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Les premières questions qu’il se pose sont est de savoir comment se fait-il qu’une partie de la société ait | Les premières questions qu’il se pose sont est de savoir comment se fait-il qu’une partie de la société ait accepté de s’armer pour massacrer les plus pauvres et qu’est-ce qui fait qu’il n’y ait plus société ? | ||
Bien évidemment, les concepts politiques après Napoléon III sont les concepts de république, de fraternité, solidarité et de liberté. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il va travailler sur la question de la société en mettant l’accent sur la question sociale et le socialisme. La grande idéologique qui va bousculer les régimes est le socialisme, c’est à dire que les individus vivent en société et le social doit émerger. | Bien évidemment, les concepts politiques après Napoléon III sont les concepts de république, de fraternité, solidarité et de liberté. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il va travailler sur la question de la société en mettant l’accent sur la question sociale et le socialisme. La grande idéologique qui va bousculer les régimes est le socialisme, c’est à dire que les individus vivent en société et le social doit émerger. | ||
Version du 10 novembre 2015 à 12:12
La vie d’Émile Durkheim : 1858 - 1917
David Émile Durkheim est l'un des fondateurs de la sociologie moderne. Il est né à un moment charnière du XIXème siècle. Il est issu d’une famille aisée et judaïque. Le contexte dans lequel il émerge est celui de la mise en place de la république française à partir des années 1870 avec une crise importante qui est la commune de Paris : c’est un conflit subversif ou les communards sont massacrés par ce qui reste de la royauté.
Les premières questions qu’il se pose sont est de savoir comment se fait-il qu’une partie de la société ait accepté de s’armer pour massacrer les plus pauvres et qu’est-ce qui fait qu’il n’y ait plus société ?
Bien évidemment, les concepts politiques après Napoléon III sont les concepts de république, de fraternité, solidarité et de liberté. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’il va travailler sur la question de la société en mettant l’accent sur la question sociale et le socialisme. La grande idéologique qui va bousculer les régimes est le socialisme, c’est à dire que les individus vivent en société et le social doit émerger.
Pour qu’une société puisse fonctionner, il doit y avoir des liens, des passages entre les groupes qui permettent de faire société, donc du lien social. L’idée de Durkheim est d’expliquer les faits sociaux de façon scientifique, il se situe dans le débat des sciences-sociales. En tant qu’universitaire, il va s’interroger sur le concept de solidarité sociale : il rebondit sur ce qui fait société. C’est le principe de solidarité. Une société se contrôle et produit un sens collectif par une solidarité entre les individus.
Le débat est toujours d’actualité car on se pose maintenant la question de savoir ce qu’est la solidarité. La solidarité insinue que l’on a un destin commun. À la fin du XIX siècle apparait toute une série de questionnements sur la société notamment parce que la société bascule avec une passage d’une société rurale à une société urbaine. Durkheim qui s'interroge sur qu'est la société donne propose qu'elle se caractérise par le fait social. Va surgir la question de savoir comment interpréter un évènement ?
Ces travaux permettent de comprendre le monde d’aujourd’hui. Parmi ses écrits majeurs ont retrouve :
- De la division du travail social publié en 1893 : comment l’évolution du travail à t-elle modifié les rapports sociaux. Le travail n’est pas neutre. Le travail moderne est un travail de spécialisation qui change les rapports sociaux. Durkheim explique comment les sociétés modernes sont arrivées à développer la division du travail et comment cette division produit de la segmentarité, c'est-à-dire comment les individus sont segmentés dans des fonctions et des missions très différentes les unes des autres, ce qui va créer, d’une certaine façon de l’inégalité.
- Les règles de la méthode sociologiques publié en 1895 : ce sont les premières réflexions sur les outils les mieux à même pour analyser la société. C’est un travail de passage de construction de l’objet scientifique mais aussi un passage vers la sociologie. Durkheim pose les fondements scientifiques de la sociologie, c'est-à-dire comment peut-on fabriquer une science, qui soit une science de la société, et ne plus considérer la société seulement d’un point de vue idéologique, mais comme une réalité que l’on peut regarder de façon objective, sans passion.
