« Violencia política y práctica de la seguridad » : différence entre les versions

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#Guerrilla, etc.
#Guerrilla, etc.
   
   
= La guerre : comment ? =
= La guerra: ¿cómo? =
L’idée n’est pas de se demander pourquoi certaines guerres ont lieu à un moment donné et pas à un autre, voire à se demander pourquoi certaines guerres n’ont pas eu lieu alors qu’on aurait pu croire qu’elles allaient commencer. Dans les peace and conflict studies, on se pose la question des déterminants des conflits pour comprendre dans quelle situation on peut voir une guerre émerger, pourquoi dans certaines situations une guerre n’a pas émergé.  
La idea no es preguntarse por qué algunas guerras ocurren en un momento y no en otro, o incluso preguntarse por qué algunas guerras no ocurrieron cuando uno podría pensar que iban a comenzar. En los estudios sobre la paz y los conflictos, nos preguntamos sobre los determinantes del conflicto para comprender en qué situación se puede ver emerger una guerra, por qué en ciertas situaciones no ha surgido una guerra.  


Nous allons chercher à comprendre quelles sont les conditions de possibilités structurelles de la guerre, c’est-à-dire ce qui rend possible la guerre dans l’absolu. Comment les êtres humains quelque soit l’aire régionale, quelque soit l’époque, quelles sont les conditions qui rendent le phénomène de guerre possible. Si on pose la question ainsi, on ne pose plus la question de savoir pourquoi la Première guerre mondiale commence en 1914 et pas en 1915, on ne pose plus la question de savoir pourquoi il n’y a pas eu de Troisième guerre mondiale, mais on pose la question de savoir quelles sont les conditions permissives, donc les conditions de possibilités qui ont permis la guerre et d’en faire une pratique qui nous semble aujourd’hui permanente et universelle, mais qui aussi ne l’est pas. Quelles sont les conditions sine qua non de la « guerre » ? En d’autres termes, quelles sont les conditions nécessaires de la guerre, comment une guerre est possible et pourquoi et comment une guerre a été impossible et pourquoi ?
Intentaremos comprender cuáles son las condiciones de las posibilidades estructurales de la guerra, es decir, qué es lo que hace posible la guerra en lo absoluto. Cómo los seres humanos, cualquiera que sea la región, cualquiera que sea el período, qué condiciones hacen posible el fenómeno de la guerra. Si hacemos la pregunta de esta manera, ya no preguntamos por qué empezó la Primera Guerra Mundial en 1914 y no en 1915, ya no preguntamos por qué no hubo una Tercera Guerra Mundial, sino que nos preguntamos cuáles son las condiciones permisivas, es decir, las condiciones de posibilidades que permitieron que la guerra se desarrollara y hacer de ella una práctica que hoy nos parece permanente y universal, pero que no lo es. ¿Cuáles son las condiciones sine qua non para la "guerra"? En otras palabras, ¿cuáles son las condiciones necesarias para la guerra, cómo es posible la guerra y por qué y cómo y por qué era imposible la guerra y por qué?


== La guerre selon Hedley Bull ==
== La guerra según Hedley Bull ==
Hedley Bull est souvent identifié à l’école britannique des relations internationales. Dans ''The Anarchical Society'' publié en 1977, Bull postule que la guerre est « organized violence carried on by political units against each other ». Cette définition souligne un certain nombre de choses importantes :
Hedley Bull es a menudo identificado en la Escuela Británica de Relaciones Internacionales. En The Anarchical Society publicado en 1977, Bull postula que la guerra es "violencia organizada llevada a cabo por unidades políticas entre sí". Esta definición destaca una serie de cosas importantes:
*la guerre est une relation entre des unités politiques, mais ces unités politiques ne sont pas nécessairement des États. En relations internationales, on considère souvent que l’État moderne n’a pas toujours existé, mais a émergé progressivement au XVIème siècle et XVIIème siècle avec les traités de Westphalie en 1648. C’est le moment où le principe de souveraineté étatique devient un principe de territorialité. Les États, les souverains, monarques et empereurs d’Europe voient leur pouvoir territorialisé, limité à un territoire avec des frontières claires. Si on considère que c’est bien 1648 qui voit l’État moderne progressivement édifier, la définition de Bull implique que la guerre a pu exister bien avant avec des cités-États, des empires, les bandes armées qui, si elles sont considérées comme des unités politiques, peuvent avoir des unités de guerre ;
*La guerra es una relación entre unidades políticas, pero estas unidades políticas no son necesariamente estados. En las relaciones internacionales, a menudo se considera que el Estado moderno no siempre existió, pero surgió gradualmente en los siglos XVI y XVII con los tratados de Westfalia en 1648. Este es el momento en que el principio de soberanía estatal se convierte en un principio de territorialidad. Los estados, soberanos, monarcas y emperadores de Europa ven su poder territorial limitado a un territorio con fronteras claras. Si consideramos que es en efecto 1648 cuando el Estado moderno se va construyendo gradualmente, la definición de Bull implica que la guerra puede haber existido mucho antes con las ciudades-estado, los imperios, las bandas armadas que, si se consideran como unidades políticas, pueden tener unidades de guerra;
*la guerre est dite une « violence organisée ». Ce n’est pas une violence désorganisée, désordonnée et spontanée découlant d’une proposition supposée des individus à avoir un recours à la violence dans telle ou telle situation, mais cela est une violence organisée avec des forces armées dans le cadre des États modernes. Dans la confrontation, historiquement sur un champ de bataille entre forces armées, cette confrontation est elle-même organisée. Avant même la bataille, les commandants vont se rencontrer pour se mettre d’accord sur un endroit où la bataille va avoir lieu ainsi que du moment où elle va avoir lieu, les formes selon lesquelles la guerre peut être considérée comme légitime et illégitime, et ensuite, pendant la bataille, on va voir des unités militaires se déployer, se confronter en rang serré et cela de manière plus ou moins organisée. La dimension d’organisation est importante à comprendre. Si on pose la question de la condition nécessaire pour qu’il y ait guerre, selon la définition de Bull, il faut comprendre le mode d’organisation des sociétés, le degré d’organisation des sociétés politiques et que selon la nature et du degré d’organisation de ces sociétés politiques, il peut et il ne peut pas avoir guerre. Pour comprendre la guerre, il faut d’abord comprendre les modes d’organisation des sociétés politiques susceptibles de s’engager dans ces types de pratiques.
¨*la guerra se llama "violencia organizada". No se trata de violencia desorganizada, desordenada y espontánea derivada de una supuesta propuesta de los individuos de recurrir a la violencia en una situación particular, sino de violencia organizada con las fuerzas armadas en el contexto de los Estados modernos. En la confrontación, históricamente en un campo de batalla entre las fuerzas armadas, esta confrontación está organizada. Incluso antes de la batalla, los comandantes se reunirán para acordar el lugar y el momento de la batalla, las formas en que la guerra puede considerarse legítima e ilegítima, y entonces, durante la batalla, veremos cómo se despliegan las unidades militares y nos enfrentaremos unas a otras de una manera más o menos organizada. La dimensión organizacional es importante de entender. Si hacemos la pregunta de la condición necesaria para que se produzca la guerra, según la definición de Bull, debemos entender la forma en que se organizan las sociedades, el grado de organización de las sociedades políticas y que, dependiendo de la naturaleza y el grado de organización de estas sociedades políticas, puede y no puede haber guerra. Comprender la guerra requiere entender las formas en que las sociedades políticas pueden organizarse para participar en este tipo de prácticas.


== Organisation ==
== Organización ==
En science politique, il n’y a pas de définition consensuelle et unique de ce qu’est une organisation, mais nous pouvons définir une organisation comme un arrangement d’activités sociales qui implique un contrôle actif sur des relations humaines ordonnées sciemment pour atteindre un but. C’est-à-dire qu’une organisation impose des formes particulières aux relations sociales entre les hommes, généralement elle implique un principe de hiérarchie entre les individus au sein de l’organisation, bien souvent cette hiérarchie a un soubassement matériel au travers d’organigrammes, de lois, des règles écrites de façon à leur donner une existence tangible, mais cela n’est pas nécessaire, car il peut y avoir des organisations qui n’ont pas d’organigramme défini par l’organisation elle-même.
En la ciencia política, no existe una definición consensuada y única de lo que es una organización, pero podemos definir una organización como un arreglo de actividades sociales que involucra un control activo sobre las relaciones humanas que están deliberadamente ordenadas para lograr una meta. Es decir, una organización impone formas particulares a las relaciones sociales entre hombres, generalmente implica un principio de jerarquía entre los individuos dentro de la organización, muy a menudo esta jerarquía tiene una base material a través de organigramas, leyes, reglas escritas de tal manera que les da una existencia tangible, pero esto no es necesario, porque puede haber organizaciones que no tienen un organigrama definido por el organigrama.


