Les ensembles politiques multiculturels

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L’histoire des ensembles politiques multiculturels met en lumière une trajectoire distincte de celle des nations d’Europe occidentale. Alors que l’Ouest a vu s’imposer le modèle de l’État-nation sur les décombres d’empires rapidement affaiblis, l’Europe centrale et orientale est longtemps demeurée structurée par de vastes empires — russe, ottoman, austro-hongrois — qui ont perduré jusqu’au XIXᵉ siècle, voire au-delà. La formation nationale y a donc suivi une voie particulière : plutôt que de se développer contre un cadre impérial disparu, elle s’est élaborée à l’intérieur même de structures impériales encore vivantes.

Dans cet environnement, la langue, la religion et la culture ont acquis une valeur politique exceptionnelle. Elles ont servi d’outils pour affirmer l’existence de communautés nationales, même là où les réalités sociales et territoriales restaient profondément hétérogènes. L’exemple des guerres en ex-Yougoslavie, où les appartenances religieuses ont été instrumentalisées pour nourrir les affrontements, illustre la persistance de cette logique. Les arguments culturels ne traduisent pas nécessairement une homogénéité réelle, mais leur mobilisation a constitué un ressort central de la construction nationale.

Il convient enfin de rappeler que les empires ne doivent pas être appréhendés uniquement comme des obstacles à la formation des nations. Leur diversité interne, leurs politiques d’intégration ou de tolérance et leurs dynamiques d’expansion en ont fait à la fois des foyers de tensions et des espaces d’expérimentation. Dans certains cas, les empires ont protégé ou favorisé l’affirmation d’identités nationales ; dans d’autres, ils ont suscité des résistances qui ont accéléré les mouvements indépendantistes. L’histoire des ensembles multiculturels se déploie ainsi dans un va-et-vient constant entre cadre impérial et projet national, où se joue une partie essentielle de l’histoire politique de l’Europe et de ses prolongements coloniaux.

Les Empires

En 1815, au lendemain du Congrès de Vienne, l’Europe centrale et orientale se présente comme un espace largement structuré par trois grands ensembles impériaux: l’Empire russe, l’Empire autrichien des Habsbourg et l’Empire ottoman. Cette configuration n’est pas un simple héritage médiéval. Elle résulte d’une longue sédimentation de conquêtes, d’alliances dynastiques, d’arrangements juridiques et de compromis administratifs. À la différence de l’Europe occidentale où l’État-nation s’impose progressivement au XIXᵉ siècle, ces empires demeurent les cadres politiques dominants de l’Est européen, et c’est en leur sein, ou contre eux, que s’élaborent les principaux projets nationaux.

D’un point de vue analytique, l’empire se distingue de la nation par sa logique d’universalisation. Un empire prétend incarner un ordre valable au-delà des particularismes locaux, soit au nom d’un principe dynastique, soit au nom d’un horizon religieux ou civilisationnel, soit au nom d’une mission politique et administrative de « civilisation ». Cette prétention n’est jamais illimitée, mais elle confère au pouvoir impérial une légitimité qui n’est pas fondée sur l’homogénéité culturelle du corps des sujets. À l’inverse, l’État-nation moderne revendique une coïncidence entre un territoire politique et une communauté d’appartenance définie par la langue, l’histoire partagée, parfois la religion, et surtout par l’idée d’une souveraineté populaire. On observe ainsi une tension structurelle entre la logique impériale, inclusive mais hiérarchique et composite, et la logique nationale, particulariste et homogénéisatrice.

Ces empires se sont formés selon des modalités variées. La conquête et l’annexion jouent un rôle central dans les cas russe et ottoman, tandis que l’édifice des Habsbourg procède d’abord d’agrégations dynastiques et d’unions personnelles, puis de consolidations territoriales et juridiques. Partout, la gestion du multiple repose sur des techniques politiques de coexistence: pluralisme juridique et fiscal, reconnaissance de privilèges locaux, représentation d’ordres ou de diètes provinciales, usage différencié des langues de l’administration, tolérance religieuse variable. Loin d’être des anomalies prémodernes, ces empires sont des systèmes politiques complexes qui, au XIXᵉ siècle encore, s’adaptent, réforment et se modernisent, tout en conservant une architecture composite.

Autriche-Hongrie

L’édifice des Habsbourg s’inscrit dans la longue durée et illustre parfaitement la logique dynastique propre aux empires d’Europe centrale. Sa genèse remonte à l’union personnelle de 1526-1527 : après la défaite des Hongrois face aux Ottomans à Mohács, les couronnes de Bohême et de Hongrie passent sous la domination de la maison de Habsbourg. Cet épisode fondateur marque l’intégration dans l’espace habsbourgeois de territoires clefs d’Europe centrale, où vivent des populations linguistiquement et religieusement diverses. L’empire des Habsbourg naît ainsi non d’une conquête brutale, mais d’une continuité dynastique où l’alliance matrimoniale et la succession héréditaire jouent un rôle décisif.

La progression territoriale des Habsbourg s’accélère aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Le siège de Vienne en 1683, moment critique de l’expansion ottomane, débouche sur un retournement de situation. La victoire des troupes impériales, appuyées par des forces polonaises, ouvre une période de reconquête et d’expansion dans la plaine hongroise et les Balkans. Les traités de Karlowitz (1699) et de Passarowitz (1718) consacrent l’extension de la monarchie sur une large partie de la Hongrie, de la Croatie et de la Transylvanie. Dans le même temps, les Habsbourg affermissent leur position en Italie du Nord (Lombardie, Toscane) et dans les Pays-Bas autrichiens, multipliant les territoires discontinus mais liés par l’autorité d’une même dynastie.

Cette configuration donne naissance à une monarchie composite. Chaque territoire conserve ses lois, ses privilèges, ses institutions locales (diètes, noblesse, ordres ecclésiastiques), ce qui rend l’ensemble très hétérogène. L’unité n’est pas celle d’un État centralisé mais celle d’une dynastie et d’un monarque qui cumule plusieurs titres. La maison de Habsbourg s’efforce de renforcer son autorité par un catholicisme militant, un appareil bureaucratique naissant et une armée permanente. Le catholicisme, surtout après le Concile de Trente et la Contre-Réforme, devient un marqueur identitaire fort de la monarchie, même si, avec le temps, une politique de tolérance limitée s’impose pour tenir compte de la diversité confessionnelle des territoires.

