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Les révolutions de 1848 et les unifications italienne et allemande : 1848 – 1871

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Les révolutions de 1848[modifier | modifier le wikicode]

Il faut englober une période allant 1847 à 1849, la fin de la révolution qui est souvent un échec des révolutions se déroule souvent dans l’année 1849.

Cause et déroulement en Europe[modifier | modifier le wikicode]

Il y a les pays qui nous intéressent, ce qui devient l’Allemagne donc les pays et les États de la confédération germanique ainsi que la Prusse, il y l’Autriche qui est l’Empire des Habsbourg, la France et également l’Italie.

L’Algérie est aussi présente, mais également l’Europe grise ; dans cette « Europe grise » excepté quelques petites révoltes il n’y a pas de tentative de révolution comme ce fut le cas à Berlin, Paris, Budapest, Prague, Milan ou encore ailleurs en Europe.

Il y a deux Europe, une Europe avec révolutions et une Europe sans révolutions. C’est une énigme pour quelqu’un qui s’intéresse aux relations internationales.

Les raisons pour lesquels il n’y a pas eu de révolution en Russie sont différentes des raisons d’une absence de révolution en Angleterre : ce sont les conditions en générales sociales, l’autorité relative soit la répression relative des gouvernements donc le contrôle relatif sur les classes populaires, paysannes mais aussi sur les classes moyennes urbaines.

Il y a un contraste extrême entre la Russie qui a, sauf quelques grandes villes, encore un pays largement rural, un pays qui n’a pas encore fait ce que les français ont fait avec la révolution française, mais que d’autres pays ont fait avec des reformes comme libéraliser les paysans, abolir les droits féodaux, libérer le commerce, etc., la Russie est en retard dans le mouvement libéralisation et de modernisation qu’ont fait d’autres régimes politiques.

C’est une question de modernisation de la société et de l’économie.

Il y a très peu de porteurs potentiels pour des mouvements intellectuels, pour des sociétés où des associations nationalistes et pour organiser une opinion publique qui se lève.

La Russie ne fait pas de révolution, car dans un certain sens elle n’a pas les moyens. Les quelques gens dans les marges enveloppent quelques nationalités qui veulent s’émanciper des russes mais qui ont été matées et réprimées très lourdement et sévèrement. La main mise de l’empire du tsar sur les peuples est particulièrement importante et dure.

Il y a un manque de modernisation et un État très fort.

L’Angleterre est tout le contraire, c’est une monarchie et un pays avec une liberté d’opinion, de commerce, de mobilité extrême développée dans les grandes villes comme Londres, Manchester, Liverpool ou Buckingham. Il y a une liberté d’expression et la volonté d’exporter le libéralisme, toutefois, ce n’est pas une démocratie de masse, le suffrage est limité à une fraction de la population, mais dans d’autres domaines il y à l’État de droit, le droit d’expression de l’opinion, le droit de liberté et de faire des choix aussi pour les classes populaires.

L’Angleterre est déjà une société moderne donc il n’y a pas de raisons de faire de révolution.

Dans les années 1820 et 1830, il y a eu des mouvements qui furent des revendications notamment de la classe ouvrière artisanale qui voulait une amélioration de l’accès au suffrage. C’est le mouvement des chartiste qui a échoué et qui n’est pas prolongé. Toutefois, il n’y a pas d’énergie révolutionnaire et de volonté à aller à la rupture avec le régime en place parce qu’il y a eu une modernisation, des reformes et des améliorations successives des droits civils et politiques.

Nous avons une Europe assez hétérogène sur le niveau social et économique. Dans cette Europe de l’Ouest et centrale, il y a dans un certain sens des pays qui sont très avancés socialement et économiquement comme la France, mais également la Prusse, l’Italie du Nord ce n’est pas la question d’un retard au développement, mais il n’y a pas la même facilité d’intégrer des mouvements de protestation dans la société, on prône de par la révolte rupture et révolution.

Cause et déroulement en Europe-1.png

Les français en sont le modèle avec la révolution de 1789 qui est un signal, à Paris en 1830 à lieu les « Trois Glorieuses » qui donne les idées à beaucoup de protestataires, de personnes qui veulent s’émanciper d’un pouvoir agressif. En 1848 a lieu les jours de barricades à Paris ; les autres intellectuels, peuples, ouvriers, les autres gens qui ont la même raison de contester le pouvoir se laissent aspirer.

Il y a quelque chose qui commence avant et c’est en Italie à Milan qui est dès le début maté par des troupes notamment françaises, c’est une tentative de révolution urbaine qui a une vie très courte.

Ce n’est pas en France que ça commence, mais les jours de barricades en France ont pour résultat de renverser le gouvernement de Louis-Philippe mis en place en 1830 et qui règne jusqu’en 1848 qui pourtant était déjà proche des classes moyennes ne les empêchant d’être mécontentes.

En Italie commencent des révoltes locales, des contestations libérales afin de changer la gouvernance de ces petits territoires menant à des constitutions. L’importance est que c’est en même temps, Paris en février, Berlin en mars ainsi que d’autres villes allemandes, mais aussi en Autriche à Vienne. C’est un peu décalé pour la Hongrie.

Une des questions qui est une question ouverte pour quelqu’un qui regarde cela du point de vue des sciences sociales : sont-ce des révolutions européennes ou des révolutions qui pour des raisons particulières sont des révolutions individuelles ?

