« Nationalismes et décolonisation : 1950 – 1970 » : différence entre les versions
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L’étude du nationalisme hors d’Europe pose une série de questions fondamentales. Faut-il considérer ce phénomène comme l’exportation d’une idée née dans le cadre européen du XIXᵉ siècle, ou comme le développement autonome de formes politiques et culturelles enracinées dans des contextes locaux ? La diffusion du modèle de l’État-nation, forgé à la suite des révolutions américaine et française puis rapidement adopté en Amérique latine, illustre la force d’attraction d’un format politique perçu comme universel. Mais cette diffusion soulève immédiatement une interrogation : dans les colonies, ce modèle fut-il imposé par les logiques internationales de reconnaissance étatique, ou bien revendiqué et réapproprié comme un instrument d’émancipation ? | |||
Le rapport entre nationalisme et internationalisme constitue une deuxième ligne de questionnement. Les mouvements d’indépendance se développent véritablement au XXᵉ siècle, dans un monde déjà fortement internationalisé par les guerres mondiales, la Société des Nations, puis les Nations unies. Contrairement aux nationalismes européens du XIXᵉ siècle, qui se déployaient dans un cadre d’empires continentaux, les nationalismes anticoloniaux se forment et s’affirment sous le regard d’une communauté internationale en pleine recomposition. Cette dimension globale explique pourquoi les luttes anticoloniales ne peuvent être dissociées de leurs articulations avec d’autres forces transnationales, qu’il s’agisse du communisme, du panafricanisme, du panarabisme ou du mouvement des non-alignés. | |||
Une troisième interrogation concerne les contraintes spécifiques du contexte de la guerre froide. Entre 1947 et les années 1970, les nouveaux États qui accèdent à l’indépendance doivent immédiatement se positionner face à la bipolarisation du système international. Chaque choix souverain en matière politique, économique ou militaire est interprété comme un signal, perçu tantôt comme une affiliation à l’un des blocs, tantôt comme une tentative de maintenir une autonomie stratégique. L’option du non-alignement incarne alors la recherche d’une troisième voie, destinée à échapper à une tutelle néocoloniale tout en affirmant une capacité de décision propre. | |||
Le processus de décolonisation se déploie donc dans un espace contraint, marqué à la fois par l’héritage des modèles étatiques européens et par la structuration d’un ordre international dominé par les blocs. Comprendre ce double mouvement, diffusion d’un modèle et affirmation de trajectoires singulières, est au cœur de la réflexion sur les nationalismes et la décolonisation dans la seconde moitié du XXᵉ siècle. | |||
== L’Inde : la marche vers l’indépendance == | == L’Inde : la marche vers l’indépendance == | ||
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Version du 17 août 2025 à 21:20
La question des liens entre mouvements nationalistes et processus de décolonisation demeure un thème central dans l’historiographie contemporaine. Si les premières aspirations indépendantistes apparaissent dès l’entre-deux-guerres, c’est surtout dans l’après-1945 que le phénomène prend une ampleur décisive, en particulier dans les grands empires coloniaux français et britanniques. La période 1950 – 1970 est ainsi marquée par une accélération sans précédent du démantèlement des structures impériales et par la multiplication de nouveaux États souverains.
Se pose alors la question des origines intellectuelles et politiques de ces nationalismes. Faut-il y voir une exportation directe d’un modèle européen, celui du nationalisme forgé au XIXᵉ siècle et diffusé comme un « produit » idéologique à travers l’expérience coloniale, ou bien une réappropriation créative qui combine influences occidentales et dynamiques locales ? Chaque mouvement indépendantiste s’inscrit dans un univers codifié par le langage du nationalisme moderne, mais les trajectoires divergent : certains visent la construction d’un État-nation sur le modèle européen, d’autres envisagent des fédérations ou des ensembles plus vastes, en Afrique comme en Asie.