- Le suicide publié en 1897 : cet ouvrage a une importance dans la sociologie car le suicide est considéré comme un fait scientifique, c'est-à-dire un fait observable (en dehors des émotions) que l’on peut expliquer scientifiquement.
Durkheim n’est pas un penseur, il est immergé dans la société depuis laquelle il analyse les objets de contradictions.
L’affaire Dreyfus est un moment important car il scinde la société, c’est un conflit politique qui va traverser toute la société. La société va imploser et affecter les relations à l’intérieur même des familles. L'affaire Dreyfus amène Durkheim à repenser à la question de la morale, de l’éthique dans les relations sociales et la fonction du politique (un politique ne peut pas condamner un individu sans preuve de sa culpabilité).
Il s’interroge aussi sur la place de la religion dans la société. En tant que Républicain, la laïcité est un élément structurant de la question sociale. Ce n’est pas seulement à la charité de répondre au problème de la société mais aussi l’État.
Ce sont des thèmes où il présuppose que l’on peut reconstruire de la solidarité sociétale. Pour lui le socialisme est que dès lors que les individus ont pris conscience de la nécessité de la solidarité ils agissent en son sens.
En 1873, Durkheim devient le premier docteur à la chair de sociologie. Il travaillera sur les questions morales puis sur la crise que provoque la Première guerre mondiale : c’est la rupture de la société. Son fils André décède en 1916 dans les Balkans ce qui le faire le faire s'impliquer sur la question[1]. L'année suivante, en 1917, Durkheim décède à son tour plongé dans une grande tristesse suite au décès de son fils au combat.
Le fait social
Pour Durkheim, comme relaté dans son ouvrage Règles de la méthode sociologique publié en 1895, l’enjeu de la sociologie est d’étudier les faits sociaux. Il qualifie les faits sociaux comme des manières d’agir de faire et de penser dans un espace social Ce n’est pas quelque chose de subjectif, il est objectif car on peut analyser les comportements des individus en tant que telle. Les faits sociaux consistent en toute manière d'agir, de penser, de sentir, fixée ou non, susceptible d'exercer sur l'individu une contrainte extérieure; et, qui est générale dans l'étendue d'une société donnée tout en ayant une existence propre, indépendante de ses diverses manifestations au niveau individuel. Le fait social dans une société est un phénomène suffisamment fréquent et suffisamment étendu pour être qualifié de collectif.
Les modalités d’agir sont conditionnées individuellement, c'est-à-dire la façon dont on perçoit l’environnement, l’expérience sensible individuelle ; et collectivement à savoir des déterminants collectifs qui impliquent des « réactions-type ».
On distingue deux caractéristiques qui permettent de reconnaître le fait social :
- l’extériorité : la société existe en dehors des individus qui la composent. Le fait social est extérieur aux individus ; il ne se situe pas dans la sphère individuelle mais dans la sphère collective :la sphère sociale. C'est-à-dire qu'il n'est pas né avec l'individu et ne mourra pas avec lui ; il transcende l'individu. Pour qu’il y ait rassemblement des individus il faut qu’il y ait société. Au fond ce phénomène a une temporalité plus longue que la vie elle-même, elle est une structure. Si on ne remplit pas son rôle la société peut engager la répression. Ces rites fonctionnent de façon régulée et permanente. La société existe en dehors des individus, ils ne font que passer vivant dans un système sociétal qui existe au-delà d’eux-mêmes.
- la contrainte : c‘est le fait que la société se caractérise par un ensemble de contraintes de plusieurs ordres, c'est lorsque dans une assemblée, un sentiment s’impose à tous ou lorsqu’une réaction collective se communique à tous. C'est un processus collectifs de socialisation, on accepte des processus dictés par la société elle-même. Le fait social s'impose aux individus, il ne résulte pas d'un choix individuel mais il est le fruit d'une combinaison de différents facteurs sociaux, économiques, historiques, géographiques mais également politiques. Cette combinaison impose des contraintes à l'individu. Ces contraintes répondent différèrent selon le refus de la contrainte que l’on assume,c'est une obligation à des comportements régulés/adaptés ; les normes sont à l’origine du « processus de socialisation ». Les faits sociaux se caractérisent par l’intensité de la contrainte ainsi que leur capacité coercitive.
