilité marginale et le coût d'opportunité pour éclairer la manière dont les États prennent des décisions et allouent leurs ressources dans le contexte international. En appliquant ces principes, sa théorie offre une explication plus détaillée et nuancée du comportement des États et des autres acteurs du système international.

L'adoption de la théorie microéconomique souligne l'importance des facteurs économiques dans le façonnement du comportement et des interactions des États. En intégrant ces principes, la théorie de Waltz parvient à fournir une compréhension plus complète et précise des motivations étatiques et des dynamiques internationales.

Le concept d'homo economicus est central dans la théorie de Waltz, car il propose une explication simple et parcimonieuse du comportement des États au sein du système international. En supposant que les États sont des acteurs rationnels et égoïstes, sa théorie peut expliquer pourquoi les États agissent de certaines manières et prennent des décisions spécifiques. Par exemple, elle suggère que les États agissent pour protéger leurs propres intérêts économiques, même si cela implique des conflits ou une concurrence avec d'autres États.

Ce concept joue un rôle clé en offrant une explication intuitive du comportement étatique dans le système international. En considérant les États comme des acteurs rationnels et intéressés, la théorie de Waltz aide à démystifier la nature complexe et souvent imprévisible des relations internationales.

De plus, Waltz utilise l'analogie du marché pour décrire les relations internationales. Il soutient que le système international peut être compris comme un marché où les États et les autres acteurs sont motivés par l'intérêt personnel et la poursuite de leurs propres intérêts économiques. Cette analogie repose sur l'idée que, tout comme les agents individuels sur un marché cherchent à maximiser leur gain économique, les États sont également guidés par l'intérêt personnel dans leurs interactions internationales.

Cette utilisation de l'analogie du marché repose sur l'hypothèse que les États sont des acteurs rationnels et égoïstes, motivés par la poursuite de leurs propres intérêts économiques—une hypothèse alignée sur le concept d'homo economicus. En employant cette analogie, la théorie de Waltz offre une explication simple et intuitive du comportement des États et des autres acteurs du système international.

En comparant le système international à un marché, Waltz souligne l'importance des facteurs économiques dans le comportement et les interactions étatiques. Cette perspective permet de fournir une explication plus exhaustive et précise du comportement des États et des autres acteurs au sein du système international, en mettant en lumière les motivations économiques sous-jacentes qui influencent les décisions et les relations internationales.

Le système politique international selon Kenneth Waltz : la notion d'auto-assistance ("self-help")

Contrairement à Hans Morgenthau, qui considère la puissance comme l'élément central des relations internationales, Kenneth Waltz met d'abord en avant la survie des États comme objectif primordial. Il souligne qu'on ne peut pas exiger une rationalité pure de la part des acteurs du système international; il est possible de construire une théorie qui demande moins de rationalité, en tenant compte des limitations imposées par la sélection darwinienne.

Selon Waltz, dans un système anarchique dépourvu d'autorité centrale, les États opèrent dans un environnement d'auto-assistance (self-help). Ils cherchent à imiter ceux qui ont du succès—c'est-à-dire les États qui ont survécu et prospéré sur une longue période. Cette imitation est un mécanisme par lequel les États augmentent leurs chances de survie en adoptant des stratégies éprouvées.

En s'inspirant de la théorie de l'évolution de Darwin, où la nature sélectionne les plus aptes—ceux qui survivent—Waltz suggère que, par l'imitation des comportements efficaces, les États peuvent améliorer leurs propres perspectives de survie. Ainsi, le principe d'arrangement qui prévaut dans le système international est l'anarchie, caractérisée par l'absence d'une autorité centrale et par la nécessité pour les États de compter sur eux-mêmes pour assurer leur sécurité et leur survie.

Caractéristiques des unités (États) selon Kenneth Waltz

Dans la théorie de Kenneth Waltz, les États sont considérés comme des unités souveraines, ce qui signifie qu'ils décident eux-mêmes de leurs actions sans être soumis à une autorité supérieure. Il n'existe rien au-dessus des États dans le système international anarchique.

Les États sont façonnés de manière similaire et remplissent les mêmes fonctions fondamentales. En conséquence, ils ont tendance à s'imiter les uns les autres, ce qui conduit à une absence de différenciation fonctionnelle entre eux. C'est cette similitude qui permet de concevoir les États comme des unités constitutives du système international.

Cependant, Waltz souligne que les systèmes internationaux varient en fonction de la distribution des capacités entre les États. On ne peut pas expliquer une variation systémique en se basant sur des éléments qui ne changent pas. Ainsi, pour comprendre les dynamiques du système international, il est essentiel d'examiner comment les variations entre les États influencent l'ensemble du système.

