Histoire de l'Europe : XIXème et XXème siècles

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Introduction On travaille sur le national. On va aussi montrer qu’il y a des limites de la domination nationale. Aussi,importance des empires : continentaux mais aussi coloniauxè impérialisme. La nation est une réalité politique aujourd’hui. Notre identité personnelle est rattachée à notre identiténationale (entité linguistique aussi). Cela montre que le modèle national l’a emporté. Aussi ce modèle est relativement récent (au 17 – 18ème cela n’existait pas). Il y a donc un moment ou la nation s’est constituée de manière importante. On va chercher à quel moment cela est devenu une réalité importanteet quels ont été les effets politiques et économiques. Dans le courant du 19ème siècle, la conception de la nation s’est développée.

        I.     Evolution des conceptions de la nation dans le courant du 19èmesiècle1.    La conception libérale de la nation

Dans le sens de libéralisme politique :libertés fondamentales dans l’organisation économique. C’est la que nait unepremière conception de la nation. Cela peut remonter à la première conception deRousseau « Le contrat social » (1762). « Tout homme étant libre et maître de lui-même, nul ne peut, sous quelqueprétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu ». Finalement, lanation/ peuple est l’ensemble des citoyens et la volonté nationale est donc lasomme des volontés individuelles. C’est donc un contrat. Les droits de lanation sont donc proclamés à l’encontre du pouvoir monarchique absolu. Lepeuple détient la volonté générale. Le roi donc n’est que le représentant de lanation et ne peut pas se substituer à celle ci. Si, ce qui fonde le fait de vivre ensemble estla volonté de chaque d’y vivre, il faut un principe qui organise un cadre devie ; ce cadre est la nation. Avec la disparition des principes de lamonarchie, il faut un nouveau principe qui rassemble les individus isolés quiont été déliés des obligations qu’ils avaient à l’égard du seigneur etautres : cela est la nation. Cela regroupe des catégories de populationqui n’étaient pas réunies auparavant. On peut les regrouper par delà leursdifférences culturelles, linguistiques, leurs histoires différentes etdifférences économiques et sociales. Cette conception libérale de la nation estcelle qui tend à l’emporter en France mais aussi dans une grande partie del’Europe dans la première moitié du 19ème siècle. Cela est bieninterprété dans la conférence à la Sorbonne en 1882 de Ernest Renan : ilsouligne que la nation est une entité collective consciente et volontaire quirésulte du désir et de la volonté de vivre ensemble (on est suisse ou espagnoleou autre car on choisi de l’être et de rentrer dans cette communauté). Lescomposantes du peuple ne vivent pas accidentellement entre eux par la volontéd'un souverain : la nation est "un plébiscite de tous les jours" Ainsi, n’importequi peut devenir français, allemand ou autre s’il choisit de l’être. Cela achangé jusqu’à aujourd’hui. Cette affirmationde la conception universaliste de la nation n’a pratiquement jamais été mise enœuvre de cette manière. C’est une conception impérialiste : on a imposé àces gens, en France par exemple, à être français en faisant la guerre parexemple. Cependant, cela reste une revendication en terme de droit. Cetteconception n’est pas spécifiquement française mais dans d’autres zones del’Europe, d’autres conceptions émergent… 2. Les conceptions culturelles ou ethniques de la nation Ces conceptions sont complètement différentesde la libérale. Il faut revenir au mot « nationalité » ou« principe des nationalités ». Ce mot apparaît pour la première foisdans un livre de Mme de Staël « De l’Allemagne » (1810). Elle essayede comprendre dans quelle mesure l’Allemagne (qui n’est pas une nation)constitue tout de même un ensemble. En 1815, à l'issue du Congrès de Vienne,l'Allemagne forme un ensemble culturel homogène, au moinslinguistiquement et est divisée en 38 Etats (34 princes et 4 villes libres),unis partiellement dans une confédération, le Bund. Cependant, si onveut en faire une vraie nation, il faut un principe qui fait que les citoyensse considèrent allemands. Cela se base sur la culture : même si lespersonnes n’appartiennent pas à un ensemble politique, ils sont reliés par unemême culture qu’ils n’ont donc pas choisi. En cela, on a une contradiction avecla première conception de nation. C’est dans ces ensembles culturels plusou moins homogènes mais politiquement hétérogènes que nait cette idée d’ethnieet de culture. Pour fonder cette idée qu’il existe une nation allemande, lesgrands auteurs pensent qu’il faut aller voir dans les populations (« l’espritdu peuple ») ce qu’il y a : une langue commune, une culture, etc. Ilfaut aller chercher l’esprit du peuple dans les légendes, les récits, etc. lescomtes de Grimm : les personnes racontent les mêmes histoires dans toutesces régions (les frères Grimm commencent rassembler des contes dès 1806 etéditent un premier recueil dès 1812. Cette conception du Volksgeist (de l’esprit du peuple) estprésente dès la fin du 18ème siècle dans les écrits de JohannGottfried Herder (1744-1803).

C’est donc l’idée que la nation repose sur uneculture commune et que cette nation culturelle pose un certain nombre deproblèmes (idée de Kulturnation de Johann Fichte (1762-1814)) : · Est ce que tous les gens quipartagent cette culture font partie de la nation ? (Beaucoup de personnesparlent allemand d’où le problème de l’Allemagne). · Si la culture définitl’appartenance nationale alors peut-on devenir allemand si on n’appartient pasà cette culture ? è conception culturelle de la nation exclusive ? On réserve cela àla première nation et on la ferme à ceux d’une autre culture. Cela a conduit àune racialisation des identités nationales 3. Racialisation des identités nationales A partir de 1870, durcissement. L’idée que cen’est pas une culture qui définit l’appartenance nationale mais on serait lié àl’appartenance nationale par la race. Il y a une biologisation des identités.Progressivement, se développe l’idée chez les publicistes que les différencesculturelles s’enracinent dans les différences raciales (biologiques).L’écrivain le plus connu qui a lancé cette théorieraciste est Arthur de Gobineau (1816-1882) qui a écrit en 1853-55 un Essaisur l’inégalité des races humaines. Cela servira d’appui à toute ladémonstration. · Selon lui, l’homme est défini parsa race. Il utilise ce terme car il lui donne le sentiment de disposer d’unedéfinition biologique irréfutable (on ne peut pas la contredire). Au fond celasignifie qu’il y a une appartenance irréfutable à la nation par la race. · Il y a des races inférieures etd’autres supérieures selon lui. La race supérieure serait la race arienne(invention biologique). Houston Stewart Chamberlain (1855-1927) acontribué à répandre cette idée outre Rhin (se fait naturaliser allemand). Celadonna donc lieu à des théories racistes importantes. Le mot d’ethnie permetd’élargir la notion de race (biologique) à une dimension culturelle. Georges Montandon(1879-1944) développa cette idée sur la Suisse. Il publie un livre« l’Ethnie française » (race) où il définit ce que serait lacaractéristique du français. Il définit l’ethnie comme un groupement naturelcomprenant la totalité des caractéristiques humaines « l’ethnie englobe la race ». Cette définition raciale est totalementcontradictoire à la définition politique. Elle s’est développée dans toutel’Europe au 19ème siècle. Cela alimente donc une conception de lanation et donc le courant nationaliste… 4. Le nationalisme comme idéologie Le mot nationalismeapparaît à la fin du 19ème siècle, il définit un système de penséedans lequel la nation est centrale. Tous pensent quel’amour de la patrie et l’appartenance nationale est un principe primordial quiest le principe qui l’emporte sur tous les autres. Dans cette conception, ladéfinition de l’identité nationale s’impose aux individus sans qu’ils nel’aient choisi. En revanche, il est difficile de devenir national d’un pays.L’idée s’impose que la nation nous choisi et qu’on doit donc pouvoir mourirpour elle. Donc déplacement progressif de l’idée national sur l’échiquierpolitique. Le nationalisme passe à droite dans tous les pays européens, c’estun nationalisme fermé avec l’idée que l’on appartient par nature à une nationsans la choisir et elle se définit donc contre les exclus. A la veille de la1GM (1914), le nationalisme fermé a triomphé en Europe. Cette conception estimportante car elle a déterminé les guerres et les politiques nationales,toutes les formes d’exclusion et a aussi justifié la colonisation.

                 Lessociologues se sont aussi penchés sur la question…
      II.     Les débats actuels dans les sciences sociales

Si on résume et simplifie, les historiens sesont divisés en deux camps qui correspondent aux deux manières de pensée vuesauparavant. 1. Les modernes ou constructivistes Les débats portent sur deux choses : · caractère plus ou moins construitde la nation ou est ce que la nation est une chose naturelle ? · quand est ce que les nationsapparaissent (question de l’ancienneté de la nation) ? Ceux qui ont une idée de la nation construitesont les constructivistes. Ils sont influents dans la manière de penser la nation.Tous ces représentants modernes les plus connus (ont écrit leur œuvre entre1970-1980 : Anderson, Gellner, Hobsbawn, Breuilly, Hroch) sont reliés parla même idée que la nation est née dans le courant de la modernité. Idée quel’on peut agir sur le monde pour le développer ou pour le changer. Dans cecourant, pour l’ensemble de ces auteurs la nation est une construction qui seconstruit selon des principes différents selon les auteurs. · Ce qui est important pour Breuillyest la dimension étatique. Le principe organisateur de la nation est uneconstruction administrative qui est l’Etat. · Pour Gellner, les nationsrésultent de la modernité économique et sociale. · Pour Hroch, la nation est issue du développement de groupesnationalistes dans la bourgeoisie dans une phase de modernisation économique. · Chez Hobsbawm comme Breuilly, laconstruction nationale s’accompagne d’une construction culturelle de lanation : ils voient d’abord la nation dans sa dimension politique etétatique et insistent sur la manière dont les Etats construisent les référentsculturels nationaux. · Anderson en particulier, montre quela nation est une construction mais il insiste surtout sur le sentiment quecette construction produit chez les individus : notion de communauté imaginée. la communauté internationale est imaginée parles gens : il faut que les gens croient en l’appartenance à la nation pourque celle ci existe. 2. La question de l’ethnicité Ce terme est utilisé par les anthropologuesdes mondes extra-européens mais aussi par les sociologues anglo-saxons dans lesannées 1940 pour désigner les minorités non anglo-saxonnes. Dans l’ensemble ledéveloppement de cette approche ethnique s’effectue depuis les années 1980.L’appartenance ethnique ou culturelle est privilégiée sur la question del’appartenance politique ou de classe. Parmi leshistoriens, il y a des personnes qui pensent que la nation n’est pas seulementune construction politique, économique, sociale ou culturelle mais qu’elles’enfonce dans une appartenance commune plus ancienne. Ce sont les approchesethniques de la nation. Smith chef de filedes postmodernes insiste sur le fait qu’avant la fondation des nationsmodernes, il existe des liens culturels et symboliques, ce qu’il appelle lesantécédents ethno-symboliques qui favorisent le développement des nations. Selonlui, il y a deux principes organisateurs de la nation qui sont la langue et la religion (pour certaines nations cela ne fonctionne pas). Il y ades groupes qui se définissent par une culture et une religion mais qui neconstitue pas une nation (exemple des Basques). 3. Penser par delà les nations : l’approche transnationale La première utilisation du terme se fait à lafin du 19ème siècle. Il est utilisé par les sciences socialesaméricaines depuis les années 1970 De plus en plus dans les 20 dernières années,s’est développée une approche qui va par delà du transnationale. Les historiensse disent depuis 20 ans que ils se sont trop focalisés sur la nation et quefinalement à cause de cela plein de choses leur échappe comme l’existence deflux économiques et de personnes aussi. Il y a donc des réalités sociales etéconomiques qui leur échappent. Ces approches se sont beaucoup développées cesdernières années. Cette question est importante car : · Elle est attentive auxcirculations · Elle est attentive au regard portésur les autres · Elle est attentive aux mécanismesd’hybridation (mélange) des personnes. Ces démarches permettent de repenser laquestion des empires.

Etat nations Objectif : montrer les différentsfacteurs qui permettent la construction nationale dans le 19èmesiècle. On va étudier cela dans l’Europe occidentale(début de cela). C’est important car on a tendance à penser que l’Etat vientaprès la nation. Or, la construction nationale est d’abord une constructionpolitique : l’Etat est premier et il prend en charge la constructionnationale : il nationalise la société (qui est diverse à la base). Ensuite, on montrera comment la culture est uninstrument de nationalisation. C’est la construction étatique nationale quiconstruit l’identité nationale.

        I.     Etat et nation

Comment l’Etat préexiste à la nation ? 1. Le développement des Etats L’Etat constitue la forme institutionnaliséedu pouvoir politique. L’Etat suppose une autorité qui s’exerce sur desindividus et sur un territoire donné. L’Etat peut prendre des formes politiquesdiverses (monarchie, démocratie, etc…) et ce n’est pas la nation qui créél’Etat mais l’Etat qui créé la nation et le nationalisme d’Etat. Pour la Francec’est clair avec la révolution française et l’abolition de tous les corpsintermédiaires : l’Etat devient la source de la légitimité nationale.C’est un modèle qui fonctionne bien en France mais pas top en Suisse. On vavoir que ce modèle fonctionne pour l’Europe occidentale. a) Etat centralisé ou Etat fédéral Le modèle unitaire: la France est l'exemple. Centralisation très ancienne. Elle est achevée parNapoléon premier avec la création des départements et l’instauration despréfets (représentants de l’autorité de l’Etat : délégation sur l’ensembledu territoire). Mais ce modèle est particulier. Les français qui se pensentcomme universels, ce dernier est particulier. Le modèle fédéralest le plus répandu. Il est né dans les pays occidentaux car il n’était paspossible de mettre en place un Etat central car corps intermédiaires trop fortpour faire un Etat central. C’est le cas de l’Espagne (Pi y Margall (Catalogne, 1824-1901) imagine dereconstruire l'unité nationale sur la bases d'unités autonomes), de la Suisse (depuis la constitution de1848 : protection des identités locales (cantons) qui garde un pouvoir). EnAllemagne, le Reich (1871) est enprincipe un Etat fédéral qui associe 25 Etats. Concernant laPrusse, elle domine le reste de l’Allemagne d’abord démographiquement (2/3 des habitantsde la confédération). De plus, elle a une prépondérance dans l'exécutif du Reich(Roi et le ministre président de Prusse sont respectivement Empereur etchancelier d'Allemagne). On peut donc parler d’un Etat fédéral mais quand mêmeavec une prédominance d’une de ses composantes donc différent du modèle suisse. è la forme del’Etat diffère beaucoup d’un pays à un autre mais l’Etat est bien créé avantl’identité nationale et donc c’est bien lui qui va diriger la constructionnationale. b) La concentration progressive despouvoirs par l’Etat Dans le 19ème siècle, l’Etatconcentre les pouvoirs. D’abord car l’Etatcentral élimine les autorités qui s’interposent entre lui et les administrés enmettant en œuvre une politique d’uniformisation de la législation et desstructures administratives sur l’ensemble du territoire (même dans les Etatsfédéraux). Cela peut prendre plus ou moins de temps avec plus ou moinsd’obstacle mais tendance générale. Un instrument trèsfort de cela est le processus de sécularisation. La sécularisation est le faitque l’Etat séculier prend en charge des domaines qui relevaient des Eglisesauparavant (exemple : les hôpitaux, l’Etat civil ; l’Etat va comptersa population et plus les Eglises). Ainsi, dans des pays où il y avait uneEglise d’Etat (comme en France avec le Catholicisme), ceux qui n’étaient pascatholiques, comme les protestants n’étaient pas enregistrés. Ainsi, un enfantprotestant assassiné n’avait pas même de preuve de naissance. Cela est donctrès important car l’Etat connaît donc sa population et peut donc la mobiliser(guerre), lever des impots, etc è c’est un pouvoir important. La sécularisation culmine en France avecla séparation des pouvoirs /laïcité (séparation de l’Eglise et de l’Etat en1905). Par contre, on peut être dans un système séculier sans nécessairementavoir de la laïcité. Cette dernière est un phénomène qui affaiblit l’Etat quin’a plus le contrôle sur l’Eglise. C’est une question importante avec ledéveloppement de l’Islam en France par exemple. Pour prendre encharge ce mécanisme, l’Etat a besoin d’une administration de plus en plus importantedonc développement de l’administration. Naissance de la bureaucratie étatiquediversifiée (exemple pour la France : le nombre des fonctionnaires estmultiplié par 5 entre 1815 et 1914 et cette multiplication s'accélère entre1870 et 1914). Un autre domaine réservé de l’Etat : progressivement, ildit le droit et maintient l’ordre. Jusqu’à la fin du 19ème siècle enAllemagne par exemple, les nobles avaient en charge la surveillance des écoleset la législation locale donc c’est nouveau. Elle l’est déjà à cette époque enFrance. Cette tendance estsoutenue par la codification des lois qui harmonise sur l’ensemble duterritoire les lois : · Les Codes civils sont adoptés enFrance (1804), aux Pays Bas (1822), en Allemagne 1889, en Allemagne 1896, enSuisse 1907. · La GB en 1873 harmonise les loiset fusionne des instances judiciaires sous la Common Law. L’Etat détient le monopole de la violencelégale : il a des droits de police, il dispose de l’armée (pas de miliceou de seigneur qui décide). Cela est essentiel pour l’affirmation du pouvoirétatique. Par exemple, aujourd’hui, cette question se pose beaucoup car les USAutilisent de plus en plus pour leurs missions des milices privées. Cet Etat quis’est renforcé dans le 19ème siècle va régner / diriger unepopulation sur un territoire. C’est la définition progressive de ce qu’on vaappeler un territoire national. 2. Le territoire national et sa populationa) La définition des frontières L’Etat exerce unpouvoir sur un espace donné et pour délimiter ce territoire national, il fautdes frontières. Aujourd’hui, il y a des lignes nettes de frontières mais cettedéfinition est récente car dans l’Ancien régime (avant la Révolutionfrançaise), la frontière est un espace ; c’est un espace ouvert, decontact, zone large ou s’établissent les communications et pendant longtemps(jusqu’au 17ème siècle), on ne parle pas de frontières mais demarches : zones étendues sur lesquelles on installe des armées et quisépare deux espaces géographiques. Un exemple de marche est la Croatie quiétait une zone de frontière militarisée entre l’Empire austro-hongrois etl’empire ottoman. Plus tard dans le18ème siècle, les frontières deviennent linéaires (des lignes). Celaprend longtemps avec des rachats d’enclaves, etc. l’idée d’un pays d’un seultenant avec des frontières définies se met en place pour l’Europe occidentaledans le 18ème siècle et est terminé à la fin du 19èmesiècle. Pour justifier cela, dès le 17ème siècle, on a parlé de "frontières naturelles" (Richelieu)qui font d'accidents géographique (ligne de crête, rivière, fleuve, forêt) deslimites "évidentes" et "naturelles" du pays. Cela est uneconstruction totale ; par exemple les allemands et les français se sontlongtemps battus pour savoir si le Rhin était une frontière naturelle ou non. Sion met le Rhin comme frontière naturelle, l’Alsace est allemande mais si on metles Vosges comme frontière alors l’Alsace est à la France. C’est donc unequestion difficile avec beaucoup d’argumentaire. A la fin du 19èmesiècle, lorsque les frontières sont tracées, elles servent à séparer (plus desespaces de contact). Elle est une frontière monétaire (sépare deux monnaiesdifférentes), il y a des douanes (prélèvement des taxes de douane en passantd’un pays à un autre) ; c’est aussi des limites en terme de transport(gare terminus à la frontière). Ce qui symbolise cette limite estl’introduction de papiers qui permettent de passer cette frontière : les sauf-conduits,les passeports et cartes nationales se développent en Europe occidentale dansla première moitié du 19ème siècle principalement (la carted'identité nationale apparaît en 1922 en France). b) La maîtrise du territoire Sur ce territoiredélimité, l’Etat a la maitrise. Cela par un découpage administratif du territoire.Ce dernier n’épouse pas les découpages historiques antérieurs mais un découpageartificiel (pour le cas Français en tout cas : Découpage / création des 83départements à la révolution, en 1790). Dans les autres pays, ce découpageépouse plus précisément les communes antérieures, les principautés, etc. c’estle cas de l’Allemagne. Il y a donc un remodelage du territoire qui se fait sousl’égide de l’Etat pour mieux le maîtriser. Aussi, ce territoire est mieux connuet mieux parcouru. Cela grâce au développement des transports avec les routes,les chemins de fer, etc. les routes sont numérotées avec des bornes et desnuméros (idée de maitriser le territoire : les routes commencent pour laFrance au km 0, à la Capitale). Aussi, grâce au transport, le courrier estmieux acheminé. Par ailleurs, laconnaissance du territoire national s’améliore avec la naissance de la géographie pour mieux le maitriser (disciplineuniversitaire en 1870 en France et Allemagne et carte de l’Empireaustro-Hongrois dans les années 1850 et Prusse). Dès 1830, la géographie senationalise avec la mise en place de cartes nationales. Il a été difficile dedresser des cartes dans certains pays car l’unification du territoire étaitplus difficile. L’Etat se doteaussi de l’outil statistique. Cela permet de mieux connaitre la population etles recensements apparaissent. On fait cela pour pouvoir contrôler lapopulation (constitution des armées et impôts). Par exemple : · A partir 1789-1795 premiersrecensements réguliers en France · En Suisse, premiers recensementsdans les années 1850 (juste après 1848 : confédération helvétique) · Premiers recensements en Russie àla fin du 19è siècle. En 1833, c’est la création d'un servicestatistique national en France (Allemagne fin du 19ème siècle).Généralement la France est pionnière dans tout cela car Etat centralisé doncservice central efficace. c) La constitution d’un paysagenational Se développe l’idéedans la littérature et dans la peinture qu’il y a un paysage national. il y aune raison pour que ces paysages aient été choisis : · Les Norvégiens peignent ses fjords :C’est une construction politique du peuple norvégien comme un peuple sain etsimple : pays égalitaire ; c’est ce que pense réellement lapopulation d’eux mêmes. · les Hongrois privilégient laPuszta (plaine) sur les paysages montagneux carpatiques : cela car leshongrois ont un imaginaire sur le cavalier : les Uns qui foncent sur leurschevaux et donc la plaine cela va mieux dans cet imaginaire national. · les Suisses les cimes enneigées,etc.. (La conquête du Cervin en 1865 apparaît comme une prouesse nationale). Chaque Etat nation s’est imaginé un paysageidéal qui est peint, écrit, etc. Pour la France, cela a été difficile car pasde paysage typique. Ils ont dit (pays de l’universel) qu’ils sont au bout del’Europe donc ils sont un condensé de tous les paysages européens : ils sereprésentaient comme un condensé de l’Europe. La même chose vautaussi pour la végétation : chaque pays choisit un arbre comme arbrenational. par exemple, pourquoi les allemands choisissent le chêne dans lecourant du 19ème siècle ? il y a des choix qui sont liés à lamanière dont l’Etat national se voit lui-même. 3. L’unification économique et sociale sous la protection de l’Etat Par ailleurs l’Etat a joué un rôle actif dansl’unification (pas seulement de contrôle). D’abord rôle actifdans le développement de l’économie nationale. Des historiens ont montré queles révolutions industrielles ont été étroitement liées à la constitution d’unEtat nation. Cela car elle permet de constituer un Etat nation unifié. Au 19èmesiècle, l’Etat nation est un espace économique qui est suffisant à l’époque(trop petit aujourd’hui). Cela permet la suppression des douanes intérieuresdonc la circulation des marchandises et des hommes (l’industrialisation reposesur la possibilité de mobiliser des hommes). L’Etat a joué ce rôle en levantdes douanes extérieures qui protégeaient le marché intérieur. Mais il a aussicréé sa propre monnaie assez forte (échange de marchandise facile). Il a aussilevé l’impôt (gérer les dépenses publiques) ce qui a permis de développer lesréseaux de transport), il a supprimer les restrictions qui pesaient sur lafabrication des biens, il a créé des lois (les trust contre les fraudes, règlementationdes banques è cadre légal de l’industrialisation). L’Etat a donc été un acteur trèsimportant de l’industrialisation. Aussi, ilintervient comme agent économique ; par exemple pour la construction deschemins de fer : c’est une entreprise qui favorise le développementindustriel tout comme l’urbanisation, etc. Comme acteur économique, ilparticipe aussi de l’unification du territoire. Autre domaine danslequel il intervient comme acteur important, c’est la législation sociale. Celaest important car cela créé des mécanismes de solidarité et de redistributionauxquels les gens sont attachés. Les premières assurances sociales par exemple sontcelles de Bismarck en Allemagne. C’est important car il voit très bien qu’ilfaut rattacher la classe ouvrière qui pourrait faire des révolutions à l’Etatnation. Ils font donc cela par nécessité d’homogénéité de l’Etat allemand(empêché les révolutions). · Rôle du Zollverein allemandréalisé en 1834 dans la construction nationale allemande · Une phase libre échangiste dansles années 1850-1870 · Le développement duprotectionnisme économique à partir fin des années 1870 et surtout des années1890 avec des tarifs élevés (tarif Méline en France en 1892) · Impôts sur le revenu GB 1842,France 1913. · Assurances sociales en Allemagnedans les années 1880.