Ces choix ne relèvent pas uniquement d’une imitation contrainte, mais répondent aussi à des traditions d’opposition et de résistance enracinées dans des contextes culturels, sociaux et religieux spécifiques. La diversité des compositions ethniques, les mémoires de domination coloniale et les tensions régionales façonnent des nationalismes multiples, qui ne peuvent être réduits à une simple copie du modèle occidental. Comme le rappelle Thiesse, « rien n’est plus international que les mouvements nationalistes » : leur diffusion est globale, mais leur incarnation est toujours singulière.
À l’échelle du système international, l’essor des nationalismes et la décolonisation participent à une véritable recomposition politique mondiale. Le chiffre actuel de 193 États reconnus illustre combien le XXᵉ siècle fut le siècle des indépendances, marqué par la convergence de luttes locales et de dynamiques globales qui ont redessiné la carte politique de la planète.
Emergence des mouvement nationaux
Les mouvements nationaux dans les colonies ne surgissent pas brusquement au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ils s’enracinent dans une histoire plus longue qui trouve des parallèles avec les dynamiques observées dans les empires multinationaux européens du XIXᵉ siècle. Dans l’Empire des Habsbourg, dans l’Empire ottoman ou encore dans celui du Tsar, des peuples soumis cherchaient à obtenir reconnaissance politique, autonomie culturelle, voire indépendance. Le monde colonial connaît un phénomène comparable : un pouvoir impérial impose son autorité sur des populations diverses et suscite en retour des résistances qui s’expriment sous forme de revendications identitaires et politiques.
L’essor de ces mouvements s’explique par plusieurs facteurs. La diffusion des idées politiques européennes au XIXᵉ siècle, transmise par l’école, les missions religieuses, la presse ou les réseaux associatifs, joue un rôle déterminant. De nouvelles élites locales émergent, souvent formées dans les métropoles, qui se réapproprient le langage du nationalisme et de la souveraineté. L’intégration des colonies dans l’économie mondiale provoque par ailleurs des bouleversements sociaux et la formation de classes urbaines et commerçantes plus sensibles aux discours politiques modernes.
Ces mouvements ne sont pourtant pas de simples répliques du modèle européen. Ils s’appuient aussi sur des traditions autochtones de résistance, nourries par les révoltes paysannes, les mouvements religieux et les mémoires d’empires ou de royaumes antérieurs à la conquête coloniale. En Inde, le Congrès national indien articule la référence aux valeurs politiques modernes avec un ancrage culturel et spirituel propre. En Afrique, la variété des traditions politiques et la mosaïque ethnique donnent naissance à des formes de nationalisme multiples et souvent concurrentes.
La dynamique de formation des mouvements nationaux coloniaux repose donc sur une hybridation. Le langage du nationalisme moderne, issu d’un transfert intellectuel venu d’Europe, se combine avec des réalités sociales, culturelles et historiques locales. C’est cette articulation qui explique la diversité des trajectoires et des rythmes de décolonisation observés à travers le monde.
État actuel de la recherche : vers une histoire globale du nationalisme
L’étude des nationalismes coloniaux et postcoloniaux s’inscrit aujourd’hui dans un cadre historiographique élargi qui dépasse les approches strictement nationales ou régionales. Les chercheurs tendent de plus en plus à situer le nationalisme dans une histoire globale, attentive aux circulations, aux transferts et aux réappropriations. Ce changement de perspective permet de comprendre pourquoi un phénomène né en Europe au XIXᵉ siècle a pu trouver des échos aussi puissants dans les sociétés colonisées, tout en se transformant au contact de contextes culturels et sociaux radicalement différents.
Dans The History of Nationalism, John Breuilly a contribué à systématiser cette réflexion. Le nationalisme y est envisagé non comme une essence intemporelle, mais comme un objet d’analyse à la croisée de plusieurs dimensions : la religion, qui confère une légitimité transcendante aux revendications politiques ; la langue, qui devient un marqueur identitaire et un outil de mobilisation ; le territoire, qui offre un cadre cohérent à la projection d’un État-nation ; et enfin l’internationalisme, dont le rôle est longtemps resté sous-estimé. La question centrale est de savoir à quel moment et de quelle manière l’internationalisme entre en dialogue avec les nationalismes, non pas pour les nier, mais pour les renforcer, les structurer ou parfois les concurrencer.