[[Fichier:Discurso funebre pericles.PNG|thumb|300px|alt=Tableau montrant Périclès durant son oraison funèbre.|Périclès durant son oraison funèbre.]]
[[Fichier:Discurso funebre pericles.PNG|thumb|300px|alt=Tableau montrant Périclès durant son oraison funèbre.|Périclès durant son oraison funèbre.]]


En ce sens, les organisations impliquent généralement des relations différentes de celles des groupes primaires qui sont présumées spontanées, non planifiées ou informelles comme, par exemple, dans le cadre de la famille ou encore dans celui d’un clan. Dans la sociologie générale, un groupe primaire est les groupes fondés sur le fait que chaque individu partage des mêmes référents notamment culturels partage les mêmes croyances, le même sens de solidarité au sein du groupe ainsi qu’une culture commune qui implique une socialisation comme la famille, le clan, la communauté villageoise. Une organisation relève beaucoup plus d’un principe de différenciation, ce n’est pas le fait que les individus au sein de l’organisation ont le même rôle ou la même croyance qui fait la solidité d’une organisation, mais ce qui fait la socialisation est le fait que chacun connaisse sa place. Une organisation implique des relations différentes, parce que hiérarchisée, organisée et parce que visant un but précis. Dans la doctrine militaire américaine, il est clairement stipulé qu’il faut « The Army's mission is to fight and win our Nation's wars ». Il y a un objectif explicite écrit qui est l’une des caractéristiques que de formuler explicitement une organisation ce qui n’est pas le cas des groupes primaires.  
En este sentido, las organizaciones generalmente involucran relaciones que son diferentes a las de los grupos primarios que se presumen espontáneas, no planificadas o informales, como en el contexto de una familia o un clan. En la sociología general, un grupo primario son los grupos basados en el hecho de que cada individuo comparte los mismos referentes, particularmente culturales, que comparten las mismas creencias, el mismo sentido de solidaridad dentro del grupo, y una cultura común que implica socialización como la familia, el clan, la comunidad del pueblo. Una organización tiene mucho más que ver con un principio de diferenciación, no es el hecho de que los individuos dentro de la organización tengan el mismo papel o la misma creencia lo que hace fuerte a una organización, sino que lo que hace fuerte a la socialización es el hecho de que todos conocen su lugar. Una organización implica relaciones diferentes, porque es jerárquica, organizada y orientada a objetivos. La doctrina militar estadounidense dice claramente que "la misión del ejército es luchar y ganar las guerras de nuestra nación". Existe un objetivo escrito explícito que es una de las características de formular explícitamente una organización que no es el caso para los grupos primarios.  


Sans organisation complexe et hiérarchique, c’est-à-dire aussi contraignante et éventuellement coercitive, il ne peut pas y avoir de guerre. En d’autres termes, entre individus que nous sommes étant a priori pas organisés, il ne peut y avoir de guerre parce que la guerre nécessite des organisations complexes avec un principe de différenciation, des fonctions imposées par une hiérarchie fondée notamment sur la contrainte et dont nombre d’aspects sont sanctionnés par des mesures disciplinaires.  
Sin una organización compleja y jerárquica, es decir, sin una organización también vinculante y posiblemente coercitiva, no puede haber guerra. En otras palabras, entre individuos que somos a priori desorganizados, no puede haber guerra porque la guerra requiere organizaciones complejas con un principio de diferenciación, funciones impuestas por una jerarquía basada en la coerción y muchos aspectos de las cuales son castigados con medidas disciplinarias.  


Il y a trois histoires sur les organisations sociales et la guerre :
Hay tres historias sobre organizaciones sociales y la guerra:
#mobilisation : le problème de l’action collective ;
#Movilización: el problema de la acción colectiva;
#l’usage de la violence : le problème de la contrainte et de la coercition ;
#El uso de la violencia: el problema de la coacción y la coerción;
#le but collectif : problème de l’unité.
#El objetivo colectivo: el problema de la unidad.


=== Mobilisation ===
=== Movilización ===
Le problème de l’action collective est un principe qui avait été défini par Mancur Olson dans les années 1960. Le problème de l’action collective est le fait que si parmi un groupe d’individus tout le monde a un intérêt individuel à ce qu’il y ait une action collective comme une mobilisation syndicale, une grève, également une guerre, ce n’est pas parce que chacun y a individuellement intérêt que cette mobilisation va avoir lieu.  
El problema de la acción colectiva es un principio que fue definido por Mancur Olson en la década de 1960. El problema de la acción colectiva es el hecho de que si todos en un grupo de individuos tienen un interés individual en la acción colectiva, como la movilización sindical, una huelga o incluso una guerra, no es porque todos tengan un interés individual que esta movilización tendrá lugar.  


[[File:Conseil Tenu par les Rats.jpg|thumb|200px|left|Conseil Tenu par les Rats.]]
[[File:Conseil Tenu par les Rats.jpg|thumb|200px|left|Conseil Tenu par les Rats.]]


Dans le conseil tenu par les rats tirés d’une fable de La Fontaine, les rats tiennent un conseil parce qu’ils sont menacés par un chat qui veut les dévorer un à un. Face à cette menace, les rats se rendent compte qu’ils ont tous individuellement à faire quelque chose. S’ils ne font rien, ils sont menacés en tant que groupe et en tant qu’individu. La solution proposée est de mettre une cloche autour du cou du chat permettant aux rats d’être prévenus et de fuir. Se pose la question de qui va mettre une cloche autour du chat sachant que le rat qui va le faire va prendre un risque conséquent. Individuellement, dans le conseil, personne n’a envie de prendre le risque. Certes, si ils ne mettent pas cette cloche autour du chat ils vont tous mourir à terme, mais si un rat se propose lui-même de mettre la cloche autour du rat il risque de mourir immédiatement.  
En el consejo dado por las ratas de una fábula de La Fontaine, las ratas tienen un consejo porque están amenazadas por un gato que quiere comerlas una a una. Frente a esta amenaza, las ratas se dan cuenta de que todas tienen que hacer algo individualmente. Si no hacen nada, se ven amenazados como grupo e individual. La solución propuesta es poner una campana alrededor del cuello del gato para que las ratas puedan ser advertidas y huir. Surge la pregunta de quién va a hacer sonar una campana alrededor del gato sabiendo que la rata que va a hacerlo correrá un riesgo consecuente. Individualmente, nadie en la junta está dispuesto a correr el riesgo. Por supuesto, si no hacen sonar la campana alrededor del gato, todos morirán a la larga, pero si una rata se propone hacer sonar la campana alrededor de la rata, corre el riesgo de morir inmediatamente.  


C’est le problème du free rider, face à une mobilisation collective tout le monde a intérêt à faire quelque chose, en réalité chacun va vouloir que quelqu’un d’autre le fasse plutôt que de payer le coût et de prendre le risque. Le même phénomène se constate dans les phénomènes de grève et de mobilisation des travailleurs. La solution à ce problème est simple qui est celle de s’organiser. À partir du moment qu’il y a une organisation hiérarchique et contraignante, par exemple les syndicats face au patronat, dans le cadre des conflits armés, ce sont les armées, dans une guerre interétatique se sont les gouvernements, en se basant sur une autorité, un principe de discipline et de contrainte, on va sélectionner le rat qui sera obligé de mener l’action qui sera sélectionnée pour mener l’activité.  
Es el problema del jinete libre, enfrentándose a una movilización colectiva que todos tienen interés en hacer algo, en realidad todo el mundo querrá que alguien más lo haga en lugar de pagar el costo y arriesgarse. El mismo fenómeno se puede observar en los fenómenos de huelgas y movilización de trabajadores. La solución a este problema es simple: organizar. Desde el momento en que existe una organización jerárquica y vinculante, por ejemplo los sindicatos frente a los empleadores, en los conflictos armados, son los ejércitos, en una guerra interestatal los gobiernos, basados en la autoridad, un principio de disciplina y coerción, van a seleccionar la rata que se verá obligada a llevar a cabo la acción que se va a seleccionar para llevar a cabo la actividad.  