Comment étudier les faits sociaux ? : il faut « traiter les faits sociaux comme des choses »[2]. Pour arriver à traiter la société, il faut s’obliger à traiter les faits sociaux comme des choses, c‘est à dire comme un objet. C’est ensemble des réactions que l’on peut étudier.
C’est un objet à distance que l’on peut qualifier parce qu’il a des caractéristiques que l’on peut designer et que l’on peut inventorier. La distance permet d’introduire des méthodes d’analyse scientifique pour passer à l’analyse en elle-même. On traite les phénomènes en qualité de donnée.
Dès lors, qu’est-ce qui fait société ? Les faits sociaux sont le résultat de la vie en société, et en particulier de représentations.
Il faut opposer deux niveaux à savoir les représentations individuelles et les représentations collectives. Les représentations individuelles (ou « prénotions ») sont le contraire de la réalité, c’est l’interprétation au niveau subjectif de notre environnement. Il faut aller au-delà des représentations personnelles pour analyser les représentations collectives.On désigne par ce terme les représentations que l’individu se construit par l’interaction avec son environnement. Elles constituent un tout cohérent et personnel et lui servent à organiser son action. Elles sont « propres à chaque individu, sont variables et emportées dans un flot ininterrompu. […] (Elles)ont pour substrat la conscience de chacun… »[3]. Cependant, elles ne permettent pas une évaluation objective des faits sociaux. Les représentations collectives constituent les faits sociaux. Si la société se représente cela permet de se définir en tant qu’un ensemble. Cela permet de mettre en avant les faits sociaux. Ces représentations sociales intègrent des aspects collectifs et individuels.
Le crime, selon Durkheim, a une fonction dans la société, il est par conséquent normal. Bien qu'il soit non-conforme aux normes sociales, il est présent dans toutes les sociétés, ce qui fait de lui un phénomène normal. De plus, « le tort qu'il fait à la société est annulé par la peine, si elle fonctionne régulièrement ». Il est donc possible de juger le bon fonctionnement d'une société selon la répression exercée sur les crimes car rationnel d’un point de vue individuel exprimant une fonction sociétale car l’individu fait partie d’un collectif.
Les formes de la solidarité sociale
Ce qui est fondamental est de travailler sur l’organisation de la collectivité. Qu’est-ce qui se joue dans nos sociétés modernes ? À la fois, l’individu réclame une indépendance dans son espace social même en faisant parti d’une société, mais paradoxalement il dépend encore plus de la société.
Une société peut fonctionner sur l’anomie. Dans toute société, il y a à des moments donnés, des conjonctures de l’ordre de l’effondrement. C’est une phase catastrophique des sociétés, entrainées par un devenir qu’elles ont elles-mêmes suscitées par le déterminisme du progrès et de la production industrielle. C’est une concept très intéressent car il y a des moments ou nous ne sommes plus dans des mouvements de développement linéaire, il y a des moments obscures ou l’on peut penser le passé sans pouvoir y retourner. Il réinterroge la question de la temporalité liée à la structuration sociale.
Durkheim distingue deux types de solidarités sociales à savoir la solidarité mécanique et la solidarité organique, à savoir :
- la solidarité mécanique est une société ou les individus sont semblables en cela qu’ils partagent tous, d’une même manière et suivant une même intensité, les éléments constituant la conscience commune. En d’autres termes c’est une société traditionnelle ou tous les individus sont semblables et partagent une conscience commune.