Les mouvements de décolonisation montrent bien cette complexité. Le nationalisme indien, en s’appuyant sur des réseaux internationaux d’intellectuels et de militants, a su faire de la lutte anticoloniale une cause universelle. Les indépendantistes vietnamiens ont inscrit leur combat dans une dialectique mondiale, oscillant entre solidarités communistes et affirmation nationale. Dans le cas africain, la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963 illustre l’articulation entre revendications nationales et projet panafricain, où l’internationalisme régional devient le prolongement des luttes nationales.
L’historiographie actuelle tend donc à dépasser la vision d’un nationalisme isolé, confiné à un espace donné, pour le penser comme un phénomène global, constamment nourri d’échanges, d’alliances et de confrontations. Ce regard permet de mieux saisir pourquoi les trajectoires de décolonisation, tout en étant profondément enracinées dans des contextes locaux, participent d’un même mouvement de recomposition politique mondiale.
Problématique
L’étude du nationalisme hors d’Europe pose une série de questions fondamentales. Faut-il considérer ce phénomène comme l’exportation d’une idée née dans le cadre européen du XIXᵉ siècle, ou comme le développement autonome de formes politiques et culturelles enracinées dans des contextes locaux ? La diffusion du modèle de l’État-nation, forgé à la suite des révolutions américaine et française puis rapidement adopté en Amérique latine, illustre la force d’attraction d’un format politique perçu comme universel. Mais cette diffusion soulève immédiatement une interrogation : dans les colonies, ce modèle fut-il imposé par les logiques internationales de reconnaissance étatique, ou bien revendiqué et réapproprié comme un instrument d’émancipation ?
Le rapport entre nationalisme et internationalisme constitue une deuxième ligne de questionnement. Les mouvements d’indépendance se développent véritablement au XXᵉ siècle, dans un monde déjà fortement internationalisé par les guerres mondiales, la Société des Nations, puis les Nations unies. Contrairement aux nationalismes européens du XIXᵉ siècle, qui se déployaient dans un cadre d’empires continentaux, les nationalismes anticoloniaux se forment et s’affirment sous le regard d’une communauté internationale en pleine recomposition. Cette dimension globale explique pourquoi les luttes anticoloniales ne peuvent être dissociées de leurs articulations avec d’autres forces transnationales, qu’il s’agisse du communisme, du panafricanisme, du panarabisme ou du mouvement des non-alignés.
Une troisième interrogation concerne les contraintes spécifiques du contexte de la guerre froide. Entre 1947 et les années 1970, les nouveaux États qui accèdent à l’indépendance doivent immédiatement se positionner face à la bipolarisation du système international. Chaque choix souverain en matière politique, économique ou militaire est interprété comme un signal, perçu tantôt comme une affiliation à l’un des blocs, tantôt comme une tentative de maintenir une autonomie stratégique. L’option du non-alignement incarne alors la recherche d’une troisième voie, destinée à échapper à une tutelle néocoloniale tout en affirmant une capacité de décision propre.
Le processus de décolonisation se déploie donc dans un espace contraint, marqué à la fois par l’héritage des modèles étatiques européens et par la structuration d’un ordre international dominé par les blocs. Comprendre ce double mouvement, diffusion d’un modèle et affirmation de trajectoires singulières, est au cœur de la réflexion sur les nationalismes et la décolonisation dans la seconde moitié du XXᵉ siècle.
L’Inde : la marche vers l’indépendance
- 1885
Cela commence tôt avec la fondation d’un petit parti politique dont sont membres des personnes très éduqués, parlant parfaitement l’anglais et participant à la vie civile ; les personnes qui ont encouragé l’institutionnalisation de ce mouvement étaient les britanniques. C’est la fondation à Bombay de l’Indian National Council qui est le Parti du Congrès.