Lorsqu’il y a un dilemme de l’action collective, un intérêt individuel et collectif de mener une action, cela ne va pas dire qu’il va y avoir l’action puisqu’il faut une organisation. Si on regarde la guerre civile en Syrie, quelle est la situation ? On suppose qu’une majorité de syriens veut se débarrasser du dictateur Bachar Al Assad considérant pas simplement qu’il menace leur communauté. Il ne suffit pas d’avoir un intérêt individuel et collectif à cet objectif de se débarrasser d’un dictateur pour que quelqu’un se dévoue, accepte les sacrifices pour prendre les risques et payer les coûts liés à l’action collective. On suppose que ce n’est pas parce qu’il y un mécontentement interne pour qu’il y a ait un soulèvement militaire, il faut qu’il y ait une organisation qui soit capable d’imposer les choix que chacun estime être dans l’intérêt individuel, mais pour lequel personne ne veut prendre la responsabilité. En Syrie, il n’y avait pas une telle organisation ou plutôt qui était du côté de Bachar Al Assad. Ce sont des organisations qui vont progressivement apparaitre, la guerre ne va apparaitre, il ne va y avoir conflit armé qu’à partir du moment où il y a des organisations hiérarchiques et contraignantes qui vont imposer de combattre. L’armée syrienne libre va être créée à partir d’anciens soldats de Bachar Al Assad.  
Cuando hay un dilema de acción colectiva, un interés individual y colectivo en actuar, no va a significar que habrá acción porque tiene que haber una organización. Si miramos la guerra civil en Siria, ¿cuál es la situación? Se supone que la mayoría de los sirios quieren deshacerse del dictador Bachar Al Assad, considerando no sólo que amenaza a su comunidad. No basta con tener un interés individual y colectivo en esta meta de deshacerse de un dictador para que alguien se dedique, acepte sacrificios para tomar riesgos y pagar los costos de la acción colectiva. Se asume que no es porque exista un descontento interno de que se produzca una sublevación militar, que debe existir una organización capaz de imponer elecciones que todos creen que son lo mejor para los intereses individuales, pero de las que nadie quiere hacerse responsable. En Siria, no existía tal organización o más bien estaba del lado de Bachar Al Assad. Son organizaciones que irán apareciendo paulatinamente, no surgirá la guerra, sólo habrá conflicto armado cuando haya organizaciones jerárquicas y restrictivas que impongan la lucha. El ejército libre sirio será creado a partir de los antiguos soldados de Bachar Al Assad.  


Sans organisation capable de résoudre le dilemme de l’action collective, il ne peut pas y avoir de rat qui mette la cloche autour du cou du chat, il ne peut pas y avoir de grève systématique et efficace de la part des travailleurs face au patronat et il ne peut y avoir de soulèvement armé de la part d’une population face à un groupe armé, un gouvernement ou face à toute autre menace. Sans organisation, le problème de l’action collective ne peut pas être résolu et il ne peut y avoir d’action collective plus large, efficace. Le principe de la guerre selon Bull est de la violence organisée entre unités politiques agissant au nom d’un bien commun qui ne peut être servi que si le dilemme de l’action commune est résolu d’où l’importance de l’organisation.  
Sin una organización capaz de resolver el dilema de la acción colectiva, no puede haber ninguna rata que ponga la campana alrededor del cuello del gato, no puede haber una huelga sistemática y efectiva de los trabajadores contra los empleadores, y no puede haber una sublevación armada de la población contra un grupo armado, un gobierno o cualquier otra amenaza. Sin organización, el problema de la acción colectiva no puede resolverse y no puede haber una acción colectiva más amplia y eficaz. El principio de guerra según Bull es la violencia organizada entre unidades políticas que actúan en nombre de un bien común que sólo puede ser servido si se resuelve el dilema de la acción conjunta, de ahí la importancia de la organización.  


=== L’usage de la violence ===
=== El uso de la violencia ===
Le problème de la contrainte et de la coercition. Sur une ligne de front, ceux en première ligne sont quasiment sûrs de périr ne vont pas combattre s’il n’y a pas de contrainte et de discipline de la guerre. Il y a une organisation qui fait que les hommes restent debout et continuent à combattre même s’ils sont certains de périr plutôt que de reculer ou de fuir. Si la guerre est une forme de violence organisée par des unités politiques, soutenue dans le temps, à priori, la violence interindividuelle est un moment bien précis, une action ponctuelle alors que la guerre est une action dans le temps long qui impose une contrainte et un principe disciplinaire permanent qui fait que les individus qui prennent les risques principaux ne soient pas tentés de s’enfuir ou d’éviter le combat. Pour qu’il y ait usage de la violence systématique et organisée, il faut qu’il y ait un principe de contrainte qui s’impose sans quoi il ne peut pas y avoir de guerre.  
El problema de la coerción. En una línea de frente, los que están en la línea del frente están casi seguros de perecer no pelearán si no hay coerción y disciplina de guerra. Hay una organización que mantiene a los hombres en pie y luchando aunque estén seguros de perecer en lugar de retirarse o huir. Si la guerra es una forma de violencia organizada por unidades políticas, sostenida en el tiempo, entonces la violencia entre individuos es un momento muy específico, una acción puntual, mientras que la guerra es una acción a largo plazo que impone una limitación permanente y un principio disciplinario permanente, lo que significa que las personas que asumen los principales riesgos no están tentadas a huir o evitar el combate. Para que se utilice la violencia sistemática y organizada, debe haber un principio de coerción que sea esencial, de lo contrario no puede haber guerra.  


=== Le but collectif ===  
=== El objetivo colectivo ===  
Le problème de l’unité. La manière dont on s’imagine la guerre aujourd’hui est qu’on ne fait pas la guerre simplement en tant que loisir ou passe-temps, mais c’est une pratique orientée par un objectif politique et stratégique, or s’il n’y a pas d’organisation structurée et hiérarchique définissant la violence constitutive de la guerre, il y a un risque que le but collectif quel qu’il soit, s’émousse et que ce ne soit plus une guerre pour un but collectif, mais une violence individuelle pour des buts privés avec des risques multiples comme des risques de division intérieure.  
El problema de la unidad. La forma en que se imagina la guerra hoy en día es que la guerra no es sólo un hobby o pasatiempo, sino que es una práctica guiada por un objetivo político y estratégico, pero si no hay una organización estructurada y jerárquica que defina la violencia que constituye la guerra, existe el riesgo de que la meta colectiva de cualquier tipo se desdibuje y que deje de ser una guerra para uno.  


[[File:Allegorie du regne de Charles Quint 16th century.jpg|thumb|Allegory showing Charles Quint (center) enthroned over his defeated enemies (from left to write): Suleiman the Magnificent, Pope Clement VII, Francis I, the Duke of Cleves, the Duke of Saxony and the Landgrave of Hesse.]]
[[File:Allegorie du regne de Charles Quint 16th century.jpg|thumb|Allegory showing Charles Quint (center) enthroned over his defeated enemies (from left to write): Suleiman the Magnificent, Pope Clement VII, Francis I, the Duke of Cleves, the Duke of Saxony and the Landgrave of Hesse.]]


La guerre civile au Salvador dans les années 1980 et jusqu’au début des années 1990 mettait en face un État soutenu par les États-Unis dans le cas de la Guerre froide ainsi que des combattants socialistes soutenus par l’Union soviétique. Lorsque la guerre prend fin à la faveur de la fin de la Guerre froide et d’un accord politique trouvé entre les politiques et les groupes rebelles en 1993, on voit la violence augmenter. Il n’y a plus d’action de guerre puisque les unités politiques ne se combattent plus, mais le niveau de violence augmente. Les combattants qui jusque là s’étaient opposés dans le cadre de ce conflit entre guérilla socialiste et gouvernement étaient également payés directement par les gouvernements et les guérillas indirectement par les États-Unis et l’Union soviétique. À partir du moment qu’il y a un accord de paix, ils ne sont plus payés et vont utiliser la violence afin d’arriver à leur fin purement économique en tant que « salaire de substitution ».  
La guerra civil en El Salvador en los años ochenta y principios de los noventa enfrentó a un estado respaldado por Estados Unidos en el caso de la Guerra Fría contra los combatientes socialistas apoyados por la Unión Soviética. Cuando la guerra termina con el fin de la Guerra Fría y se alcanza un acuerdo político entre políticos y grupos rebeldes en 1993, la violencia aumenta. No hay más acciones bélicas porque las unidades políticas ya no se combaten entre sí, pero el nivel de violencia está aumentando. Los luchadores que previamente se habían opuesto entre sí en el conflicto entre la guerrilla socialista y el gobierno también fueron pagados directamente por los gobiernos y las guerrillas indirectamente por los Estados Unidos y la Unión Soviética. Tan pronto como se llegue a un acuerdo de paz, ya no se les paga y utilizarán la violencia para lograr su fin puramente económico como "salario sustitutivo".  