Distribution des ressources dans le système international selon Kenneth Waltz

Dans la théorie de Kenneth Waltz, ce qui varie d'un système international à un autre est la distribution des ressources, en particulier les capacités économiques et militaires des États. Cette distribution des capacités est essentielle pour comprendre la structure du système international et les interactions entre les États qui le composent.

Waltz distingue plusieurs types de systèmes en fonction de leur polarité, c'est-à-dire le nombre de grandes puissances qui dominent le système :

  • Système unipolaire : Après la fin de la bipolarité au début des années 1990, certains auteurs ont soutenu qu'un système unipolaire s'était mis en place, avec les États-Unis comme seule superpuissance dominante. Dans ce contexte, la polarité est relative, mais il est clair qu'une puissance est nettement plus influente que les autres. Ce système est caractérisé par une distribution inégale des ressources, où une seule nation détient la majorité du pouvoir économique et militaire. Cependant, Waltz note que l'unipolarité peut être instable à long terme, car d'autres États peuvent chercher à équilibrer la puissance dominante en augmentant leurs propres capacités.
  • Système bipolaire : Pendant la guerre froide, le système international était bipolaire, dominé par deux superpuissances : les États-Unis et l'Union soviétique. Selon Waltz, un système bipolaire est plus stable qu'un système multipolaire. Cette stabilité s'explique par le fait que les deux grandes puissances surveillent et équilibrent directement le pouvoir de l'autre, réduisant ainsi les incertitudes et les risques de conflits généralisés. Les alliances sont plus rigides et les changements dans l'équilibre des pouvoirs sont moins fréquents, ce qui contribue à une plus grande prévisibilité dans les relations internationales.
  • Système multipolaire : Dans un système multipolaire, plusieurs grandes puissances coexistent sans qu'aucune ne soit clairement dominante. Avant la Première Guerre mondiale, le système international était multipolaire, avec plusieurs puissances européennes majeures comme le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Russie. Waltz soutient que les systèmes multipolaires sont moins stables en raison de l'augmentation des incertitudes, des possibilités de malentendus et de la complexité accrue des alliances. Les États doivent gérer un plus grand nombre de relations, ce qui peut conduire à des erreurs de calcul et, potentiellement, à des conflits.

Selon Waltz, la variation dans la distribution des ressources économiques et militaires entre les États est ce qui façonne la structure du système international. Cette structure, qu'elle soit unipolaire, bipolaire ou multipolaire, influence profondément le comportement des États, leurs stratégies de sécurité et les dynamiques de coopération ou de conflit.

Pour comprendre les relations internationales et prévoir les tendances futures, il est essentiel d'analyser comment les ressources sont distribuées entre les États et comment cette distribution affecte la polarité du système. La reconnaissance de ces variations permet d'appréhender les contraintes systémiques qui pèsent sur les États et d'expliquer leurs actions sur la scène internationale.

Régularités dans le comportement des États

Kenneth Waltz soutient que, malgré la diversité des États en termes de culture, de régime politique ou de niveau de développement économique, il existe des régularités dans leur comportement sur la scène internationale. Ces régularités sont principalement dues aux contraintes structurelles imposées par le système international anarchique.

Dans un environnement où il n'existe pas d'autorité centrale pour réguler les interactions entre les États, ceux-ci sont contraints de veiller eux-mêmes à leur sécurité et à leur survie. Cette situation d'auto-assistance (self-help) pousse les États à adopter des comportements similaires pour naviguer dans le système international.

Les principales régularités observées sont les suivantes :