- la solidarité organique repose sur la différenciation des tâches et des individus qui les accomplissent ; sur l’existence de sous-groupes spécialisés. À l’intérieur du groupe social on donne libre champ à l’existence de l’individu entendu comme source autonome de pensée et d’action. La société moderne est une société qui va se construire sur la différenciation des tâches. C’est le contraire de la société mécanique. Nous ne sommes pas solidaire sur les mêmes fonctions même sur les tâches différentes qui engagent une question de l’échange. Il peut exister des sous-groupes qui offrent des temporalités différentes et des champs de connaissances différentes. On trouve des groupes sociaux différents qui peuvent donner libres champs à l’individu lui donnant une autonomie qui lui donne un droit d’existence.
La place du fait religieux
Durkheim marque l’importance cruciale des phénomènes religieux dans la sociologie. Il va dire que les faits religieux ont toujours été importants. De plus nous sommes dans un monde qui se sécularise
La religion sert dans la création de liens sociaux. Non seulement, elle assure que tout le monde ait les mêmes croyances, mais elle assure aussi que tout le monde a la même moralité et que les pensées des individus restent assez uniformes. Dans ce sens-là, la religion assure l'intégration des individus dans un groupe.
Même s’il y a perte de la religiosité, il faut faire attention au fait que le religieux peut subsister toutefois. Le fait religieux permet toujours d’expliquer le fait social notamment la sécularisation du monde social car le religieux subsiste au-delà même de la perte de la religion. Le fait religieux ne disparaît pas même si nous sommes dans une société laïque car les comportements restent guidés par des morales d’essence religieuse. La religion est un fait structurant moral. La « criminalité religieuse » est le crime contre les choses collectives (l’autorité publique, les mœurs, les traditions, la religion). Le crime religieux est la première forme de crime dans une société en développement. C'est une atteinte au sacré. On ne s’échappe pas des valeurs morales qui proviennent du religieux.
La théorie de la socialisation
Durkheim élabore la théorie de la socialisation selon deux processus. L’intégration sociale est la conscience, la croyance et les pratiques commune (société religieuse), ce sont les interactions avec les autres (société domestique), les buts commun (société politique). Cela fabrique de la cohésion sociale. Pour faire société, il faut définir des valeurs communes liées à un processus d’intégration social. Le processus d’intégration relativise la liberté de l’individu par rapport aux valeurs qu’il a intégré. De plus cela créé de la cohésion sociale. D'autre part, la régulation sociale est le fait qu'il faut pourvoir la collectivité de règles, cela fait référence au rôle modérateur joué par la société, c’est à dire à l’autorité morale qu’elle exerce sur les individus. Les interactions entre les membres du groupe s’organisent autour d’une hiérarchie sociale et de règles convenues et adoptées. En d’autres termes, c’est l’intégration des normes de société qui permet de gérer ses passions de façon modérées. Ainsi au niveau des structures, des façons de faire et des représentations peut se construire l’action.
Durkheim décrit les caractéristiques qui permettent de reconnaître une société modernes à savoir des buts communs, des principes de justice, de la symbolique et de la solidarité entre les individus (solidarité organique). Tous ces éléments permettent la création d’une théorie de la société et du changement social.
En s’interrogeant sur le suicide, Durkheim défend l'idée selon laquelle le suicide est un fait social à part entière – il exerce sur les individus un pouvoir coercitif et extérieur. À partir de là, il cherche à le caractériser. Il est déterminé par des raisons relevant de l'intime et du psychologique. Il est également éclairé par des causes sociales, des déterminants sociaux. Pour Durkheim, il faut sortir de l’analyse personnelle du suicide et pour cela il faut l’étudier comme un fait social.
Durkheim distingue plusieurs raisons au suicide. Le suicide altruiste est le fait que l’individu se considère dans l’impossibilité de remplir ses devoirs, le suicide égoïste est le refus d’exister par rapport à des normes sociales, le suicide anomique est l'impossibilité d’arriver à exister dans un système très complexe ou il est doté de responsabilité qu’il ne peut pas assumer. Cela renvoi à la manière dont la société exacerbe les contradiction et le suicide fataliste intervient dans les cas d'excès de régulation, la vie sociale est extrêmement réglée, les marges de manœuvre individuelles sont réduites. Le contrôle social ainsi que les normes sont trop importantes à supporter.