Pour comprendre la différence entre « violence interindividuelle » et « guerre », il faut comprendre que la guerre poursuit un objectif collectif. Est donc mis en place à un système de prédation économique et à un système de crime organisé. Pour que la guerre poursuive un but collectif, il faut une organisation qui reste focalisée sur le but collectif et qui ne poursuit pas un agenda privé.
Para comprender la diferencia entre "violencia interindividual" y "guerra", es necesario comprender que la guerra persigue un objetivo colectivo. Por lo tanto, se establece un sistema de depredación económica y un sistema de delincuencia organizada. Para que la guerra persiga un objetivo colectivo, debe haber una organización que siga centrada en el objetivo colectivo y no persiga una agenda privada.


== Approche critique ==
== Enfoque crítico ==
L’idée est aussi de remettre en question deux idées fréquentes et pourtant fausses venant de la philosophie et qui ont une signification spécifique en fonction des auteurs :
La idea es también cuestionar dos ideas comunes, aunque falsas, provenientes de la filosofía y que tienen un significado específico según los autores:
*l’état de nature défini par Hobbes dans le Léviathan en 1651 est {{citation|la guerre de tous contre tous}}. Cette citation a souvent été sortie de son contexte pour analyser les guerres civiles. En ce sens, c’est une absurdité puisque la guerre entendue dans le sens qu’on lui donne généralement et qu’on a illustré par la citation de Bull, cette guerre-là est impossible entre individus. La guerre de tous contre tous est une impossibilité empirique puisque ce ne sont pas les individus qui peuvent faire la guerre, mais l’agglomération d’individus à travers une organisation qui rend la guerre possible. Ce que décrit Hobbes est un rapport entre individus et en ce sens elle ne peut pas faire référence à la guerre telle qu’on l’entend.
*el estado de la naturaleza definido por Hobbes en Leviatán en 1651 es "la guerra de todos contra todos". Esta cita a menudo se ha sacado de contexto para analizar las guerras civiles. En este sentido, es absurdo ya que la guerra, entendida en el sentido generalmente dado a ella e ilustrado por la cita de Bull, es imposible entre individuos. La guerra de todos contra todos es una imposibilidad empírica porque no son los individuos los que pueden hacer la guerra, sino la aglomeración de individuos a través de una organización que hace posible la guerra. Lo que Hobbes describe es una relación entre individuos y en este sentido no puede referirse a la guerra tal como la entendemos.
*pour Héraclite, {{citation|La guerre est le père de toute chose, et de toute chose elle est roi}}. Avant la guerre, il n’y avait rien. Au commencement de la civilisation, au commencement de l’histoire, il y a la guerre. Or, cela est également impossible parce que les degrés d’organisation qu’avaient nombre de collectivités humaines avant le néolithique fait que la guerre telle qu’on l’entend aujourd’hui était tout simplement impossible, il n’y avait pas la possibilité de mener des actions de guerre tel qu’entendu aujourd’hui notamment par Hadley Bull.
*Para Heráclito,"La guerra es el padre de todas las cosas, y de todas las cosas es rey. Antes de la guerra, no había nada. Al principio de la civilización, al principio de la historia, hay guerra. Esto también es imposible, sin embargo, porque el grado de organización que muchas comunidades humanas tenían antes del Neolítico hacía que la guerra, tal como la entendemos hoy en día, fuera simplemente imposible, y no había posibilidad de llevar a cabo acciones bélicas como se había entendido hoy en día, en particular por Hadley Bull.


[[File:Piero della Francesca 021.jpg|thumb|center|400px|Battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II. Fresco by Piero della Francesca, ca. 1452|alt=Idealized painting of a battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II ca. 1452]]
[[File:Piero della Francesca 021.jpg|thumb|center|400px|Battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II. Fresco by Piero della Francesca, ca. 1452|alt=Idealized painting of a battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II ca. 1452]]


== « La guerre de tous contre tous » ==
== "La guerra de todos contra todos" ==
La violence de tous contre tous est possible, mais cela sera plutôt de la violence ponctuelle. Au lieu d’être soutenue dans le temps, où le taux d’attrition est élevé, la réaction spontanée et le plus naturel est de fuir. Tant qu’on est dans un rapport de tous avec tous, dans un rapport entre individus, un rapport de guerre permanente de tous contre tous est une impossibilité empirique.
La violencia de todos contra todos es posible, pero será más bien una violencia puntual. En lugar de sostenerse en el tiempo, donde las tasas de desgaste son altas, la reacción espontánea y más natural es huir. Mientras estemos en una relación de todos con todos, en una relación entre individuos, una relación permanente de guerra de todos contra todos es una imposibilidad empírica.


Randall Collins a essayé de montrer que les individus tendent à éviter la violence lorsqu’elle les menace, ils évitent de tuer, sont généralement peu enclins à se coordonner et s’organiser lorsque pris sous le feu y compris dans les situations de guerre les plus définis. Tant qu’il n’y avait pas la hiérarchie militaire coercitive, les soldats militaires tiraient en l’air, peut-être pour des problèmes de conscience ou pour espérer que l’ennemie fasse de même. Sans la hiérarchie, sans la discipline, la contrainte et l’organisation il n’y a pas de coercition. Si on sort la citation de guerre de tous contre tous de son contexte hobbesien, la guerre devient impossible. L’agression individuelle et l’égoïsme peuvent certes conduire à des bagarres, mais pas à des conflits armés. Dans le conflit armé, il y a une action soutenue dans le temps et l’idée de mort d’homme.  
Randall Collins ha tratado de demostrar que los individuos tienden a evitar la violencia cuando ésta les amenaza, evitan matar, por lo general se muestran reacios a coordinar y organizarse cuando son atacados incluso en las situaciones de guerra más definidas. Mientras no existiera una jerarquía militar coercitiva, los soldados militares dispararían en el aire, quizás por razones de conciencia o para esperar que el enemigo hiciera lo mismo. Sin jerarquía, sin disciplina, coerción y organización no hay coacción. Si sacamos la cita de guerra de su contexto hobbesiano, la guerra se vuelve imposible. La agresión individual y el egoísmo pueden conducir a la lucha, pero no al conflicto armado. En los conflictos armados, hay una acción sostenida en el tiempo y la idea de la muerte del hombre.  


C’est la socialité de l’homme, c’est la création d’organisation, de principes de discipline, fondés sur la coercition qui permet la guerre, non son égoïsme, qui permet la violence soutenue et de « haute-intensité ». Vu que la socialité est évolutive, explique aussi pourquoi la guerre ne peut être analysée comme une réalité immuable et naturelle, mais plutôt comme un mode de société.  
Es la socialidad del hombre, es la creación de organización, de principios de disciplina, basados en la coerción que permite la guerra, no el egoísmo, lo que permite la violencia sostenida y la "alta intensidad". Como la socialidad es evolutiva, también explica por qué la guerra no puede ser vista como una realidad inmutable y natural, sino más bien como un modo de sociedad.  


La guerre et les conflits armés sont des phénomènes sociaux, non des phénomènes naturels ou universels. Elles requièrent des organisations complexes, idéalement dotées d’administrations, bureaucratisées, avec des spécialisations fonctionnelles et de la professionnalisation. L’État est une forme d’organisation qui n’est pas universelle, mais c’est un principe d’organisation complexe, hiérarchique et disciplinaire. Les guerres entre États ont été les guerres les plus meurtrières et destructrices bien plus que les guerres qui ont précédé la création ou l’émergence historique de l’État. Nous avons donc besoin d’un regard sociologique, un regard qui s’intéresse à la socialisation des humains pour comprendre ce qui rend la guerre possible ou impossible.
La guerra y los conflictos armados son fenómenos sociales, no naturales ni universales. Requieren organizaciones complejas, idealmente dotadas de administraciones, burocráticas, con especializaciones funcionales y profesionalización. El Estado es una forma de organización que no es universal, pero es un principio de organización compleja, jerárquica y disciplinaria. Las guerras entre Estados han sido las guerras más letales y destructivas, mucho más que las guerras que precedieron a la creación o surgimiento histórico del Estado. Por lo tanto, necesitamos un punto de vista sociológico, que contemple la socialización de los seres humanos para comprender qué es lo que hace posible o imposible la guerra.


= La guerre : quand ? =
= La guerre : quand ? =

Version du 9 février 2018 à 00:27

Consideraremos la guerra como el punto de partida para las prácticas de seguridad. La guerra es una forma de violencia organizada. El punto de entrada es el nacimiento de la guerra, entendida ésta como un fenómeno histórico. A través de la guerra en Occidente, los estados se han estructurado alrededor de lo que significa hacer la guerra. Volveremos a una sociología histórica con Bourdieu, Tilly y Norbert Elias relatando cómo se formaron los estados occidentales en un largo proceso que permitió la concentración del poder a través de la guerra. Al librar una guerra, los estados se vuelven más poderosos, controlados por el estado y burocratizados. Estamos hablando del proceso de civilización de los estados. El Estado y la gestión de la violencia han sido elementos centrales para poder hablar hoy de seguridad.