  • Priorité à la survie : La survie est l'objectif primordial de chaque État. Cette priorité influence fortement les décisions en matière de politique étrangère et de défense. Les États sont prêts à mobiliser des ressources considérables pour assurer leur sécurité face à des menaces potentielles.
  • Recherche de puissance : Bien que Waltz accorde une importance moindre à la quête de puissance que Hans Morgenthau, il reconnaît que la puissance est un moyen pour les États d'assurer leur survie. Ainsi, les États cherchent à accroître leurs capacités économiques et militaires pour dissuader les adversaires et influencer les autres acteurs.
  • Équilibre des puissances : Les États tendent à s'équilibrer mutuellement pour prévenir l'émergence d'une hégémonie. Cet équilibre peut se manifester par la formation d'alliances, l'accumulation d'armements ou le développement de relations diplomatiques stratégiques.
  • Imitation des stratégies réussies : Les États observent les actions des autres et adoptent des pratiques qui ont démontré leur efficacité. Ce phénomène, comparable à une sélection naturelle darwinienne, conduit à une convergence des comportements étatiques.
  • Méfiance systémique : En l'absence d'une autorité régulatrice, les États ne peuvent jamais être certains des intentions des autres. Cette méfiance généralisée les incite à adopter des politiques prudentes et à se préparer à d'éventuelles menaces, même si celles-ci ne sont pas immédiatement apparentes.
  • Rationalité limitée : Waltz reconnaît que les États ne sont pas toujours parfaitement rationnels. Cependant, les contraintes du système international favorisent la sélection de comportements qui améliorent les chances de survie. Les États qui adoptent des stratégies inefficaces sont soit éliminés, soit contraints de s'adapter en imitant les pratiques des États plus performants.

Les régularités dans le comportement des États résultent des pressions exercées par le système international anarchique. Ces contraintes structurelles incitent les États à adopter des stratégies similaires pour assurer leur survie et maintenir leur position dans le système. L'approche de Waltz met en lumière l'importance de la structure du système international dans la compréhension des actions étatiques, plutôt que de se concentrer uniquement sur les caractéristiques internes des États ou sur les motivations individuelles des dirigeants.

La guerre comme conséquence normale du "self-help"

Il existe une relation complexe entre la guerre et le principe d'auto-assistance (self-help) dans les relations internationales. D'une part, la guerre est souvent considérée comme la forme ultime de l'auto-assistance, les États ayant recours à la force militaire pour protéger leurs propres intérêts et assurer leur sécurité. Dans ce contexte, la guerre peut être comprise comme un moyen pour les États de s'aider eux-mêmes, en utilisant leur puissance militaire pour atteindre leurs objectifs et défendre leurs intérêts nationaux.

Cependant, la guerre peut également affaiblir la capacité des États à s'aider eux-mêmes et entraîner des conséquences négatives. Les conflits armés peuvent être extrêmement coûteux, tant en vies humaines qu'en ressources matérielles, et provoquer des perturbations économiques et sociales significatives. De plus, la guerre peut aboutir à la destruction de la puissance militaire et économique d'un État, rendant plus difficile la protection de ses intérêts et la garantie de sa sécurité à l'avenir.

Ainsi, bien que la guerre puisse être perçue comme une manifestation du principe d'auto-assistance dans un système international anarchique, elle comporte des risques qui peuvent compromettre la capacité d'un État à survivre et à prospérer. Cette dualité souligne la complexité des décisions stratégiques que les États doivent prendre pour naviguer efficacement dans le système international.

Indépendance au niveau international et interdépendance au niveau national

Dans le cadre des relations internationales, les États cherchent généralement à maximiser leur indépendance pour assurer leur souveraineté et leur sécurité. Sur le plan national, cependant, ils favorisent l'interdépendance entre les différentes composantes de leur société pour renforcer la cohésion interne et l'efficacité économique.

Le dilemme de la sécurité

Le dilemme de la sécurité est un concept central du néoréalisme. Il décrit la situation où les actions entreprises par un État pour accroître sa propre sécurité peuvent involontairement diminuer celle des autres États. Par exemple, le renforcement militaire d'un État peut être perçu comme une menace par ses voisins, les incitant à augmenter à leur tour leurs capacités militaires. Cette dynamique peut conduire à une spirale d'insécurité et de méfiance mutuelle.

La notion de gain relatif

La notion de gains relatifs est fondamentale pour les néoréalistes. Dans un système international anarchique, les États ne se préoccupent pas seulement de leurs gains absolus, mais aussi de la manière dont ces gains se comparent à ceux des autres. Ce qui compte, c'est l'équilibrage des puissances : un État cherchera à ne pas être dépassé par un rival potentiel, même si cela implique de limiter sa propre croissance économique ou militaire.

Limites à l'interdépendance acceptable : l'armement

Il existe des limites à l'interdépendance que les États sont prêts à accepter, notamment en matière d'armement. Les États sont réticents à dépendre d'autrui pour leur sécurité et préfèrent maintenir un contrôle souverain sur leurs capacités militaires. Cette réticence limite l'étendue de la coopération internationale dans les domaines sensibles liés à la défense.

Le néomercantilisme comme conséquence

Cette dynamique conduit souvent à des politiques néomercantilistes. Historiquement, le mercantilisme considérait la richesse d'un pays en termes d'accumulation d'or et de métaux précieux, favorisant les exportations sur les importations pour obtenir un surplus commercial. Le néomercantilisme moderne vise à renforcer la puissance économique relative d'un État en adoptant des politiques qui favorisent les exportations au détriment des autres pays.