La fin du XVIIIᵉ siècle est marquée par les réformes de Marie-Thérèse (1740-1780) et de Joseph II (1780-1790), qui cherchent à rationaliser l’administration, développer l’instruction, uniformiser la fiscalité et encadrer davantage l’Église. L’« absolutisme éclairé » habsbourgeois tente d’unifier un espace morcelé par le biais d’un État plus centralisé, mais se heurte aux résistances des nobles et des populations locales attachées à leurs particularismes. L’édit de tolérance religieuse de 1781 illustre cette tension : il consacre un pluralisme relatif, tout en visant à intégrer les minorités religieuses à un appareil administratif et fiscal commun.

L’année 1804 constitue un tournant institutionnel. Face aux bouleversements des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, François II proclame l’Empire d’Autriche. Deux ans plus tard, en 1806, la dissolution du Saint-Empire romain germanique confirme cette reconfiguration. L’Empire d’Autriche devient une entité politique à part entière, distincte de l’ancien cadre impérial médiéval. Il rassemble alors les territoires héréditaires des Habsbourg en Europe centrale, mais aussi l’Italie du Nord et une partie des Balkans. Ce nouvel empire hérite de la logique composite du passé, mais il entre dans le XIXᵉ siècle avec une volonté accrue de se poser en puissance moderne face à la France napoléonienne, puis face aux autres monarchies européennes.

L’histoire autrichienne du XIXᵉ siècle illustre la tension croissante entre centralisation impériale et revendications nationales. La monarchie se modernise : codification du droit (Code civil de 1811), réorganisation de l’administration, développement d’un appareil policier et bureaucratique, réforme de l’enseignement. Mais ce processus se heurte à la réalité multinationale de l’empire. En Bohême, les élites tchèques réclament reconnaissance et autonomie culturelle; en Hongrie, les revendications politiques et linguistiques se font pressantes; en Galicie, les Polonais dominent les élites administratives, mais se heurtent à des populations ukrainiennes et juives nombreuses.

La Révolution de 1848 marque un moment d’explosion de ces contradictions : les soulèvements nationaux (hongrois, tchèques, italiens, croates) révèlent l’ampleur des aspirations à l’autonomie. Bien que réprimés, ils laissent une empreinte durable. En 1867, après les défaites militaires contre la Prusse et l’Italie, l’Empire d’Autriche est transformé en double monarchie austro-hongroise. Ce compromis reconnaît à la Hongrie une large autonomie politique et administrative, tout en maintenant une union dynastique avec l’Autriche. Mais ce rééquilibrage ne règle pas la question des autres nationalités : Tchèques, Slovaques, Croates, Roumains, Serbes ou Ruthènes restent en position dominée, et leurs revendications nourrissent une instabilité croissante.

L’Autriche-Hongrie se présente donc comme un cas exemplaire d’empire multinational en tension. Sa longévité illustre la capacité d’adaptation d’un système impérial composite, mais aussi ses limites face à la montée des nationalismes au XIXᵉ siècle. Si elle a réussi à intégrer des populations diverses par un équilibre subtil de concessions et de centralisation, elle n’a jamais pu résoudre durablement la contradiction entre l’universalité impériale et les particularismes nationaux, contradiction qui marquera son destin jusqu’à sa disparition en 1918.

Empire ottoman : plus grande expansion territoriale en 1683

L’Empire ottoman occupe une place singulière dans l’histoire des ensembles multiculturels européens. Héritier d’une expansion commencée au XIVᵉ siècle à partir de l’Anatolie, il s’affirme comme une puissance majeure dès la prise de Constantinople en 1453, qui marque la fin de l’Empire byzantin et l’ouverture d’une ère nouvelle. Pendant plus de deux siècles, la progression ottomane paraît irrésistible : les campagnes militaires successives étendent l’autorité de la Sublime Porte vers les Balkans, l’Europe centrale, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Cette dynamique repose sur une organisation militaire efficace (les janissaires, corps d’élite issus du devchirmé), sur un appareil administratif solide et sur une légitimité politico-religieuse incarnée par le sultan, chef temporel et spirituel, détenteur du titre de calife.

La plus grande extension territoriale de l’empire est atteinte à la fin du XVIIᵉ siècle. En 1683, les armées ottomanes assiègent Vienne, après avoir déjà imposé leur domination sur une grande partie des Balkans, de la Hongrie et jusqu’aux portes de l’Europe centrale. Cette apogée illustre le caractère profondément européen d’une puissance souvent réduite dans l’historiographie occidentale à sa composante asiatique ou orientale. En réalité, jusqu’au XIXᵉ siècle, une part essentielle de l’espace ottoman se situe sur le continent européen : Grèce, Serbie, Bosnie, Bulgarie, Roumanie, Albanie, Macédoine, et même la Hongrie méridionale à certaines périodes.

L’expansion ottomane s’est faite par la guerre et l’annexion successive. Contrairement à la monarchie habsbourgeoise qui se développe largement par unions dynastiques et héritages territoriaux, l’empire ottoman repose sur la conquête militaire et l’incorporation directe de provinces soumises. Les campagnes contre les royaumes chrétiens des Balkans, contre les Hongrois ou encore contre les Polonais jalonnent cette progression. Chaque territoire conquis est intégré dans un système administratif relativement uniforme, structuré en provinces (vilayets, sandjaks), dotées de gouverneurs, et reliées à Istanbul par un appareil fiscal et militaire.

La domination ottomane sur l’Europe balkanique se distingue par sa capacité à gérer une mosaïque de populations. Le système des millets, qui organise les communautés religieuses (orthodoxes, arméniennes, juives) autour de leurs autorités spirituelles, permet la coexistence sur plusieurs siècles d’identités différentes. La conversion forcée reste limitée, et si l’islamisation progresse dans certaines régions comme l’Albanie et la Bosnie, la majorité des populations balkaniques demeure chrétienne. L’ordre impérial repose sur une hiérarchie confessionnelle claire : les musulmans bénéficient d’un statut privilégié, tandis que les non-musulmans, reconnus comme dhimmis, jouissent d’une autonomie interne au prix d’un impôt spécifique (la djizya). Cette organisation pluraliste, bien que fondée sur l’inégalité, garantit une relative stabilité à un espace profondément hétérogène.

À partir du XVIIIᵉ siècle, cependant, l’empire entre dans une phase de reflux. La défaite devant Vienne en 1683, suivie de la reconquête habsbourgeoise et des traités de Karlowitz (1699) et de Passarowitz (1718), marque le début du recul territorial en Europe. La « question d’Orient » devient dès lors une préoccupation majeure des puissances européennes, qui voient dans le déclin ottoman une opportunité d’influence et d’expansion. Tout au long du XIXᵉ siècle, l’empire est qualifié de « malade de l’Europe », non pas parce qu’il aurait cessé d’exister, mais parce que son affaiblissement alimente une rivalité permanente entre les grandes puissances.