Alegoría de la guerra de Jan Brueghel, supuestamente el joven.

La guerra no es necesariamente universalizable, no es algo natural y ahistórico. La guerra como forma de violencia política es históricamente fácil de ubicar como una forma de experiencia histórica en Europa y Occidente. Para comprender el fenómeno de la violencia en Europa, abordar un fenómeno europeo puede no ser la mejor herramienta para hacer frente a la violencia política en el mundo.

Propondremos un marco general de análisis. La idea es alternar consideraciones por un lado generales y teóricas y por otro lado mostrar que estas teorías no están ahí para verificar simplemente el conocimiento, sino para entender conflictos o situaciones de conflicto en prácticas particulares de seguridad y transformación. El objetivo es alternar estas consideraciones teóricas con estudios de casos muy prácticos como los conflictos en Siria y Afganistán.

La cuestión del "cómo" de la guerra es una cuestión de por qué tiene lugar una guerra particular en ese momento. A menudo nos preguntamos por qué, pero en este curso preguntaremos cómo. La guerra debe tener lugar en el tiempo y en la historia, en contraposición a la visión de que las guerras siempre han tenido lugar, y no han variado ni en su explicación ni en su realidad. La guerra se sitúa en el tiempo y desde este comienzo la guerra ha variado mucho, dice Clausewitz que la guerra es un camaleón que cambia de aspecto en el contexto, pero sigue siendo la misma en esencia.

El objetivo es examinar la práctica de la violencia organizada, no por su propio bien, sino para analizar mejor su contexto social e histórico. Lo que es importante entender es que al tratar de comprender la práctica de la violencia organizada, no busca entender la violencia en términos absolutos. La violencia organizada tiene sus propias dinámicas y lógicas que la distinguen de las formas de violencia e interindividuales, y las guerras y los conflictos armados no pueden ser entendidos sin un enfoque adecuado. Demuestra que la violencia organizada tiene sus propias lógicas que requieren herramientas específicas para entenderla.

Miramos no sólo a los conflictos armados, sino también a la "vida social" de los actores y organizaciones que los hacen posibles y/o participan en ellos. Hay un principio de limitación del tema, pero al mismo tiempo lo estamos ampliando ya que también nos ocuparemos de los actores que pueden utilizarlo, y también debemos entender cómo surgen estos actores. Cómo se despliega la violencia organizada en estas organizaciones. Así que vamos a estar interesados:

  • Prácticas de seguridad:
  1. Guerra;
  2. Policía;
  3. Información, etc.
  • Violencia política:
  1. Terrorismo;
  2. Resurrección;
  3. Guerrilla, etc.

La guerra: ¿cómo?

La idea no es preguntarse por qué algunas guerras ocurren en un momento y no en otro, o incluso preguntarse por qué algunas guerras no ocurrieron cuando uno podría pensar que iban a comenzar. En los estudios sobre la paz y los conflictos, nos preguntamos sobre los determinantes del conflicto para comprender en qué situación se puede ver emerger una guerra, por qué en ciertas situaciones no ha surgido una guerra.

Intentaremos comprender cuáles son las condiciones de las posibilidades estructurales de la guerra, es decir, qué es lo que hace posible la guerra en lo absoluto. Cómo los seres humanos, cualquiera que sea la región, cualquiera que sea el período, qué condiciones hacen posible el fenómeno de la guerra. Si hacemos la pregunta de esta manera, ya no preguntamos por qué empezó la Primera Guerra Mundial en 1914 y no en 1915, ya no preguntamos por qué no hubo una Tercera Guerra Mundial, sino que nos preguntamos cuáles son las condiciones permisivas, es decir, las condiciones de posibilidades que permitieron que la guerra se desarrollara y hacer de ella una práctica que hoy nos parece permanente y universal, pero que no lo es. ¿Cuáles son las condiciones sine qua non para la "guerra"? En otras palabras, ¿cuáles son las condiciones necesarias para la guerra, cómo es posible la guerra y por qué y cómo y por qué era imposible la guerra y por qué?

La guerra según Hedley Bull

Hedley Bull es a menudo identificado en la Escuela Británica de Relaciones Internacionales. En The Anarchical Society publicado en 1977, Bull postula que la guerra es "violencia organizada llevada a cabo por unidades políticas entre sí". Esta definición destaca una serie de cosas importantes:

  • La guerra es una relación entre unidades políticas, pero estas unidades políticas no son necesariamente estados. En las relaciones internacionales, a menudo se considera que el Estado moderno no siempre existió, pero surgió gradualmente en los siglos XVI y XVII con los tratados de Westfalia en 1648. Este es el momento en que el principio de soberanía estatal se convierte en un principio de territorialidad. Los estados, soberanos, monarcas y emperadores de Europa ven su poder territorial limitado a un territorio con fronteras claras. Si consideramos que es en efecto 1648 cuando el Estado moderno se va construyendo gradualmente, la definición de Bull implica que la guerra puede haber existido mucho antes con las ciudades-estado, los imperios, las bandas armadas que, si se consideran como unidades políticas, pueden tener unidades de guerra;

¨*la guerra se llama "violencia organizada". No se trata de violencia desorganizada, desordenada y espontánea derivada de una supuesta propuesta de los individuos de recurrir a la violencia en una situación particular, sino de violencia organizada con las fuerzas armadas en el contexto de los Estados modernos. En la confrontación, históricamente en un campo de batalla entre las fuerzas armadas, esta confrontación está organizada. Incluso antes de la batalla, los comandantes se reunirán para acordar el lugar y el momento de la batalla, las formas en que la guerra puede considerarse legítima e ilegítima, y entonces, durante la batalla, veremos cómo se despliegan las unidades militares y nos enfrentaremos unas a otras de una manera más o menos organizada. La dimensión organizacional es importante de entender. Si hacemos la pregunta de la condición necesaria para que se produzca la guerra, según la definición de Bull, debemos entender la forma en que se organizan las sociedades, el grado de organización de las sociedades políticas y que, dependiendo de la naturaleza y el grado de organización de estas sociedades políticas, puede y no puede haber guerra. Comprender la guerra requiere entender las formas en que las sociedades políticas pueden organizarse para participar en este tipo de prácticas.

Organización

En la ciencia política, no existe una definición consensuada y única de lo que es una organización, pero podemos definir una organización como un arreglo de actividades sociales que involucra un control activo sobre las relaciones humanas que están deliberadamente ordenadas para lograr una meta. Es decir, una organización impone formas particulares a las relaciones sociales entre hombres, generalmente implica un principio de jerarquía entre los individuos dentro de la organización, muy a menudo esta jerarquía tiene una base material a través de organigramas, leyes, reglas escritas de tal manera que les da una existencia tangible, pero esto no es necesario, porque puede haber organizaciones que no tienen un organigrama definido por el organigrama.

Tableau montrant Périclès durant son oraison funèbre.
Périclès durant son oraison funèbre.

En este sentido, las organizaciones generalmente involucran relaciones que son diferentes a las de los grupos primarios que se presumen espontáneas, no planificadas o informales, como en el contexto de una familia o un clan. En la sociología general, un grupo primario son los grupos basados en el hecho de que cada individuo comparte los mismos referentes, particularmente culturales, que comparten las mismas creencias, el mismo sentido de solidaridad dentro del grupo, y una cultura común que implica socialización como la familia, el clan, la comunidad del pueblo. Una organización tiene mucho más que ver con un principio de diferenciación, no es el hecho de que los individuos dentro de la organización tengan el mismo papel o la misma creencia lo que hace fuerte a una organización, sino que lo que hace fuerte a la socialización es el hecho de que todos conocen su lugar. Una organización implica relaciones diferentes, porque es jerárquica, organizada y orientada a objetivos. La doctrina militar estadounidense dice claramente que "la misión del ejército es luchar y ganar las guerras de nuestra nación". Existe un objetivo escrito explícito que es una de las características de formular explícitamente una organización que no es el caso para los grupos primarios.

Sin una organización compleja y jerárquica, es decir, sin una organización también vinculante y posiblemente coercitiva, no puede haber guerra. En otras palabras, entre individuos que somos a priori desorganizados, no puede haber guerra porque la guerra requiere organizaciones complejas con un principio de diferenciación, funciones impuestas por una jerarquía basada en la coerción y muchos aspectos de las cuales son castigados con medidas disciplinarias.