Par exemple, la Chine a longtemps mené une politique néomercantiliste en maintenant sa monnaie, le yuan, sous-évaluée par rapport aux taux de change du marché libre. Cette sous-évaluation a rendu les exportations chinoises plus compétitives sur les marchés internationaux, augmentant ainsi sa part de marché mondiale.

De même, la Suisse a adopté des politiques monétaires visant à favoriser ses exportations. En intervenant sur le marché des changes pour éviter une trop grande appréciation du franc suisse par rapport à l'euro, la Suisse cherche à maintenir la compétitivité de ses produits à l'étranger.

Mesures protectionnistes pour une balance commerciale excédentaire

Les États mettent en place des mesures protectionnistes—telles que des droits de douane, des quotas ou des subventions—pour limiter les importations et stimuler les exportations. L'objectif est d'obtenir une balance commerciale excédentaire, renforçant ainsi leur puissance économique relative. Cette approche s'inscrit dans une logique néoréaliste où les États cherchent à accroître leur influence et leur sécurité en augmentant leur richesse nationale aux dépens des autres.

En somme, dans le néoréalisme, les États privilégient l'indépendance au niveau international pour assurer leur survie dans un système anarchique, tout en favorisant l'interdépendance interne pour renforcer leur cohésion et leur efficacité. Le dilemme de la sécurité et la préoccupation pour les gains relatifs conduisent les États à adopter des politiques néomercantilistes et protectionnistes, cherchant à maximiser leur puissance économique et à maintenir un équilibre des puissances favorable.

Chaque État se préoccupant de soi : indifférence au changement de la structure (polarité)

Dans la perspective néoréaliste de Kenneth Waltz, chaque État est principalement préoccupé par sa propre survie et sécurité. Cette focalisation sur les intérêts nationaux conduit les États à ne pas se soucier activement du changement de la structure du système international, notamment de sa polarité.

La quête de survie avant tout

Les États cherchent avant tout à survivre, même si cela implique de nuire aux autres. Leur comportement est guidé par le principe d'auto-assistance (self-help) dans un système anarchique où aucune autorité supérieure ne garantit leur sécurité. Cette quête de survie les pousse à maximiser leurs propres capacités sans nécessairement prendre en compte l'impact de leurs actions sur la structure globale du système international.

Changement de polarité et indifférence des États

Lorsque la polarité du système international change, les États ne cherchent pas activement à modifier cette structure. Par exemple, la fin de l'Union soviétique a transformé le système bipolaire de la guerre froide en un système unipolaire dominé par les États-Unis. Selon Waltz, cet événement est un accident extérieur au système international plutôt qu'une conséquence des actions délibérées des États au sein du système. La réduction du nombre de pôles est ainsi perçue comme une modification de la structure sans que les États aient cherché à l'influencer directement.

Implications pour la stabilité internationale

Cette indifférence au changement de polarité peut avoir des conséquences sur la stabilité du système international. Les États, focalisés sur leur propre survie, ne coopèrent pas nécessairement pour maintenir ou ajuster la polarité du système, ce qui peut entraîner des déséquilibres de pouvoir et des tensions accrues. La transformation de la polarité est alors le résultat de facteurs externes ou d'événements imprévus plutôt que d'une stratégie concertée entre les États.

Conclusion

En résumé, dans le néoréalisme de Waltz, chaque État se préoccupe principalement de sa propre survie, sans se soucier activement du changement de la structure du système international. Les États agissent en fonction de leurs intérêts immédiats, même si cela peut entraîner des modifications significatives de la polarité du système. Cette approche souligne la logique d'auto-assistance et l'indifférence des États face aux transformations structurelles, tant que leur survie n'est pas directement menacée.