Pour conclure, d'une part, le suicide est bien un fait social qui se produit par un défaut de socialisation ; d'autre part, la société a du mal à produire de la socialisation.
Pierre Bourdieu : pour une théorie politique du monde social
Pierre Bourdieu : 1930 - 2002
Bourdieu a effectué son service militaire en Algérie en 1958. Il va se passionner pour l’Algérie est pointer quelque chose de fondamentale à savoir l’écart entre le discours et la réalité. Au fond, le champ des sciences-sociales et un domaine où il faut porter une attention toute particulière à la relation entre le discours et la réalité.
Pour analyser les relations entre la parole et les faits, Bourdieu s’est engagé dans la sociologie. Sa pensée a exercée une influence considérable dans les sciences humaines et sociales. Son œuvre sociologique est dominée par une analyse des mécanismes de reproduction des hiérarchies sociales. En étudiant l’Algérie et la société kabyle traditionnelle, il va faire le passage à la sociologie, puis il va étudier les groupes sociaux en élaborant une théorie politique et prendre des positions altermondialiste.
Parmi ses écrits majeurs, il y a Le déracinement publié en 1964, ouvrage dans lequel il étudie l’effet du déracinement sur la population algérienne et montre les effets déstructurant de ce processus. Est publié en 1979 La distinction, critique sociale du jugement, Le sens pratique en 1980, La misère du monde en 1993 et La domination masculine en 1998.
Il va construire une théorie qui s’articule sur la sociologie, la philosophie et la politique. En 1980, il est titulaire de la chaire de sociologie au Collège de France. Dès lors, il critique la mondialisation et se rapproche des mouvements altermondialistes.
Le concept d’habitus
L'habitus est le fait de se socialiser dans un peuple traditionnel, définition qui est résumée comme un "système de dispositions réglées". Il permet à un individu de se mouvoir dans le monde social et de l'interpréter d'une manière qui d'une part lui est propre, qui d'autre part est commune aux membres des catégories sociales auxquelles il appartient.
L’ensemble des traits et des propriétés résultant de l’appropriation de certains savoirs et expériences. Cela fabrique des comportements, des habitudes, des réflexes. Nous sommes régulés par une historicité qui va contracter les différentes expériences.
L’habitus primaire est constitué des dispositions les plus anciennement acquises et donc les plus durables tandis que l’habitus secondaire renvoie à l’habitus scolaire, l’habitus familial et l’habitus professionnel.
L'habitus est une structure interne toujours en voie de restructuration. Elle est dynamique et détient la fonction de ressentir les choses et d’agir. L’individu est déterminé par des modèles de comportement intégrés pendant les différents processus de socialisation et part son expérience ; il agit par référence à des situations qui ont existé : c’est l’habitus. Cependant, on n’a pas toujours conscience de la façon dont on agit. On ne peut nécessairement savoir que tous les actes sont déterminés en nous.
Les dispositions de l’habitus sont transposables, systématiques et présentes ; elles fabriquent un système rendant nos pratiques tendancielles qui assoie une cohérence dans nos comportements. Bourdieu le compare à un programme informatique qui assure des fonctions. Par contre la machine humaine peut avoir des ratés, c’est ce qui la différencie des ordinateurs : il peut y a voir des blocages, des contradictions voir des incohérences.
Il y a deux processus de socialisation, l'un primaire qui est est celui qui à lieu pendant l’enfance (famille, école) et qui renvoient aux dispositions les plus anciennes, et secondaire qui est est celui qui va de l’adolescence à la fin de la vie (travail, collègues professionnel, etc.). Elle se greffe sur l’habitus primaire.
L’habitus est une structure interne toujours en mouvement et en voie de restructuration. Dans l’habitus il y a des dimensions collectives qui engendrent des conflits de générations relevant d’un conflit d’habitus. Les plus jeunes fonctionnent avec les modèles parentaux mais aussi ont intégrés de la souplesse qui se heurte aux valeurs des anciens.