Hay tres historias sobre organizaciones sociales y la guerra:

  1. Movilización: el problema de la acción colectiva;
  2. El uso de la violencia: el problema de la coacción y la coerción;
  3. El objetivo colectivo: el problema de la unidad.

Movilización

El problema de la acción colectiva es un principio que fue definido por Mancur Olson en la década de 1960. El problema de la acción colectiva es el hecho de que si todos en un grupo de individuos tienen un interés individual en la acción colectiva, como la movilización sindical, una huelga o incluso una guerra, no es porque todos tengan un interés individual que esta movilización tendrá lugar.

Conseil Tenu par les Rats.

En el consejo dado por las ratas de una fábula de La Fontaine, las ratas tienen un consejo porque están amenazadas por un gato que quiere comerlas una a una. Frente a esta amenaza, las ratas se dan cuenta de que todas tienen que hacer algo individualmente. Si no hacen nada, se ven amenazados como grupo e individual. La solución propuesta es poner una campana alrededor del cuello del gato para que las ratas puedan ser advertidas y huir. Surge la pregunta de quién va a hacer sonar una campana alrededor del gato sabiendo que la rata que va a hacerlo correrá un riesgo consecuente. Individualmente, nadie en la junta está dispuesto a correr el riesgo. Por supuesto, si no hacen sonar la campana alrededor del gato, todos morirán a la larga, pero si una rata se propone hacer sonar la campana alrededor de la rata, corre el riesgo de morir inmediatamente.

Es el problema del jinete libre, enfrentándose a una movilización colectiva que todos tienen interés en hacer algo, en realidad todo el mundo querrá que alguien más lo haga en lugar de pagar el costo y arriesgarse. El mismo fenómeno se puede observar en los fenómenos de huelgas y movilización de trabajadores. La solución a este problema es simple: organizar. Desde el momento en que existe una organización jerárquica y vinculante, por ejemplo los sindicatos frente a los empleadores, en los conflictos armados, son los ejércitos, en una guerra interestatal los gobiernos, basados en la autoridad, un principio de disciplina y coerción, van a seleccionar la rata que se verá obligada a llevar a cabo la acción que se va a seleccionar para llevar a cabo la actividad.

Cuando hay un dilema de acción colectiva, un interés individual y colectivo en actuar, no va a significar que habrá acción porque tiene que haber una organización. Si miramos la guerra civil en Siria, ¿cuál es la situación? Se supone que la mayoría de los sirios quieren deshacerse del dictador Bachar Al Assad, considerando no sólo que amenaza a su comunidad. No basta con tener un interés individual y colectivo en esta meta de deshacerse de un dictador para que alguien se dedique, acepte sacrificios para tomar riesgos y pagar los costos de la acción colectiva. Se asume que no es porque exista un descontento interno de que se produzca una sublevación militar, que debe existir una organización capaz de imponer elecciones que todos creen que son lo mejor para los intereses individuales, pero de las que nadie quiere hacerse responsable. En Siria, no existía tal organización o más bien estaba del lado de Bachar Al Assad. Son organizaciones que irán apareciendo paulatinamente, no surgirá la guerra, sólo habrá conflicto armado cuando haya organizaciones jerárquicas y restrictivas que impongan la lucha. El ejército libre sirio será creado a partir de los antiguos soldados de Bachar Al Assad.

Sin una organización capaz de resolver el dilema de la acción colectiva, no puede haber ninguna rata que ponga la campana alrededor del cuello del gato, no puede haber una huelga sistemática y efectiva de los trabajadores contra los empleadores, y no puede haber una sublevación armada de la población contra un grupo armado, un gobierno o cualquier otra amenaza. Sin organización, el problema de la acción colectiva no puede resolverse y no puede haber una acción colectiva más amplia y eficaz. El principio de guerra según Bull es la violencia organizada entre unidades políticas que actúan en nombre de un bien común que sólo puede ser servido si se resuelve el dilema de la acción conjunta, de ahí la importancia de la organización.

El uso de la violencia

El problema de la coerción. En una línea de frente, los que están en la línea del frente están casi seguros de perecer no pelearán si no hay coerción y disciplina de guerra. Hay una organización que mantiene a los hombres en pie y luchando aunque estén seguros de perecer en lugar de retirarse o huir. Si la guerra es una forma de violencia organizada por unidades políticas, sostenida en el tiempo, entonces la violencia entre individuos es un momento muy específico, una acción puntual, mientras que la guerra es una acción a largo plazo que impone una limitación permanente y un principio disciplinario permanente, lo que significa que las personas que asumen los principales riesgos no están tentadas a huir o evitar el combate. Para que se utilice la violencia sistemática y organizada, debe haber un principio de coerción que sea esencial, de lo contrario no puede haber guerra.

El objetivo colectivo

El problema de la unidad. La forma en que se imagina la guerra hoy en día es que la guerra no es sólo un hobby o pasatiempo, sino que es una práctica guiada por un objetivo político y estratégico, pero si no hay una organización estructurada y jerárquica que defina la violencia que constituye la guerra, existe el riesgo de que la meta colectiva de cualquier tipo se desdibuje y que deje de ser una guerra para uno.

Allegory showing Charles Quint (center) enthroned over his defeated enemies (from left to write): Suleiman the Magnificent, Pope Clement VII, Francis I, the Duke of Cleves, the Duke of Saxony and the Landgrave of Hesse.

La guerra civil en El Salvador en los años ochenta y principios de los noventa enfrentó a un estado respaldado por Estados Unidos en el caso de la Guerra Fría contra los combatientes socialistas apoyados por la Unión Soviética. Cuando la guerra termina con el fin de la Guerra Fría y se alcanza un acuerdo político entre políticos y grupos rebeldes en 1993, la violencia aumenta. No hay más acciones bélicas porque las unidades políticas ya no se combaten entre sí, pero el nivel de violencia está aumentando. Los luchadores que previamente se habían opuesto entre sí en el conflicto entre la guerrilla socialista y el gobierno también fueron pagados directamente por los gobiernos y las guerrillas indirectamente por los Estados Unidos y la Unión Soviética. Tan pronto como se llegue a un acuerdo de paz, ya no se les paga y utilizarán la violencia para lograr su fin puramente económico como "salario sustitutivo".

Para comprender la diferencia entre "violencia interindividual" y "guerra", es necesario comprender que la guerra persigue un objetivo colectivo. Por lo tanto, se establece un sistema de depredación económica y un sistema de delincuencia organizada. Para que la guerra persiga un objetivo colectivo, debe haber una organización que siga centrada en el objetivo colectivo y no persiga una agenda privada.

Enfoque crítico

La idea es también cuestionar dos ideas comunes, aunque falsas, provenientes de la filosofía y que tienen un significado específico según los autores:

  • el estado de la naturaleza definido por Hobbes en Leviatán en 1651 es "la guerra de todos contra todos". Esta cita a menudo se ha sacado de contexto para analizar las guerras civiles. En este sentido, es absurdo ya que la guerra, entendida en el sentido generalmente dado a ella e ilustrado por la cita de Bull, es imposible entre individuos. La guerra de todos contra todos es una imposibilidad empírica porque no son los individuos los que pueden hacer la guerra, sino la aglomeración de individuos a través de una organización que hace posible la guerra. Lo que Hobbes describe es una relación entre individuos y en este sentido no puede referirse a la guerra tal como la entendemos.
  • Para Heráclito,"La guerra es el padre de todas las cosas, y de todas las cosas es rey. Antes de la guerra, no había nada. Al principio de la civilización, al principio de la historia, hay guerra. Esto también es imposible, sin embargo, porque el grado de organización que muchas comunidades humanas tenían antes del Neolítico hacía que la guerra, tal como la entendemos hoy en día, fuera simplemente imposible, y no había posibilidad de llevar a cabo acciones bélicas como se había entendido hoy en día, en particular por Hadley Bull.
Idealized painting of a battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II ca. 1452
Battle between Heraclius' army and Persians under Khosrau II. Fresco by Piero della Francesca, ca. 1452

"La guerra de todos contra todos"

La violencia de todos contra todos es posible, pero será más bien una violencia puntual. En lugar de sostenerse en el tiempo, donde las tasas de desgaste son altas, la reacción espontánea y más natural es huir. Mientras estemos en una relación de todos con todos, en una relación entre individuos, una relación permanente de guerra de todos contra todos es una imposibilidad empírica.