Les réformes entreprises par la Porte, notamment les Tanzimat (1839–1876), visent à moderniser l’administration, l’armée et la fiscalité, et à instaurer une égalité juridique entre musulmans et non-musulmans. Mais ces réformes produisent un effet paradoxal : en cherchant à uniformiser le statut des sujets de l’empire, elles stimulent l’émergence des identités nationales dans les provinces européennes. Le développement des écoles, de la presse et des administrations locales offre aux élites grecques, serbes, bulgares ou roumaines des instruments pour affirmer leur spécificité culturelle et politique. La montée des nationalismes balkaniques, nourris par les Églises orthodoxes et appuyés par les puissances occidentales et la Russie, entraîne une succession de sécessions et de guerres d’indépendance au XIXᵉ siècle, qui réduisent progressivement la présence ottomane en Europe.

L’Empire ottoman illustre à la fois la puissance d’intégration d’un modèle impérial universaliste et ses limites face à la poussée particulariste des nations. Sa longévité repose sur sa capacité à administrer la diversité religieuse et linguistique par un système hiérarchisé mais pragmatique. Son affaiblissement, en revanche, tient à l’impossibilité d’adapter pleinement cette logique impériale aux exigences modernes de souveraineté populaire, de représentation politique et d’homogénéité nationale.

L’Empire russe

L’Empire russe s’est construit par un processus continu d’expansion territoriale, amorcé à partir du noyau moscovite au XIVᵉ siècle. Après la libération de la domination mongole au XVe siècle, la principauté de Moscou devient le centre d’un mouvement d’unification qui absorbe progressivement les autres principautés russes. Dès le XVIᵉ siècle, sous Ivan IV dit « le Terrible », l’État moscovite lance une expansion spectaculaire vers l’est, franchissant l’Oural et atteignant la Sibérie. Au XVIIᵉ siècle, les Cosaques et les pionniers avancent jusqu’au Pacifique, donnant à la Russie une profondeur continentale inédite. Cet empire eurasiatique s’affirme comme une construction politique sans équivalent en Europe : il articule un pouvoir central autocratique, une armée permanente et une capacité d’intégrer des territoires immenses sans pour autant rechercher l’homogénéité culturelle.

Au XIXᵉ siècle, l’expansion reprend avec vigueur dans deux directions. Vers le sud, la conquête de l’Asie centrale intègre le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kirghizistan. Ces régions, dominées par des sociétés musulmanes, deviennent des laboratoires où s’expérimentent des formes de contrôle colonial qui préfigurent certains modes de gestion soviétiques au XXᵉ siècle. Vers l’ouest, l’empire s’étend aux dépens de la Pologne, absorbée en plusieurs étapes lors des partitions de la fin du XVIIIᵉ siècle, mais aussi aux dépens de la Suède (Finlande annexée en 1809) et de l’Empire ottoman (Bessarabie, Caucase, mer Noire). La Russie devient ainsi une puissance à la fois orientale et occidentale, revendiquant une identité européenne tout en consolidant une vocation asiatique. Cette double orientation nourrit un discours idéologique contrasté, entre occidentalisation et slavophilie, modernisation et défense des traditions.

La légitimité impériale russe s’articule autour de la figure de l’autocrate, héritier de la tradition byzantine et protecteur de l’orthodoxie. Le tsar est à la fois souverain politique et garant d’un ordre religieux. Cette conception s’incarne dans la triade idéologique formulée sous Nicolas Ier : « Orthodoxie, Autocratie, Nationalité ». Le pouvoir se veut à la fois universel dans sa mission et paternaliste dans son rapport aux populations. Cependant, cette universalité impériale ne repose pas sur une homogénéisation mais sur l’acceptation d’une pluralité hiérarchisée : orthodoxes, catholiques, uniates, musulmans, juifs et protestants cohabitent dans des régimes de droits différenciés. La diversité linguistique est immense, mais elle est canalisée par la prééminence du russe comme langue de l’administration et de l’armée.

Cette expansion territoriale s’est appuyée sur l’intégration de formations politiques antérieures. Les nationalistes du XIXᵉ siècle parlent volontiers d’« États historiques » qui auraient précédé l’emprise impériale, comme la Pologne, la Lituanie, la Géorgie ou l’Ukraine cosaque. Ces références servent à légitimer les revendications nationales ultérieures. Mais leur réalité politique est difficile à cerner : la simple existence de princes ou de rois locaux ne suffit pas à prouver l’existence de véritables États au sens moderne, avec administration, unité territoriale et structures stables. La mémoire de ces entités, souvent reconstruite a posteriori, joue néanmoins un rôle central dans la naissance des nationalismes d’Europe de l’Est.

L’une des caractéristiques majeures de l’empire russe est la politique délibérée de déplacements de populations. Qu’il s’agisse de colons russes envoyés en Ukraine ou en Sibérie, de Tatars déplacés de Crimée, ou encore de juifs assignés à résidence dans la « zone de peuplement », l’objectif n’est pas d’imposer une homogénéité mais de renforcer le contrôle impérial en fragmentant les identités locales et en créant une mosaïque de populations. Le résultat est un espace extrêmement hétérogène, où se superposent langues, religions et traditions. Cette diversité, qui constitue un atout pour l’empire dans sa logique universaliste, devient un facteur de tension à l’ère des nationalismes modernes.

Au XIXᵉ siècle, l’émergence des États-nations transforme ces populations mélangées en minorités nationales. Les Polonais, les Finlandais, les Baltes, les Ukrainiens ou encore les Arméniens revendiquent des droits politiques et culturels spécifiques, qui entrent en conflit avec la volonté impériale de centralisation et de russification. Dans certains cas, comme la Pologne, les révoltes de 1830 et 1863 traduisent une opposition frontale; dans d’autres, comme en Ukraine, c’est par la langue et la religion que se manifestent les aspirations nationales. La Russie devient ainsi un espace où se déploient toutes les tensions entre l’universalisme impérial et le particularisme national, tension qui nourrira plus tard les recompositions du XXᵉ siècle, de la révolution de 1917 à la construction soviétique.

Le « modèle » multiculturel

Avant que n’intervienne ce phénomène de nationalisation des empires, on peut dire que ces derniers furent des modèles multiculturelles.