Bourdieu fait la distinction entre deux types de mouvements d’habitus. D'une part déclassé qui est le transfert social d’habitus descendant: problème d’adaptation social et d'autre part parvenu qui est le transfert d’habitus ascendant. Cependant, la reproduction sociale met à mal les conflits d’habitus. Dans les questions d’éducation et de conditionnement de classe il y existe des habitudes de classe (comportements de classe, expérimentions).
Bourdieu en dégage une analyse sociétale en affirmant qu’il y a des habitus de classe se référençant à des dimensions différentes.Il existerait un habitus de classe en contradiction qui engage une interprétation de la société comme une espace social de la conflictualité. Cela donne lieu est des problèmes de conflictualité dans un espace social multidimensionnel qui est un espace social conflictuel.
Champ social et conflictualité : entre reproduction et distinction
On considère le fait social comme quelque chose du type système[Mal dit] pris entre synthétisation et rassemblement ou d’affrontement « on représente le monde social sous la forme d’une espace à plusieurs dimensions construit sur la base de principes de différenciation ou de distribution constituées par l’ensemble des propriétés agissantes dans l’univers social considéré. Les agents et les groupes d’agents sont ainsi définis par leurs positions relatives dans cet espace »[4]. En d'autres termes, la distribution est réglée par un ensemble de principes, où les agents et les groupes sont définis selon leur position relative. Tout cela bouge selon les conjonctures. C’est un espace qui se construit à partir de capitaux différents.
Les fondements des groupes sociaux reposent sur la « théorie des capitaux » qu'il est possible de distinguer entre :
- le capital humain est l'ensemble des aptitudes, talents,qualifications, expériences accumulées par un individu et qui déterminent en partie sa capacité à travailler ou à produire pour lui-même ou pour les autres ;
- le capital économique : constitué par les différents facteurs de production et l’ensemble des biens économiques ;
- le capital culturel : correspond à l’ensemble des valeurs, des qualifications intellectuelles, soit produites par le système scolaire, soit transmises par la famille ;
- le capital social se définit comme l’ensemble des relations sociales dont dispose un individu ou un groupe ;
- le capital symbolique : correspond à l’ensemble des rituels liés à l’honneur et à la reconnaissance.
Bilan de la pensée bourdieusienne
Sa théorie définit la société comme un lieu de conflictualité dans laquelle l’enjeu fondamental dépend de la gestion des forces. Il décrit une société conflictuelle qui ne signifie pas forcément qu’il y ait de la violence. Les groupes sociaux vont se déterminer en fonction des capitaux tandis que les capitaux peuvent s’adjoindre ou s’opposer
Bourdieu développe une analyse post-marxisme dans laquelle la possession du capital économique prédomine les autres capitaux. Les oppositions sociales sont déterminées entre ceux qui possèdent le plus et le moins de capitaux.
Les agents sociaux se distribuent les capitaux selon une double logique à savoir par une hiérarchisation des groupes sociaux selon le volume de capital dont ils disposent et par une distinction selon la structure du capital, c’est-à-dire l’importance respectives des deux espèces de capital dans le cumule total de leur capital
Le monde social est un champ d’antagonismes et de processus de différenciation, c’est aussi un marché dans lequel on peut jouer. Chacun joue de ses possibilités pour accroitre son capital ou empêcher les autres d’en acquérir. L’enjeu est d’accumuler. Les agents sociaux cherchent toujours à maintenir ou à accroitre le volume de leur capital et donc à maintenir ou à améliorer leur position sociale, d'autre part, les mécanismes de conservation de l’ordre social prédominent en raison de l’importance des stratégies de reproductions.
Chaque classe à ses propres spécificités :
- la classe dominante a un capital économique et/ou culturel fourni. Il y a donc des tensions au sein de ce groupe selon quel capital est le plus fourni.