L’Inde n’est pas un pays, on dénombre 20 unités politiques et 120 dialectes régionaux, il n’y a jamais eu d’identité commune « Inde » ; c’est la colonisation qui dans un certain sens a créée une sorte d’unité.
L’Inde est considérée par les britanniques comme un empire dans l’empire dont la reine Victoria est la première impératrice de l’Inde étant représentée par un vice-roi qui gère avec une administration assez petite car l’Inde n’est pas une colonie de peuplement
Il y a peu de britanniques, on essaie de gérer l’Inde et aussi d’autres colonies par des élites locales, c’est pourquoi on a laissé aussi cette hétérogénéité de système ancien de gouvernance de ce pays, les dignitaires locaux restent en place. C’est une surface assez fine de vraie domination étant une porte ouverte au mouvement d’indépendance.
Beaucoup d’indiens sont formés à participer à l’administration, il va même y avoir comme un gouvernement local qui va remettre en cause l’administration britannique.
Ce qui est intéressant est l’encouragement de la part des anglais d’une forme de self-government, ce n’est pas un mouvement qui vient seulement d’en haut mais se fait aussi par une mobilisation par le bas.
- 1906
Création à Dacca de la Ligue musulmane. Réuni à Calcutta, le Parti du Congrès se prononce pour l’indépendance (svaraj). Le Dacca mouvement s’organise pour répondre à la création du Parti du Congrès mais aussi pour affirmer une identité plus religieuse que nationale.
- 1913
L’écrivain indien Rabindranath Tagore reçoit le prix Nobel de littérature permettant de mettre en avant d’un culture qui mérite l’appréciation du monde entier, ainsi il est possible de jouer dans la cour des grands au moins culturellement.
- 1914 – 1918
Durant la première guerre mondiale, près de 1700000 Indiens combattent dans les rangs britanniques ; ils ont combattu dans des terrains d’opération excentriques à l’Europe en Mésopotamie, en Palestine et en Afrique de l’est ; ce sont des troupes coloniales qui faisaient la partie coloniale de la première guerre mondiale.
Il y a une guerre hors de l’Europe extrêmement importante pour les peuples qui on subi cette violence mais qui ont aussi participé ; comme en Europe la guerre a créée des attentes d’être compensé.
- 1919
Après certains gestes comme plus d’autonomie administrative locale, il y a une certaine modernisation plus équilibrées de l’impérialisme britannique mais pas la promesse d’une indépendance.
Le Government of India Act est une réforme qui étend la représentation communautaire dans les assemblées locales et créé une chambre princière consultative. Gandhi prend la tête d’une campagne de protestation contre la répression des activités « subversives ».
Gandhi a passé une grande partie de sa carrière en Afrique du sud, il y a une migration intercontinentale à l’intérieur de l’empire britannique avec une petite diaspora indienne.
Gandhi défend des indiens en Afrique du sud contre des discriminations raciales, il est très conscient de l’existence d’une hiérarchie entre les « races », il témoigne des grands conflits et en 1915 après être revenu en Inde il devient membre du Parti du Congrès avec comme idée de lutter pour l’indépendance de l’Inde.
- Septembre 1920
Le parti du Congrès décide de lutter pour l’indépendance par des moyens non-violents. Gandhi, ce sont des mouvements qui mobilisent et rassemblent notamment la population locale. Ce n’est pas une mobilisation armée.
Gandhi lance le mouvement de non-coopération avec les autorités coloniales et de boycott du textile anglais au profit du tissu indien fait main (khadi). En même temps il lance unmouvement de reprise des techniques et des manières de produire du tissu indien par la proto-industrie locale.
Les britanniques avaient détruit une industrie locale afin de pouvoir importer leurs produits qui étaient aussi des produits d’importation des autres régions de l’empire britannique ; dans le boycott du textile il y a une réflexion intelligente pour toucher le rapport de domination mais aussi de penser l’État.