D’ailleurs, pendant longtemps, on a dans les empires une organisation politique relativement stable qui a duré relativement longtemps et cette organisation politique stable, elle était pourtant fondée sur un mélange ethnique et un mélange culturel. Prenons le cas de l’Empire Ottoman qui a été depuis sa dissolution, considéré comme une prison des peuples etc…

L’Empire ottoman

  • Islamisation des populations européennes sous domination ottomane est minoritaire.Sauf Albanie (environ 70% de musulmans à la fin du 19è siècle, Bosnie:40%.

L’empire ottoman était dominé par une élite ottomane et musulmane, il y a cependant eu peu de conversion forcé dans l’empire ottoman, ce qui explique que les pays des Balkans qui ont appartenu à l’empire ottoman jusque fin 19ème, le christianisme à continué à l’emporter en terme de nombre à part quelque exception que sont l’Albanie et laBosnie ou on avait une majorité ou en tout cas un nombre important de gens qui s’étaient converti à l’Islam.

C’est le fait que les populations vivant sous domination ottomane avait pour celle qui n’était pas musulmane un statut inférieur (dhimmis). Ces dhimmis payait un impôt spécifique infériorité pour marque cet, mais ne se voyait pas contraint de se convertit, ils pouvaient même continuer à pratiquer leurs religions et continuer à parler leur langue.

  • Les juifs et les chrétiens orthodoxes se voyaient accorder le statut de protégés (dhimmis).Ils sont regroupés dans des millets.

L’appartenance religieuse structurant ceci dit la vie collective, c'est-à-dire que chaque communauté religieuse avait ses propres règles de fonctionnement, ses propres tribunaux et ses propres manière de penser (était en règle général installé dans des cartiers spécifique des villes). Et c’est comme cela que se sont maintenu des communautés chrétiennes importante sur le sud du bassin méditerranéen. Durant longtemps, la religion à donc structuré la vie des populations dans l’Empire Ottoman, et ces populations étaient donc structuré en communauté religieuse que l’on appelait les « millets ».

L’Empire des Habsbourg

  • Depuis1781 édit de tolérance religieuse mais véritable égalité religieuse 1861

Cette tolérance religieuse que l’on trouve chez les Ottomans est moins vrai chez les Habsbourg car au contraire, les populations soumise ont été généralement convertie de force (en particulier les populations de Bohême).

Ceci dit, même s’il n’y a pas eu de respect de la diversité religieuse, il y a eu respect de la diversité culturelle. C'est-à-dire que l’empire austro-hongrois est un véritable empire multiculturel dans lequel aucun groupe ethnique (ethnique=culturelle)ne forme une majorité et ou les mélanges ethniques sont extrêmement important,(voir la carte). On voit que aucun groupe culturelle/ethnique,aucun groupe linguistique ne détient la majorité :

  • Seulement 23% de germanophones ("Allemands")à la fin du XIXè siècle

Il y a seulement 23% de germanophones ; ces germanophones dominant en Autriche, mais ne représente qu’une minorité de la population, c’est cependant le groupe le plus important en terme de pouvoir.

Par ailleurs, il y a énormément dans ce qui va devenir l’Empire austro-hongrois en 1867 de nombreuses élites locales (élites polonaise, élites hongroise) qui ont une fonction importante dans les différentes provinces de ce royaume puis empire.

  • En Galicie élites administratives sont polonaise (autonomie administrative)

En Galicie par exemple, les élites administratives sont des élites qui parlent le polonais. Voilà donc un empire dans lequel on a des élites multiculturelles ; des élites qui parlent des langues différentes suivant les endroits. On a donc un mélange culturelle qui ne se traduit pas seulement pas un mélange de population sur un territoire, mais(toujours l’exemple de la Galicie qui est une des régions les plus multiculturelle), en Galicie, on trouve tout à la fois des gens qui parlent le polonais, l’ukrainien, le roumain et des gens le yeddish (le juif). Les lieux les plus multiculturelle de l’Empires ont les grande villes, c’est notamment le cas de la ville de Vienne qui à en conséquence à la fin du 19ème siècle une culture flamboyante.

  • En Bohème Moravie élites tchèques demandent autonomie comme les Hongrois
  • En Galicie les Polonais sont mêlés avec desUkrainiens, des Roumains, des Ruthènes à la campagne. Dans les villes aussi juifs et "Allemands".

On voit donc que ces empires sont des espaces de coexistence. D’ailleurs, ce multiculturalisme est même constitué à la fin du 19ème siècle comme un modèle avec l’idée que d’une certaine manière, ces grands ensembles impériaux, avec leur multiculturalisme, protègent les petites communautés.

Le multiculturalisme comme modèle

  • La jos Kossuth (1802-1894)

Un nationaliste Hongrois comme Lajos Kossuth disait que d’une certaine manière, il préférait que la Hongrie reste dans l’empire Austro-hongrois car cela protégeait la culture Hongroise alors que, à partir du moment ou laHongrie serait seule, elle serait menacée par les autres. Et c’est exactement ce qui s’est passée pour la Hongrie comme pour tout les pays d’Europe centrale qui ont été pris en tenaille entre 2 grands empires et 2grands nationalismes ; le nationalisme Allemand d’un côté et le nationalisme Russe de l’autre.

  • Le sciologue Oszkar Jaszi (1876-1957)publie un livre sur la question des nationalités en 1912: liberté culturelle de chaque "minorité"
  • Le dirigeant social démocrate autrichien Otto Bauer (1881-1938) écrit en 1907 LaQuestion des nationalités et la social-démocratie.

De la même manière. A la fin du 19ème il y eu un grand mouvement en faveur des empires non seulement car ils protègent les identités culturelle, mais aussi car ils permettent de protéger ce qui va devenir les minorités,c'est-à-dire les groupes les plus faible.

Il y a des théoriciens de cela tel que Otto Bauer qui écrit en 1907 un livre très important qui s’appelle « La Question des nationalités et la social-démocratie », dans laquelle il tente de trouver une alternative à la construction d’Etat-nation ethniquement pure (dans lesquelles il n’y aurait qu’une seul nationalité qui l’emporterai) et il montre qu’il vaudrait mieux crée des espaces ouverts dans lesquelles il pourrait y avoir la possibilité de pratique des cultures différentes, mais pas comme en Suisse, ou chacun pratique le «  chacun chez-soi ». Ce n’est pas du tout l’image de Bauer ou l’image du Bund.

Leur image est de dire que les gens peuvent circuler avec la culture, il n’y a pas de territorialisation de la culture ; le multiculturalisme, c’est la possibilité de pouvoir circuler avec sa propre culture sur son dos et de pouvoir être accueillit n’ importe où avec sa culture. C’est donc le contraire de la territorialisation culturelle dans les Etats-nations mono ethnique, mais aussi en Suisse.