      II.     La nationalisation des sociétés

Comment l’Etat agit pour la construction del’identité nationale ? C’est important car il faut que les gens se sententappartenir à cette nation. Comme on le disait à l’issue de l’unificationitalienne, il ne faut pas faire seulement l’Italie, il faut aussi faire desitaliens. Il y a encore une fois des techniques administratives et politiquespour cela. 1. Nous et les autres Il faut toutd’abord faire la différence entre ceux qui sont nationaux (appartiennent à lanation) et ceux qui ne le sont pas. Ce n’est pas quelque chose de simple et ilfaut donc des lois, une codification pour l’accession à la nationalité. Ilreste des personnes dans le monde qui sont apatrides (ce qui n’est pas simplecar pas de voyage, etc). Le fait d’être un national est une codification quis’est faite au 19ème siècle.

                 Cetteappartenance nationale s’accompagne d’un devoir (devoir militaire) mais aussid’avantages importants : droit de résider sur le territoire national parexemple, pouvoir y travailler et de pouvoir être défendu par les autorités dupays si jamais. Si on est a-national, on peut participer à la vie politique dupays (ce qui n’est pas possible si pas ressortissant du pays). Aussi, l’accèsau droit sociaux dans certains systèmes de sécurité sociale est déterminé parla nationalité. L’attribution de la nationalité est quelque chose de trèsimportant dans les esprits. Cela s’est fait par des formalitésjuridiques : il faut savoir qui a accès à tous ces droits et ces devoirset qui n’y a pas accès. Avant, cela n’était pas fixé. En France dans le secondEmpire (1860), on ne savait pas qui était français ou pas. Tout cela est lescodes des nationalités. Ils se mettent en place au moment où se développel’Etat dans le 19ème siècle. En France, c’est la loi de 1889, quifixe le double droit du sol. Pour avoir la nationalité, on a 3possibilités : 

· USA par exemple : Naitre surun territoire pour avoir la nationalité (généreux mais cela a desraisons : pays d’immigration qui ont besoin d’avoir de la population :pays qui se constitue par adjonction constante de populations extérieures).L’Etat a tout intérêt à nationaliser ses gens car il en a besoin de cespersonnes. Cela fait partie de la richesse nationale. · Droit du sang absolu (enSuisse) : quelque soit le temps de rester sur le territoire, ce n’est pascomme cela qu’on acquière la nationalité. On regarde la nationalité des parentsavant tout (en Allemagne (1913), on a le droit du sang). · Le double droit du sol est entreles deux précédents ; c’est un droit français. C’est le fait qu’on devientfrançais si on est né sur le territoire français d’un des deux parents qui estfrançais. Cela s’est fait après la guerre, pays de faible démographie où ilfaut nationaliser donc un maximum de personnes. A travers toutcela, il y a des stratégies politiques (voir une partie plus haut)… Dans les pays d’émigration comme la Suisse oul’Italie, les Etats veulent pouvoir rapatrier leurs populations en cas deguerre. Ainsi, la codification de nationalité en Italie en 1910 esttypique : c’est l’enregistrement des émigrants. On oblige les populationsà revenir en cas de guerre, si l’Etat en a besoin. A partir du momentoù l’accès à la nationalité est codifié, on créé la catégorie des étrangers surle territoire national (ils ont moins de droits que les nationaux :normal) : · A la fin du 19èmesiècle des Etats expulsent des étrangers. Il y a toujours des intérêtsdivergents d’ou l’immigration clandestine. Cela créé des conflits quiexistaient déjà au début du 19ème siècle. Parlons du cas Allemandqui expulsait des polonais. Ces derniers étaient employés comme saisonniers(Weber a fait une description apocalyptique de ces derniers). Après, on ne saitplus quoi on faire donc on les renvoie en masse par l’Etat. Ainsi, cesphénomènes d’expulsion de masse existent depuis le 19ème siècle. · Pour contrôler ces émigrés, ilfaut contrôler leurs emplois. Pour cela, on introduit des papiers spécifiques(cartes de séjour puis carte de travail). Tous ces papiers des étrangers se mettenten place entre fin 19ème et tout début du 20ème (1890 et1920) et cela dans tous les pays de l’ouest de l’Europe. On a des régulationsspéciales pour les populations spéciales (exilés, étudiants, etc). exemple :en France, à partir de 1888 papiers de travail délivrés dans les mairies contrele paiement d'une taxe pour les étrangers. · En 1893, en France, un décretspécifique pour les travailleurs étrangers. En 1926 établissement de la cartede travail d’abord valable deux ou trois ans mais dont la durée de validité estramenée à 11 mois en 1934 suite à la crise économique · Permis de travail au RU durant lapremière guerre et institutionnalisés en 1919-1920 afin de réguler l’emploi destravailleurs n’appartenant pas au Commonwealth. 2. L’école et l’éducation comme fabrique de la nation On parle ensuite des institutions mises enplace par l’Etat pour nationaliser la population. Parmi celles ci, il y a l’écolequi a joué un rôle important. A part en France avec les lois Jules Ferry desannées 1880, il n’y a pas d’écoles, pas de lois dans les pays d’Europeoccidentale qui introduise une obligation scolaire sous l’égide de l’écolepublique, de l’Etat. Dans les autres pays comme en Prusse, école non laïque(école de l’Eglise par exemple). On parle d’écoles religieuses principalementdans les autres pays. Néanmoins, l’écolea le rôle très important d’homogénéisation des savoirs. Cela car déjà onenseigne dans une langue standardisée et aussi parce que l’école est un lieud’apprentissage de la discipline homogène. Dans les pays comme la France, on ades programmes nationaux et un certain nombre de disciplines obligatoires commela géographie (de son propre Etat nation). è On parled’apprentissage de la nation. En Espagne, le phénomène s’est fait sentirbeaucoup plus tardivement (en 1901, l’Etat prend en charge le paiement dessalaires des enseignants). A part donc l’Espagne et le Portugal, toute l’Europeoccidentale est le théâtre d’une entreprise d’inculcation nationale. Ainsi, ona les maitres d’écoles qui se multiplient (La densité des maîtres d’école par rapport auxpopulations diffère d’un pays à l’autre en 1890 : 37 instituteurs pour 10000 habitants en France, 35 au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, 31 en Suisse, 27 enSuède, 20 en Belgique et en Espagne, 19 en Italie, 18 en Autriche-Hongrie maisseulement 8 au Portugal). D’autresinstitutions jouent ce rôle d’homogénéisation : · le service militaire :élément extrêmement puissant de nationalisation des hommes mais aussi desmanières de cuisiner (homogénéisation du petit déjeuner surtout...), des’habiller, de pleurer, etc. · les fêtes nationales :élément fort d’affirmation de la nation. La construction nationale allemande sefait contre la France (voir leur fête nationale). Cette identité est forte pourconstruire l’Allemagne). · monuments aux morts nationaux · drapeaux aux fêtes. è Héritage des mythes nationaux très puissants dans certains pays. Il y a des cas où ce processus denationalisation n’a pas fonctionné : ce fut le cas de l’Espagne… 3. L’Espagne : un cas d’échec de la « nationalisation » dela société Il y a un Etat mais la nationalisation n’a pasfonctionné car : · L’école n’a pas été utilisée enEspagne comme un élément pour façonner les espagnols. Cela car tauxd’analphabétisation très élevés (en 1860, 73% de la pop est analphabète. Sans progrès ou à peine en 1900).Il y a eu un échec notoire de la scolarisation et de l’alphabétisation. Et doncen cela, les personnes échappent à la formation et à la diffusion des valeursnationales. Cela fait aussi qu’i n’y a pas de langue nationale qui s’impose enEspagne : le castillan échoue (en 1900, un Espagnol sur 4 parle à lamaison une autre langue : catalan, galicien, euskera, etc.). · L’arméen’a pas fonctionné alors que cela a été un puissant instrument de nationalisation.Cependant, en Espagne, l’armée est restée dominée par un esprit aristocratique c'està dire que la conscription (entrée dans l’armée) est restée injuste et obscure(pas de levée de peuple en masse) donc les gens enrôlés n’ont pas le sentimentd’être dans une armée nationale et ils veulent donc partir. Le taux demortalité est très élevé car il y a un mépris des hommes armés. · Tousles symboles de l’Etat nation sont contestés : drapeau, pas de fêtenationale et l’institution forte dans ce pays est l’Eglise catholique qui n’estpas une Eglise nationale mais liée au Vatican. C’est plus tard au moment de la dictaturefranquiste que l’Eglise va devenir un instrument de la nationalisation.Finalement au début du 20ème siècle, contrairement aux autres paysde l’Europe occidentale, l’Etat nation espagnol n’est pas constitué et c’est unéchec. On le voit encore aujourd’hui que l’esprit d’identité nationale n’estpas le même que dans d’autres pays.

    III.     La création des cultures nationales

Le fait qu’il y ait un Etat nation fait qu’ily a des cultures nationales. Il y a l’Etat nation (construction politique) puisderrière, il y a la construction d’une culture commune. 1. Une langue, une nation L’idée quel’allemand est une langue nationale sachant que pendant très longtemps elle nel’a pas été. L’idée d’une culture nationale repose sur l’idée qu’à une languecorrespond une nation. L’identification d’une langue te d’une nation a étédéveloppé en particulier par Johann Gottfried Herder (1744-1803) avec l’idéederrière que chaque langue est l’expression nationale. En fait dans les empires(espaces à l’est de l’Europe) effectivement, la langue fait la nation car pasde construction étatique. Mais en réalité, la question est de savoir commentces langues se constituent ? L’identification entre une langue et unenation est relativement récente pour deux raisons : · Sur un territoire qui devient unterritoire national. pendant longtemps, les parlés sont très divers (lefrançais n’est pas le français) · La langue utilisée par les élitesdevient souvent la langue nationale. Cependant, les élites utilisent deslangues très diverses. Exemple : sur le territoire de l’Allemagne, lalangue de cours est le français, la langue religieuse est l’allemand et lelatin est la langue d’instruction. Ainsi quand Joseph II, a voulu imposerl’allemand comme langue administrative en 1786 (environ), il y a eu dessoulèvements importants et la langue administrative est redevenue le latin.c’est au 19ème siècle qu’on a une évolution notable. On choisit unedes langues pour devenir la langue de l’Etat. Le cas du français est uneexception car la langue de Fontainebleau s’est imposée mais ce n’est pas le casnormalement. Exemple du cas dela Norvège : d’abord sous la domination danoise (administration de languedanoise et la court parle l’allemand). Les élites défendent la constructiond'un norvégien très inspiré du danois (le riksmaal), tandis que lesintellectuels patriotes défendent une langue parlée par les paysans del'intérieur qui serait, selon eux, antérieure à l'occupation danoise (14ème)et héritière des sagas vikings. L'écrivain Aasen entreprend de forger unenouvelle langue (nationale) à partir de ces dialectes paysans (le landsmaal).La question est de savoir laquelle des deux langues on va choisir de celle desbourgeois ou celle des paysans mais en1885, les deux langues sont officialisées. Cependant, le landsmaal (ou Nynorsk,1929) connote un sentiment de "norvégianité" plus fort. Cela futdonc comme souvent un choix politique. On a aussi ladiffusion des journaux dans un pays. L’Etat va donc décider d’une langueadministrative. Ainsi, les gens vont devoir connaître cette langue. A la fin du 19èmesiècle, la diffusion à l’intérieur de la langue nationale va être associée à laréputation du pays. Les Etats vont créé des institutions qui ont pour but dediffuser leur langue et leur culture (Création de l’Alliance française en 1883et de Schulverein (1880/Verein für das Deutschtum im Ausland ) dans les années1880-1890 pour l’Allemagne). 2. Les Histoires nationales A la fin du 19ème siècle, les nationsse sont dotées d’un récit continu qui retrace l’histoire de la nation desorigines à nos jours, en projetant de manière rétrospective l’existence de lanation sur les temps passés. a) Le récit des origines · Recherche d’origines mythiques :Les Français, Gaulois ou Francs?: En France, le gros débat est de savoir si lesfrançais sont descendants des francs ou des gaulois. Cela a changé depuis. Celaest de la construction totale avec des gens divers qui vivent sur le territoirenational. · En Grande-Bretagne. Les poèmes dubarde Ossian édités par le poète écossais James Macpherson en 1760 (fauxmanuscrit médiéval écrit en gaélique) · À Zurich, Johann Jakob Bodmerpubliait des fragments de l’épopée Die Niebelungen · En 1827, Elias Lönnrot (Finlande),fils de tisserand établit une collecte de poésie orale il dit noter des poésiessous la dictée de vieux bardes de Carélie du nord, au-delà du cercle polaire.Il publia un volume en 1835, le Kalevala (littéralement, « la Terredu héros Kaleva »). Nommé en 1862 professeur de finlandais à l’Universitéd’Helsinki, Lönnrot assura la traduction du Kalevala en suédois (1841),en français (1845), en allemand (1852). En 1917, lorsque la Finlande devientindépendante à la faveur de la révolution bolchevique, le jour de l’édition du Kalevala(28 février) devint une fête nationale. Ces récits des origines il y a en a desmultiples et ils se développent à partir du deuxième tiers du 19èmesiècle. Cela va de paire avec un gout pour les romans historiques. b) Le gout pour l’histoire Cela se développe avec la constitution desEtats nations mais aussi avec le développement des études historiques(l’histoire a servi pendant longtemps de légitimation au récit national). Un deces héro français est François Guizot (1787-1874) qui a écrit Histoire de lacivilisation en France (1829). Ces historiens qui jouaient un rôleimportant dans la construction d’un imaginaire national s’appuie sur desécoles, des archives, è toutes les institutions. Tout cela va avec un patrimoine national… 3. Conservation et patrimoine nationala) La politique du patrimoine · Rôle Révolution française :Le Louvre de 1793 devient "le Palais de la nation" (car ilconserve les œuvres qui ont été faites dans la nation française même s’il y ades œuvres de tous les pays) : il est renforcé par Napoléon et continué par lessouverains successifs. C’est l’idée qu’un musée doit refléter l’art de lanation. · Londres British Museum en 1753,Berlin en 1824, à St Petersburg l'Ermitage en 1840 etc. b) L’ « invention »des traditions nationales : le folklore Le folklore, chose importante, est la façondont le peuple est entré dans la construction nationale. Ce terme est apparu en1846 pour remplacer le terme d’antiquité populaire. Il signifie le savoir / leshabitudes du peuple qui seraient constitué par les coutumes, les repas, lesfaçons de s’habiller, etc… Il est intéressantde voir que le folklore s’est développé dans la construction de l’Etat nationalquand on a commencé à faire un inventaire des traditions nationales. Il existeun peuple français, un peuple allemand, etc car ils ont les mêmes manières defaire et on peut le voir dans les musées de folklore. Les premiers muséesde folklore ont été inauguré fin 19ème siècle dans les Etats du Nordprincipalement (Le Nordiska Museet, de Stockholm fondé en 1873 par ArturHazelius, présente ses collections lors de l’Exposition Universelle de Paris de1878). On a eu par la suite toute une mode de ces musées de folklore qui sedéveloppe surtout dans l’Europe du Nord: à Berlin en 1889, à Oslo en 1894, àVienne la même année, à Prague en 1895 puis à Budapest l’année suivante. Finalement,en France, c’est en 1937 qu’il y a la création du musée des arts et traditionspopulaires à Paris. Il s’agit de mettre en scène tout ce qui relèverait d’une culturepopulaire spécifiquement nationale. Les personnes concluent que le folkloreaurait permis aux classes populaires d’adhérer à cette identité nationale. · En Catalogne dès 1863, lecompositeur Anselm Clavé (1824-1874) s’emploie à développer le chant choralparmi les ouvriers en fondant la sociétéEuterpe.


