Mobility and international relations
Mobility is often at odds with the notion of sovereignty referring to the question of security and the ability of a sovereign State to accept flows. Mobility refers to a multitude of figures.
The mobility
Mobility is one of the key figures of (post-)modernity with the idea of fluidity. Before, people were imagined as not very mobile, but the idea of mobility is often linked to a certain conception of modernity. There are flows of people, migration, flows of goods, but also flows of capital. The constant flow of people, goods and capital and a debate that is attributed to a so-called modern, or even postmodern, period. These flows involve a number of things. These flows lead to a constant supply of flows with intentions, characteristics or to which characteristics or intentions will be assigned, raising the question of perception. It is important to be able to identify, manage and control these different flows.
If we take the management of the flow of goods, one of the essential points of threat management, for example the terrorist threat, is how to manage a multitude of goods passing through American ports. These flows are constructed and considered a danger because we cannot identify, manage and control the whole thing.
Mobility is also a phenomenon related to acceleration and speed, narrowing distances because there is the ability to go much further and much faster. It is above all the idea of acceleration that makes it increasingly difficult to understand and deal with what is happening in order to manage data and information. In airports, the idea is to look at people not as a person, but as a mass.
Mobility is often identified as a form of transgression that refers to freedom. The Roma is considered as a figure of transgression which is linked to the idea of a threat because it cannot be captured and above all it is identified with a number of other figures. Even if mobility may seem like an ability to be free being a form of empowerment, one may wonder if it is really a freedom.
Mobility has different meanings, mobility means different things, for different people, in different places and at different times. Mobility also refers to the idea of inter-connection and/or de-connection. Mobility does not necessarily want to be open to the other and to complexity. Mobility is also something that locks you in, because when you move from one hub to another, you miss the daily life of the place. Mobility induces infrastructures that force people to disconnect from a certain reality. We must also see mobility as something that restricts our ability to discover, see and think.
Mobility is also an antagonistic element to sovereignty, such as globalized tourism, diasporic phenomena that can create forms of loyalty that could potentially run counter to the loyalty of citizens and people living in the State, or transnational movements. The principle of mobility is conceived and perceived as a mark of modernity in order to produce a fairer, better and more dynamic society, but above all a society that produces more.
Mobility and sovereignty
Mobility is linked to a process of border erosion such as, for example, in the European Union or free trade agreements. But as Andreas shows in Introduction: The Wall After the Wall[1] published in 2000, the border can be selective. Often, the idea of mobility is more a rhetoric than a fact related to a number of specific interests. With the claims of the "undocumented" French, there is a rhetoric of mobility formulated as a threat, but they represent an integrated factor of production in the political economy. Mobility has been constructed as a threat, but the "undocumented" have constructed rhetoric as part of the well-being of French society.
For Andreas, "the erasure of borders [debordering] is accompanied in many places by partial[rebordering] in the form of greater and improved[policing] control. While many borders have been demilitarized in the traditional field of national security, and economically liberalized to facilitate trade, they are also more criminalized now to deter those perceived as intruders. From a security perspective, we are moving from an idea of mobility as something that threatens the border and therefore national integrity to a more criminalizing dimension that produces a multiplicity of discourses that are more necessarily linked to national identity and the nation state, but with a multitude of facets.
There is a kind of asymmetry in the practice of mobility. They are dependent on sovereignty and the different configurations that sovereignty takes. Mobility highlights the practices that build the border and the production of a certain understanding of security - who are the enemies and potential dangers. Borders are most often dependent on sovereignty, on the different configurations it takes and with the erasure of borders, we see a diffusion and relocation of the border. Mobility is a kind of revealing of sovereignty practices that can lead to the deterritorialization of the border or to the perception of the border as a practice and not as a space.
Les figures de la mobilité
Les figures de la mobilité sont multiples pouvant être le touriste, l'immigrant légal, clandestin ou encore économique. Ce sont des processus qui construisent ou conçoivent quelqu’un d’autre comme un danger potentiel. Certaines catégories de populations sont construites comme une menace. Ces figures sont aussi l'émigrant, mais aussi la femme d'affaires que l’on peut classifier entre la classe économique et les élites cinétiques. La mobilité est l’accélération et la vitesse. Les pratiques liées à la sécurité sont des pratiques qui vont mener à ralentir. L’objectif des camps d’émigrés n’est pas d’arrêt les choses, mais de rendre la progression plus difficile et plus lente. Cela montre qu’il y a différentes classes dans la mobilité. Penser la mobilité n’est pas seulement penser en termes de sécurité, mais à un assemblable. Si on montre qu’on a les moyens d’utiliser les phénomènes, les technologies et les passerelles pour aller plus vite, on n’est plus considéré comme une menace, mais comme un agent économique à qui il faut faciliter la mobilité. Le demandeur d'asile, le réfugié le pendulaire ou encore le citoyen sont des figures qui montrent à quel point il y a une distinction et une différenciation dans la mobilité.