Donc tout les citoyens aurait les mêmes droits, les appartenances nationale seraient déculturalisé ; elles ne seraient pas liée à une culture, mais le problème serait celui de l’école… dans quels langues donner des enseignements sachant que l’idée est de faire des écoles multiculturelles... è Cette utopie ne s’est jamais réalisée !

  • 1897 Bund(Algemeyner Yidisher Arbeter Bund inLite, Poylin und Russland), mouvement des ouvriers juifs lituaniens polonais et russes, Courant autonomiste (Folkspartey,parti du peuple) dont le porte parole est l’historien Simon Doubnov(1860-1941),

Ce fut également un point de vue qui fut extrêmement fort dans une partie du mouvement juif non-sioniste puisque justement, ces juifs du Bund (Le bund est un mouvement des ouvriers qui se développe dans la partie russe de la Pologne).

Le Bund est un mouvement contraire aux sionismes avec l’idée que les juifs ne pourront vivre en paix que quand on reconnaître le multiculturalisme, mais comme à partir de la fin du 19ème siècle on assiste à une recrudescence des pogroms, d’autres projets voient le jour dans la communauté juive et en particulier l’idée de la nécessiter de crée un Etat dans laquelle les juifs seraient en sécurité.

Le multiculturalisme qui nous apparaît maintenant comme quelque chose de dépassé a ainsi consisté pendant un certain temps un vrai modèle d’organisation.

Les petits États multiculturels

Il existe des petits Etats multiculturelle, pas seulement des Empires à l’Ouest de l’Europe. Il y en a en fait deux ; la Belgique et la Suisse essentiellement ou les langues parlé sont différentes etc… Mais ce sont des pays organisé de manière complètement opposée.

Les limites du compromis belge

  • Compromis de 1830 est une révolte politique(et non ethnique) contre les autorités du roi des Pays-Bas. Le Gouvernement provisoire déclare l'indépendance, le 4 octobre 1830. Ce Congrès approuve, le 7 février 1831, une constitution très progressiste pour l'époque qui en particulier reconnaît la liberté de culte et utilisation des langues française et wallonne dans l'administration. Mais en réalité, en 1898 seulement le néerlandais obtient le statut de langue officielle.
  • Projets fédéralistes sont présentés dès1898, mais sont tous rejetés fédéralisme obtenu à la fin du XXième siècle à l’issue de 5 grandes réformes 1970, 1980, 1988-89, 1993 et 2001.

La Belgique fut fondée en 1830, en se séparant du Royaume des Pays-Bas. Cette Belgique représente 2 voir 3 ensembles culturels avec des Wallons francophones, des Flamands qui parlent le hollandais et des germanophones au Nord-Est.

Cet ensemble, l’ensemble belge est une réalité politique, c’est un compromis entre les libéraux et les catholiques autour de l’idée d’échapper à la domination des Pays-Bas, avec des intérêts extrêmement divergeant;

  • Pour les catholiques : l’intérêt était de se séparer d’un pays protestant
  • pour les libéraux :l’intérêt était d’obtenir leur indépendance économique par rapport à la grande bourgeoisie des Pays-Bas.

Le problème se cristallise rapidement autour de la question linguistique, car alors que la constitution avait prévu le libre emploi des langues, à l’époque, seul le français est utilisé dans l’administration et dans l’enseignement. Cette domination du français est en fait l’expression d’une domination sociale des francophones qui était à l’époque beaucoup mieux située socialement que les néerlandophones (les mieux lotis était les français, aujourd’hui, la situation s’est inversée). Puisque la Flandre était essentiellement agricole à l’époque tandis que la Wallonie était la région la plus industrielle (en pleine révolution industrielle).

Le fédéralisme Suisse

Très différent est le modèleSuisse par rapport au modèle Belge.

  • Avec la constitution de 1848 La Suisse devient un Etat fédératif,

La Suisse est un ensemble qui se constitue par adjonction successive, à partir des cantons montagnard d’origine, puis par adjonction successive (de façon progressive). Ce qui se passe au moment de la constitution de la Suisse, c’est surtout la volonté de garder son autonomie contre les grands empires autour et en particulier contre le Saint-empire romain-germanique (Les Habsbourg).

Ce fut un processus de construction de longue haleine (à partir du 14ème) avec l’idée principale de maintenir des privilèges locaux, c’est donc la volonté de maintenir, de vouloir protéger les particularismes.

C’est avec la constitution de 1848, que la Suisse devient donc un Etat multilinguistique, chacun ayant sa place sur la carte (pas comme en Autriche-Hongrie ou il y a mixage dans la population), avec un mélange confessionnel, avec chacun sa place sur la carte là aussi.

A partir de 1848, la Suisse devient un Etat fédératif, doté d’un parlement,mais les cantons maintiennent encore jusqu’aujourd’hui une importance considérable dans la gestion des affaires (bien qu’avec le temps, les cantons délaissent de plus en plus de prérogative à l’Etat fédéral). Il y a donc une sorte de lutte entre les compétences de l’Etat fédérale et du canton, ces derniers abandonnant, mais de façon toujours limité, un certain nombre de compétence à l’Etat fédéral.

  • Drapeau national en 1889

La difficulté de construire cette Etat-nationSuisse se marque par le fait que la drapeau Suisse arrive relativement tard (en 1889) alors que l’Etat est déjà constitué en 1848 et on a donc là une agrégation d’autonomie avec un pouvoir centrale qui doit toujours négocier avec les différentes autorités locales. La Suisse est d’ailleurs vue à cet égard comme un modèle de Fédéralisme par les Européens

Affaiblissement des États multiculturels à la fin du XIXème siècle

Les facteurs d'instabilité dans les empires

Les effets de la modernisation

Ce qui fonde la stabilité des empires, c’est la légitimité dynastique ; le fait que l’on ait à la tête de l’Empire, un monarque qui fonde l’existence même de l’empire. C’est cet empereur qui fonde l’unité de l’empire. Mais dans le courant du 19ème, la modernisation dérange ce processus.

  1. D’abord parce que la modernité politique va avec l’idée que l’Etat est l’émanation de la population, de la société. Ainsi, la tête de l’Etat doit représenter le peuple, ceci est donc en contradiction avec cette logique dynastique.

Ceci ne veut pas automatiquement dire démocratie dans le sens moderne du terme ; Il faut que d’une certaine manière, la légitimité de celui qui règne soi fondée sur l’acceptation de ceux qui sont ses sujets.