Pour conclure, la nation est une constructionqui se met en place à la fin du 19ème siècle sous l’égide d’un Etatdans les pays d’Europe occidentale et que cet Etat prend en charge desmécanismes de nationalisation de la population et de la culture. Ce modèle quise développe va se répandre dans l’ensemble du monde : de l’ouest à l’estde l’Europe puis dans les colonies dans la période qui suit la colonisation.Nations et nationalismes sont des réalités qui prônent la singularité. C’est enfait un mécanisme qui est un mécanisme global.

Empires et nations au début du 20èmesiècle Le développement de l’Etat nation dans lapartie orientale de l’Europe s’est fait doucement et pas de la même manière carles Empires préexistent. L’utilisation de la culture et de la langueest très importante pour la création de l’Etat nation. Dans les guerres deYougoslavie par exemple, la religion a été utilisée comme un instrument de constructionde l’identité nationale.

                 Ilfaut distinguer des types et formes d’empires. On va donc établir destypologies. Les modèles culturels varient en fonction de cela. Si au sein desempires émergent des Etats nations (empire ottoman par exemple) les empires peuventaussi servir de lieu de renforcement de l’Etat nation. 
        I.     Les ensembles politiques multiculturels1.    Les empires

C’est ce qui existe de manière prédominante àl’Est de l’Europe en 1815 puisqu’on a un espace géographique dominé par 3-4empires (Ces empires se constituent de manière différente : annexion,guerre, etc.) : · Pour AutricheHongrie. Entrée des royaumes de Bohème et de Hongrie (avecles Croates) en union dynastique en 1526-1527. Guerres contre les Turcs et ladéfaite devant Vienne en 1683 agrandit le royaume des Habsbourg dans laPéninsule balkanique et Hongrie. Empire russe constitué par annexionterritorial. Au départ l’expansion part du noyau Moscovite puis jusqu’enSibérie. Au 19ème siècle, il y a la conquête de l’Asie centrale quiva être intéressant de la construction nationale au moment de l’unionsoviétique. Cela s’oriente dans le 19ème siècle vers l’Europe deplus en plus (occidentalisation). · Le royaumeHabsbourg devient l’Empire des Habsbourg un peu avant ladisparition du Saint Empire romain-germanique (1804). Il est constitué paradjonctions héréditaires successives de territoires. Puis par alliancesmatrimoniales, il y l’entrée de territoires successifs qui va donner naissanceau royaume des Habsbourg. A partir de 1804 on parle de l’empire autrichien. Ils’est constitué depuis le 13ème siècle. · Empire ottomanplus grande expansion territoriale en 1683. C’est empiredont l’essentiel de l’expansion territoriale n’a pas lieu en Europe mais en1683 la plupart sont en Europe. Il s’est constitué par annexions successivespar guerres. Au 17ème siècle, il va jusqu’à Vienne : grandepartie de l’Europe centrale et balkanique. Ces empires sont de vastes constructionsterritoriales dans l’histoire qui sont sous tendues par un projet politiqueuniversel (limité dans le temps et dans l’espace) de nature religieux. C’estdifférent de la nation : c’est ce qui est particulier dans la nation. Lesdeux conduisent à la même chose mais pas de la même façon : idéeuniversaliste dans les deux.

                 Cesempires se sont constitués par des Etats historiques (avant la construction desempires) comme la Croatie par exemple. Avant les empires, il existait déjà desnations antérieures. C’est difficile car sur ces territoires, la langue parléen’était pas nationale. Aussi, difficile de mesurer la réalité politique de cesroyaumes (pas nécessairement le fait qu’un prince le proclame). Et problème desfrontières culturelles et linguistiques. Il y a eu des mélanges de populationsimportantes (on dit « déporter la population »). L’idée d’empiren’est pas fondée sur l’idée de l’homogénéité mais sur l’universalité. On a doncdes populations mélangées culturellement parlant (religion et langue). Cespopulations vont être transformées en minorités nationales. 

Avant que ce phénomène de nationalisationn’intervienne, on peut dire que l’empire a constitué un modèle multiculturel…. 2. Le « modèle » multiculturel Dans les empires on a une organisationpolitique stable qui était fondée sur un mélange politique et culturel. a) L’empire ottoman C’était un empire dominé par une éliteottomane et musulmane mais il n’y a pas eu de conversion forcée (islamisationdes populations européennes sous domination ottomane minoritaire). Dans certainspays, le christianisme a continué à l’emporter comme en Albanie (70% demusulmans à la fin du 19ème siècle) et en Bosnie (40%). C’est le fait que les populations vivant sousdomination ottomane avaient un statut d’inférieur (si pas musulmane) et payaitdonc une taxe mais ne devaient pas (pas obligatoire) pratiquer l’islam niparler l’arabe ; les juifs et les chrétiens orthodoxes se voyaientaccorder le statut de protégés (dhimmis) et étaient regroupés dans des millets.En effet, l’appartenance religieuse structurait la vie des populations del’époque. Ces populations s’organisaient en communautés. C’est comme cela quese sont maintenues des communautés chrétiennes importantes sur le Sud du bassinméditerranéen. b) L’empire des Habsbourg Les populations soumises ont été converties deforce au catholicisme à partir de la défaite de la montagne blanche. La tolérancereligieuse n’a existé qu’à partir de 1781 (édit de tolérance) mais la véritableégalité religieuse n’arrive qu’en 1861. Cependant, il y a un respect de la diversitéculturelle. Aucun groupe ethnique ne forme une majorité et les diversités ethniquessont importantes : · Seulement 23% de germanophones ("Allemands") à la fin du 19èmesiècle. Quelqu’un qui parle allemand n’est pas allemand d’Allemagne (cela estarrivé seulement avec la nationalisation des identités nationales avec lesEtats nations). Ces germanophones dominant (en terme de pouvoir/ puissance)mais minoritaires dans la langue. · En Galicie, les élites administratives sont polonaises (autonomie administrative). · En Bohème Moravie, les élites tchèques demandent l’autonomie comme lesHongrois · En Galicie, les Polonais sont mêlés avec des Ukrainiens, des Roumains,des Ruthènes à la campagne. Dans les villes, il y a aussi juifs et"Allemands" On a donc des élites multiculturelles. Leslieux les plus multiculturels sont les villes comme Vienne (capitale de cela). c) Le multiculturalisme comme modèle Ces empires sont donc des espaces decoexistence. Ce multiculturalisme est même constitué à la fin du 19èmesiècle comme un modèle avec l’idée que ces grands ensembles impériaux protègentces petites communautés les plus faibles. A la fin du 19ème siècle, il y a unmouvement pour le nationalisme car il permet de protéger les minorités c'est àdire les groupes les plus faibles. Il y a des théoriciens de cela comme OttoBauer (dirigeant social démocrateautrichien, « la question desnationalités et la social-démocratie », 1907) quiessaye de trouver une alternative à l’Etat nation pur et qui pensent qu’ilfaudrait créer des espaces ou il y aurait la possibilité de pratiquer sa propreculture pour différentes ethnies. Pour lui, il n’y a pas de théorisation de laculture : on peut circuler avec sa culture et on peut rester n’importe ouavec cette culture propre. On remet en cause la territorialité culturelle. Tousles citoyens auraient les mêmes droits et l’appartenance nationale seraitdéculturalisée mais le problème de cela est l’école. Il n’y a pas queles austro-marxistes qui avaient ce point de vue ; il y avait aussi lemouvement des ouvriers juifs lituaniens polonais et russes, le Bund (Algemeyner Yidisher Arbeter Bund in Lite,Poylin und Russland), mouvement qui s’est développédans la partie de la Pologne russe en 1897. Il y avait l’idée que les juifs nepeuvent vivre en paix sur un territoire que si on admet le multiculturalisme(ce qui n’est pas arrivé). Le multiculturalisme qui nous dépasseaujourd’hui a été un modèle à une époque. 3. Les petits Etats multiculturels A l’Ouest, il y en a deux : la Belgiqueet la Suisse mais ils sont organisés de manière tout à fait différente. a) Les limites du compromis belge La Belgique a été fondée en 1830 etaujourd’hui elle représente deux voire 3 ensembles culturelles : Walou,les flamants et des germanophones (minorité petite). Cet ensemble belge est uneréalité politique. Le compromis de 1830 est une révolte politique (nonethnique) entre les libéraux et les catholiques autour de l’idée d’échapper àla domination du roi des Pays Bas avec des intérêts divergents. En effet, pour les Catholiques, l’intérêt estde se séparer des protestants et pour les libéraux, la volonté est l’indépendance économique donc ils se sonttout de même mis d’accord. Le Gouvernement provisoire déclare l'indépendance,le 4 octobre 1830. Ce Congrès approuve,le 7 février 1831, une constitution très progressiste pour l'époque qui enparticulier reconnaît la liberté de culte et utilisation des langues françaiseet wallonne dans l'administration. Mais en réalité, en 1898 seulement lenéerlandais obtient le statut de langue officielle. Le problème s’estcristallisé rapidement autour de la question de la langue car alors que laconstitution avait prévu le libre emploi des langues, seul le français estemployé dans l’école et dans l’administration. Cela car les français étaient enposition dominante car la Flandre était agricole et la Wallonie était en pleinerévolution industrielle. Phénomène actuel très caractéristique desEtats nation qui est celui de l’autonomie des riches. Dans toutes les populationsaisées, on considère que l’on ne veut pas payer pour les autres (exemple desEcossais qui veulent leur indépendance car ils ont eu le pétrole ou encore laCatalogne). Finalement, les projets fédéralistessont présentés dès 1898 mais sont tous rejetés ; le fédéralismeest obtenu à la fin du 20ème siècle à l’issue de 5 grandes réformes1970, 1980, 1988-89, 1993 et 2001. b) Le fédéralisme suisse La Suisse est un ensemble qui s’est constituéà partir d’adjonctions successives. D’abord des cantons montagnards originels.Au moment de la constitution, c’est la volonté de garder son autonomie contre lesgrands ensembles d’autour (principalement contre l’empire Germanique). L’idée principale est la volonté de maintenirdes privilèges locaux (maintenir les particularistes). Avec la constitution de1848, la Suisse devient donc un Etat fédératif dotée d’un parlement. Cependant,les cantons abandonnent progressivement des compétences à l’Etat fédéral. On aune agrégation d’autonomie avec un pouvoir central qui doit toujours négocieravec les autorités locales (les cantons). La Suisse est vue comme un modèlefédéraliste européen. Elle est multilinguistique (chacun à sa place)avec un mélange confessionnel remarquable avec des protestants et descatholiques mais chacun à sa place encore.

      II.     Affaiblissement des Etats multiculturels à la fin du 19èmesiècle1.    Les facteurs d’instabilité dans les empiresa)    Les effets de la modernisation

Ce qui fonde la stabilité des empires, c’estla légitimité dynastique : un monarque est à la tête qui fonde l’existencemême de l’empire, son unité. Dans le 19ème siècle, la modernisationdérange ce processus. Cela car la modernisation va de paire avec l’idée quel’Etat est l’émanation de la société et donc doit représenter le peuple, ce quine correspond pas avec l’empereur/prince. Ce sont des revendications delibertés politiques. Cette évolutionpolitique est le signe d’une modernisation plus profonde : lamodernisation économique qui va de paire donc avec le développement des circulationsde marchandises lié à l’industrialisation. Cela est la production demasse : on ne produit plus ce que l’on consomme, ce qui était le casavant. Ainsi, les populations bougent vers les villes et donc se mélangent.Cela remet en cause la stabilité des élites sociales et politiquestraditionnelles. En effet, de nouvelles élites se mettent en place et celaremet en cause le caractère immuable des élites traditionnelles.

                 Liéà la modernisation, il y a une modernisation administrative : nécessitéd’arriver à administrer ces territoires vastes de manière rationnelle. Se posealors la question de la langue unique pour l’administration. Cette langue poseune difficulté et donc progressivement les administrations impériales vontexiger une standardisation de la langue et souvent imposent l’allemand. On a deplus en plus des revendications d’autonomie et particulièrement dans l’empireaustro hongrois. 

b) Les revendications d’autonomiedans l’empire austro-hongrois Ces revendications ne sont pas faites par lesmêmes groupes ; deux groupes : Revendications d’autonomie de labourgeoisie intellectuelle. En Bohême, la langue de la culture est l’Allemand.Mais il y a des élites locales qui veulent pouvoir continuer à s’exprimer dansleurs propres langues et aussi développer une culture dans cette langue pourdevenir plus puissants. En revendiquant une autonomie linguistique, on sertl’intérêt particulier des élites locales qui veulent être plus puissants. Desétudes importantes là dessus ont été faites : celles de l’universitéCharles de Prague. Ce groupe d’historiens a étudié comment cela a modifié lerecrutement dans l’université. En effet, lorsque le tchèque est devenu lalangue d’étude, cela a protégé le marché local (emploi pour les enseignants) etcela a donné plus d’importance à cette université. Des élites ont intérêt àutiliser ces langues. è Révolution de 1848 è Les élites hongroises négocient l’accord de 1867 et il y a alors lareconnaissance d’une « double monarchie » Au delà des langues, on a des revendicationspolitiques. Ici, le parlement a joué un rôle très important. Les tchèques n’ontpas réussi à obtenir un statut d’autonomie comme ils le voulaient mais leshongrois l’on fait et ont réussi d’où l’appellation : empireaustro-hongrois. Politique de magyarisation forcée (imposition de la languehongroise) avec l’idée de créer un Etat nation sans tenir compte de ladiversité ethnique de l’espace. è Dans la partie hongroise de l’Empire, les Hongrois (ceux qui parlentle hongrois) ne forment pas une majorité en 1867 mais seulement 47%. Politiquede magyarisation.

· Cas de la Croatie-Slovénie : plus grande autonomie en 1868 au seinde la partie hongroise 2. Le développement du nationalisme dans les « petites nations »d’Europe de l’Esta) Le rôle des élites Dans tous ces mouvements nationalistes, lesélites culturelles ont joué un rôle or il faut qu’elles existent ces élites. Ilexiste des zones peu développées économiquement et dominées depuis toujours pardes élites culturelles qui ne parlent pas la langue de la région comme laSlovaquie. En effet, les élites sont hongroises. En Ukraine, les élites étaientpolonaises et la langue de culture était donc soit le polonais soit l’allemand.

                 Quandce ne sont pas les élites culturelles qui font les revendications, ce sont lesEglises. En effet, le clergé de ces Eglises constitue des élites sociales. Onparle en particulier du rôle des Eglises en Slovaquie et en Ukraine car pasd’élites culturelles puissantes. 
                 Enfin,il y a la bourgeoisie économique qui veut elle aussi gagner une possibilitéd’organiser mieux le développement économique. Par exemple en Pologne,l’essentiel de l’industrialisation était entre les mains soit des germanophonessoit des juifs et donc il y a eu une antipathie entre la noblesse polonaise quin’a pas pris le tournant économique et la bourgeoisie allemande qui a étél’acteur principal de l’industrialisation dans cette région. En revanche, àPrague par exemple, on a une bourgeoisie économique tchèque qui revendique lepouvoir. 

b) Le cas austro-hongrois En Autriche-Hongrie, le parlement a joué unrôle très important dans ces revendications. En 1896, Le suffrage étaituniversel masculin mais inégal (collèges). Le nombre d’électeurs passe de 1,7 à5,3 millions. En 1907, c’est le suffrage égal pour les hommes et les femmesobtiennent le droit de vote en 1918. C’est au parlementque se constituent des groupes. A partir du moment ou il y a la représentationpolitique, il est intéressant de voir si les personnes se regroupent sur lesdivisions politiques ou sur les divisions ethniques. La deuxième a été le cas.Donc les questions ethniques sont devenues plus importantes que les questionsde politique. Les revendications sont plus du type des ethnies. Il y a eu dessoulèvements ethniques parmi les strates du Sud et cela arrivera à la 1GM. Finalement, En1908, le rattachement de la Bosnie Herzégovine à l’empire est effectué (occupéedepuis 1878). 3. Les nationalismes balkaniquesa) Nouveaux Etats des Balkans En particulier, ces revendications ont donnénaissances à de nouveaux Etats. Avant la 1GM, on a un nombre important d’Etatsnouveaux qui s’établissent au bord de l’ancien Empire Ottoman. Le premierEtat fut la Grèce après la guerre d’indépendance commencée en 1821. Elleest soutenue par les grandes puissances occidentales : · Le Traité d'Andrinople (Turquie etRussie) de 1829 consacre l’autonomie grecque et serbe · Le Traité de Constantinople en1832, donne l’indépendance à la Grèce (garantie par la Grande-Bretagne, laRussie et la France). · L’indépendance des autres Etatsest aussi soutenue par les grandes puissances occidentales pour réduire lapuissance de l’Empire ottoman (elles ont donc un avantage à le faire).