Les britanniques tentent de neutraliser Gandhi sans que cela ne fonctionne.
- Août 1928
Gandhi transfert le leadership du parti à Nehru afin de s’intéresser à la caste des intouchable, la future nation ne doit pas faire une différence de caste, d’origine, ou de ses moyens.
La commission présidée par Motilal Nehru préconise un statut de dominion au sein de l’Empire, mais les britanniques refusent et rejettent la communauté musulmane.
- 1930
Le poète et philosophe Mohammad Iqbal propose la création d’un État musulman séparé[1][2].[3]
- Janvier 1937
Il y a des élections ; victorieux aux élections provinciales, le Parti du Congrès forme des gouvernements dans sept provinces sur onze ; démocratiser un empire est une bonne chose mais on donne la chance et l’occasion aux mouvements nationalistes de s’affirmer et d’avoir une légitimité par les élections.
- Mars 1940
Dans la guerre, la nationalise indien sont critique de l’entrée de l’Inde dans la deuxième guerre, non pas qu’ils soient favorable au régime nazi, mais ils ne veulent pas servir de réservoir de ressources pour une guerre qui n’est pas leur guerre.
La Ligue musulmane adopte à Lahore une résolution sur la création d’un État musulman indépendant, le Pakistan, après le départ des britanniques.
- Mars 1946
Le gouvernement britannique du travailliste Attlee se prononce en faveur de l’indépendance de l’Inde. Toutefois les négociations sont un échec entre le Congrès et la Ligue musulmane.
- 1947
Indépendance de l’Inde et du Pakistan. La partition entraine des massacres de grande ampleur au cours de l’été. Nehru devient premier ministre de l’Union indienne.
Les nationalismes sont différent dans les autres colonies mais il y a des liens qu’il est possible de faire : c’est très souvent par les élites éduquées soit dans les institutions sur place créées par le colonisateur soit dans le métropole, c’est un facteur de diffusion culturelle.
Le moment wilsonien : 1918 – 1919
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est une grande promesse qui fut entendue à travers le monde.
Ho Chi Minh
En 1919, Ho Chi Minh est à Paris est fréquente une association nationaliste. Quand le Président Wilson fait son annonce du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, cette association publie un manifeste reprenant cet argument.
Deux ans plus tard lorsque Lénine réorganise le Kominterm, il fait des annonces pour être attractif souhaitant la création d’une lutte anti-impérialiste. Ho Chi Minh s’intéresse à la doctrine bolchéviques et devient un acteur de la lutte internationale à Paris.
Autodétermination : l’impact international d’un concept
Dans The Wilsonian Moment. Self-Determination and the International Origins of Anticolonial Nationalism[4], Manela analyse dans quatre régions des soulèvements, des révoltes, des revendications. Il regarde leurs énoncés, leurs références à la politique internationale est il trouve quatre fois une admiration du président Wilson et les points qui mettent en avant l’autodétermination.
Ils réduisent l’influence d’idées internationales, la circulation de textes anticoloniaux, anti-impérialistes. L’auteur focalise cette causalité multiple au moment wilsonien. C’est un texte qui donne le droit de revendiquer des droits.
Il est aussi intéressant de dire que c’est trop linéaire et américano-centrique, mais il y a déjà des mouvements locaux qui repoussent la domination coloniale tout comme des élites qui émettent des idées anti-impérialistes. Au contraire, le moment léninien est un peu sous-estimé par Manela.
Situation géopolitique : année 1930
L’étendue de tous les empires s’est encore agrandie parce que comme puissance victorieuse de la première guerre mondiale, les français et les britanniques ont occupés les anciennes colonies allemandes.
Les pays du Moyen-Orient sont donnés à la gestion sous forme de mandat aux puissances coloniales, ils les gèrent comme leurs colonies. Toutefois, ces peuples ont la possibilité de revendiquer plus de droit car il y a une commission des mandats qui surveille leur bonne gestion. On a introduit une relativisation des mandats, une instance internationale contrôle les mandats. C’est un prélude à la décolonisation.