  1. Cette évolution politique qui va dans le sens des revendications libérale (revendication de libertés politique et revendication de représentation politique) est le signe d’une modernisation plus profonde qui est la modernisation économique qui va de pair avec le développement des circulations de marchandises liée à l’industrialisation (le développement de la production de masse), on ne produit plus là ou l’on consomme, on est plus dans une situation autarcique.
  2. Cette industrialisation fait que les populations bougent, se mélangent et se développent de nouvelle catégories sociale : notamment les classes populaires urbaine (avec l’urbanisation) et tout cela remet en cause la stabilité des élites sociale et politique traditionnel (naissance de nouvelle catégories sociale qui remettent en cause les élites sociales et les élites politique traditionnelle).
  3. Lié à se développement de la modernisation politique, économique et sociale nait une modernisation administrative ; c’est la nécessité de plus en plus d’arriver à administrer ces territoires vastes de manière rationnelle.

Donc, se pose la question de la langue de cette administration. En quelle langue doivent-être les documents (une administration qui doit parler 10 langues est plus lourde) ? Progressivement, les administrations impériale et en particulier de l’Empire austro-hongrois vont exiger une standardisation des langues (l’allemand, pour l’empire Austro-hongrois) de manière à pouvoir s’adresser à ces populations.

En contre partie, ce qui se passe, c’est que l’on a de plus en plus de revendication d’autonomie, c’est particulière nette pour l’Empire Austro-Hongrois.

Les revendications d’autonomie dans l’empire Austro-hongrois

Ces revendications nationales ne sont pas formulée par tout le monde, mais par un certain nombre de groupes sociaux nouveaux qui ont été émergée lors de l’industrialisation. Ces groupes sont d’une part la « bourgeoisie intellectuelle » ;qui veut pouvoir utiliser sa langue de manière à ne pas entrer en concurrence avec ceux qui utilisent la langue dominante.

Exemple :en Bohême, l’actuelle République Tchèque, la langue de la culture est l’Allemand (comme dans le reste de l’Empire austro-hongrois. Mais, il y a des élites locales qui veulent s’exprimer dans leur propre langue et pas simplement s’exprimer, mais aussi pouvoir développer une culture spécifique qui leur permettrait en tant que groupe de devenir des groupes dominant localement. Sil’Allemand est la langue de la culture en Bohême, on comprend bien que les citoyens qui parlent le Tchèque sont des sortes de citoyens de 2ème classe, même si il s’agit de gens cultivée.

Ainsi, en revendiquant une autonomie linguistique, on sert les intérêts d’un groupes particulier ; les élites culturelles locales qui veulent pouvoir prendre leur place là ou par le passé ils étaient en concurrence avec la langue de l’Empire qu’était l’Allemand

D’ailleurs,parallèlement à cette question des langues, on a aussi des questions qui sont des questions politiques et qui expliquent en grande partie le fait qu’il y ait des revendications d’autonomie. Et là, chose intéressante, le parlement à joué un rôle important.

  • Révolution de 1848
    • Elites hongroises négocient l’accord de 1867 et la « double monarchie » reconnaissance d’une ???
    • Dans la partie hongroise de l’Empire les Hongrois (ceux qui parlent le hongrois) ne forment pas une majorité en 1867 mais seulement 47%. Politique de magyarisation.
    • Croatie-Slovénie plus grande autonomie en 1868 au sein de la partie hongroise

Pendant la révolution de 1848, s’expriment brutalement les revendications en faveur d’une plus grande autonomie politique et culturelle.

Ces revendication se font surtout là ou sont ces élites culturelles, à savoir la Hongrie et ce qui était la bohême (République Tchèque). Les Tchèques n’ont pas réussi à négocier un statut d’autonomie élargi comme ils le souhaitaient, en revanche, les hongrois sont réussit à négocier ce statut et l’Empire Autrichien se transforme donc en Empire austro-hongrois (ce que l’on appelle la double-monarchie) avec une partie hongroise dotée d’une administration hongroise et une partie autrichienne avec une administration plutôt en Allemand.

Ceux qui ont été les plus nationaliste, c’est évidemment les Hongrois, qui ont menée une politique de magyarisation ;imposition de la langue hongroise, avec l’idée de créer un Etat-Nation sur le modèle occidentale en tenant pas compte justement de la diversité ethnique de la région.

Et c’est dans cette partie de l’Empire austro-hongrois que se développent des mouvements nationaliste très important.

Le développement du nationalisme dans les "petites nations" d'Europe de l'est

Le rôle des élites

Dans tout ces mouvement nationaliste, les élites jouent un grand rôle, cependant, les élites culturelle n’existent pas partout, il existe dans l’Empire austro-hongrois des zones peu développer économiquement et qui on toujours été dominé par des élites culturelle qui ne parlent pas la langue de la région.

C’est typiquement le cas de la Slovaquie dont les élites étaient hongroises ; la langue culturelle était hongroise. Quand ce ne sont pas les élites culturelles qui peuvent revendiquer une autonomisation de la région, souvent ce sont lesEglises car d’une certaine manière le clergé consiste des élites culturelle et sociale d’ou le rôle de l’église dans les revendications d’autonomie plus tardive en Slovaquie, ou encore le rôle de l’Eglise orthodoxe pour l’Ukraine,là ou les élites culturelle ne sont pas assez puissante, ce sont d’autre type de groupe qui formulent ces revendications.

Un 3ème groupe qui est très important c’est la bourgeoisie économique, quand elle se développe (c'est-à-dire dans les zones ou il y a un développement économique) qui elle aussi veut d’une certaine manière gagner la possibilité d’organiser mieux le développement économique.

Le cas Austro-hongrois

  • Autriche 1896 - Suffrage universel masculin,mais inégal (collèges). Le nombre des électeurs passe de 1,7 à 5,3 millions. 1907 - Suffrage égal pour les hommes, femmes obtiennent le droit de vote en 1918.
  • 1908 rattachement Bosnie Herzégovine à empire. Occupé depuis 1878.

En Autriche-Hongrie, le parlement à joué un rôle important dans l’organisation des revendications politiques. Ce parlement se met en place avec l’obtention du premier suffrage universelle mâle en 1896, mais c’est un suffrage qui reste inégale et avec l’accroissement du nombre des électeurs. Le suffrage, le parlement est très important pour l’organisation de ces revendications politiques car c’est au parlement que se constituent progressivement des groupes qui se regroupent ( à partir du moment ou il y représentation politique, ce qui est intéressant de voir, c’est si les gens se regroupent par affinité politique ou selon d’autre critère, à savoir le critère ethnique). Or, ce qui s’est passée au parlement d’Autriche-Hongrie, c’est que les gens se regroupent essentiellement en groupe ethnique. C'est-à-dire que les divisions ethniques l’on emporter sur les divisions politiques ce qui montraient que les revendications ethniques devenaient plus importante que les revendications politiques. Cela montre que à un moment donné, les revendications des gens passent essentiellement par des revendications de type ethnique.