Le Congrès de Berlin (13 juin-13 jt 1878) estle règlement occidental de la question d’Orient après la défaite de l’Empireottoman devant l’Empire russe. Cette conférence a créé un certain nombred’Etats : · La Bulgarie obtient l'indépendanceau congrès de Berlin en 1878 · La Roumanie obtient l'indépendancecomplète en 1881 parachevée par la création d’une Eglise nationale en 1885 · Serbie (autonomie de la principautéde Serbie fut reconnue en 1830), indépendance (13 juill. 1878) En 1913, après la signature des traités deLondres (mai) et de Bucarest (10 août) à l'issue des deux guerres balkaniquesConstantinople, ne subsistaient plus de l'empire en Europe la Thrace orientaleet Istanbul. b) La construction culturelle desnations d’Europe centrale et balkanique Les Eglises orthodoxes ont joué un rôleimportant dans le développement des identités nationales. En effet, après lesindépendances, il y a un phénomène de construction progressive d’identitésnationales. Les élites économiques et culturelles vont jouer un rôle essentieldans la création des identités nationales : · La religion. C’est ce quistructurait déjà les communautés à l’époque. Ainsi, s’il n’y a plus les structuresadministratives des empires, il reste l‘Eglise. L’Eglise orthodoxe s’estnationalisée. Si on regarde la mise en place de ces églises nationales c’estcomplètement le même système que les Etats nations. · La langue nationale. Dans laplupart de ces pays, on ne peut pas dire qu’il existait une littératurenationale de longue date. Il y avait des dialectes mais pas de languenationale. Ces langues sont codifiées, créées après l’unité nationale. C’estd’autant plus difficile qu’il existait une langue écrite qui n’avait rien àvoir avec la langue nationale. Très souvent la langue écrite dans les Balkansétait le latin ou autre. En Slovaquie, sont codifiées un certain nombre delangue. On assiste dans cette partie de l’Europe à la recréation de languesnationales. Avec la construction nationale slovaques, ils poussent une sorte dedifférenciation linguistique donc il est de plus en plus difficile de secomprendre entre ces pays. Ces modifications continuent encore aujourd’hui.C’est la construction culturelle de la différence, c’est le contraire del’empire. De même la langue slovaque a été volontairement inventée contre leTchèque à la fin du 19ème siècle · Utilisation de l’histoire. Par exemple en Grèce, le débat a porté surce qui reste comme héritage de la Grèce Ancienne. C’est donc un débat importantpour les Grecques mais aussi pour toutes les civilisations aussi. Certainsdisent qu’ils sont dans la continuité de la Grèce ancienne et d’autres disentque c’est faux, qu’ils sont seulement issus de mélange de populations. Ainsi,on peut parler du cas de Claude Fauriel (1777-1844) qui publie en 1824 les Chantspopulaires de la Grèce, en grec et en français. Il prétend faire lacollection des chants populaires grecques. Ces chants conserveraient les traitset la langue de la Grèce antique, à 24 siècles de distance. On peut encoreaborder Histoire du peuple grec, de l'historien d'Athènes ConstantinosPaparrigopoulos, qui lui défend la thèse de la continuité contre d'autresinterprétations. Exemple du cas serbo-croate : · Serbo-croate découvert par les Européens dans la seconde moitié du 19è siècle. · Réforme linguistique au milieu du 19ème siècle. · Le Croate Ljudevit Gaj (1809-1872), chef du mouvement unitaire illyrienqui avait pour but d’unifier tous les Slaves du Sud et le Serbe Vuk Karadzic(1787-1864) contribuèrent à la création de la langue serbo-croate (oucroato-serbe) à partir des trois principaux dialectes. · Codification de la langue slovaque écrite par Ludowίt Śtúr (1815-1856)

    III.     Les empires coloniaux1.    La course aux colonies

La colonisation par les européens a commencéau moment ou les européens ont chassé les arabes du continent européen. Lareconquête espagnole s’arrête et en même temps c’est le début de lacolonisation en Amérique. Colonisation : d’abord l’Amérique puis l’Asie etl’Afrique. Les européens dans le 19ème siècle ont colonisél’ensemble du monde au nom de la supériorité des valeurs modernes européennes. · Le 26 février1885 (Congrès de Berlin), en effet, quatorze nations européennes ont signé l'Acte général de Berlin : l’Afrique est partagé entre lesgrandes puissances. · De 1872 à 1900les nations européennes sont passées d'une possession de 11% à 91%des terres africaines. Cette frénésie d’accaparement touche toute lasurface du monde. 2. La colonisation comme instrument de grandeur nationale La colonisation a beaucoup de causes : économiques,volonté d’évangéliser, de découvrir des territoires, etc. Il est incontestableque les motivations nationalistes ont joué un rôle énorme. Le nationalisme aété renforcé par le colonialisme. Cela s’imprime dans l’impérialisme de lanation. C’est différent selon les argumentaires : par exemple, pour JulesFerry, la colonisation est l’exportation de la civilisation française. Dansd’autres pays, ce sont d’autres préoccupations qui l’emportent ; parexemple, en Italie ou en Allemagne, la colonisation est un moyen de résoudre leproblème de surpopulation qu’ils avaient (on peut exporter la populationnationale sur d’autres territoires). Derrière la colonisation, il y a déjà l’idéeque les européens seraient supérieurs par la culture mais aussi par larace : racialisation du monde. En effet, l’anthropologie s’est développéesur le colonialisme. Autre discipline qui nait avec le colonialisme et quiracialise les différences entre les blancs et les noirs ou encore lesjaunes ; c’est la médecine tropicale. C’est une sous branche de lamédecine qui nait avec la colonisation et qui étudie donc les différences entreles races pour comprendre les maladies. Elle a donc modifié la façon dont lenationalisme était pensé. Exemples : · Explorateurs du continent africain comme l’écossais David Livingstone (1813-1873)traverse l’Afrique. · Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905) qui explore et colonise le Congo · Pierre Paul Broca (1824-1880) fondateur de la Société d’anthropologiede Paris, 1859 proclame infériorité des Noirs. · Société pour la colonisation allemande fondée en 1884 par l'aventurierCarl Peters, plus tard héroïsé par les nazis 3. Les guerres coloniales comme fabrique du nationalisme extrêmea) Les colonies comme terrainsd’affrontement entre les grandes puissances Les colonies ont été des lieux de très fortesviolences. Généralement, on fait la guerre pour commencer contre lespopulations locales mais aussi entre européens même qui luttent pour les mêmesterritoires. Deux guerres importantes (mais beaucoup d’autres) : · Crise de Fachoda en 1898. On est au bord de la guerre. La France se plie. réconciliefinalement France et GB en étant clair sur les motivations de chacun. · Maroc : France/ Allemagne. 1905 et 1911 Ce qui est important est les conflits avec lespopulations indigènes. b) Exploitations et épurationsethniques Les gens disent que les guerres colonialessont les matrices des guerres contemporaines. On peut dire cela car dans lenazisme par exemple (plus grand déploiement racial), il y a le classement desraces. Or dans l’aventure coloniale, c’est ce qui est en jeu justement :on peut s’emparer de ces populations car elles sont inférieures à nous. Celaressemble à ce qui va se passer au moment du nazisme. C’est ce qui a permisd’utiliser ces populations massivement pour le travail forcé par exemple. Celadans toutes les colonies mais celles dans lesquelles cela a été le plus atrocea été les colonies portugaises et belges. Exemples (Cela a occasionné beaucoupde morts) : · Exploitation coloniale en Afrique occidentale française fondée sur codeindigénat 1887. · Atrocités commises au Congo sous administration de l’Etat belge après1908. Mines du Katanga En cas de révoltes, il y avait des répressionsénormes. Deux cas importants : · Guerre des Boers de 1899-1902 (environ 75 000 morts). Camps de concentrationinstallés à partir de 1900 (environs 26 000 morts). Les anglais ont chassé lesafricains du Sud de leurs pays et les ont enfermé dans des camps deconcentration. Des dizaines de milliers de personnes ont été déportés ouenvoyés en Angleterre pour être esclaves. · Révolte des Hereros (1904-1907) Sud Ouest africain allemand (Namibie). En1904 : Soulèvement des Hereros et répression allemande sousle commandement du Général Lothar von Trotha. La population héréro estexterminée à 80% (80 000 sur 100 000 Hereros). Un des premiers génocidesplanifiés. Les généraux qui ont été à l’origine de ces répressions, on les aretrouvé ensuite dans la 1GM.


Conclusion : sous ses différentes formes,les empires ont donné naissance à des nationalismes différenciés et cela n’estpas mécanique :il y a toujours des interventions politiques, sociales etculturelles. A tout moment de l’histoire, on peut trouver des solutionsmeilleures. Il faut comprendre ce qui s’est passé à un moment aurait pu sepasser différemment.



Les nations dans la Première Guerremondiale 1GM : moment clé dans l’histoireeuropéenne et inaugure la période d’exacerbation des nationalismes. Elle a vuune des dernières étapes avec la guerre de Bosnie (1995). C’est une guerre mondiale mais qui se dérouleprincipalement sur le territoire européen, sur deux fronts : occidental etsur le front oriental (Europe de l’Est et balkanique). C’est une guerre trèsmeurtrière. Bilan: · Environ 10 millions de morts · Environ 20 millions de blessés · 1919 : 100 millionsd’européens souffrent de famine · France : 11% de la populationactive a disparu (1 ouvrier sur 10) o 700 000 orphelins o 600 000 veuves de guerre o 62 000 km de routes et 5 500 km de voies ferrées détruites à Montrer en quoi cette guerre a été une affirmation des nationalismeset comment elle a contribué à les renforcer. C’est à partir de cela que l’oncomprend la question des nationalités.

        I.     La guerre fruit du nationalisme avant 19141.    Le développement du nationalisme à la fin du 19ème siècle

Distinction entre les mouvements nationalisteset les nationalismes d’Etat, c’est important ! a) Les mouvements nationalistes Deux définitions dela nation : ouverte et libérale et une définition fermée, celle qui estsouvent utilisée. Le nationalisme passe à droite au 19ème siècle. Ilse développe parce que sentiment de l’imminence d’un danger extérieur (cas dunationalisme français à partir de 1871 face à la défaite de la Prusse). Cenationalisme de la France est clairement dirigé contre l’Allemagne. Ce nationalisme sedéveloppe avec les problèmes socio-économiques qui fragilisent certainespopulations comme en Allemagne avec le problème des fondations. Les classescomme les paysans vont être les plus touchées. Toutes les catégories qui sesentent touchées par le déclassement social sont les premiers à entrer dans cecourant nationaliste. Ce nationalismedonne naissance à de véritables courants politiques autonomes des partisnationalistes. Tous les nationalistes de l’époque partagent un même socle devaleurs et ils sont xénophobes (souvent sous une forme raciste), antisémites(pogromes en Europe centrale dans les 20 dernières années du siècle) etantidémocratiques avec même des déchainements de violence à l’égard despopulations juives. Ce nationalisme extrême peut être dirigé contre l’Etat quin’arrive pas à faire face à ce problème. C’est un nationalisme contestataire del’Etat qui ne peut pas prendre en charge les intérêts de la nation. b) Le nationalisme d’Etat L’Etat est un des vecteurs du développement dunationalisme. Ainsi, il développe les instruments de nationalisme ; un deceux la est l’école (pour la nationalisation de la population, la préparationdes élèves à la guerre et un outil de propagande aussi). Exemples : · En France esprit de revanche : 1882 bataillons scolaires pourformer les jeunes garçons à la guerre. Ils n’ont pas vraiment marché cependant. · En Allemagne importance de l’armée : fondation des ligues navales(Flottenvereine). Largement soutenues par le gouvernement, les liguesregroupent près de 1,2 millions de membres à la veille de la guerre de 1914. Le nationalisme d’Etat prend ici la formemilitaire, ce qui n’est pas le cas de la France ou c’est la forme scolaire. L’Allemagnerenforce la position de l’Allemagne. grande tradition militaire et Bismarckaussi est souvent représenté en uniforme comme Guillaume II. Cela est trèsimportant en Allemagne. le nationalisme s’appuie sur une propagande de laflotte militaire (élément important militaire). Cela car la flotte est lesymbole de l’empire allemand : c’est comme cela qu’elle entreprend uneconcurrence avec l’Angleterre. Ce développement propagande sur la flotte a étédonc largement soutenu par la constitution d’une opinion publique qui estencouragée par les militaires. Toutcela est très lié aux tensions internationales fortes 2. Les tensions internationales Des pays qui se sentent les moins puissantsencouragent alors des pratiques expansionnistes pour ces nationalismes : a) La Weltpolitik allemande C’est la politique mondiale : politiqueétrangère allemande (domaine de l’empereur) qui est une politique d’affirmationde la grandeur allemande. Les diplomates allemands étaient des hommes fortsavec une grande agressivité verbale qui ne correspond pas avec les habitudes dediplomatie européenne. C’est une mise en scène de soi qui se cale aux attitudesde l’empereur Guillaume II qui est très virulent aussi. Cela se fait donc parla flotte qui créé des affrontements avec la GB et aussi avec la politiqueétrangère qui est tournée vers l’agression et pas vers la protection de soi. En effet,l’Allemagne abandonne le traité de non agression avec la Russie. Cela alimenteun sentiment d’encerclement qui se traduit avec l’adoption du plan Schlieffenen 1905 qui avait pour objectif de remporter une victoire décisive d’abord àl’Est. Pour cela, il fallait éviter les forces françaises de la ligne Maginot(ligne de l’Est) pour pouvoir envahir la Belgique. Ce plan n’était donc pas derespecter la neutralité Belge. Cette politique est vraiment tournée vers l’expansionnisme. · + Crises marocaines de 1906 et 1911 b) L’Italie et la guerre de Lybie(1911-1912) Cela ne débouche pas sur des chosesintéressantes pour les populations concernées. Il y a d’abord le conflit avecla Lybie qui était ottomane. Elle est très pénétrée économiquement depuis lafin du 19ème siècle sous l’impulsion de la banque catholique(influence vaticane) donc présence italienne importante. En septembre 1911,le président du conseil Giovanni Giolitti (1842-1928) décida la guerre contre l’Empireottoman (la Turquie) : 100 000 hommes furent débarqués. Ils ont rapidementla victoire. Ainsi, Le 15 octobre 1912, par le traité de Lausanne, l’Empireottoman reconnaissait la souveraineté italienne sur la Cyrénaïque et laTripolitaine, les deux provinces libyennes. Les écrivains Gabriele d’Annunzio(1863-1938) et Enrico Corradini (1865-1931) célèbrent l’événement. En terme de gainpolitique c’est relativement faible et en terme de gain socio-économique pasénorme car pas beaucoup de colons italiens sur le territoire (pas beaucoup decolonies de peuplement pour résoudre les problèmes socio Italien). C’est doncun échec mais plutôt un succès car il y a un sentiment de fort nationalisme quise développe grâce à cela. 3. Prolégomènes : les guerres balkaniques 1912-1913 La 1GM commence bien dans les Balkans a) Deux guerres Ce sont des guerres nationales ou la questionethnique joue un rôle important mais ce sont des guerres d’une forte brutalitécontre les civils particulièrement. C’est un grand moment d’affirmationindigène sur une base ethnique. On a deux guerres balkaniques. La première guerrebalkanique de 1912 octobre-mai 1913 a pour fonction de chasser les ottomans del’Europe. C’est le fruit d’une coalition entre 3 Etats nation récents : laSerbie, la Bulgarie et la Grèce. La Seconde guerrebalkanique de juin-juillet 1913 (deux mois) est déclenchée car les 3 puissancesne s’accordent pas sur le partage du territoire ottoman (la Macédoineparticulièrement). C’est donc la défaite de la Bulgarie devant la coalition dela Grèce, la Serbie à laquelle se joint la Roumanie. Donc finalement : Conférencede Bucarest le 10 août 1913 et partage de la Macédoine. b) Leurs conséquences Dessin des frontières en 1913 et celles ci nesont pas dessinées qu’avec les belligérants mais aussi avec les grandespuissances européennes (ils avaient des intérêts économiques et politiques).

                 C’estune guerre extrêmement féroce et qui a impliqué de manière importante lespopulations civiles. C’est un guerre qui a été menée sur base ethnique :les différentes armées ont déclaré la guerre à l’armée en face mais aussi etsurtout aux groupes ethniques qui étaient considérés comme des ennemis. C’étaitprincipalement pour des épurations ethniques de grande ampleur (voir le rapportde la commission Carnegie de l’été 1913). Il y a beaucoup de morts et cesguerres ethniques produisent dans cette région sur les débris culturels lesEtats nations et donc la question des minorités. Des groupes ethniques sontconstitués en ennemis car ils sont considérés comme des étrangers sur leterritoire. la destruction de l’empire ottoman produit le mécanisme de transformationde groupe en minorités nationales qui sont chassées de leur territoire. 
                 Dansle même temps, les guerres balkaniques (surtout la 2ème) et toutesles annexions qui en résultent multipliaient ces minorités dans lesterritoires. Ces groupes annexés vont être en effet constitués en minorités. 
                 Parailleurs, des pays vont se sentir maltraités ce qui nourrit l’irrédentisme(volonté de reconquérir du territoire qui leur appartient selon eux). C’estpour cela que la Bulgarie s’allie avec l’Allemagne pour récupérer duterritoire. 

Finalement, la 1GMest directement issue des guerres balkaniques par l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914. C’est l’assassinat de François Ferdinandd’Autriche. C’est sur une revendication nationaliste et Serbe qui s’estdéveloppé avant mais qui a été encouragé par les guerres balkaniques qu’il fautcomprendre cet attentat. C’est par la suite par le système d’Alliance etd’Entente que la guerre est partie (tout le monde s’est allié à un bloc).

      II.     La grande guerre patriotique

Comment la 1GM a été l’expression dunationalisme et comment il s’est développé ? 1. « L’union sacrée » Le milieu historiographique est très mitigé(beaucoup d’avis différents). Tout le courant historiographique voit dans la1GM des facilités de la mobilisation dans les pays d’Europe (surtout en Europeoccidentale) un témoignage de laréussite de l’inculcation du sentiment national. Les populationss’organisent en nation et partent toutes à la guerre pour défendre leur pays,servir leur patrie. Cette mobilisation qui a marché prouve que les populationsavaient intériorisé cette identité nationale. La 1GM est le signe de réussitedu mécanisme de nationalisation des populations. Ces dernières agissent pour lapatrie. Cela se manifeste par l’Union Sacrée : les gens partent pour sebattre et se justifient dans l’idée de reconquérir leur territoire national. Cetteguerre se fait donc au nom d’une logique nationaliste (protection nationale etdéveloppement de la nation). Cela a permis de dépasser les antagonismespolitiques et sociaux. Les personnes se réunissaient dans l’Union sacrée pourdéfendre la patrie. a) Unanimisme politique C’est une des manifestations de cette UnionSacrée. Tous les parlements se sont réunis et ont voté pour la guerre. Lescourants pacifistes ont été fortement secoués comme en France avec Jaurès (pacifistesocialiste français assassiné le 30 juillet 1914) qui faisait encore despropagandes contre la guerre au début. C’est le dernier rempart pacifiste quisaute. Les créditsmilitaires sont votés à l‘unanimité le 4 août 1914 et lesdifférents courants socialistes se rallientà la guerre dans le courant du mois d’août. Ainsi, c’est une unanimité auparlement pour la guerre (même des pacifistes). En Allemagne certains socialistes défendent“ la théorie de la compensation : Gustav Noske, en 1907, dans un discours au Reichstag, il apporte, au nom du Parti, son soutien au gouvernement encas de guerre. Mais l’extrême gauche duparti social-démocrate, autour de Rosa Luxembourg est fidèle àl’internationalisme. à voir sur Wikipédia qui est Noske ou sur Lemo b) La mobilisation combattante et seslimites Elle se fait sans difficulté. Il faut semobiliser et tout le monde le comprend. Les populations se mobilisent mais onnote aussi un fort engagement volontaire : · En GB, un million d’hommes en 1914 et 3 millions en 1915 (pas deconscription obligatoireen GB) · En Allemagne il s’agit d’environ un million de personnes (jeunes pourla plupart) Or,on s’aperçoive qu’il y a des endroits ou les départs se sont fait dans leslarmes et pas dans l’enthousiasme, surtout dans les classes populaires (paysanspar exemple). Aussi l’enthousiasme des militaires s’est vite écroulé par lasuite. c) Autres formes de la mobilisation Elles ont apparemment fonctionné. c’est lamobilisation économique. Il faut que les populations travaillent pour l’effortde guerre. Dans tous les pays, on mobilise donc la population pour le travail.C’est en Allemagne que c’est allé le plus loin à ce niveau : la loi du 2décembre 1916, sur le service civil (Hilfsdienstgesetz) introduit unservice du travail obligatoire pour tous les hommes valides entre 17 et 60 ans. Jusqu’en 1916-17, les syndicats ont trouvé desalliés dans tous les secteurs car ils ont fait contribué les civils, c’estl’idée de faire des concessions pour l’effort de guerre. Cela a été unenégociation entre les syndicats et les Etats car ils ont pris une place plusimportante dans les négociations sur les politiques sociales. D’ou en 1919, lespremières compensations (participer à l’élaboration d’une politique sociale).Les syndicats sont donc des alliés et permettent d’établir une paix sociale. Il y a aussi unemobilisation sociale. La guerre doit avoir une protection du patrimoine nationalqui serait menacé par la guerre. C’est encore en Allemagne que cela a été leplus fort. C’est l’Appel au monde de la culture (Aufruf an die Kulturwelt) publié le 4 octobre 1914.Quatre-vingt-treize professeurs prestigieux y répondent à un appel des intellectuelsoccidentaux les pressant de se distancier des destructions perpétrées contredes biens culturels comme la bibliothèque de Louvain ou la cathédrale deReims. Ce manifeste est suivi d’autrespolitiques. Ils font une division entre ce que les Allemands appellent parculture et ce que les autres pays pensent de la culture. En Allemagne, c’est laculture du héro c’est ce qui va alimenter le nazisme. Il y a aussi lamobilisation des femmes qui sont mobilisées comme infirmières volontaires. En Allemagne,par exemple, 92 000 infirmières volontaires employées dans les hôpitauxmilitaires. Service social communal coordonné par leService national des femmes (National Frauendienst) qui est organisé parl’Association des femmes allemandes (Bund der deutschen Frauen). C’est du service volontaire non rémunérémais ca a été une forme de professionnalisationcar par la suite de la guerre, elles ont pu faire valoir ces expériences pourdevenir réellement infirmières. La 1GM n’a pas été un moment ou les femmes ontcommencé à travailler car elles travaillaient déjà avant mais maintenant, dansdes nouveaux secteurs. C’est à partir de ce moment que les écoles infirmièresont commencé à exister. 2. Instruments de la mobilisation collective Il y a eu des instruments pour inciter lespersonnes à se mobiliser. a) Guerre et démocratie La démocratie en temps de guerre est quelquechose de difficile donc elle a été ralentie. Il y a eu la question dans tousles pays le pouvoir du peuple et le pouvoir militaire. Pendant la guerre, lesparlements sont moins rassemblés et les élections n’ont plus lieu.