Les vertus de l'anarchie selon Kenneth Waltz

Dans sa théorie du néoréalisme, Kenneth Waltz met en lumière certaines vertus inhérentes à l'anarchie du système international—c'est-à-dire l'absence d'une autorité centrale régulatrice. Contrairement à une vision purement négative de l'anarchie, Waltz soutient que cette condition structurelle peut engendrer des effets bénéfiques sur le comportement des États. Voici les principales vertus qu'il identifie :

  1. Limitation des manipulations grâce à la possibilité de recourir à la force Dans un système anarchique où la force est une option toujours présente, les États sont conscients que toute tentative de manipulation excessive ou de coercition injustifiée peut entraîner une réaction militaire adverse. Cette possibilité dissuasive limite les comportements opportunistes et encourage les États à agir avec prudence. La menace potentielle de représailles militaires incite ainsi les acteurs à respecter certaines limites dans leurs actions, contribuant à un certain équilibre au sein du système international.
  2. Modération des demandes des États L'anarchie incite les États à modérer leurs ambitions et leurs revendications. Conscients que des demandes excessives peuvent provoquer des tensions ou des coalitions opposées, les États adoptent généralement des politiques plus mesurées. Cette modération est essentielle pour éviter les escalades de conflits et maintenir une coexistence relativement pacifique. En limitant leurs aspirations à des objectifs réalisables et acceptables pour les autres, les États contribuent à la stabilité du système international.
  3. Encouragement à la recherche de solutions diplomatiques Sans autorité centrale pour arbitrer les différends, les États sont encouragés à recourir à la diplomatie pour résoudre leurs conflits. La nécessité de négocier et de parvenir à des accords mutuellement acceptables devient primordiale. Cette dynamique favorise le dialogue, la compréhension mutuelle et la coopération internationale. La diplomatie devient ainsi un outil indispensable pour gérer les relations internationales, réduisant la probabilité de recours à la force.
  4. Préservation et renforcement des États L'anarchie pousse les États à renforcer leurs capacités internes pour assurer leur survie et leur sécurité. Cette quête de renforcement peut se traduire par le développement économique, l'amélioration des institutions politiques et l'investissement dans la défense nationale. En cherchant à se prémunir contre les menaces extérieures, les États deviennent plus résilients et efficaces. De plus, cette consolidation interne peut contribuer au bien-être de la population et à la légitimité du gouvernement.

Selon Kenneth Waltz, l'anarchie du système international n'est pas uniquement synonyme de chaos ou d'instabilité. Au contraire, elle impose des contraintes qui peuvent conduire les États à adopter des comportements responsables et modérés. En limitant les manipulations, en modérant les ambitions, en encourageant la diplomatie et en renforçant les structures étatiques, l'anarchie peut, paradoxalement, contribuer à la stabilité et à l'ordre au sein du système international.

Équilibre des forces

L'équilibre des forces requiert deux conditions essentielles : l'anarchie et la survie. L'anarchie est une caractéristique fondamentale de la nature même du système étatique international. L'équilibre peut s'établir automatiquement, résultant soit de moyens internes, soit de moyens externes.

Cet équilibre se produit naturellement sans que les acteurs du système ne le recherchent explicitement ; chacun vise sa propre survie, et il n'existe pas de "Léviathan" pour imposer l'ordre. L'équilibre des forces contribue à la stabilité de l'ensemble du système, maintenant les États et l'équilibre entre eux. C'est ce que Hegel appelait une "ruse de la raison". Une idée similaire se retrouve chez Adam Smith : en se préoccupant de leur propre intérêt, les individus participent à une économie organisée de telle manière que le bénéfice maximal pour tous résulte de la poursuite des intérêts individuels.

Moyens internes et externes : jeux de pouvoir

Les États peuvent équilibrer le pouvoir par des moyens internes, tels que le renforcement de leurs capacités militaires ou économiques, ou par des moyens externes, comme la formation de coalitions et d'alliances.

  • Balancing (équilibrage) : Formation de coalitions et de contre-coalitions pour contrebalancer une puissance dominante.
  • Bandwagoning (ralliement) : Se joindre à une puissance dominante pour se protéger. Par exemple, le Japon bénéficie de la protection nucléaire des États-Unis face à la Chine.
  • Buck-passing (délégation de responsabilité) : Faire supporter à d'autres le coût de sa propre sécurité.
  • Free-riding (passager clandestin) : Certains États profitent du fait que d'autres assument les risques ou les coûts.

Par exemple, lorsque l'effigie d'Angela Merkel est brûlée à Athènes, cela illustre la frustration envers l'Allemagne, perçue comme imposant des politiques économiques strictes. Cependant, d'autres pays comme les Pays-Bas adoptent également des positions dures vis-à-vis des pays en difficulté de la zone euro, ce qui relève du buck-passing.

Aux États-Unis, il est courant en politique de rejeter la faute sur l'autre pour éviter de supporter les coûts ou les responsabilités. Chacun pourrait contribuer, mais tous cherchent à éviter de payer.

Les free-riders, ou "passagers clandestins", profitent des efforts des autres sans contribuer eux-mêmes. Ils bénéficient des avantages procurés par les actions d'autrui sans en assumer les coûts.