Les nationalismes balkaniques

Ces revendications ethniques donnent naissance,dans la partie de l’Empire Ottoman qui se trouvait en Europe à des nationalismes balkaniques et à la création de nouveaux Etats dans les Balkans.

Ce qui se passe avant la première guerre mondiale ; on a un nombre important d’Etat nouveau qui s’établissent sur les ruines de l’Empire Ottoman.

Nouveaux Etats des Balkans

  • Guerre d’indépendance des Grecs commencée en 1821. Traité d'Andrinople (Turquie et Russie) de 1829 consacre autonomie grecque et serbe. Traité de Constantinople 1832 indépendance (garantie par la Grande-Bretagne, la Russie et la France)
  • Guerre de Crimée le traité de Paris, signé en 1856,
  • Congrès de Berlin (13 juin-13 jt 1878)règlement occidental de la question d’Orient après défaite Empire ottoman devant Empire russe
  • La Bulgarie obtient l'indépendance au congrès de Berlin en 1878
  • La Roumanie obtient l'indépendance complète en 1881 parachevée par la création d’une Eglise nationale en 1885
  • Serbie (autonomie de la principauté de Serbie fut reconnue en 1830), indépendance (13 juillet 1878)
  • En 1913, après la signature des traités de Londres (mai) et de Bucarest (10 août) à l'issue des deux guerres balkaniques Constantinople, ne subsistaient plus de l'empire en Europe la Thrace orientale et Istanbul.

Le premier Etat qui voit le jour est la Grèce après la guerre d’indépendance. Cette indépendance de la Grèce sera largement soutenue par les nations d’Europe occidentale. De la même manière, l’indépendance progressive des autres Etats des Balkans est très soutenue par les puissances occidentales qui ont intérêt à avoir accès au détroit de la mer Egée et de la mer Noir et donc, elles veulent un affaiblissement de l’Empire ottoman.

En 1878,au congrès de Berlin, il y a un règlement occidental de la question de l’Orient après la défaite de l’empire ottoman devant l’empire russe, dans laquelle les puissances occidentale ont joué un rôle prépondérant et c’est cette conférence de Berlin qui crée un certain nombre d’Etat en Europe Balkanique, la Serbie, la Bulgarie et la Roumanie. Ceci pour le caractère exogène ; comment les puissances exogène ont modelée les Balkans, mais il y a aussi des puissances endogènes : les églises orthodoxes ont joué un rôle essentielle dans la structuration de ces mouvement nationaux ; car en effet, après l’émergence de ces Etats-Nations, en1878, il y a un phénomène de construction progressive d’une culture nationale comme en Europe occidentale.

Les élites économies et culturelle vont jouer un rôle essentielle pour définir les identités nationale :

1. La religion/les églises : dans l’empire ottoman, à travers les millets, l’église structurait la communauté, les Eglises avaient un rôle spirituelle, politique et économique essentielle. A partir du moment où il ne reste plus les structure de l’Empire, il reste les Eglises. Les Eglises orthodoxe se nationalisent alors,avec la création d’Eglise nationale orthodoxe. Si on regarde leurs mises en place, on voit qu’elles sont contemporaines de la création nationale dans ces zones.

2. La question des langues : dans la plupart de ces pays, on ne peut dire qu’il existe une littérature nationale de longue date, il y avait des dialectes, mais l’existence d’une langue nationale unifiée sur un territoire donnée qui deviennent une langue de l’administration de cet Etat, ces langues sont codifiée, crée après l’unité nationale. Ceci est d’autant plus difficile que la plupart de ces pays, il y avait une langue écrite qui ne ressemblait en rien à la langue parlé. (En Slovaquie, la langue écrite était le Hongrois)

Exemple : en Serbie et en Croatie sont codifiée un certain nombre de langue qui ont pour but de crée des langues nationale. Ce qui est intéressant, c’est que le serbo-croate a été crée comme langue nationale serbo-croate à cette époque, en essayant de concilier les 3 principaux dialectes de la région. Pourquoi,car après l’éclatement de la Yougoslavie, on assiste aux mécanismes de la recréation d’une langue nationale, c’est là même chose entre les tchèques et les slovaques. Avec les constructions nationales slovaques et tchèques respectivement,ils poussent une sorte de différentiation linguistique qui rend la compréhension difficile entre les langues.

3. Outre les questions linguistiques, il y a aussi l’utilisation de l’histoire. Dans chacun de ce pays, il y a des gens pour récrire l’histoire.Le débat en Grèce par exemple comporte sur ce qui reste de l’héritage grec ancien et de l’héritage ancien.

Il y a eu tout un débat depuis la fin du 18ème pour dire que la grec fait bien partie de la civilisation occidentale que les grecs sont bien dans la continuité de la Grèce ancienne alors que cela est fortement sujet à caution étant donné les brassages de population.

La construction culturelle des Nations d’Europe centrale et Balkanique

  • Serbo-croate découvert par les Européens dans la seconde moitié du 19è siècle.
    • Réforme linguistique au milieu du XIXè siècle.
    • Le Croate LjudevitGaj (1809-1872), chef du mouvement unitaire il lyrien qui avait pour but d’unifier tous les Slaves du Sud et le Serbe Vuk Karadzic (1787-1864)contribuèrent à la création de la langue serbo-croate (ou croato-serbe) à partir des trois principaux dialectes.
    • Codification de la langue slovaque écrite par Ludowίt Śtúr (1815-1856)
    • Claude Fauriel(1777-1844) publie en 1824 les Chants populaires de la Grèce, en grec et en français qui prétend faire la collection de chants populaires grecs. Ces chants conserveraient les traits et la langue de la Grèce antique, à 24 siècles de distance.
    • Histoire du peuple grec, de l'historien d'Athènes Constantinos Paparrigopoulos, défend thèse de la continuité contre d'autres interprétations.

Les empires coloniaux

La colonisation est un phénomène ancien ; d’un point de vue chronologique, la colonisation des territoires non-européens par les européens commence exactement quand les européens chassent les arabes du continent européen (1491, quand les Espagnoles chassent les Arabes).