                 EnAllemagne, en plus de cela,  avec laguerre totale à partir de 1917 une sorte de dictature du quartier généralappuyé sur l’empereur est mise en place. 
                 Danstous les pays, une organisation bureaucratique avec des experts se met en place.Ces experts vont jouer un rôle important pendant l’entre deux guerres. La 1GM aété un laboratoire de modification de l’instrument politique. 

b) Propagande et censure Les gouvernements ont fait pendant la 1GM pourla première fois un usage intensif des médias et donc de la propagande dirigépour les soldats mais aussi dirigé pour la population civile. La propagande aété mise en place de partout par les gouvernements ; ces derniers ont prisen charge ces systèmes de propagande. C’est devenu un instrument d’Etat. Il ydes pays qui ont vraiment développé des agences de propagande. Par exemple, en Allemagne,à partir de 1916, l’Office du film et de l’image (Bildund Filmamt, BUFA) constitue un instrument de propagande efficace, ildeviendra le célèbre Office du film (UFA) d’où sont sorties lesmeilleures productions allemandes de l’après-guerre. Du point de vue de lacréation, la propagande a aussi pu donner lieu à des œuvres importantes. Il y a aussi du bourrage de crane dans lesécoles mais aussi la censure en France ou en Allemagne. En Allemagne, lacensure a été très sévère même si en France et en GB il y en a eu aussi maismoins fortement appliquée. 3. Le patriotisme des minoritésa) Dans les Etats nations La guerre a aussi été un moment important pourles minorités (religieuses en particulier) : ils ont pu montrer leurloyauté à la nation. Exemples : · En France minorité protestantegrand élan et aussi immigrés. · En Allemagne : les catholiques (rôle du Zentrum et des évêques). · La Grande Guerre, est la première à laquelle les juifs prennent part en tant que citoyens égaux (émancipés) en1871. o Le 1e député volontaire pour partir à la guerre est unSocial démocrate juif Ludwig Frankmort devant Lunéville dès septembre 1914. o Ils sont plus de 10 000 à s’enrôler volontairement et 2 000juifs deviendront officiersdurant le conflit. o Les industriels et banquiers juifs ; Walter Rathenau, Fritz Haber,Franz Oppenheimer occupent des positions importantes dans l’administrationcivile chargée d’organiser l’économie de guerre. · Le moment de la guerre a aussi été unmoment d’intégration des partis marginaux comme pour les Sociauxdémocrates qui y voient aussi une possibilité d’intégration. b) Dans les empires multinationaux En Autriche Hongrie, le corps d’officiers estvraiment le résultat du brassage national de l’Empire, environ 50% seulementsont d’origine allemande. Les régiments étaient aussi très mélangés même s’il yen avait des plus unifiés. Les hongrois sont les plus importants à ceniveau ; cela a bien fonctionné jusqu’à un certain point.

                 Cependant,cela n’a pas fonctionné dans l’Empire russe par exemple (d’ou révolutionsimportantes par la suite). 
    III.     Les limites de l’unanimisme de guerre1.    Au front

Il y a des contestations de la guerre qui semettent en place au front. Le débat porte sur la question du consentement : les personnesentrent dans la guerre volontairement par nationalisme ou ont-ils été forcés àcela ? Beaucoup qui sont contre la thèse du nationalisme disent que ceconsentement s’est fait sous pression(dans les écoles par exemple). Finalement, ils n’ont pas le choix, il n’y a pasde libre arbitre.

                 Desétudes ont montré que les italiens qui ont résisté à la mobilisation longtempsont finalement été mobilisés par la pression de l’Eglise. 

a) Les limites de la communautécombattante La disciplinemilitaire par exemple est une discipline extrêmement forte ou le libre arbitren’avait pas sa place. En réalité, les historiens qui pensent le consentement aété subi plutôt qu’exprimer avec le libre arbitre insistent sur le fait quetôt, il y a eu des défections dans les armées ; plus que cela, ilsinsistent sur les cas de maladies psychiatriques. Il y en a eu très trop, rapidement et en trèsgrand nombre. Les historiens disent que ces maladies sont l’expression de ceconsentement subi (les personnes font face à des contradictions intérieures surce qu’elles veulent vraiment et ce qu’on les a poussé à faire). Le cas le mieuxdocumenté est la désertion d’un régiment de 2000 hommes du 28èmerégiment d’infanterie de Bohème devant les Russes en 1915. Ce régiment étaitcomposé pour l’essentiel d’ouvriers qui étaient affiliés à un parti pro-russe. Beaucoupde membres du parti socialiste dans ce régiment. Pendant le conflit contrel’armée russe, on s’est rendu compte qu’on avait des socialistes contre dessocialistes donc on se demande s’ils ne se sont pas battus pour une questiond’appartenance ethnique ou d’appartenance politique. Le cas de l’Ukraineest différent : beaucoup de paysans qui ont déserté pour aller faire lesrécoltes. à Faible nationalisation aussi de ces populations. b) Des mutineries aux révolutions Dans les mutineries, on a l’expression nettede l’opposition au nationalisme. Le grand tournant est 1917 avec une forteopposition au nationalisme. · Il a d’abord le refusd’obéissance : o En Autriche désertions surtout parmi les soldats serbes (de Bosnie) dès1915. o En France devant l’inutilité et l’atrocité des combats (grandesoffensives 1916-1917) les refus d’obéissance se multiplient en 1916 et surtout1917 (21 174 condamnations) · Encore plus que les refusd’obéissance, il y a eu des mutineries extrêmes. Les mutineries d’avril-mai1917 (environ 40 0000 personnes) devant les offensives meurtrières et inutilesont été très efficacement réprimés (554peines de morts jugés une cinquantaine réellement exécutées) : En Allemagne, les désertionsrestent rares toutefois, (100 000 personnes au plus). Mais à partir de janvier 1918, le nombre des soldatsqui se constituent prisonniers sans combattre s’accroît. Près d’un million de personnes.Les mutineries étaient donc rares mais la guerre s’est tout de même terminéepar une révolution. Cela car la discipline militaire était tellement fortesurtout dans la flotte, que cela a amené à la révolution : o Les premiers cas de fraternisation sur le front oriental ont lieu en1915 et culminent à l’issue de la révolution russe. o En Allemagne La flotte, soumise à des conditions de vieparticulièrement dures et encadrement particulièrement sévère et inégalitairese mutine une fois en août 1917 à Wilhelmshaven puis de nouveau en octobre 1918 Toutcela car il y a une sorte de lassitude par rapport à la guerre mais aussi parla discipline stricte qui est imposée. Par exemple, dans la flotte allemande,les militaires étaient totalement réprimés. On dit souvent que la rébellionallemande a pris naissance dans les navires allemands.

                 En terme de mortalité, parexemple dans l’armée française, proportionnellement, les hommes sont plus mortsdans les combats que dans les trous (tranchés et autres). 

2. Maintien et renforcements des oppositions socialesa) La communauté nationale vole enéclats Des mouvements sociaux (grèves en particulier)se développent dans tous les pays (y compris les neutres : grandes grèvesaussi en Suisse) à partit de 1916. Il y a un pic en 1917 à ce moment là, lenombre de grévistes dépasse en GB, en Allemagne et en France celui de l’avantguerre. Tout commence alors par les femmes dans les rues pour avoir lesravitaillements. b) Les phénomènes de nationalisationdes oppositions sociales Ces grèves se développent avec les clivages sociaux :ceux qui détiennent les biens d’approvisionnement. En effet, les marchants desvilles dépendaient des paysans, des fermes de la campagne.

                 Ily a aussi des oppositions entre les hommes et les femmes. En effet, les femmesont été employées dans les industries de guerre mais sans formation et pas avecles mêmes salaires que les hommes et on devait les renvoyer lorsque les hommesrevenaient. Ainsi, les femmes se sont manifestées pour défendre leurs droits. Lalogique de genre est l’opposition la plus importante dans ce conflit. 

3. Les politiques d’exclusion à l’égard des étrangers et des minoritésa) Un état d’esprit xénophobe La guerre n’a pas été le moment derassemblement de la communauté nationale. Elle a nourri dès 1914 dans les Etatsnations des mentalités xénophobes. En France, par exemple, les Alsaciens sontmolesté car ils sont pris pour des Allemands ; c’est la même chose pourles Suisse alémaniques en Suisse. On a même des … b) Des dispositions légalességrégationnistes Ces dispositions sont faites contre lespersonnes collaboratrices mais aussi contre les étrangers dont on se méfit caron pense qu’ils peuvent changer de bord. · En France, le 1° août 1914 tous les étrangers doivent quitterzones frontières, · Les ressortissants des pays ennemis sontcontraint de partir sinon emprisonnement et camps · En Allemagne, le ministre de la guerre organise le dénombrementdes juifs au front et à l'arrière en octobre 1916). · Les résultats de ce dénombrement montrent engagementdes juifs allemands dans la guerre : 1/6 population allemande engagée dans laguerre et 1/5 pour les juifs. Mais ilsne sont non publiés En Allemagne, cela se manifeste donc parun antisémitisme important. On pensait qu’il y avait trop de juifs sur leterritoire. on disait que beaucoup plus de juifs que d’allemands avaient étémobilisé pour la guerre.


Conclusion :de la neutralité au pacifisme : · Le rôle des neutres : en 1916, il ne subsiste plus comme despuissances neutres en Europe que les pays scandinaves (Suède, Norvège,Danemark), le Pays Bas, l’Espagne et la Suisse. Sauf la Suisse (Genève enparticulier) qui a accueilli des réfugiés par exemple surtout des pacifisteseuropéens. · Les pacifistes : o L’écrivain français et pacifiste Romain Rolland réfugié en Suisse dès1914 écrit différents articles dans le Journal de Genève réunis en un volume« Au-dessus de la mêlée », publié en 1915. o Des conférences sont tenues en Suisse à l’invite du parti socialistesuisse en Septembre 1915 à Zimmerwald puis en Avril 1916 à Kienthal. Ces mouvements sont restés minimes. La guerrea laissé des traces surtout par la brutalisation des populations ; laguerre a développé un esprit xénophobie particulièrement puissant. à épisode important du déploiement du nationalisme

Du Principe des nationalités à la« question des minorités nationales » 1913 – 1938 La question au centre : la publicationdes 14 points de Wilson porte le règlement des conflits de la 1GM. Dans cediscours du 8 janvier 1918 il préconise la fin de la diplomatie secrète etd’autres dispositions. Dans le dernier point, il annonce la création de la SdN.L’acceptation de ces points par les vainqueurs annonce le principe desnationalités. Ce principe qui domine le discours semble bien accepté et reposesur le modèle de l’Etat nation unique (Ouest Européen). Ce modèle devraits’appliquer à l’ensemble de l’Europe. C’est sur ce principe qu’a été redessinéela nouvelle carte de l’Europe (traité de Versailles) sans tenir compte de l’enchevêtrementdes nationalités dans les empires principalement. Ce principe va entrer en tensionavec le principe multiethnique qui dominait dans l’Europe de l’Est. Ce conflitest le problème des nationalités.

                 Pourcomprendre comment cela se déploie et les effets ravageurs que cela va avoir,on va essayer de travailler sur ce principe des nationalités, on va voircomment ce principe est appliqué dans l’empire ottoman. Enfin, on va voir surun autre espace, l’empire austro-hongrois comme le principe appliqué va être auniveau de l’émergence du problème des nationalités. Le problème des épurationsethnique va être repoussé à plus tard. Finalement, on va voir à la veille de la2GM comment est posé la question des minorités nationales. Le nazismeexploitera cette question pour prendre le pouvoir. 
        I.     Le « Principe des nationalités »

C’est un problème qui avait déjà travaillédans l’empire ottoman et qui avait allumé des conflits. C’est ce principepourtant qui est considéré comme structurant de la nouvelle carte del’Europe : principe du droit des peuples à disposer d’eux mêmes.

                 Onse demande comment on défini ces peuples. Il n’y a pas de définition précise.Il n’y a pas de différenciation de races. Pas de définition comme le ditLansing : Le Secrétaire d'État de Wilson, Robert Lansing (1864-1928),écrit dans ses notes, le 20 décembre 1918 :  « Quand le Présidentparle d'autodétermination, quelle unité a-t-il en tête? Entend-il par là unerace? Une aire territoriale? Une communauté? Sans une unité de mesure définie,l'application de ce principe est dangereuse pour la paix et la stabilité. »

1. Comment définir une nation ? Il y a une difficulté de définir des nationsdans l’espace en lui même. Un peuple, une nation, ce sont des gens quipartagent une même langue. C’est donc une définition fondée sur un critèrelinguistique (arbitraire). Dans les débats qui ont suivi cette question de lalangue a été discutée : on a montré que ce critère était trèsfragile : Carte que le géographe nationaliste Friedrich Ratzel (1844-1904) annexe à son livre : Deutschland, 1898. Il avait redéfini cette carte seulement sur le critèrelinguistique : ainsi grande Allemagne et grande France. Le problème estque c’est l’Etat nation qui a créé l’Etat nation donc ces gens qui ont raisonnécomme cela on raisonné à l’envers (comment l’Etat s’était auto légitimé). · "Bien des discussions qui se sont élevéessur les limites de telle ou telle langue sont vaines. On en aperçoit la vanitéquand on sait que les «dialectes»n'ont pas de limites définies, etqu'il n'y a de limites exactes que de chaque fait linguistique en particulier".(Antoine Meillet, 1918) · "Pour un linguiste (…) il y a toujours,d'un dialecte à l'autre, des transitions graduelles et insensibles. Apartir de quand dirons-nous que deux parlers cessent d'être la même langue etrelèvent de deux langues différentes? La question ne comporte pas de réponseprécise ». Lucien Tesnière (1893 – 1954) à critèrelinguistique donc très fragile. · D’autres ont une vision très différente comme Tomáš Mazaryk (1850-1937) qui dit dans son livre LeProblème des petites nations: « Pour qu'une nation ait le droit d'exister, il suffit mais il est nécessaire qu'ellele veuille et qu'elle prouve sa volonté par ses progrès économiques etgénéraux, par ses protestations et ses efforts." Selon lui, pourqu’une nation puisse exister, il faut qu’elle soit assez puissante et qu’ellepuisse se débrouiller seule. Ce n’est pas pour lui la culture qui définit lanation mais il faut que les peuples le veuillent (projet politique). pour luisinon, les petites nations si on ne fait pas cela tomberont sous la dominationdes grandes nations qui vont les détruire. Néanmoins, pour que les nouvelles nationsaient pu émerger, il a fallu un compromis politique… 2. Les compromis politiques Bismarckutilise l’argument de la languedurant la guerre des duchés de 1864 contre le Danemark et durant la guerre de 1870 contre la France à propos de l'Alsace-Lorraine La réalité de lachose est que la construction de l’ancienne Europe centrale est le fruit denégociations politiques. Pendant la 1GM, il y a un certain nombre d’hommespolitiques de ces zones qui se sont réfugiés dans les grandes nationseuropéennes et qui ont développé des plans et qui ont réussi ou non àconvaincre les grandes puissances. TomasMasaryk et Edvard Bénès (1884-1948) ont trouvé le plan pour la constitution dela nouvelle Tchécoslovaquie. Il en est de même pour la futureYougoslavie : lobbying pour convaincre les grandes puissances de laconstitution de nouveaux Etats car il était nécessaire selon eux de les créer. Le traitéde Versailles lui même a été orchestré par les grands des puissances :Georges Clemenceau (France), David Lloyd George (GB), Vittorio Orlando (Italie),Thomas Woodrow Wilson (USA). Hommespuissants qui ont dans l’idée d’affaiblir l’empire autrichien pour affaiblirune puissance conservatrice et grande puissance catholique. Ils sont tousanticommunistes (1GM : développement de la révolution bolchévique). Al’époque, il fallait créer un cordon d’Etat pour protéger l’Europe occidentalede la contagion bolchévique. è Cesmotivations géopolitiques ont été a l’origine de la construction de la nouvellecarte européenne de l’époque. L’idée est de se protéger de l’instabilitépolitique et de détruire cet empire qui est vu comme le bastion conservateur.