Contre la vision réaliste conventionnelle

Kenneth Waltz met en évidence une divergence majeure entre le réalisme classique, représenté par des penseurs comme Hans Morgenthau, et le néoréalisme qu'il défend. Cette divergence porte sur la notion même de stabilité d'un système international particulier.

Pour les réalistes classiques, un système multipolaire est plus stable qu'un système bipolaire. Dans un système multipolaire, les États A, B, C et D peuvent former diverses alliances entre eux, offrant une multitude de combinaisons possibles. Plus il y a de pôles, plus les possibilités d'alliances sont nombreuses. Cette flexibilité accrue est considérée comme un facteur de stabilité, car elle permet aux États de réajuster constamment leurs alliances pour maintenir l'équilibre. La stabilité signifie ici que le système demeure stable sur le long terme, sans changements radicaux ni guerres majeures entre les grandes puissances.

Par exemple, le récent rapprochement entre l'Iran et les États-Unis illustre cette flexibilité. Récemment, le vice-ministre des Affaires étrangères iranien a affirmé que l'Iran est sérieux dans sa volonté de négocier une réduction des sanctions en échange de garanties à la communauté internationale concernant son programme nucléaire, notamment en renonçant à l'enrichissement de l'uranium à des fins militaires.

La flexibilité, pour les réalistes classiques, est une caractéristique de la multipolarité qui assure la stabilité en permettant au système de se perpétuer sans conflits majeurs entre grandes puissances.

Le concept de « balancier » est typiquement associé au rôle joué par la Grande-Bretagne au XIXᵉ siècle. Craignant la domination du continent européen par une seule puissance, la Grande-Bretagne soutenait le plus faible contre le plus fort pour empêcher l'émergence d'une hégémonie continentale. L'idée était de contrer les ambitions des puissances montantes en maintenant un équilibre.

John Mearsheimer prône une politique similaire pour les États-Unis, connue sous le nom de « offshore balancing ». Il s'agit pour les États-Unis d'aider les États moins puissants contre les plus forts afin d'assurer la stabilité. Cependant, cette approche vise moins à assurer la stabilité du système international qu'à préserver les intérêts américains en empêchant d'autres puissances de devenir trop influentes.

Contrairement aux réalistes classiques, Kenneth Waltz soutient que le système bipolaire est plus stable que le système multipolaire, marquant ainsi une rupture entre le néoréalisme et le réalisme traditionnel. Selon lui, bien que la multipolarité offre une grande flexibilité, elle engendre également beaucoup d'incertitude. Cette flexibilité peut être source d'erreurs de calcul, de mauvaises décisions et augmenter le risque de guerre en raison des ambiguïtés inhérentes au système.

Dans un système bipolaire, comme celui de la guerre froide, deux pôles s'équilibrent mutuellement, ce qui crée une stabilité supérieure. La bipolarité réduit l'incertitude, les grandes puissances ayant tendance à maintenir le statu quo sans remettre en cause le système international. À certains moments, les États-Unis et l'URSS coopéraient pour gérer les crises, souvent au détriment des pays du tiers-monde. Des pays comme la Suisse ont profité de cette stabilité, les deux superpuissances maintenant le statu quo.

En conclusion, Waltz contredit la vision réaliste conventionnelle en affirmant que la bipolarité apporte une plus grande stabilité que la multipolarité. Pour lui, la flexibilité du système multipolaire, loin d'être un avantage, augmente l'incertitude et le risque de conflits, tandis que le système bipolaire favorise un équilibre plus prévisible et stable entre les grandes puissances.

Les armes nucléaires

L’analyse est une analyse structurelle, Waltz dit que le problème n’est pas tant et pas seulement le possible armement et développement nucléaire iranien, mais le problème est le déséquilibre introduit par Israël au Moyen-Orient.

Le problème dans ce sens n’est l’Iran, mais Israël ; le problème structurel fondamental est ce déséquilibre.

Saddam Hussein a essayé de développer des armements dans des centrales, la Syrie a également essayé et Israël a bombardé en 2007.

Les armes chimiques sont les armes de « dissuasion massive du pauvre », en Syrie cela se fait en réponse à l’armement Israélien.

Pour les réalistes, ce qui compte ne sont pas les intentions, mais la réalité. Si Israël a des armes nucléaires, c’est une réalité, mais il ne le revendique pas. Pour Cohen ils ont une doctrine d’opacité nucléaire, on ne sait pas s’ils l’ont ou s’ils ne l’ont pas, mais les autres sont persuadés qu’Israël a les armes nucléaires.