La course aux colonies

  • Le 26 février 1885, en effet, quatorze nations européennes ont signé l' Acte général de Berlin
  • De 1872 à 1900 les nations européennes sont passées d'une possession de 11 % à 91 % des terres africaines.
  • Jules Ferry (1832-1893)

Au16-17ème se fait la colonisation de l’Amérique et du Pacifique. Pour la période qui nous intéresse, les européens, dans le courant du XIXième siècle, colonisent l’ensemble du monde au nom de la supériorité des valeurs européennes, ils vont même jusque, lors du second congrès de Berlin de 1885 a partager l’Afrique entre les diverses puissance européenne.

Entre1872 et 1900, les nations Européennes sont passé d’une possession de 11% à 91%des territoires Africains (aussi toute l’Afrique est colonisée). Maiscette frénésie d’accaparement touche l’ensemble du monde, même les ilots d’Océanie ou quasiment chaque ilot est accaparé. La colonisation à énormément de cause, mais dans l’optique de ce cours, il est incontestable que les motivations nationales on joué un rôle.

En fait le nationalisme à été renforcée par le colonialisme. La colonisation s’inscrit complètement dans la logique du nationalisme idéologique ; c'est-à-dire la proclamation de l’excellence et de la suprématie de la nation. Certains historiens ont dit que l’impérialisme colonial est à certain égard, le stade suprême du nationalisme

  • De manière différente, chez Jules Ferry par exemple, la colonisation est l’exportation de la civilisation française ; c’est l’idée que l’excellence culturelle Française doit être exportée à l’extérieur,il faut apporter la civilisation aux peuples inférieurs.
  • Pour d’autres groupes, et dans d’autres pays, ce sont d’autres préoccupations, toujours nationale l’emportent. En Allemagne et en Italie par exemple, ou on a un surplus de population, la colonisation est un moyen de résoudre la question de la population (il y a trop de gens) ; ce serait un moyen d’exporter de la population, non pas sur le territoire nationale, mais sur un territoire qui y est rattaché.

La colonisation comme instrument de grandeur nationale

  • Explorateurs du continent africain comme l’écossais David Livingstone (1813-1873) traverse l’Afrique.
  • Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) qui explore et colonise le Congo
  • Pierre Paul Broca (1824-1880) fondateur de la Société d’anthropologie de Paris, 1859 proclame infériorité des Noirs.
  • Société pour la colonisation allemande fondée en 1884 par l'aventurier Carl Peters, plus tard héroïsé par les nazis

Derrière la colonisation, il y déjà une sorte de racialisation des identités nationales.Il y a déjà l’idée que les européens seraient supérieurs par la culture, mais aussi par la race.

Ceci est appuyé sur un certain nombre de chose :

  • D’abord, sur l’anthropologie de la fin du 19ème qui classe les races. L’anthropologie se développe en fait sur le colonialisme.
  • Autre discipline qui nait avec le colonialisme et racialise les différences entre blancs et noir par exemple, c’est la médecine tropicale.Discipline qui est une sous-branche de la médecine, qui nait avec le développement de la colonisation puis qu’il y a des gens qui contractent des maladies sous les tropiques et du coup, la médecines tropicale tente d’identifier les caractéristiques des races en les constituant comme des races fondamentalement différentes avec certaine races mieux adapter/préparer à certain climat.

La colonisation d’une certaine manière renforce le nationalisme et d’autre part modifie la manière dont le nationalisme était pensé ou en tout cas encourage les phénomènes de racialisation du nationalisme

Les guerres coloniales comme fabrique du nationalisme extrême

La colonisation est un instrument fort, le développement des empires coloniaux encourage le nationalisme sous sa forme guerrière.

Les colonies ont été des lieux de fortes violences, généralement, lors d’une colonisation, on fait la guerre. De manière intéressante, on fait bien sur la guerre contre les populations indigènes, mais on fait aussi la guerre entre européen. C’est un lieu ou les Européens vont entrer en guerre les uns contre les autres parce qu’ils luttent pour les mêmes territoires donc, ils entrent en conflit.

Les colonies comme terrains d’affrontement entre les grandes puissances

Illustration d'époque relatant l'expédition Marchand à travers l'Afrique.
  • Crise de Fachoda en 1898. On est au bord de la guerre. La France se plie. Réconcilie finalement F et GB en étant clair sur les motivations de chacun.
  • Maroc : F/ Allemagne. 1905 et 1911

Nous avons là deux crises importantes :

  • La crise de Fachoda en 1898 qui oppose la France et laGrande-Bretagne.
  • Et la crise du Maroc entre la France et l’Allemagne en 1905 et 1911

Il y a donc des conflits, mais les plus importants sont ceux qui ont lieu avec les populations indigènes et le fait que dans ces conflits, se déploient la violence, la brutalité qui s’est ensuite retournée contre les Européens durant la 1ère et la 2ème guerre mondiale.

Exploitation et épurations ethnique

  • Exploitation coloniale en Afrique occidentale française fondée sur code indigénat 1887.
  • Atrocités commises au Congo sous administration de l’Etat belge après 1908. Mines du Katanga
  • Guerre des Boers de1899-1902 (environ 75 000 morts). Camps de concentration installée à partir de1900 (environs 26 000 morts).
  • Révolte des Hereros(1904-1907) Sud Ouest africain allemand (Namibie)
  • 1904 : Soulèvement des Hereros et répression allemande sous le commandement du Général Lothar von Trotha
  • la population héréro exterminé à 80% (80 000 sur 100000 Hereros). Un des premiers génocide planifié

Pourquoi peut-on dire que dans ces conflits entre indigène et colonisateur, se déploient la violence, la brutalité qui s’est ensuite retournée contre les Européens durant la 1ère et la 2ème guerre mondiale ?

Dans le nazisme, le moment du plus grande déploiement de nationalisme, il y a d’abord l’idée du classement des races et des races inférieur ; c’est ce qui justifie l’épuration. Or durant l’aventure coloniale c’est ça qui est enjeu ; l’idée que l’on peut s’emparer de territoire car on est en présence de population qui sont culturellement et racialement inférieur aux Européens en conséquence de quoi, on n’a même pas de compassion pour ces populations. C’est ce qui a permis d’utiliser ces populations de manière massive notamment pour le travail forcé dans pratiquement toutes les colonies, mais les colonies dans lesquelles ce travail forcé fut le plus horrible et à durer le plus longtemps,ce fut dans les colonies belges et portugaises.

Conclusion

On voit bien que les empires ont donnée naissance à des nationalismes différenciée, il y a toujours des interventions qui construisent ces nationalismes, ce n’est pas quelque chose de mécanique. Il y a des gens qui pensaient que les empires étaient la meilleure solution pour éviter le nationalisme.

Annexes

Références