Tourisme
Le tourisme est une économique politique internationale qui va permettre la construction d’un environnement avec des lieux d’accueils et des activités qui n’ont rien à voir avec l’activité des individus sur place. En d’autres termes, c’est une rencontre entre différents quotidiens. Le tourisme est aussi une rencontre entre le “Premier-“ et le “Quart-“, “Tiers-“ mondes, mais aussi une rencontre entre différents imaginaires sur la sécurité induisant relation de pouvoir entre ces deux mondes.
Pour Cynthia Enloe dans Bananas, Beaches and Bases. Making Feminist Sense of International Politics[2] publié en 1989, « Le tourisme ce n'est pas seulement s'échapper du travail et de la grisaille ; le tourisme est une question de pouvoir, un pouvoir de plus en plus internationalisé. Si le tourisme n'est pas discuté sérieusement par les commentateurs politiques traditionnels tout comme peuvent l'être le pétrole et les armes cela nous en dit plus sur la construction idéologique du 'sérieux' que sur la politique du tourisme ».
Le tourisme est un lieu essentiel de la constitution d’un autre construit généralement comme un exotique, c’est un lieu ou on va produire de l’imaginaire sur ce que l’on est. On va construire des lieux dans lesquels on va. Le tourisme est un lieu fascinant qui permet d’étudier les représentations, mais aussi de participer à une économie politique parce qu’on va quelque part parce qu’on a des attentes et on recherche quelque chose. On amène une projection que l’on va essayer de satisfaire parce que le touriste représente un pouvoir financier. Par exemple, Bali a été construite comme une île touristique. Bali et Venise sont une économie politique.
Tourisme et sécurité (v. Lisle 2013)
Dans Frontline Leisure: Securitizing Tourism in the War on Terror[3] publié en 2013, Lisle montre que les frontières internationales sont maintenant partout et agissent par rapport aux individus en tant que corps. L’auteure montre qu’il y a une diffusion des lieux où la sécurité se déploie : « des espaces familiers (e.g. les rues d’une ville, les centres commerciaux, les aéroports), des activités (e.g. visiter une bibliothèque, participer à une manifestation pacifique) et des routines (e.g. prendre des transports en commun, faire une réservation en ligne) sont maintenant des lieux importants d’intervention où des corps privilégies et des formes de vie sont plus précisément, clairement et préventivement sécurisés contre des corps et formes de vie déviants ».
Voyager, être comme touriste renvoie à toute une série de dimension ou certains gens et certains corps vont être construits comme une menace potentielle alors que d’autre sont construits comme une ressource, « l’idée que tout le monde est un terroriste potentiel et que l’ensemble du globe est une cible potentielle, ne signifie pas que les pratiques de sécurité et de gouvernance s’appliquent avec la même intensité et force en rapport à tous les lieux et sujets ». Il est intéressant de se pencher sur les intersubjectivités. Ce n’est pas l’individu en tant qu’identité spécifique qui est une menace, mais cela peut être le corps qui est un vecteur de choses autant d’idées que de maladies. Cela montre une géopolitique spécifique de comment les acteurs construisent le monde. Pour Lisle, le « monde produit des subjectivités particulières (e.g. le terroriste, l’agent d’immigration, le citoyen global, etc.) “Mais aussi cherche à transformer, réguler, et gérer les comportements, conduites et dispositions de ces subjectivités ». La dimension de classe est forte. Un touriste indonésien fortuné aura plus de facilité à voyager en Europe ou en Australie.
Dans Privileging the male gaze. Gendered tourism landscapes de Pritchard et Morgan publié en 2000, est avancé que « [...] les discours touristiques (tout comme leurs précurseurs coloniaux et impériaux) privilégient le regard du 'maître-sujet': blanc, mâle, hétérosexuel et bourgeois. [...] Ainsi, comme le révèlent le marketing touristique genré, les différences de pouvoir entre femmes et hommes privilégient les derniers et les paysages genré et radicalisé affirment les dynamiques de pouvoir de la politique internationale dans lesquels le nord et l'ouest sont privilégiés sur le sud et l'est. Les femmes et les paysages de ces derniers sont sensualisés, exoticisés, et représentés comme sans pouvoir et vulnérable ».
Ces auteurs font des analyses sur comment on vend le tourisme et l’exotisme. Le discours clef est lié à un certain désir et à un certain regard que l’on construit sur l’autre. Si on regarde comment sont construits des pays comme la Croatie ou les îles du Pacifique, l’Indonésie, la Thaïlande ou l’Amérique latine, dans une certaine mesure, on va vendre un certain orientalisme de ce qu’on veut voir. Pour un pays comme la Thaïlande, le problème sécuritaire et lié à un enjeu sanitaire.