Israël a le bénéfice de la dissuasion de son arme nucléaire sans avoir les coûts d’être officiellement détenteur d’armes nucléaires. C’est la politique que l’Iran voudrait mener, si on pense que l’Iran pourrait en avoir une rapidement cela change le calcul stratégique qui est le fait que le nucléaire est une arme absolue et non pas une arme relative.

Au niveau des États, cela est central parce que la simple possession de l’arme nucléaire fait que les autres font beaucoup plus attention que si on ne possède pas l’arme nucléaire.

Kadhafi a été éliminé parce qu’il a commis la bêtise de se débarrasser de son projet d’armement nucléaire au contraire de la Corée du Nord ; la possession de l’arme nucléaire est un passeport contre la manifestation agressive d’autres États. Lorsque Bush parle de l’axe du mal avec la Corée du Nord, l’Iran et l’Irak, les États-Unis attaquent l’Irak et font pression sur l’Iran, mais font beaucoup plus attention avec la Corée du Nord.

L’utilisation de l’arme atomique engendre de profonds bouleversements psychologiques et change la face de l’humanité.

Pour Waltz la dissuasion nucléaire fonctionne, le nucléaire diminue les déséquilibres ; l’équilibre régional au Moyen-Orient serait rétabli.

Les réalistes et les dilemmes de la politique internationale

Jeu de la chasse au cerf

Jean-Jacques Rousseau, philosophe et théoricien politique du XVIIIe siècle, n'a pas eu d'influence directe sur le développement de la théorie des jeux. La théorie des jeux est une branche des mathématiques et de l'économie qui étudie la prise de décision stratégique, et elle n'a été développée qu'au XXe siècle. Cependant, les idées de Rousseau sur la nature humaine et le rôle de la raison dans la prise de décision pourraient potentiellement être considérées comme influençant le développement de la théorie des jeux, car ses théories s'inscrivent dans une tradition intellectuelle plus large qui souligne l'importance de la rationalité dans le comportement humain. En outre, les idées de Rousseau sur la théorie du contrat social, qui se concentre sur les façons dont les individus et la société interagissent et négocient les uns avec les autres, pourraient également être considérées comme pertinentes pour l'étude de la prise de décision stratégique dans la théorie des jeux.

« Voilà comment les hommes purent insensiblement acquérir quelque idée grossière des engagements mutuels, et de l'avantage de les remplir, mais seulement autant que pouvait l'exiger l'intérêt présent et sensible; car la prévoyance n'était rien pour eux, et loin de s'occuper d'un avenir éloigné, ils ne songeaient pas même au lendemain. S'agissait-il de prendre un cerf, chacun sentait bien qu'il devait pour cela garder fidèlement son poste; mais si un lièvre venait à passer à la portée de l'un d'eux, il ne faut pas douter qu'il ne le poursuivit sans scrupule, et qu'ayant atteint sa proie il ne se souciât fort peu de faire manquer la leur à ses compagnons. »

— Jean-Jacques Rousseau (1754) Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes.

La "chasse au cerf" à laquelle fait référence Jean-Jacques Rousseau est une métaphore qu'il utilise dans son livre de 1754 "Discours sur l'origine de l'inégalité" pour décrire le processus de développement social et économique. Dans cet ouvrage, Rousseau affirme que le développement de l'agriculture, du commerce et d'autres formes d'activité économique entraîne la croissance de la société et l'émergence de l'inégalité sociale. Il soutient qu'à mesure que les individus deviennent plus dépendants de ces systèmes, ils deviennent moins autonomes et plus dépendants des autres pour leurs besoins fondamentaux. Pour illustrer ce processus, Rousseau utilise la métaphore de la chasse au cerf, dans laquelle un groupe de chasseurs coopère et coordonne ses efforts pour capturer un cerf. Il affirme que, tout comme les chasseurs deviennent dépendants les uns des autres pendant la chasse, les individus de la société deviennent dépendants les uns des autres lorsqu'ils s'engagent dans des activités économiques et des échanges. Cela entraîne à son tour une perte de liberté et d'autonomie, car les individus se retrouvent piégés dans un cycle de dépendance et d'exploitation. Ainsi, la métaphore de la "chasse au cerf" de Rousseau décrit le processus de développement social et économique, et ses conséquences négatives pour les individus et la société.