      II.     La fin de l’empire ottoman et les premiers nettoyages ethniques du 20èmesiècle

Néanmoins, les considérations culturelles ontaussi joué un rôle dans la manière dont les populations locales se sont saisiesde la question. Dans le cas de l’empire ottoman, ces motivations culturellesont été à l’origine de la construction nationale et des premiers argumentairesculturels eux mêmes à l’origine des nettoyages ethniques. 1. Une histoire longue La purification ethnique comprend plusieurscaractéristiques : · Déportations massives de populations et expulsions qui prennent desformes violentes (induit beaucoup de morts) · Forme ultime : le génocide. Les populations sont éliminéesphysiquement. Le plus important est celui des juifs et des tsiganes pendant la2GM. Ces nettoyages visent à déplacer ou éliminerceux qui sont défini comme gênants par les groupes majoritaires. Il peut yavoir épuration hors du cadre culturel ; ainsi les minorités sont définiesdans le cadre religieux. Les premières épurations ethniques sont religieuses :expulser des minorités religieuses. Ce fut le cas des juifs qui furentexpulsés dans toute l’Europe occidentale (GB : 1290, France : 1394,Espagne : 1491, Portugal : 1640) ; aussi expulsion des Huguenotsde France (1685-1686) : 400 000 personnes. Ces huguenots sont trèsqualifiés. è Principe des minorités et majorités très arbitraire : dépend dequi détient la puissance !! C’est à partir du 19ème siècle queces épurations sont organisées sur un principe de culture nationale dominante. A la fin du 19ème siècle, lesautorités allemandes déplacent les populations polonaises et aussi juivespolonaises. La question de ce nettoyage est quelque chose de très longue durée.La construction nationale a encouragé ces phénomènes sur des espacesmulticulturels. 2. Premières épurations entre 1878 et 1912 Cela commence dans les Balkans dans laconstruction de l’Etat nation. On avait donc des populations très mêlées. Dès 1978, début des épurations ethniques quiont culminés dans les guerres balkaniques entre 1912-1913èmassacres des populations musulmanes. Ces derniers sont considéré comme desturcs : on nationalise la religion(religion ethnicisée). La construction minoritaire est endossée par lesindividus au bout d’un certain temps. Ces épurations sontd’abord dirigées sous ces musulmans. Cela avait commencé en Bulgarie etcontinué pendant les guerres balkaniques : · En 1870, environ autant de musulmans que d’orthodoxes dans la futureBulgarie : musulmans locaux convertis à l’Islam ou musulmans déplacés (venantde la Turquie). · En 1888, cette proportion tombe au quart · Dans les années 1920, il n’y a seulement 14% · Près de 500 000 réfugiés des guerres balkaniques, à la recherche d’unnouveau foyer, témoignent de la force de cette logique ethnique Pendant la premièreguerre balkanique, il y a eu des massacres de masse de toutes parts :massacre systématique des musulmans mais l’inverse était vrai aussi pour lesottomans qui tuaient tous les slaves ou grecques dans les régions

                 Dansla deuxième guerre balkanique, c’était Serbes contre les Bulgares. Les grecqueset les Serbes se sont alliés pour épurer les Bulgares du territoire de laSerbie. 
                 Lesobservateurs occidentaux (fondation Carnegie) ont considéré cela comme desguerres de « races ». a la fin de ces guerres, il y avait environ 500000 réfugiés et ces grandes fondations américaines (Carnegie et croix rougeaméricaine) ont pris en charge ces questions de réfugiés. 

3. La légalisation des épurations à partir de 1913 Les pays ont signé des traités bilatérauxvisent à encourager et à encadrer cette purification ethnique. Ils parlaienteux, d’échanges de populations entre les Etats nations : · Celui de 1913 prévoit des échanges de population entre la Bulgarie etla Turquie · Celui de 1914 entre la Grèce et la Turquie · Celui de 1919 entre la Grèce et la Bulgarie · Le Traité de Lausanne – signé le 24 juillet 1923 entre Turquie d’unepart et France, Italie, Angleterre, Japon, Grèce, Roumaine et royaume SCS – légalise internationalement le nettoyage ethnique (ici entre Grèce etTurquie). Ce traité vient régler les guerres entre la Turquie et la Grèce. A l’occasion de ce traité a été décidé demanière internationale que les populations seraient massivement échangées entrela Grèce et la Turquie. D’ailleurs, Lord Curzon (1859-1925) (ministre desaffaires étrangères), pourtant un des acteurs principaux des conférences préparatoires, qualifia cet échange depopulation de « solution totalement mauvaise et haineuse que lemonde paierait lourdement dans les cent années à venir ». Ces échanges de populations avaient pour butde mettre fin à tous les massacres et exterminations des populations. Ce processus d’échange des populations aconcerné 1,5 millions de personnes avec beaucoup de violence (1/4 aurait péripendant le transfert). Des régions entières ont été composées pendant longtempsde grandes populations de réfugiés qui ne savaient pas où aller et qui vivaientdans des conditions affreuses. 4. Le génocide arménien C’est le premier génocide du 20èmesiècle. C’est dans le contexte de la dissolution de l’empire ottoman qui va depaire avec le nationalisme Turc. Aucun historien sérieux ne conteste sonexistence. Il y a une discussion car le gouvernement turc encore aujourd’hui adu mal à reconnaître ce génocide. Ils reconnaissent les massacres mais disentque ce n’est pas un génocide réellement. Au moment de la dissolution ottomane,il y a eu la montée d’un nationalisme turc important. Il se structure, commetous les nationalismes de cette période, dans sa formulation, contre lesminorités. En particulier car la minorité arménienne est fortement représentéedans cette région (frontière de la Russie). Le gouvernement russe ainstrumentalisé les minorités arménienne contre les turcs et autres. Lesautorités turques (ottomanes de l’époque) ont considéré que c’était des groupespeu surs. Ils ont donc dit qu’ils devaient se débarrasser de ces peuples peusures politiquement : · Durant la crise des années 1894-1896, lesultan Abdülhamid II organise des pogromes (épisodes de terreur dirigéscontre un groupe particulier ou la population aidée par des troupes armées seruent sur les populations que l’on veut éliminer et les massacrent) en 1894-1896 qui font autour de 200 000victimes. Ces pogromes sont décris comme des évènements spontanés mais ils sontsouvent organisés par les autorités locales. Le fait qu’il y en a eu avant la1GM cela montre qu’il y avait déjà le sentiment d’éliminer ces populationsavant le problème avec les autorités russes. · En 1909, c’est l’arrivée au pouvoir des JeunesTurcs et massacre d'environ 20 000 Arméniens en Cilécie. On peut dire que la 1GM a été l’occasion pourles autorités nationalistes ottomanes de se débarrasser de ces populations. Ilsont d’abord enrôlé les hommes de force dans l’armée et les ont fusillés et ilsont déportés les femmes et enfants. Ces déportations ont touché toutes lesprovinces de l’empire ottoman (actuelle Turquie). Ces déportations ont été moins forte (desarméniens sont restés) à Istanbul et où l’armée russe avait suffisamment avancédans les terres et que les arméniens ont été protégés en quelque sorte.

                 Onpeut véritablement parler d’un génocide car 1, 2 à 1,5 millions d’arméniens ontpéri à cette époque sur une population de 2,2 millions. Après la guerre, letraité de Sèvres a reconnu l’Arménie mais ce traité a disparu…
    III.     La dissolution de l’empire austro-hongrois et l’émergence de la« question des minorités »

La question des minorités émerge. 1. La fin de l’empire · Le traité de Saint Germain signé le 10 septembre établit la paix entreles alliés et l'Autriche. · Dissolution de la monarchie autrichienne. · En 1930, les germanophones d'Europe centrale sont: Sudètes tchèques(22,3% de germanophones en Tchéco) , 5,5% en Hongrie, 4,1% (originaires del’Allemagne du Sud Souabe et de l’E Saxons) en Roumanie, 3,6% en Yougoslavie,2,3% en Pologne · Par le traité de Trianon du 4 juin 1920, l’ancienne couronne de SaintEtienne perd 67,8 % de son territoire et 59 % de sa population 2. La constitution de nouveaux Etats A l’issu des traités de paix, l’empire austrohongrois disparaît et des Etats nations nouveaux voient le jour : la Tchécoslovaquie,la Pologne est reconstitué (3 parties : une russe, une allemande et uneaustro-hongroise). Aussi, la Roumanie a aussi été reconstituée, la Hongrie etle Royaume des Serbes-Croates et Slovènes. C’est la création de nouveau Etatsnations. Les autrichiens de l’époque considéraient qu’ils devaient être annexésà l’Allemagne. Cependant, le droit des peuples à disposer d’eux mêmes n’a pasété respecté car l’Allemagne était un pays vaincu donc hors de question de luidonner plus de pouvoir. La Hongrie est aussi très diminuée : 68%de son territoire et 67% de la population sont perdus. Beaucoup de personnesparlant hongrois sont à l’extérieur de la Hongrie : c’est la plus grandeminorité d’Europe centrale (3 millions). La plupart de ces nouveaux Etats sont nonhomogènes. En effet, ce sont des groupes qui ne parlent souvent pas la mêmelangue : Pologne (69% parlent le polonais avec des groupes d’autreslangues). On a donc un mélange de population très important. · LaCroatie et la Slovénie, la Bosnie rejoint le Royaume Serbes, Croates etSlovènes, future Yougoslavie · Bohème,Moravie, Slovaquie et Ruthénie constituent la Tchécoslovaquie · Galiciedans la nouvelle Pologne 3. La Tchécoslovaquie : un Etat nation artificiel ? La Tchécoslovaquie indépendante a été déclaréeindépendante en octobre 1918 (proclamation avant la reconnaissance del’indépendance). Les frontières sont décidées au traité de Saint Germain enseptembre 1919 et traité des ambassadeurs en juillet 1920. C’est un Etat fondamentalement pluriethniqueavec deux groupes dominants avec poids politique : · Tchèques 51,1%, · Slovaques 16%, Il y a cette alliance entre les Slovaques etles Tchèques car ils ont presque la même langue mais il y a eu unedifférenciation des deux. Les deux divergent rapidement, surtout depuis lacodification de la langue slovaque écrite par Ludowίt Śtúr en 1843. Les deuxpopulations ne se comprennent aujourd’hui presque plus. La construction deslangues nationales se fait actuellement en Europe centrale (type Moldavie). Ce qui lesdifférencie le plus est la différence dela religion (Moravie très déchristianisée avec beaucoup d’athées) et des différences d’économies : BohêmeMoravie avec économie très florissante et élite culturelle trèsdéveloppée. Et au contraire dans lapartie slovaque, pas de bourgeoisie et la langue de l’élite est encore lehongrois

                 Ilsse sont finalement alliés contre les autres : les germanophones. Cesderniers représentent environ 16% de la population et les Magyarophones (10%).C’est contre ces minorités nationales que cette alliance s’est faite. 

Le nombre de slovaquisants passe de 58% à 68%entre 1910 et 1921, écoles slovaques et apparition d’une élite culturelleslovaque donc début du nationalisme slovaque. Donc début des revendications d’autonomie.D’autant plus qu’après une période de décollage économique en Slovaquie, il y aune phase de stagnation économique dans les années 30 donc les élites ont alorsdes revendications égalitaires économiques pour rattraper l’autre partie. Lesnazis utiliseront ces revendications nationalistes pour partir dans la guerre.

    IV.     La « question » des minorités nationales1.    Définir les « minorités » nationales

Il y avait déjà une hétérogénéité despopulations. Le problème est le fait que les populations dans les nouveauxEtats nations ne sont pas égales, elles sont traitées différemment. Cela donnenaissance à des politiques ségrégatives voire répressives. Les minoritaires ne sont pas nécessairementles moins nombreux. C’est une question de positionnement à l’intérieur del’espace national. Ces minorités sont donc les groupes dominés. Il est dominégénéralement politiquement (pas les mêmes droits que les majorités), du pointde vue culturel (n’ont pas le droit d’avoir des écoles dans leur langue) etaussi domination économique.

                 Ilexiste deux grands types de minorités dans cette partie de l’Europe à cetteépoque. 

· Minorités du fait du dessin des frontières : 3 millions de"Hongrois" dans les Etats limitrophes. C’est très important auniveau de la Roumanie encore aujourd’hui à beaucoup dehongrois. Cette question est entretenue par le fait que le gouvernement donnela nationalité hongroise à toutes les personnes qu’il considère commehongroise. Il participe donc à créer ces minorités. · Minorités sans Etat nation (diasporas) : o Celles qui vont être réclamées par les Etats o Diasporas sans Etat nations (pas réclamés) : § juifs. Environ 70% des juifs mondiaux vivent en Europe de l’Est en 1900soit près de 7,5 millions de personnes. cespopulations juives sont très hétérogènes au niveau culturel. Ils ne parlent pastous la même langue : au Nord le Yiddish, dans les Balkans le ladino(vieil espagnol). Aussi, religion différente que les majorités : juif § Population tzigane mondiale entre 2 (plus communément admis) et 5 millions. ils sont arrivés en Europe balkanique auMoyen Age et qu’ils ont une structure sociale spécifique (liée à la pratiqued’un certain nombre de métiers). Ces tziganes pratiquent la religion du pays.Ce qui les distingue de la population est des pratiques culturellesdifférentes, des manières de vivre, des langues différentes (différenteslangues tziganes) et aussi des métiers différents. Ils étaient réduits en esclavage dès le 14ème siècle en Roumanie et cela a prisfin en 1856. 2. La politique répressive à l’égard des minorités Ces politiques se développent dans les années1930 particulièrement. C’est vrai dans tous les pays d’Europe centrale et doncaussi en Pologne… a) Les minorités en Pologne Ce sont toutes les minorités de la Pologne quisont soumises à cette politique répressive : · Pologne « polonaise à 69% en 1930 · Ukrainiens 14% · Biélorusses 5% · Juifs environ 10% · Germanophone environ 2% (loyaux à la Pologne) Très dirigé contre les juifs car politiquetrès antisémite. Politique de deux ordres : · Mesure de la population elle-même (gouvernement) – mouvementgénéralisé : boycott des magasins juifs et allemands · Politique d’Etat : sournoises. Exemple : ne pas subventionnerles écoles dans les langues nationales. La possibilité d’être éduqué dans salangue originelle diminue. · Numérus clausus à l’université : Juifs dans les universitéspolonaises, 20% en 1928-1929, 8,2 %dix ans plus tard à non acceptés dans les universités · Les pogromes : dans toute la partie orientale de la Pologneprincipalement. Ce type de phénomène se trouve dans toutel’Europe centrale à cette époque…


Conclusion : sur cette grandeinstabilité, est construit politiquement la question des minorités nationalesqui va être instrumentalisé par les Etats nations et principalement par lesmouvements nationalistes comme le fascisme ou le nazisme. Cette question a donc été à l’origine d’unetrès grande instabilité politique


Par delà les Etats nations. Logiques etorganisations transnationales 1914-1939 Il s’agit de pacifier et d’organiser lesrelations internationales. Il est intéressant de s’interroger sur l’existencede logiques qui ne sont pas internationales car cela permet de mettre enévidence des choses que l’on ne voit pas si on ne travaille qu’au niveau desnations : des idéaux, des règles mais aussi cela permet de faire ressortirdes groupes sociaux (des réseaux) par delà les nations qui développent dessavoirs communs qui constituent des soubassements pour fonder une communautéinternationale. C’est la qu’il y a des progrès dans l’histoire transnationale. Problématique · S’interroger sur le rôle et laplace des idéaux internationauxcomme des logiques, réseaux, organisations dans l’Europe du 20èmesiècle et sur leurs effets. · Se demander s’ils constituent uncontrepoids aux nationset nationalismes On verra que la logique nationale l’emporte

        I.     Formes et limites de l’internationalisme au début du 20èmesiècle

On va voir comment déjà depuis le 19èmesiècle on a un idéal internationaliste qui est porté par tout un tas degroupes. On en verra deux : l’internationaliste du mouvement ouvrier etl’Eglise catholique (première organisation internationale et la plus puissantecertainement). 1. L’idéal international du mouvement ouvrier Il repose sur une idée principale : lesprolétaires / ouvriers n’ont pas de patrie. Idée reprise par le marxiste etenracinée dans des pratiques anciennes : le Tour. C’est le fait qu’uncompagnon (qui veut apprendre un métier) pour l’apprendre, il doit circulerdans un espace européen avec des points de chute. Cela veut dire qu’un ouvrierqui se forme apprend son métier internationalement. Pour ces personnes, celaest normal. C’est la dessus que s’est greffée la tradition du Tour dans la Franmaçonnerie par exemple. Dès avant l’industrialisation (19ème), leséchanges de savoir faire sont importants. Au début de l’industrialisation, lesouvriers anglais (les premiers pour les machines) sont importés de manièremassive dans la plupart des pays qui s’internationalisent. Du fait de la répression, l’exile de ces militantsouvriers est quelque chose de courant. Ils vont dans des villes qui lesaccueillent (Paris, Londres, Bruxelles). Au moment ou se construisent les Etatsnations, il y a déjà des logiques donc internationales à l’œuvre. La première association internationale destravailleurs (AIT), est crée à l'initiative de socialistes français etbritannique en 1864. Le comité provisoire compte 21 Anglais, 10 Allemands, 9Français, 6 Italiens, 2 Polonais et 2 Suisses. Elle s’inscrit dans lacontinuité de la double idéologie (Tour et internationalisation). Cetteassociation se constitue en véritable parti mondial : il se constitueavant la création des premiers partis. Il se réunit toutes les années pourdiscuter des grandes questions. Le but de cela est de donner une organisationaux prolétaires avec l’idée que dans le processus international pour lesmarxistes, la division essentielle n’est pas celle entre les nations mais celleentre les classes sociales (bourgeoisie et prolétaires). Elle ne va pasrésister aux divisions internes entre Bakounineet Marx et elle ne résiste pas nonplus à la guerre franco prussienne de 1870. A l’issu de cette dissolution de la première internationale, se créé laseconde internationale (ou Internationale ouvrière) qui s’organise entre1889 et 1891. Cette deuxième est différente de la première car c’est uneréunion de partis nationaux et pas un parti en lui même (dominée par lasocial-démocratie allemande). On a donc déjà essoufflé l’internationalisme dela 1ère internationale. Ce n’est pas un parti international mais unlieu de coordination des partis nationaux (internationalisme comme elsorganisations internationales). Dans cette organisation se posent lesmêmes questions qu’entre les différents Etats nations dont la questionessentielle est celle de la langue. Celle qui s’estimposée au début est l’esperanto venant du mouvement espérantiste qui s’organise en 1908 et constitue une véritableorganisation supra-nationale (a-nationale). L’espéranto a été une langueobligatoire à Genève. C’est une langue auxiliaire inventée par un médecin quiconsidérait que pour que les gens arrêtent de se tuer, il faut une languecommune. Cette langue a-nationale a vite été rejetée. La langue parlée par lemouvement ouvrier est largement l’Allemand (langue de Marx et de lasocial-démocratie). Le mouvement ouvrier réplique les oppositions nationales. Un courantpacifiste se développe et donne lui à l’organisation de deux conférences tenuesen Suisse à l’invite du parti socialiste suisse en septembre 1915 àZimmerwald et en avril 1916 à Kienthal. C’est le mouvement ouvrier qui reprendcet idéal pacifiste. Le mouvement ouvrier est un mouvementnationaliste et internationaliste mais qui se révèle donc pacifiste. Lepacifisme est venu aussi du syndicalisme aussi. Les Conférences syndicales internationales sonttenues à Leeds 1916 et Berne 1917. Ily a la proposition de la création d’une organisation internationale du travail(OIT). è Cemouvement propose un ordre international dans le pacifisme et dans laproposition de création du BIT 2. Le Saint-Siège et son rôle durant la 1GM L’Eglise catholique est la plus grande organisationinternationale et la plus ancienne. Elle se vit comme une Eglise universelle etéchappe aux logiques étatiques contrairement à la plupart des autres religions.En tant qu’Eglise internationale / universelle, Quel va être la position duPape dans les guerres (affrontement des Etats nations). Cela sera différentselon le pape. Le Pape Benoit XV est élu en septembre1914. Il a pris des positions en faveur de la paix et de l’adoucissement deshorreurs de la guerre. Cette action en faveur de la paix est définie en 1915avec une élocution comme quoi il faut multiplier les réunions diplomatiquespour la paix : · Ilintervient Noël 1914 pour proposer trêve mais n'est pas écouté · Dès1914 le Vatican multiplie les contacts secrets pour établir une paix blanche (sans annexion, ni indemnité). Comme l’Eglise catholique est une organisationinternationale, le Pape est très informé par ce qu’il se passe dans le mondedonc il a essayé de faire agir les évêques pour la paix et a tenter dedissuader l’Italie du conflit : · L'actiondiplomatique est ouverte durant l’année 1917 · Lepape tente de dissuader Italie en 1915 de s’engager dans le conflit aux côtés de l'Entente Cela ne fonctionne pas et la guerre se déroulebien mais il va avoir l’idée de développer le travail humanitaire pour réduireles atrocités de la guerre : rôle du CICR. Travail important pour rapatrierles courriers. L’Eglise a utilisé les évêques pour avoir des informations surles camps de guerre. C’est l’utilisation du cadre de l’organisationinternationale de l’Eglise pour créer un cadre humanitaire.