Dans les années 1920 et 1930, avec les organisations internationales qui se créent à Genève, il y a une unification du monde ainsi qu’une circulation des informations et des idées nourrissant les mouvements nationalistes.
Toutefois, dans les années 1930, les conflits entre les États autoritaires commencent à détruire le travail de la Société des Nations et bloquent les inspirations de l’indépendance dans les pays. On ne laisse pas les mouvements indépendantistes aller plus loin.
Les États qui ont une semi-autonomie peuvent devenir membre de la Société des Nations. C’est un signal aux autres pays qui veulent le même statut. Les autres pays veulent exactement la même chose essayant d’avoir la consécration par la communauté des nations.
La décolonisation dans l’après guerre : année 1940 au années 1960
Les étapes de la décolonisation de l’Asie
Le Vietnam et le Cambodge, de la fin de la deuxième guerre mondiale font une guerre d’indépendance. Les nationalismes se transforment en mouvements d’indépendances et en mouvements violents.
Ho Chi Minh fait d’abord au Vietnam la guerre contre les français s’achevant sur la bataille de Dien Bien Phu.
Il y a aussi les territoires énormes de l’Union Soviétique qui ne peuvent s’émanciper qu’à la fin du XXème siècle.
Le destin est intéressant est différent.
Les étapes de la décolonisation de l’Afrique
En Afrique, la décolonisation se fait par vagues. Une année est « miraculeuse » qui est l’année 1960. L’Algérie est une partie de la France, la Troisième République est colonialiste transformant sous l’impulsion de Jules Ferry l’Algérie en département français.
Dans les années 1960, les États sont pour la décolonisation mais dans le cadre d’une vision géostratégique de la Guerre Froide.
Lorsque les français doivent quitter le Vietnam, commencent les évènements en Algérie. Ce n’est pas seulement un mouvement indépendantiste qui devient de plus en plus militant et militaire mais c’est aussi un nationalisme français soutenu par les pieds-noirs et l’armée.
Cela reste un traumatisme important. L’exportation du nationalisme provoque un renforcement du nationalisme autochtone français. Beaucoup des ex-officiers de l’Algérie cherchent des structures pour se rassembler et s’exprimer politiquement, va aussi naitre le Front National à ce moment de l’histoire en France.
La diffusion mondiale de l’État-Nation
Le nationalisme n’est pas simplement une exportation. Il y a des racines culturelles et propres qui mènent à des revendications mais il y a aussi de fortes inspirations. Les sources propres de ces nationalismes ont un impact majeur sur les métropoles.
C’est une histoire transnationale des nationalismes.
Anexes
- Jean-Jacques Becker « L'ombre du nationalisme serbe », Vingtième Siècle. Revue d'histoire 1/ 2001 (no 69) , p. 7-29 .
- Foreign Affairs,. (2015). How Europe Conquered the World. Retrieved 8 October 2015, from https://www.foreignaffairs.com/articles/europe/2015-10-07/how-europe-conquered-world
Références
- ↑ Annemarie Schimmel, Gabriel’s Wing – A study into the Religious Ideas of Sir Muhammad Iqbal, Lahore, Iqbal Academy Pakistan, 1989, 4e éd. (ISBN 9789694160122), p. 377
- ↑ Leonard S. Klein, Encyclopedia of world literature in the 20th century, vol. 2, Ungar, 1993 (ISBN 978-0-8044-3136-1), p. 452
- ↑ Fritz Steppat et Thomas Scheffler, Islam als Partner, Wurtzbourg, Ergon, 2001, poche (ISBN 9783899130768, LCCN 2002411088 ), p. 351
- ↑ The Wilsonian Moment: Self-Determination and the International Origins of Anticolonial Nationalism. New York: Oxford University Press, 2007.