Jeu de la chasse au cerf (Rousseau interprété par la théorie des jeux)

Chaque acteur est rationnel, regarde son propre intérêt. Chacun est égaux par rapport à plusieurs partenaires. Chacun chasse le cerf et va se faire dépailler par un lièvre qui passe :

Il y a une situation du point de vue social qui est une situation interdépendante, ce qui adviendra ne dépend seulement de sa volonté, mais dépend aussi des autres ; les réalistes sont contre l’interdépendance, mais ils sont toutefois dans un système d’interdépendances, chacun dans la vision réaliste dépend de tous les autres.

Le système de l’équilibre des forces est un système d’interdépendances où les individus sont rationnels. Il y a une logique de préférence ordinale.

  • solution par le concept de "best reply" (meilleure réponse) de Nash: deux solutions stables sont parfaitement envisageables, (4,4) ou bien (2,2)

On regarde les 4 situations possibles et chacun analyse une situation en se demandant s’il a intérêt à changer. Par raisonnement est-il possible d’améliorer sa situation en changeant.

  • aucune stratégie dominante (contrairement au dilemme de la sécurité = du prisonnier)

Chacun des deux acteurs à intérêt à changer, c’est une situation instable.

L’équilibre Pareto est un équilibre qui est bien du point de vue collectif. Il y a deux solutions stables (4,4) et (2,2) : chacun des deux acteurs préfère être en 4 plutôt qu’être en 2.

Pareto est le premier penseur économique qui a pu démontrer du point de vue de la science économique que la propriété privée des moyens de production n’était pas nécessaire pour avoir un équilibre productif ; il démontre que les marxistes pourraient avoir raison, on peut avoir un système productif juste et équitable.

Ou bien les deux chassent le cerf ou bien les deux chassent le lapin ; ce n’est pas parce que l’une est supérieure que (4,4) va être choisi.

Il est possible de se garantir en chassant le lièvre qu’on aura pas faim ce soir.

Dilemme de la sécurité

Dilemme de la sécurité (Jeu du dilemme du prisonnier)

Un dilemme de sécurité est une situation dans laquelle deux ou plusieurs États ou acteurs perçoivent une menace pour leur sécurité et prennent des mesures pour se protéger, mais ce faisant, ils augmentent par inadvertance la menace pour la sécurité de l'autre. Cela peut créer un cycle d'insécurité et de méfiance croissantes, chaque État ou acteur prenant des mesures de plus en plus agressives pour se protéger, ce qui déclenche à son tour des réponses plus agressives de la part de l'autre partie.

Le dilemme de la sécurité est une caractéristique commune des relations internationales et il peut survenir dans des contextes très divers. Par exemple, deux États voisins peuvent tous deux percevoir une menace pour leur sécurité du fait des capacités militaires de l'autre, et ils peuvent répondre en augmentant leurs propres capacités militaires afin de se défendre. Cependant, cela peut conduire à une course aux armements, dans laquelle les deux États continuent à renforcer leur puissance militaire afin de se protéger, mais ce faisant, ils augmentent la menace pour la sécurité de l'autre.

Un dilemme de sécurité est une situation dans laquelle des États ou des acteurs prennent des mesures pour protéger leur propre sécurité, mais ce faisant, ils augmentent par inadvertance la menace pour la sécurité des autres. Cela peut créer un cycle d'insécurité et de méfiance croissantes, et il peut être difficile pour les États ou les acteurs de trouver une solution mutuellement acceptable à leurs problèmes de sécurité.

L'équilibre de Nash est un concept de la théorie des jeux qui décrit une situation dans laquelle chaque joueur d'un jeu a choisi la meilleure stratégie compte tenu des stratégies des autres joueurs. Dans l'équilibre de Nash, aucun joueur n'a intérêt à changer sa stratégie, car cela n'améliorerait pas sa situation.

Il existe une relation entre le dilemme de sécurité et l'équilibre de Nash, en ce sens que le dilemme de sécurité peut être considéré comme un type d'équilibre de Nash. Dans le dilemme de la sécurité, chaque État ou acteur a choisi une stratégie (comme le renforcement de ses capacités militaires) qu'il estime être dans son meilleur intérêt, compte tenu des stratégies des autres acteurs. Cependant, comme ces stratégies sont intrinsèquement compétitives et agressives, elles peuvent créer un cycle d'insécurité et de méfiance croissantes. En ce sens, le dilemme de la sécurité peut être considéré comme un équilibre de Nash dans lequel chaque acteur a choisi une stratégie qui n'est pas dans son meilleur intérêt, mais il n'est pas incité à changer de stratégie car cela n'améliorerait pas sa situation.

Annexes

Références