- la petite bourgeoisie trouve son unité dans sa volonté d’ascension sociale mais est traversée par des clivages ainsi que des contradictions selon la dotation en capital.
- enfin, les classes populaires sont caractérisées par leur dépossession financière et culturelle.
La position des agents sociaux dans un champ est dépendante de leur position de leur position dans l’espace social. On peut donc analyser une classe politique selon sa position sociale.
Il y a des stratégies qui sont mises en œuvres par les agents sociaux pour la conservation ou l’appropriation du capital. La reproduction sociale désigne le phénomène sociologique d'immobilisme social intergénérationnel. Ce terme décrit une pratique sociale relative à la famille, consistant à maintenir une position sociale d'une génération à l'autre par la transmission d'un patrimoine, qu'il soit matériel ou immatériel.
Parmi les stratégie d’investissement, on distingue :
- stratégies d’investissement biologique ;
- stratégies successorales (mariage) ;
- stratégies éducatives ;
- stratégies économique ;
- stratégies symbolique.
L’efficacité des stratégies de reproduction dépend des instruments de reproduction mis à la disposition des agents qui se modifient avec l’évolution structurelle de la société. La société est une contradiction entre conservateurs et ceux qui veulent la faire évoluer.
Le pouvoir
Le concept de « dépossession » c'est : « Le champ de production politique est le lieu, inaccessible au profanes, ou se fabriquent, dans la concurrence entre professionnels qui s’y trouvent engagés, des formes de perception et d’expression politiquement agissantes et légitimes qui sont offertes aux citoyens ordinaires, réduits au statut de consommateur ». La politique est un champs qui se définit comme un métier politique qui est inaccessible au profane. Au contraire il a pour objet de l’exclure pour garder le pouvoir.
Dans les sociétés post-moderne, le politique est une affaire de professionnels donc inaccessible au « profane ». Le clientélisme dans une optique de consommation électorale, tout tout consommateur, le consommateur est conditionné par la consommation faisant que la politique est un marché dont il faut fidéliser les clients. Ainsi, les plus pauvres sont dans les dénis faisant qu'il y a une concentration du capital dans les mains d’une « élite politique ».
Pour faire de la politique il faut détenir un habitus particulier, c'est-à-dire concentrer de capitaux spécifiques ce qui permet la mise en place d'un ensemble de valeurs à partager entre politiciens. La politique est lieu de fabrication d’un savoir transmissible.
On distingue deux caractéristiques, à savoir qu'il y a un divorce sociétal et que la politique devient un « jeu » ce qui fait qu'il y a une solidarité de fait entre les initiés politiques. On distingue également deux capitaux politiques que son le capital personnel de « notoriété » fondé sur le fait d’être connu et reconnu dans sa personne et le capital délégué d’autorité politique : produit d’un transfert limité et provisoire (le mandat politique).
Bourdieu démontre que selon son hypothèse, la politique moderne est un marché qui subit les lois du marché avec des phénomènes de concentration de capitaux, d’exclusion, de fabrication de techniques et de discours politiques à savoir des langages autonomes que personne ne peut comprendre.
Annexes
- G. Desaunay. P. Bourdieu et A. Sayad : Le déracinement. La crise de l'agriculture traditionnelle en Algérie, Tiers-Monde, 1966, vol. 7, n° 27, pp. 650-651.
Références
- ↑ Kermoal, B. (2012). Un deuil de guerre: André Durkheim, décembre 1915. Enklask.hypotheses.org. Retrieved 30 September 2015, from http://enklask.hypotheses.org/563
- ↑ E. Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, Paris, Flammarion, 1988, p.95.
- ↑ Moscovici, Des représentations collectives aux représentations sociales, p. 63, in Jodelet D., Les représentations sociales, coll. Sociologie d’aujourd’hui, P.U.F. 1989.
- ↑ Bourdieu, P. (1984). Espace social et genèse des "classes". Actes De La Recherche En Sciences Sociales, 52(1), 3-14. doi:10.3406/arss.1984.3327