Randall Collins ha tratado de demostrar que los individuos tienden a evitar la violencia cuando ésta les amenaza, evitan matar, por lo general se muestran reacios a coordinar y organizarse cuando son atacados incluso en las situaciones de guerra más definidas. Mientras no existiera una jerarquía militar coercitiva, los soldados militares dispararían en el aire, quizás por razones de conciencia o para esperar que el enemigo hiciera lo mismo. Sin jerarquía, sin disciplina, coerción y organización no hay coacción. Si sacamos la cita de guerra de su contexto hobbesiano, la guerra se vuelve imposible. La agresión individual y el egoísmo pueden conducir a la lucha, pero no al conflicto armado. En los conflictos armados, hay una acción sostenida en el tiempo y la idea de la muerte del hombre.

Es la socialidad del hombre, es la creación de organización, de principios de disciplina, basados en la coerción que permite la guerra, no el egoísmo, lo que permite la violencia sostenida y la "alta intensidad". Como la socialidad es evolutiva, también explica por qué la guerra no puede ser vista como una realidad inmutable y natural, sino más bien como un modo de sociedad.

La guerra y los conflictos armados son fenómenos sociales, no naturales ni universales. Requieren organizaciones complejas, idealmente dotadas de administraciones, burocráticas, con especializaciones funcionales y profesionalización. El Estado es una forma de organización que no es universal, pero es un principio de organización compleja, jerárquica y disciplinaria. Las guerras entre Estados han sido las guerras más letales y destructivas, mucho más que las guerras que precedieron a la creación o surgimiento histórico del Estado. Por lo tanto, necesitamos un punto de vista sociológico, que contemple la socialización de los seres humanos para comprender qué es lo que hace posible o imposible la guerra.

La guerre : quand ?

Selon Héraclite, « la guerre est père de toute chose » soutenant que la guerre a préexisté à tous. Si on regarde le long terme de l’espace humaine en particulier, on voit que la guerre ne court qu’une petite partie de l’histoire humaine. La guerre, telle que généralement définie, est un phénomène très récent et non une caractéristique atemporelle de l’humanité. Il n’y a pas de preuve archéologique de violence organisée soutenue avant la « révolution néolithique » qui a eu lieu au Moyen-Orient entre 8000 et 5000 avant Jésus-Christ. Cette période semble coïncider avec les premières preuves archéologiques de violence soutenues et de masse entre collectives humaines. La révolution néolithique est la phase dans laquelle est inventée l’agriculture, ce qui veut dire que les populations nomades de chasseurs-cueilleurs deviennent sédentaires, les collectivités humaines se sédentarisent, cessent d’être des nomades et vont créer les premiers villages d’abord et les villes en suite. C’est à partir de ce moment qu’apparaissent les premières preuves archéologiques de violence. La révolution néolithique dès lors qu’elle sédentarise un bon nombre de communautés voit une évolution des modes d’organisation avec l’émergence des premiers empires, cités-États et royaumes menant à l’émergence de la guerre telle que nous la concédons aujourd’hui. Si notre espèce serait apparue il y a voici 200000 ans, donc la guerre, sous ce rapport, ne concernerait que 5 % de son histoire.

Si on veut comprendre la guerre, il ne faut pas chercher à comprendre l’humanité comme espèce, mais son organisation spécifique à un certain moment. La sédentarisation va avec la création de nouvelles unités politiques. Le principe de sédentarisation est important, car le fait de s’établir comme communauté sédentaire celle permet une organisation beaucoup plus complexe parce que la sédentarisation engendre une agglutination autour de mêmes endroits nécessitant une organisation plus complexe qu’un groupe de chasseurs-cueilleurs. L’agriculture permet en plus de dégager un surplus économique qui engendre de la production de richesse plus que de consommation. Est produit un surplus économique. Dégager un surplus économique fait que tout le monde n’a pas besoin d’être engagé dans l’activité économique. Dans une société sédentaire fondée sur l’agriculture et aussi la domestication des animaux, on dégage un surplus économique qui va permettre l’émergence d’une classe d’administrateurs qui n’ont pas besoin eux-mêmes de s’engager dans une activité productive. Cela signifie qu’on va pouvoir payer une catégorie de personnes pour pouvoir se spécialiser dans un type d’activité qui va être la guerre. Avec la sédentarisation, il y a une spécification des tâches qui voit l’émergence d’une classe de guerriers. Ces villes, à partir du moment où elles sont figées et fixées géographiquement parlant, deviennent vulnérables à des attaques extérieures pour des sociétés nomades, si un groupe de nomade est attaqué, la chose la plus probable va être de bouger pour partir et éviter la menace au contraire d’une ville où la richesse est liée au lieu d’habitat. Tous ces éléments concourent à expliquer pourquoi des sociétés sédentarisées développent des pratiques guerrières en même temps qu’elles se complexifient et deviennent plus hiérarchiques et disciplinaires dans leur fonctionnement.

La révolution néolithique coïncide avec les premières villes et structures défensives. La ville de Jéricho est considérée comme étant l’une des premières villes que l’on connaisse dans le monde surtout par ses murs qui sont des structures défensives qui laissent penser à une préoccupation pour des attaques venant de l’extérieur. Cela montre le lien entre sédentarisation, apparition des villes, structuration complexe, apparition de la guerre et de systèmes de défense. Avant la révolution néolithique, il serait anachronique de parler de guerre, il y aurait des formes de violence dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs. Lorenz montre dans le livre L'Agression, une histoire naturelle du mal publié en 1966, que les sociétés de chasseurs-cueilleurs usaient de la violence à travers des sacrifices, des mutilations corporelles, mais cela n’est pas une preuve de guerre. Cela montre que la guerre n’est pas quelque chose d’universel ni d’éternel, c’est quelque chose qui apparait à un moment de l’histoire notamment en analysant les formes et les modes d’organisation des sociétés politiques en question.

Phalange macédonienne.

Pendant l’Antiquité classique, la guerre connait un saut qualitatif, lié à un degré d’organisation plus élevé. C’est souvent la phalange grecque qui est considérée comme le père des formes modernes de guerre organisée. Une phalange est un groupe de guerriers avec des lances et des boucliers étant des unités compactent faisant qu’attaquer une phalange est une tâche difficile. Lorsque deux phalanges se font face, il est très peu probable que les phalanges se délitent même s’ils sont certains de mourir. La raison est simple, les hommes sont placés côte à côte, le principe est de tenir le bouclier d’une main et la lance de l’autre, mais le bouclier protège son voisin. Chacun protège chacun, et si un individu s’enfuit, tout le groupe est mis en danger, il y a donc une contrainte collective exercée pour que personne ne s’enfuie.

La phalange est une structure organisée complexe extrêmement contraignante où chacun exerce un contrôle un pouvoir, une contrainte sur chacun. Cela montre que la guerre est fondée sur un principe d’organisation qui plus est organisé et sophistiqué et qui sera plus meurtrière. Sous l’Empire romain et l’Antiquité grecque, les guerres deviennent plus meurtrières et létales qu’elles ne l’étaient auparavant. Le principe d’organisation sophistiqué ne peut pas être séparé du contexte social et politique permettant à la phalange d’apparaitre comme mode d’organisation des unités de guerre à travers une opérationnalisation fonctionnelle des tâches. Les guerriers vont développer des savoir-faire très précis et élaborés fondés sur un principe contraignant.

Sous le haut Moyen-Âge, la guerre « retourne » à des formes plus erratiques, nomadiques, avec des raids, pillages. Pendant le Moyen-Âge, les guerres deviennent moins meurtrières que pendant l’antiquité, cela est aussi lié au fait qu’il y a un principe de désorganisations politiques. Sous le haut Moyen-Âge, il y a plutôt la féodalité qui est un mouvement de décentralisation dans lequel les formes d’organisation sont moins organisées, hiérarchiques et disciplinaires.

C’est le progrès des formes d’organisations politiques avec l’apparition tel que l’Empire romain où les unités politiques de l’antiquité grecque conduisant à l’organisation de la phalange qui mènent à un mode de guerre plus organisé et plus létales que ne l’étaient les guerres auparavant. C’est un principe qu’on voit se déployer depuis le début du Moyen-Âge jusqu’en 1945. Au fur est à mesure que les unités politiques abstraites deviennent bureaucratique hiérarchisées, concentrent plus de ressources en leur sein, les armées deviennent de plus en plus efficaces, mais les guerres deviennent de plus en plus létales. La création de l’État et de forces armées modernes va être un autre saut qualitatif qui explique en grande partie le caractère extrêmement meurtrier des guerres interétatiques modernes. Entre 1400 et 1700 émerge progressivement la conception moderne de la guerre avec une révolution technologique dans l’organisation militaire et politique. Il y a une révolution dans l’organisation politique qui va être l’émergence de l’État. Il faut comprendre l’avènement de l’État en tant que forme spécifique d’organisation pour comprendre l’avènement de la guerre interétatique jusqu’en 1945.