      II.     Les règles de la guerre et la naissance d’un droit humanitaireinternational

Ce que nous montre la 1GM, c’est que leslogiques nationales sont tout de même très puissantes et ce qu’il se passe estqu’on prend conscience du fait qu’il fallait les réguler mais qu’on ne pouvaitpas les dépasser. C’est pas la phase internationaliste mais celle desrégulations des nationalismes.

                 Ils’agit de reprendre le problème autrement en ne partant plus des acteurs pardessous (ouvrier) ou par en haut (Eglise universelle) mais à travers les Etatsnations / les gouvernements ; on veut réguler les excès du nationalisme. Acet égard des initiatives sont mises en œuvre et donnent lui à desrégulations ; 

1. L’émergence d’une sensibilité et d’un droit humanitaire avant la 1GM Emergence d’une sensibilité à la guerre et àla violence. Les sensibilités ont changé pendant l’histoire. Pendant le 18èesiècle, on s’aperçois que la vision de la souffrance humaine devient de plus enplus insupportable (on torture de moins en moins car scandaleuse et illégitime). Cela indiqueque l’on considère que la souffrance humaine est condamnable. On considèreaussi que la vision de l’horreur n’est pas bien donc il n’y a plus d’exécutionspubliques.

                 Lamanière dont on aborde la question de la guerre (morts, prisonniers) est liée àl’évolution de cette sensibilité. C’est pour cela que les souffrances desguerres sont apparues comme des choses scandaleuses qu’il fallait éviter. Lesguerres commencent alors à apparaître encore plus meurtrières car avant, onparlait moins des souffrances. A partir du milieu du 19ème siècle,l’idée de laisser les blessés mourir devient scandaleuse. C’est Henry Dunant (1828-1910) lorsqu’il se renden 1859 sur le champ de bataille de Solferino (24 juin 1859), ildécouvre la souffrance et décide de mettre en œuvre des choses pour l’éviter.Il propose deux solutions ; Formuler des principesconventionnels (accord entre Etats) pour interdire ces pratiques et aussi uneorganisation à créé pour tenir compte des blessés de guerre. 
                 LeCICR créé en 1863 répond à ces deux thèses. (« Comitéinternational et permanent de secours aux militaires blessés en temps de guerre »). Il estcomposé du GénéralDufour (1787-1875), président, du Dr. Louis Appia (1818-1898), du Dr. Théodore Maunoir (1806-1869), de Gustave Moynier(1826-1910), président de la Société genevoise d'utilité publique et deHenry Dunant comme secrétaire. Ce Comité deviendra en 1875 le "Comité International de laCroix-Rouge" (CICR).Il n’était pas du tout international en terme de composition à l’époque (cettecomposition internationale est très récente : avant que des genevois). 

Cecomité encourage la tenue de conférences internationales pour améliorer lesconventions. Le projet est une humanisation de la guerre ou le prisonnier ou lemort n’est plus combattant mais une victime (personne neutre). Cela a donné lieu à un certain nombre deconventions comme la Convention de Genève du 22 août 1864pour améliorer le sort des blessés de guerresignée d'abord par quatorze nations. Ces principes sont étendus en 1899 et1907, aux blessés de guerres navales, en 1929,aux prisonniers de guerre Le but des conventions de la Haye (surles lois et coutumes de la guerre sur terre de 1899 et 1907) est tout autre. Ces conférences marquent la premièreconcrétisation de projet pour maintenir une paix universelle.. Si on ne peutpas rendre la guerre hors la loi, il faut faire en sorte qu’elle soit encadrée.A la fin du 19ème siècle (1907), il existe un corpus de14 conventions signées par 44 Etats : pour s’occuper des victimes combattantes de la guerre avec 3 principaux instruments conventionnelsinternationaux ratifiés par les futurs belligérants des guerres balkaniques etde la PGM. Ces conventions disent beaucoup sur l’opinion publique sur laguerre. Cependant, les effets sur les guerres (Balkaniques, 2GM) ont étéminimes. 2. L’ « esprit de Genève » durant l’entre deux guerres On l’appelle comme cela car la Suisse est unpays neutre, qui n’a pas été attaqué par la guerre et car il y a eu beaucoup deconférences pour la paix. Genève a abrité beaucoup de pacifistes. Durant l’entre deux guerres, il y a cet espritde Genève qui se développe sur un volet diplomatique: · Diplomatie préventive pour prévenir la guerre · Cette diplomatie doit reposer sur des accords internationaux · On créé des arènes ou il va y avoir des discussions internationales quiévitent la guerre Aussi : Protection des combattants deguerre. C’est le volet plus humanitaire qui a donc donné lieu à desconventions : · Protocoledu 17 juin 1925 qui prohibe l’emploi de “gazasphyxiant, toxiques ou similaires · Conventionsde Genève du 27 juillet 1929: améliorationdu sort des blessés et malades dans lesarmées en campagne et Code des prisonniers. Elles sont ratifiées par une cinquantaine Etats entre 1929 et 1939 Les Etatsavaient tout intérêt à signer ces conventions car cela protégeait les arméesdes différents pays. Concernant la protection de la population civile, celas’est mis en place beaucoup plus tard. En aucun casce n’est un internationalisme mais d’une prise de conscience de la réalitéinéluctable de la nation et des conflits qui résultent de leur existence etc’est le but de les encadrer. Enaucun cas il y a été fait mention des guerres civiles. Or un des conflits lesplus meurtriers de cette période est le conflit espagnol et donc il n’y avaitaucun instrument international pour intervenir dans cette guerre civileespagnole. Le CICR a essayé d’intervenir de manière humanitaire pour fairecirculer l’information, soigner les prisonniers mais son action a été trèslimitée. Il en dès de même concernant les conflits ethniques à l’intérieur d’unEtat nation. Toutes les violences faites aux populations civiles dans unterritoire particulier échappent aux régulations internationales. 3. De la protection des civils à celle des réfugiés S’il n’y a pas eu de moyens de protéger lespopulations civiles, ce qui a été mis en œuvre sur une base moins humanitaireque sur la base d’un droit international des populations est le règlement de laquestion des réfugiés. C’est une questiontrès importante dans la période de l’entre deux guerres. Cette question deréfugiés existait bien avant déjà. Mais à partir de la fin du 19ème siècle,cette question prend une signification particulière car avant quand ilsfuyaient, ils étaient accueillis dans un pays par une tradition d’asile. Tout changemaintenant car l’Etat nation devient le moyen normal d’organisation. Ainsi,sans être ressortissant de l’Etat (sans la nationalité) il faut que cet Etatnus accepte. Dans la période d’entre deux guerres, il y a eu beaucoup de gens(Russes blancs par exemple) qui ont perdu leurs nationalités (apatrides) etdonc ces personnes sont sans droits. Il fallait donc faire fasse à ce problèmede réfugiés car personne ne voulait les accueillir. C’est la raison pourlaquelle en 1921, la SdN créé le HCR (organisation internationale desréfugiés). · Conférencede Genève de 29 met à l’étude une convention protégeant civils · Projetde Convention internationale à Tokyo, en 1934 mais qui n’aboutit pas · Entre34 et 39 les Etats n’ont pas réussi àorganiser une conférence diplomatique pour donner vie à ce projet malgré les demandes du CICR · Ilfaut attendre 1949 pour que soit adoptée une convention, à Genève, sur laprotection des personnesciviles en temps de guerre · Réfugiésnombreux suite à guerres balkaniques (1912-1913) puis après PGM et surtout grand nombre de réfugiés arméniens. Leurnombre est estimé (estimations très variables) à 600 000 après la PGM. Environ1 million de Russes après la révolution. · LaSociété des nations crée en 1921 une organisation internationale des réfugiés(ancêtre HCR) sous la direction du NorvégienFridtjof Nansen (1861-1930). On l'appelle aussi office Nansen. Cet office acréé un ensemble de services internationaux qui faisait face au flux deréfugiés. Il a travaillé en collaboration avec l’OIT pour trouver des travailsà ces réfugiés. Il a mis en place le Passeport Nansen qui sert d’abord auxréfugiés russes (à partir de 1922) reconnu par 54 pays en 1933. Il donne un statut d’apatride aux personnes qui ontcette qualité et ces personnes peuvent donc voyager dans tous les pays quiacceptent / reconnaissent ce document. Ce passeport a ensuite servi comme toutela politique dans les années 1930 lors de l’arrivée du communisme en Allemagne(lors de beaucoup de flux de réfugiés). Cependant, ce passeport n’a pas pufaire face à cet énorme flux. La question des papiers pour ces personnes étaitprimordiale : sans cela, ils ne pouvaient pas voyager, se déplacer etn’étaient acceptés nul part. · Laqualité de réfugié est reconnue en application des Arrangements du 12 mai 1926 et du 30 juin 1928 (jusqu'à aujourd'hui). · Le HautCommissariat pour les réfugiés provenant d’Allemagne, est créé le 26 octobre1933, en dehors du cadre formel de la SDN · Créationen 1938 du Comité intergouvernemental pour les réfugiés (C.I.R.), auquel participaient trente-deux gouvernements,dont certains n’était pas membres de la S.D.N. Le C.I.R. fut chargéprincipalement des réfugiés juifs en provenance Allemagne et Autriche quepersonne ne voulait accueillir Cela nous montre qu’il y a eu l’affirmationdans la période de l’entre deux guerres d’une idée transnationale. Un de ceslieux privilégiés sont les organisations internationales.

    III.     L’affirmation d’acteurs et de logiques transnationales dans l’entredeux guerres1.    Des associations aux organisations internationales

Les organisations internationales dans lacontinuité de la 2GM sont dans la continuité de ce qui avait été fait dans lapratique du 19ème siècle. Depuis el 19ème siècle, ilexiste des associations internationales (exemple : en 1865création de l'union télégraphique internationale, en 1883 celle de l'Union pour la protection des œuvres littéraireset artistiques). A la veille de la 1GM, Ilexiste 14 organisations internationales "techniques". cesassociations sont des initiatives privées mais l’Etat aide à les mettre enplace. Les grands endroits des associations internationales lors de la 1GM sontles petits Etats. En effet, elles pensent être plus indépendantes dans cespetits Etats : Genève, Berne, Bruxelles. Il y a un milieu internationaliste très vivantavant la constitution de ces organisations internationales. Il n’y a pas dedistinction nette entre les associations et les organisations. Les organisationss’enracinent dans des pratiques et dans des milieux sociaux qui existaient déjàdans les associations internationales. Beaucoup pensent que l’internationalisme estbien. mais cela ne l’est pas forcément. Il y a des organisations internationalesqui sont très mal (le fascisme se créé dessus). L’internationalisme n’est pasbien en soit, cela dépend de ce qui en est fait. · En1910 constitution à Bruxelles du Centre pour les associations internationales · En1913 Association internationale pour la protection de l’enfance, fondée par desréformistes belges.Elle va être à l’origine du Comité permanent de l’enfance de la SdN à partir de1919. Les personnes qui travaillaient dans l’association continuent lorsqu’elledevient une organisation. On voit comment une association privée devient lemoteur d’un internationalisme. · Déclarationdes droits de l'enfant, charte fondamentale de l'Union internationale de secours de l'enfant (UISE) 1923 Adoptéepar la Société des nations le 24 septembre 1924 et devient Déclaration deGenève · 28avril 1919 adoption du Pacte de la SDN ensuite annexé aux différents traités. · Leconseil est l’exécutif de la SDN, il est composé de 9 puis 13 membres : 5 membres permanents et 4 puis 8 membrestemporaires. · Lacommission d’hygiène est l'ancêtre de l'OMS, · L'officeinternational des réfugiés devient le HCR, · Lacommission internationale de la coopération intellectuelle 1921 donne naissance à l'UNESCO, · Aussirôle de l'Organisation économique et financière de la SDN. Exemple de la protection des enfants : fondéeen Belgique en 2. La Société des Nations et la sécurité collective Sa fondation est attachée au traité de paix.Le pacte qui défini sa fonction est adopté le 2 ! avril 1919. Pactelibrement admis par les Etats membres. Son siège a été fixé à Genève. Cela aété plutôt la Suisse que la Belgique car Wilson était lui même protestant etétait donc en relation avec des protestants en Suisse d’ou la création du siègeà Genève (la ville n’a rien fait pour attirer le projet pour cela). Cette organisationinternationale était pour résoudre les conflits entre les Etats et maintenir lapaix mais elle a une action technique importante dans des commissions comme commissiond’hygiène, organisation économiques, etc. d’ou sortent les agences spécialiséesdes Nations Unies. Il n’y a pas d’ONUsans SdN. On a les mêmes personnes une fois encore. La SdN a échoué car ellen’a pas maintenu la paix mais elle a vraiment créé un milieu international avecdes fonctionnaires internationaux qui ont investi le nouveau mondeinternational des organisations internationales : acculturation àl’international. Elle a par contrebien échoué dans le domaine de la sécurité collective en grande partie car ellen’a pas fait triomphé les principes qu’elle voulait : guerre mais pas deprocédure de conciliation, pas de désarment général. Même en terme desécurité collective, elle a été un lieu ou on apprend beaucoupl’internationalisme. A l’intérieur de la SdN, beaucoup de fonctionnaires de la2GM sont passés par la SdNà les personnes ont appris des choses. Dans les années 1920, il y a despratiques qui se sont mises en place de discussion collectives en particulieravec la signature de pactes internationaux sous l’égide d’une organisationinternationale. Cela va servir de base pour les pratiques d’après guerre. · AristideBriand (1862-1932) (ministre français des affaires étrangères) dit le"pèlerin de la paix. · Traitéde Locarno : octobre 1925 · Août1928 : pacte Briand -Kellog : renonciation à la guerre comme instrument depolitique internationale, signé par 60 Etats · URSSentre à la SDN en 1934 · DépartsJapon 1933 (car condamnation de son invasion de la Mandchourie), Allemagne nazie en 1933, 1937 Italie à cause dessanctions après l'invasion de l’Ethiopie, 1939 sortie des gouvernements dedictature: Espagne et Hongrie La SdN est plus ou moins suspendue mais descomités continuent leurs actions. Tout le personnel de la SdN a développé deshabitudes techniques, etc. qui se passeront dans les organisations internationaleset dans l’Europe. 3. La protection des minorités Elle a fait un travail sur la protection desminorités : il fallait mettre en place un système d’engagements bilatérauxcroisés à partir de 1919 liés aux traités de paix pour que les minorités desanciens Empires puissent être protégés. La SdN avait des accords quis’appliquaient à tous les Etats balkaniques, ce qui leur garantissait desdroits de base comme : · Citoyenneté du pays concerné · Egalité devant la loi · Possibilité d’utiliser leur langue Une commission a été créé pour cetteprotection et des pétitions pouvaient être envoyés par les minorités mais ellesne pouvaient pas envoyer elles mêmes les pétitions mais devaient passer par lesEtat nations pour cela (cela a participé à la nationalisation des populations).C’est donc une limitation énorme de la SdN et donc ce système a été remis encause après la 2GM et on est passé aux droits des minorités aux droits desindividus / droits de l’homme. 4. L’OIT et l’émergence d’une politique sociale internationale L’OIT est la seule organisationinternational-gouvernementale qui a traversée la 2GM en se réfugiant à Montréalen 1939-40. Elle est comme les autres organisations, elle est issue d’une associationantérieure (l'Associationinternationale pour la protection légale des travailleurscréée en 1900 qui devient l'office international de Bâle avec centre dedocumentation). La fondation de cette organisation est réclaméepar les syndicats en rétribution de leurs efforts de guerre (prêt de maind’œuvre). Elle se greffe donc sur une organisation plus ancienne mais elle estrendue possible par un contexte particulier, celui de l’après 1GM. C’est uneorganisation instituée en 1919 par le Traité de Versailles. L’objectif est lapaix (phrase du traité : « paixuniverselle et durable que sur la base de la justice sociale »). Elle estliée à la SdN budgétairement. L’OIT a admis des Etats qui n’appartenaient pas àla SdN dont l’Allemagne et l’Autriche. Cela car les premières assurancessociales émergent en Allemagne. Elle a fait deuxchoses importantes : · Elle a élaborée des conventions internationales du travail (normes)dans les domaines de la durée du travail (8h / jour), l’interdiction du travailde nuit des femmes et l’interdiction du travail des enfants. · Conventions des années 20 sur les assurances sociales C’est un socle conventionnel qui donne unminimum social pour les Etats industrialisés (la plupart qui sont dedans). Elle a une deuxième fonction qui est celle del’assistance technique. Dès les années 30, les fonctionnaires internationauxsont allés élaborés les codes du travail sur tous les continents. Ils ont faitdonc de l’aide technique soit aide au développement. C’est un des premierslieux ou on fait de l’aide au développement. Elle fonctionne de manière tripartite :les représentants sont les gouvernements, des représentants des travailleurs (syndicatsouvriers) et des représentants des patrons (syndicats patronaux). On a desdiscussions entre les trois. On a une vision des équilibres sociaux à un momentqui est fascinant. è La Déclaration de Philadelphie (1944) pose trois principes: letravail n'est pas une marchandise; la liberté syndicale et la libertéd'expression représentent une condition sine qua non pour le progrès social; lapauvreté menace le bien-être de chacun

Conclusion Réfléchir sur ce qu’on entend parinternational. Plusieurs significations : · Internationalisme comme idéal : dépassement de la logique d’Etatnation · International comme mise en œuvre de politiques ou de régulations · La mise en œuvre de politiques / savoirs faires internationaux par desorganisations qui regroupent des personnes venant d’Etat nations différents.Cela va donner naissance à des pratiques internationales. Il faut être attentif par ce qu’on entend parinternational.

La question du nationalisme dans lesdémocraties occidentales de l’entre deux guerres : Grande Bretagne etFrance L’entre deux guerres est une période de grandeinstabilité sociale et de la vie politique. Cela s’articule à des réactionsxénophobes et nationalistes dans la plupart des démocraties. La plupart des démocraties d’Europe basculedans le totalitarisme. Il reste le RU, la France et les pays nordiques(monarchies). Partout ailleurs il y a des régimes plus ou moins autoritairesavec deux régimes fascistes (terme générique) : l’Allemagne et l’Italie.Dans les années 30, la démocratie est plutôt une exception et elle est torturéepar le nationalisme. Ce dernier va prendre des formes différentes en Angleterre(britishness minoritaire car l’identité impériale l’emporte sur l’espacenationale) et en France (cas inverse : l’identité coloniale française joueun rôle moins important qu’en Angleterre pour la question nationale). C’est leprincipe de nous et les autres. La crispation en France se joue sur la questiondes étrangers. On va donc contraster les deux cas.