Mobilité et sécurité : l’aéroport
L'aéroport est le symbole de la mobilité qui est une dynamique et le lieu de l’essence même de la mobilité postmoderne. C’est un lieu qui représente un assemblage de différentes logiques. Pour Marc Salter dans Introduction: Airport Assemblage publié en 2008, « les aéroports sont des espaces nationaux mettant en connexion des espaces internationaux, des frontières qui ne sont pas des limites territoriales, et des lieux fixes incarnant la mobilité ». Au sein de l’aéroport, différents systèmes de souveraineté s’articulent. Ce sont des frontières qui ne sont pas territoriales étant des constructions de limites ou on va construire les bons et les mauvais sujets. C’est une frontière dans la constitution d’un soi et de l’autre dans un rapport à la sécurité afin de déterminer qui est une menace. La frontière non-territoriale est une frontière de constitution d’un rapport de soi à l’autre.
Lorsqu’on réfléchit à la sécurité, il y a une logique publique, mais dans un aéroport, il y a un assemblage d’acteurs publics et privés. C’est une fragmentation des logiques mises en œuvre entre expertises privées et publiques. Il y a une négociation entre le public et le privé par rapport à ce qu’est la sécurité. Il y a un lieu spécifique qui est la rencontre entre ces types d’acteurs. En termes de mobilité et de sécurité, l’aéroport est un assemblage de différentes logiques. La sécurité n’est pas nécessairement la résultante d’une production publique, mais elle est la négociation entre des acteurs privés et publics notamment en termes d’acquisition de la technologie qui va permettre d’identifier. Dans Introduction: Airport Assemblage[4] publié en 2008 par Salter, sont rapportés les propos de Lyon pour qui les aéroports sont pensés et construits pour « un maximum de commerce et pour la sécurité nationale [...] [et] bien qu'ils sont analytiquement séparables en domaines différents — 'citoyen' et 'consommateur' —, ces derniers deviennent de plus en plus indistincts ».
Un aéroport est pensée dans le triptyque sécurité, consommation et mobilité. Le but d’un aéroport est de savoir comment amener un passager d’un point à un autre de la façon la plus efficace. Il se passe une dialectique entre la sécurité et la consommation. Les aéroports sont construits comme des temples de consommation. Il y a différentes logiques et différents moments qui sont articulés appelant et nous constituant à être différentes choses à savoir à être un citoyen, un voyageur, mais aussi un consommateur. La mobilité implique différents moments. Un aéroport représente aussi une économie politique nationale.
Comme le montre Adey dans Surveillance at the Airport: Surveilling Mobility/Mobilising Surveillance[5] publié en 2004, l’aéroport est le lieu clef pour distinguer, trier, gérer et gouverner les passagers en différentes modalités. Il est possible de faire des élites cinétiques et les autres classes qui créent des différences de modalités de sujets. Les « profiles risque » permettent d’identifier une menace.
Bilan
Lorsqu’on réfléchit en termes de mobilité, il y a des productions de subjectivités et de modalités différentes en fonction d’attentes représentant une négociation entre différents secteurs et logiques dont la dimension sécuritaire n’est pas nécessairement la plus puissante. Il y a différentes modalités qui font qu’on est mobile. Avec la mobilité, plusieurs secteurs sont en jeu. La sécurité n’est pas toujours la dimension la plus forte, mais une dimension parmi d’autres. Souvent, la sécurité est présentée comme étant la logique d’une mesure ou comme un égalisateur. Avec la mobilité, la sécurité n’est pas forcément la logique première qui vient à gérer et à nous gérer en tant qu’être humain. La mobilité est révélatrice d’une économie politique internationale. La mobilité implique des rapports de pouvoir produisant certaines subjectivités. La mobilité est une façon d’étudier les rapports de domination.
Notes
Bibliography
- Pritchard, A. & Morgan, N. J. (2000). Privileging the male gaze. Gendered tourism landscapes. Annals of Tourism Research 27(4): 884–905.!
- Salter, Mark B. 2008. “Introduction: Airport Assemblage”, in Mark B. Salter (ed.) Politics at the airport. Minneapolis: University of Minnesota Press.
References
- ↑ Andreas, Peter, and Timothy Snyder. The Wall around the West: State Borders and Immigration Controls in North America and Europe. Lanham: Rowman & Littlefield, 2000.
- ↑ Enloe, Cynthia H. Bananas, Beaches & Bases: Making Feminist Sense of International Politics. Berkeley: U of California, 1990.
- ↑ Lisle, D. "Frontline Leisure: Securitizing Tourism in the War on Terror." Security Dialogue 44.2 (2013): 127-46.
- ↑ Salter, Mark B. Politics at the Airport. Minneapolis: U of Minnesota, 2008
- ↑ Adey, Peter. "Surveillance at the Airport: Surveilling Mobility/mobilising Surveillance." Environment and Planning A 36.8 (2004): 1365-380.