La guerre n’est pas père de toute chose, n’est pas universelle ou naturelle, c’est un phénomène récent, lié à un haut degré d’organisation. En somme, nous avons besoin de sociologie, mais aussi d’histoire pour comprendre la guerre.

Guerre et modernité

La question est de savoir quelle est la spécificité de la guerre à l’ère de la modernité politique. Lorsqu’on parle de modernité politique, on ne parle pas strictement de la période contemporaine, mais aussi de l’époque qui commence au XVème siècle et XVIème siècle.

L’État moderne a une double caractéristique et est souvent vu comme coïncidant avec :

  • la loi et l’ordre : en interne, il a la représentation, qui, historiquement n’est pas entièrement fausse, que la violence interindividuelle décline à partir du XVIIème siècle et XVIIIème siècle dans la plupart des sociétés politiques européennes. Les auteurs montrent un déclin constant de la violence interindividuelle entre le XVIIème siècle et aujourd’hui. La propension des individus à commettre des meurtres à l’égard de leurs conjoint, voisin, concurrent ou encore partenaire décline dans cette période pouvant nous concerter dans l’idée que la modernité politique est une marche constante vers une pacification, une civilisation progressive des mœurs dans lesquels la violence serait plus marginalisée.
  • la paix internationale : lorsqu’on parle du grand mouvement de l’histoire dans les organisations internationales au niveau de l’ONU ou ailleurs, l’humanité marcherait vers la fin de l’histoire ou du moins vers une tentative plus ambitieuse de mettre un terme aux guerres interétatiques. On pourrait être amené à croire que la modernité coïncide avec un déclin de la violence interpersonnelle, mais aussi avec un déclin relatif de la guerre interétatique et cela même dans le berceau de l’état moderne.
  • la violence est perçue comme primitive, pas de notre âge : c’est une vision de la modernité politique, mais contredite par un autre visage de la modernité politique.

Mais la modernité politique coïncide également avec :

  • le génocide : par exemple le génocide qui est la pratique systématique et intentionnelle visant à éradiquer tout un groupe d’êtres humains à cause de son appartenance ethnique ou religieuse supposée fait partie de la modernité politique. Si on regarde le génocide arménien durant la Première guerre mondiale, il y a une tendance à le percevoir comme le résultat du régime de l’Empire ottoman, mais en réalité il n’en est rien, car le génocide arménien est le fruit de la centralisation de la bureaucratie de l’Empire ottoman.
  • la guerre totale : se sont la Guerre de Sécession, la Première guerre mondiale et la Seconde guerre mondiale qui sont des guerres totales se caractérisant par la mobilisation totale de l’appareil étatique qui sont caractéristique de la modernité politique qui sont caractérisable de l’avènement d’États fortement centralisés capables de mobiliser l’ensemble de leur société à l’effort de guerre.
  • le siècle le plus violent de tous les temps : le XXème siècle a été à la fois le siècle le plus meurtrier en termes de guerre interétatique, mais aussi en termes de répression interne. Il serait impossible de comprendre ces massacres de masse si on ne tenait pas compte de l’interdépendance entre guerre de plus en plus meurtrière et forme d’organisation politique de plus en plus centralisée et contraignante d’où l’importance de comprendre l’État moderne.

Le paradoxe est résumé par Max Weber en 1919 dans sa célèbre conférence La vocation de politique : « De nos jours, la relation entre État et violence est tout particulièrement intime […] l'État moderne est un groupement de domination de caractère institutionnel qui a cherché (avec succès) à monopoliser, dans les limites d'un territoire, la violence physique légitime comme moyen de domination et qui, dans ce but, a réuni dans les mains des dirigeants les moyens matériels de gestion ».

Max Weber en 1894.

Max Weber nous permet de comprendre le lien intime entre construction de l’État et usage de la violence. Par le biais de ces liens, la modernité politique à un visage de pacification, mais aussi une modernité politique caractérisée par des massacres de masse. S’il y a une communauté humaine organisée qui monopolise sur son territoire la violence physique légitime, cela veut dire que cette organisation, le gouvernement et ses bureaucraties vont être capables de mobiliser des capacités de coercition et de violence qui vont faire connaître à la guerre un saut qualitatif total dans le sens de guerre de plus en plus meurtrière et violente. En monopolisant la violence sur un territoire, cela veut dire que la population qui habite le territoire perd sa capacité à faire usage de violence, mais aussi le droit de le faire de manière légitime. Aujourd’hui, il est entendu que la violence interpersonnelle de manière générale est illégitime, illégale, est punie et réprimée au nom de la loi par des services de ce même État notamment sous la forme de tribunaux et de formes de polices. La monopolisation de la violence permet les guerres totales, mais aussi ce mouvement progressif des relations humaines et interpersonnelles dans le sens où la violence n’est plus une option normale, légitime dans les relations sociales. Certains auteurs montrent bien que dans les relations entre individus dans les sociétés rurales individuelles du Moyen-Âge, la violence était un type de relations parmi d’autres non réprimé par la loi et socialement toléré comme réprimandable sinon légitime.

Weber ajoute que « ce qui est en effet le propre de notre époque, c'est qu'elle n'accorde à tous les autres groupements, ou aux individus, le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où l'État le tolère : celui-ci passe donc pour l'unique source du « droit » à la violence. ». Dans certains cas limite, en tant qu’individus, nous pouvons avoir à recourir à de la violence légitime comme cela est le cas de la légitime défense. L’État est la source du droit à la violence si on peut recourir à la violence légitime dans certain cas c’est parce que l’État permet d’y recourir dans certains cas. La légitime défense est donc respectueuse de la définition wébérienne puisque l’État nous en a donné le droit. Dans la guerre contemporaine, il est de plus en plus fréquent que des sociétés privées déploient du personnel privé et armé de façon à protéger des bâtiments privés ou publics, mais encore des diplomates. Ce personnel privé qui jadis était appelé « mercenaire » peut avoir recours légitimement à la violence. En général, ces sociétés privées se sont vues déléguer le droit de recourir à la violence et donc l’État reste la source du recours à la violence.

L’État moderne ne voit pas des aristocraties guerrières être laissées en place au contraire de l’Empire romain qui gouvernait au travers d’aristocraties guerrières préconstituées. Lorsque l’Empire romain s’étend dans l’Allemagne actuelle, les tribus guerrières germaniques furent laissées en place, mais étaient considérées comme un échelon au travers duquel l’Empire romain gouvernait ses sujets. L’État moderne crée des forces de police, mais ce monopole de l’État moderne est bien plus:

  • lié à un ordre politique distinct dans lequel l’État monopolise les allégeances. C’est à l’autorité de prendre les décisions en dernier ressort. Avec l’État moderne va émerger le nationalisme qui est le développement d’idéologies qui revendique l’obligation à tout citoyen de se reconnaitre dans l’autorité qui gouverne l’État.
  • lié à une administration différenciée, et non à l’exercice du pouvoir au travers des élites locales préconstituées, au travers de laquelle un pouvoir bureaucratique et impersonnel est exercé. Une administration différenciée veut dire que les administrations d’État font l’usage de ressources différenciées par rapport à la société politique. Cela est différent du système que l’on avait au Moyen-Âge où les armes utilisées étaient la propriété des aristocrates et non pas des rois. L’État est caractérisé par le fait que l’administration a ses propres ressources totalement indépendantes des individus privés induisant une séparation stricte entre la sphère publique et privée.
  • territorial par opposition aux empires et aux cités-États : l’État est organisé politiquement, homogène, continu et délimité par une frontière linéaire. L’État est d’abord et avant tout pour Weber un monopole de la violence légitime. L’état moderne.
  • l’État moderne n’est pas universel, n’a pas existé partout et toujours. L’apparition de l’État moderne coïncide avec le saut qualitatif de la guerre.

Conclusiones

Existe un vínculo íntimo entre la forma y el grado de organización política y la guerra. Es necesario entender las formas de organización política de las sociedades que estamos viendo, también significa que la guerra ante el Estado. El advenimiento del Estado marca, sin embargo, un hito o una ruptura importante en el estudio de la guerra, ya que el Estado representa la forma más centralizada de organización política, más claramente delineada en un territorio y con cierto grado de jerarquización y los principios disciplinarios más intensos conocidos.

Existe una relación co-constitucional entre la guerra y el Estado. La guerra es el estado, las guerras de la Edad Media en su propia lógica y dinámica han contribuido a su determinación específica de lo que llamamos el estado. El Estado moderno también ha constituido una forma particular de guerra que es la guerra interestatal moderna, que es la forma más letal y total de guerra. Para entender la guerra total, uno debe entender cómo se formó.

Anexos

Bibliografía

Referencias