    IV.     La « Britishness » équilibre et préférence impériale anglaise5.    La stabilité nationale à l’intérieurb)    Des années 20 aux années 30 :la stabilisation sociale

Il ne faut pas croire que la GB n’a pas ététouchée par des périodes d’instabilité sociales importantes. Cela a été lecas : touchée dans les années 20 par la crise d’après guerre. On a eu desmouvements sociaux très durs liés à la crise (grèves). Il y a l’idée des’habiller pour se mettre en grève. On a aussi des ouvriers qui sont plutôtqualifiés et ces mouvements sont encadrés par les syndicats. Ces grèvesrespectent tout à fait les règles britanniques : les syndicats après avoirnégociés sont retournés travailler. Y compris à la différence de la France, ycompris dans les moments de protestation, la société anglaise reste trèsorganisée et respecte les règles de la démocratie. · Dans le courant de 1921 le nombredes chômeurs passe de 1 à 2,5 millions · Multitude de grèves de 1919jusqu’à la grève générale de 1926 · Trade union congress (TUC) peuventêtre vus comme un élément d’identité nationale britannique. c) Un mouvement nationalisteminoritaire : l’union fasciste anglaise de Oswald Mosley Néanmoins, cette société est traversée par desmouvements nationalistes/ fascistes mais assez faible. En 1931, le nationaliste Oswald Mosley fondele new party qu’il transforme en 1932, en British Union of fascistes (Unionfasciste anglaise). Il fait donc un manifeste pour un Etat fasciste. Cemouvement est très violent (violences de rue, physique et autres). Ce partiavait des modèles (bras levé, façon de s’habiller) : ces modèles sont elsmêmes dans tous les pays. Cependant, ce parti est toujours resté trèsminoritaire en nombre :40 000 membres maximum en 1934. La grandedifférence est qu’il y a eu une organisation de la résistance contre ceparti : bataille de Cable street le 4 octobre 1936 où les fascistes ont dureculer devant les populations. Finalement, la démocratie anglaise parvient àrésister à ce mouvement fasciste. Ce parti s’affaibli ; Le 22 Mai 1940 legouvernement britannique proclame l’édit de défense 18B qui permet de mettre enprison quiconque porte atteinte à la sécurité de l’Etat. Finalement, Oswald Mosley est arrêté et le 30 mai 1940. L’un des éléments de la puissance de cettedémocratie qui parvient à tenir tête au fascisme est qu’il y a une soupape del’empire : rôle de l’empire dans la préservation d’un nationalisme extrêmeà l’intérieur du territoire anglais. 6. L’empire britanniqued) La constitution de l’empire La GB se constitue elle même comme un paysimpérial dès le départ. La construction nationale anglaise se fait autour de lanotion d’empire. On a des espacesqui sont des espaces autonomes autour de la GB. La conquête commence : l’Angleterreintègre le Pays de Galle pour donner un royaume puis intégration de l’Ecossepuis de l’Irlande. C’est une série de conquête successives detype impérial : cela car on a des chevaliers anglais qui vont conquérirdes espaces sur lesquels ils s’installent et dominent.

                 Concernantles unions, elles sont politiques. C’est souvent le processus d’anglicisationde ces territoires conquis. Le cas irlandais est le plus caractéristique de cephénomène. 

Le RU est déjà le résultat d’une constructionde type impérial.

                 Enréalité jusqu’à la fin du 19ème siècle, à l’exception de l’Irlande,il n’y a pas de revendication nationaliste / indépendantiste en Ecosse ou aupays de Galle. Il n’y a pas de revendications culturelles : cetterevendication vient plus tardivement. Cette intégration est donc bien réussite.

e) L’empire britannique en 1920 On a par la suite la colonisation desterritoires qui sont plus éloignés et en 1930 l’empire britannique est bien unempire mondial avec un accroissement des possessions dans la deuxième moitié du19ème siècle. L’empire s’étant sur l’ensemble du monde maison a déjà une construction politique différenciée selon les possessions. Les derniers territoires pris sont ceux sousmandat de la SdN : Irak et Palestine. · Vers 1914, le Royaume-Uni compte45 millions d’habitants regroupés sur ses 310 000 kilomètrescarrés · Il conserve des droits dans cinqdominions (Le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande,l'Union sud-africaine, Terre-Neuve(1919). 24 millions d’hommes (généralement blancs) sur 19 millions dekilomètres carrés. · Il gouverne directement soixantecolonies dépendantes dispersées sur plus de 8 millions de kilomètrescarrés dont Inde peuplée de 322 millions d’habitants et vaste de ses5 millions de kilomètres carrés, · Après la 1GM, mandat à laGrande-Bretagne, en Afrique centrale, et surtout au Proche- et au Moyen-Orient. · Egypte reste dans situationsubordonnée. Il y a un savoir faire diplomatique trèsimportant : les britanniques sont très forts dans la diplomatieinternationale (contrairement des français qui ont des principes). Les anglaisn’ont pas de principe, ils veulent seulement conserver leur pouvoir. Ce savoirfaire impérial est très mobilisé au niveau international, et on le voit surtoutdans l’Europe : sans être dans l’Europe, ils arrivent à tordre les institutionseuropéennes dans leur propre intérêt. Le nationalisme n’est donc pas rétrécisur l’espace national : ce nationalisme se projette internationalement Cet empire est très présent en Angleterremême… f) La question de l’identitéimpériale Les anglais ont unrapport très étroit avec leur espace impérial. Les gens ont voyagé dansl’empire donc tout anglais est relié au territoire impérial. Les produitstropicaux arrivent non stop dans les villes anglaises. Cela constitue deséléments de la vie quotidienne. Il y a même une littérature impériale anglaise(le Livre de la Jungle de Kipling, inventeur du « fardeau de l’hommeblanc », expression qui devient courante). Cette cultureimpériale imprègne les populations et est à son comble lors de l’expositioncoloniale de Paris. Ces expositions sont des grands moments de mise en scènedes nations coloniales (musée humain, population des colonies que l’on montre).Cela va dans le sens du racisme de l’époque clairement. On a d’ailleursdans l’imaginaire des gens de l’époque l’idée que le héro de l’excellence estcelui qui découvre les colonies. Exemple de ces héros : David Livingston(1813- 1873), Cecil Rhodes (1853-1902) ou Charles Gordon (1833-1885)galvanisèrent un culte pour des hommes considérés comme admirables et dont lavie était une source d’enseignement. C’est un élément fort aussi avec lamusique (les music hall) Ainsi, à la veillede la 2GM, la GB se pose comme la plus grande puissance coloniale du monde. 7. Le Commonwealth Les britanniques donc ont organisé cet empirepour leurs intérêts économiques. C’est la question de ce Commonwealth. g) L’organisation du Commonwealth On a des statuts différents : · Les colonies administrésdirectement. Il y a des choses étonnantes : l’Inde a un siège à la SdN en1918. Elle siège comme un pays indépendant à la SdN, cela car les britanniquespensaient que cela leur donnerait une voie supplémentaire mais cela ne s’estpas passé comme cela. la SdN a été pour les indiens un endroit de constructionde nationalisme. Les indiens ont développés des savoirs faires politiques etdiplomatiques très importants. · Les dominions : territoiresqui ont leur indépendance administratives (depuis la 1GM pour participation àla guerre). Cependant, ils restent sous la domination de la couronnebritannique. On parle toujours anglais dans ces pays, on pratique des modes devie britannique dans ces pays. En plus c’était des colonies de peuplement doncil y a un fort anglicisme.

· La conférence impériale de 1926 aadopté les grands principes définis par un «rapport Balfour» · En 1931, le statut de Westminsterdote l’empire britannique d’une sorte de constitution nouvelle. · Il définit un Commonwealth«britannique» des nations qui réunit, «dans une commune allégeance à la Couronne» h) Des intérêts communs ? C’est tout d’abord une organisation économique(pour leurs intérêts). Les dominions dirigent · La Grande-Bretagnedes années vingt fait venir le quart de ses importations de l’Empire et yenvoie plus de 40% de ses exportations · Les dominionsdirigent entre 35 et 80% de leurs exportations vers la métropole. Ilsservent aussi à exporter des produits qui sont fabriqués en Angleterre. Tous ces territoires sont des réservoirs de maind’œuvre pour les iles britanniques. Les populations qui émigrent versl’Angleterre sont des irlandais mais aussi asiatiques et africains de l’empire.Ces derniers ont eu assez rapidement sur le territoire anglais la nationalitéanglaise. Ces sujets d’empire n’étaient pas nécessairement bien traités malgrécela. Ils ont été victimes de propos xénophobes. Il y a eu beaucoup deviolences à leur égard. Cette solidarité sociale et économiquetrouve tout de même ses limites politiques dans l’entre deux guerres (exempleplus haut de l’Inde). Mais c’est vrai aussi avec l’Irlande. Pendant la 2GM, lesbritanniques n’arriveront pas à convaincre les irlandais à entrer dans laguerre (restera neutre). Ce Commonwealth a donc aussi des ratés et le meilleurexemple est celui de l’Irlande. 8. La « question » d’Irlande après la « partition de1920 » Il faut penser cette question irlandaise commeune question coloniale. L’opposition entre anglais et irlandais estancienne : à l’origine c’est un phénomène de libération coloniale :même chose que dans les Etats américains de l’est lorsqu’ils se sont libérés dupouvoir britannique. Ils ont voulu plus d’autonomie sur le territoire. La dimension culturelle de ce nationalismevient à la fin du 19ème siècle (1890).

                 Aprèsla 1GM, il y a une guerre civile en Irlande qui sera le début de la guerred’indépendance. Après cette guerre sera négocié le Governmentof Ireland Act voté par le parlement de Westminster le 23décembre 1920. L’Irlande est alors coupée en deux : 

· Irlande du Sud,constituée par les vingt-six comtés de l’Irlande méridionale et nord-orientale(proclame son indépendance en 1937) · Irlande du Nord,issue d’un morcellement de la province historique d’Ulster, comprenant les sixcomtés de colonisation d’Antrim, Armagh, Down, Fermanagh, Londonderry etTyrone. Cette coupure de l’Irlande en deux n’est pas lerésultat d’une négociation avec la population irlandaise. La raison de cettecoupure est qu’ils ont fait pression pour conserver ce territoire. ils ont doncannexé des territoires avec des vrais irlandais dessus. Ce découpage avait pour but d’assurer ladomination des populations coloniales anciennes sur cette partie du territoire.Le régime qui s’installe en Irlande du Nord est subordonné au parlement deWestminster : Le Parlementd’Irlande du Nord fut inauguré officiellement par le roiGeorge V le 22 juin 1921. Conformémentaux dispositions du Government of Ireland Act de1920, le pouvoir législatif était conjointement exercé par Westminster et le parlementde Stormont à Belfast. Il y a eu une politique de répression despopulations irlandaises catholiques avec des mesures ségrégatives (pas lesmêmes droits avec ceux qu’on considère des étrangers). On transforme unepopulation qui a des droits civils en population étrangère. En Irlande du Nord,cette politique est très proche de celle dans les régimes de dictature de typeEurope centrale : population constituée en minoritaire alors qu’ilsétaient ici au départ.

      V.     La France entre nationalisme et xénophobie

Cela prend la forme du développement d’uneextrême droite et d’une xénophobie. L’empire colonial français est le deuxième aumonde après le britannique donc c’est un territoire aussi très important. A la différence de l’Angleterre l’identiténationale ne se fait pas sur l’identité coloniale et cette question d’identiténationale est très ancrée dans les racines territoriales. 9. L’extrême droite : un phénomène européeni) Développement de l’extrême droitedepuis la fin du 19ème siècle Même si pour l’extrême droite, le nationalismeest au centre de l’argumentaire, ce phénomène est un phénomène européen qui vaêtre très puissant dans la période d’entre deux guerres. Même si dans lesdémocraties il va rester minoritaire, il va jouer un rôle pour orienter lathématique. La France a joué un rôle important pour ledéveloppement des mouvements d’extrême droite principalement par des mouvementsde l’action française (existe toujours). C’est une revue fondée en 1898 et quiconnaît une audience à partir de 1905. Elle exerce une influence considérable àl’extérieur de la France : · En Belgique: rexisme deLéon Degrelle (1906-1994) · A Lausanne, l'avocat MarcelRegamey fonde le mouvement Ordre et tradition ou Ligue vaudoise et publie dès1926 les Cahiers de la Renaissance vaudoise Tous ces partis d’extrême droite jouent un jeuparlementaire et essaye d’avoir des places au parlement malgré l’utilisation dela violence politique et physique. Par exemple, la ligue d’action française àune sorte de milice : les camelots du Roy. Ils allaient dans les quartiersétudiants et violentaient les personnes qu’ils n’aimaient pas. D’autres groupesparamilitaires : · Mouvement des croix de feu fondé en 1931 qui devient à partir de 1935 leMouvement social français (60 000 membres) 20 députés en 1935 · Le parti populaire français deDoriot (fondé le 28 juin 1936) · 6 février 1934, émeute devant lachambre des députés · La Ligue des patriotes dispose desphalanges universitaires et affrontements avec les communistes (4 morts en1925) · La Cagoule groupe terroriste liéau fascisme qui se développe au début des années 1930 Il y a eu la création de véritables partisavec la volonté de parlementariser. j) Les thèmes communs du nationalismed’extrême droite La nation comme lieu réconcilié. On ne choisitpas d’entrer dans la nation, elle s’impose à nous car on partage les mêmesvaleurs que les autres personnes qui la composent. Le principe unificateur estuniquement le national. Cette conception de la nation est totalement différentede la théorie du contrat : on obéit à un ordre naturel qui nous oblige ànous soumettre à cet ordre naturel. Le nationalisme est vu comme la défense desvaleurs communes propres à la nation et on doit défendre ces valeurs contre lesennemis intérieurs et extérieurs. on doit aussi la défendre contre toutes lesdivisions du corps de la nation : · Le parlementarisme : cardivise le politique en parti. Les ligues ont donc pour fonction de prendre leparlement pour éviter la division. · Toutes les idéologies politiquesqui mettent en avant les oppositions sociales dans une même nation. Pour unepersonne d’extrême droite, ces divisions sociales ne sont que secondaires. Iln’y a pas de lutte des classes ; · Tout ceux considérés comme desétrangers : personne qui n’a pas la citoyenneté mais aussi lesnationalistes d’extrême droite définissent des personnes étrangères même sielles ont la nationalité : exemple des juifs rejetés par ces mouvementsqui sont définis comme des étrangers. Il défini lui même les personnesétrangères indépendamment du statut réel de ces gens. On redessine le corpsnational. Il y a la encore des réactions de lapopulation qui s’opposent contre cela. cela donne lieu aux élections de 1936qui laisse le pouvoir au parti de gauche (le premier en France) avec Léon Blumà la tête ! 10. L’immigration en France C’est l’origine de la xénophobie. k) Son importance numérique La France est un grand pays d’immigrationdepuis le 19ème siècle. Dans l’entre deux guerres, c’est le premierpays d’immigration (c’était le deuxième après les USA avant la 1GM). Cela cardepuis la fin du 18ème siècle en France, il y a un faible taux denatalité donc problème démographique. Or, pour s’industrialiser, il fautl’afflux massif de travailleurs immigrés : les Suisses, les Italiens, lesallemands, les belges. · En 1921 : 1,550 M étrangers (3,9%de la pop totale) · En 1931 : 2,891 M étrangers (7% dela pop totale) En réalité, ces pourcentages devraient êtreplus importants : il était facile d’avoir la nationalité à l’époque.Ainsi, beaucoup de personnes ne sont pas comptabilisées la dedans et il y en abeaucoup d’autres.

                 Al’époque ces étrangers sont répartis sur tout le territoire avec des zonesprincipales : les immigrations restent localisées en fonction desproximités géographiques. 

Contrairement à ce que l’on pense, il y a eudes mouvements de protestation en France dans le Nord contre les belges et dansle sud contre les italiens avec des épisodes de passage à tabac qui ont faitplusieurs morts. La différence culturelle ne produit pas la xénophobie (onattaque des belges qui parlent français). C’est lié aux concurrences sur lemarché du travail. La xénophobie se développe surtout dans les moments decrise. Les personnes qui pensent subir la concurrencede la main d’œuvre sur le marché du travail ne sont pas les mêmes qui font lespolitiques d’immigration. Des personnes au contraire, font venir toujours plusd’immigrés. l) Les politiques d’immigration Ce sont principalement les organisationspatronales qui mettent en place des filiales d’immigration en 1924. Legouvernement joue un rôle important en créant une office de l’immigration. Il yen a aussi qui vienne des colonies (minoritaire). Cette immigration vient del’intérieur de l’Europe. Cette politique amène à une révision du codede la nationalité avec la loi du 10 août 1927 qui permet la naturalisation desétrangers ayant résidé seulement 3 ans sur le territoire. Ainsi, le nombre desnaturalisations double dès l’année suivante.

                 Cettemain d’œuvre immigrée a l’avantage d’être disponible au travail immédiatementet qui est déjà éduqué. Souvent, ils font des travaux très difficiles que lesfrançais ne veulent pas. Conditions difficiles donc : 

· 1,3 millions de morts souvent deshommes jeunes. · 37% des immigrés dans lesindustries du bâtiment · 48% des travailleurs desindustries extractives sont des étrangers (souvent Polonais en provenance del’Allemagne) · 70% dans les Mines de fer 11. La France xénophobem) Les thèmes de la xénophobie Il y a l’idée forte d’une xénophobiesanitaire : les étrangers constituent un danger sanitaire pour les paysdans lesquels ils arrivent. C’est un argumentaire développé dans beaucoupd’autres pays. On dit qu’ils sont plus malades que les français et diffuse plusles maladies en particulier deux : la syphilis et la tuberculose. Il y aeu des études de médecine à cette époque sur ce sujet. Cependant, on nes’intéresse pas au fait que ces maladies peuvent être provoquées par lestravaux difficiles (mines par exemple).

                 Ona souvent aussi l’argumentaire comme quoi les étrangers sont souvent descriminels. Cela car la plupart des étrangers sont des hommes et adultes en plusmais cela reste dans les proportions des populations « normales ».cela donne des fantasmes et des croyances partagées : « gang despolonais en 1924.
                 Al’époque, il y a le grand thème de l’antisémitisme comme quoi le « juifcosmopolite » (la façon dont le disent les antisémites) cherche à détruirela nation. On leur reproche qu’ils ne sont pas pour les mêmes mœurs. Tout celas’appuie sur le fait que Léon Blum écrit un livre sur le mariage en prônantl’union libre. Cela a donc fait scandale et on a eu tendance donc à dépraverles juifs. 
                 Aumoment ou le gouvernent de Vichy édicte le statut des juifs en 1940, Pétains’appuie sur un argumentaire qui va exactement dans ce sens la à ce sontdes nuisibles pour la société. Idée que au fond, ils seraient hostiles etdécomposant pour la nation. 

n) Les crises xénophobes Ces crises sont toujours liées à des criseséconomiques. Par exemple on a la crise de 1924 : moment de criseéconomique avec le chômage et donc des conflits à Paris entre les travailleursfrançais et les travailleurs étrangers. C’est en 1930 qu’on assiste auparoxysme de la xénophobie. On accuse les étrangers qu’ils sont responsables dela crise. C’est une manière de penser, pour l’extrême droite, des ennemis àl’intérieur du pays. Mais c’est aussi un moyen qui permet de trouver desorigines du problème (le problème c’est pas nous, c’est eux). Dans les années 30, on a une reprise de cesthématiques par des organisations professionnelles dans le milieu ouvrier parexemple mais aussi dans les milieux cultivés (surtout dans ceux ci). Il y atoujours deux professions très protectionnistes qui sont les médecins et lesavocats. Ce sont des professions que l’on ne suspecte pas être xénophobes. Celaa été le cas dans toute l’Europe. En Allemagne, c’est la profession la plusnazifiée. Tout cela a donnélieu à des lois qui ont dès 1932 accordées la priorité du travail au françaismais aussi en 33, seuls les français peuvent être médecins · Jean Giraudoux (1882-1944) avec Lespleins pouvoirs en 1939 · 1933 Seuls les Français peuventexercer la médecine · 1934 les avocats font voter uneloi écartant les naturalisés de leur profession (durant 10 ans) · 1927-Vote d'une loi permettant l'extradition des étrangers.

Conclusion : jusqu’en 1940, les paysdémocratiques résistent à la pression d’un nationalisme d’extrême droite. Ellesarrivent à montrer des formes de résistance y compris de la population, passeulement du gouvernement. Il y a la possibilité de soupape · Commonwealth et empire pourl’Angleterre · Empire aussi pour la France etinternationalisme La xénophobie et la peur de l’autre sont toutde même des phénomènes très importants à cette époque.