La contemporanéité des évènements suggère un lien, mais les causes, motifs des différents acteurs sont très différents.

La question est ambiguë : oui parce que c’est partiellement européen, c’est européen dans un sens où on a déjà à ce moment un espace public européen, un espace de communication, les nouvelles voyagent, les gens savent les choses, cela dure plus longtemps, mais cela va fonctionner très bien.

Les communications postales et commerciales fonctionnent bien, si tout le monde n’est pas sur le même rythme cela ne pose pas de problèmes. Les gens s’observent mutuellement, ils connaissaient les situations ailleurs. Évidemment ce sont des gens cultivés, qui savent lire et écrire savent les autres langues qui ont voyagé, certains sont de grands cosmopolites comme des journalistes ou des universitaires.

L’aspect communication, réseau, circulation permet le partage des mêmes idées argumentant en faveur de dire que c’est un phénomène européen qui traverse les frontières politiques.

Ce qui distingue fortement les différentes révolutions sont les enjeux majeurs nous amenant à la question des nations et des nationalismes.

Il y a plusieurs nivaux de revendications, de pressions, de misère et de motifs qui mènent à plusieurs révolutions parallèlement même dans un même pays parce que les groupes sociaux ont des motifs et des intérêts différents :

c’est une crise de la production agricole et des prix[modifier | modifier le wikicode]

Pour le peuple c’est toujours le prix du blé donc le prix du pain qui est très important. Entre 1844 et les années 1847 et 1848 toute une série de mauvaises récoltes, de dépressions économiques, l’activité des artisans avait perdu en intensité, du chômage, etc.,

Il y a des raisons pour être mécontent, on observe même des territoires qui ne sont pas révolutionnaires dans « l’Europe grise » qui connaissent ces mêmes phénomènes.On observe avant les révolutions toute une vague européenne notamment dans les pays germaniques contre la cherté de la vie.

Les personnes vraiment mécontentes essaient parfois souvent de façon violente, mais de manière localisée de piller un dépôt de blé ou une boulangerie.

Crise de la production agricole et des prix - 1848.png

Cette carte est intéressante, car on a des centaines de petites révoltes, mais elles ne mènent pas à une révolution politique. Par l’étude comparée des révolutions, on peut se rendre compte qu’une révolution n’éclate pas au moment de la misère la plus grande et n’éclate pas parmi les gens misérables. Plus souvent la révolution n’éclate que dans l’essor après une crise, les choses s’améliorent, les gens commencent à respirer, mais ont des raisons d’être frustrés de la politique, de leurs leaders ou de leur prince.

Il faut des porteurs, des intellectuels, des personnes qui organisent et prêtes à monter à la capitale des barricades contre les troupes régulières de l’État.

Ce cycle de crises est assez intéressant, car dans un certain sens à la fin et quelques mois plus tard il y a les évènements politiques dans les grandes capitales. Ce ne sont pas les plus les misérables qui mènent cette révolte, mais la classe ouvrière artisanale ainsi que des ouvriers industriels, c’est ce qu’on appelle l’aristocratie de la classe ouvrière et également la classe moyenne.

Une révolution n’est pas une révolte de frustration, mais veut changer un système de gouvernance des libertés, des droits.

Les grandes révolutions sont très souvent une période de ce type qui est soit de troubles ou de précarisation des conditions de vie.

Mobilisation des ouvriers[modifier | modifier le wikicode]

Beaucoup de personnes travaillent dans la construction, ce sont parfois des journaliers, des personnes qui n’ont pas vraiment assez de revenus pour assurer la survie de leur famille et qui sont mobilisables - dans une révolution on a besoin de ce type de troupes - ce sont généralement de jeunes hommes.

La question sociale[modifier | modifier le wikicode]

Dans les villes la question sociale est déjà posée depuis les années 1829 - 1830 en Angleterre, les années 1830 - 1840 en Belgique, en France et en Allemagne.

La question sociale est de comment intégrer ces couches prolétaires qui montent en effectif, comment les intégrer dans la société qui reste relativement traditionnelle et autoritaire, toutefois, il n’y a pas seulement dans les villes des prolétaires ; il y a une question sociale qui est la paupérisation des couches populaires à la campagne.

Dans tous les pays sauf la France, car les paysans individuels ont eu tout leurs droits, l’amélioration de leur situation sociale avec les révolutions françaises menant à la fin de la fleur de lys, à la fin de la dépendance à un propriétaire terrien a été acquis dans une certaine mesure déjà à la fin du XVIIIème siècle.

Dans les autres pays, notamment germaniques en Autriche et en Hongrie, il y a parallèlement à la révolution urbaine dans les capitales des révoltes paysannes qui profitent de l’affaiblissent du gouvernement central et des forces de l’ordre pour faire des révoltes paysannes. Ce ne sont pas les pauvres laboureurs ou les misérables de la campagne, mais des paysans en réseau qui veulent améliorer leur sort surtout leur sort juridique.

En France et en Prusse les paysans n’étaient pas encore totalement libre, il y avait des dépendances féodales vers le prince local, le seigneur, ils avaient des droits de propriété incomplets sur leur terre, ils voulaient changer cela, ils voulaient des reformes libérales qui les constituent en citoyens indépendants.

Dans la Prusse de l’Est, il y avait même encore des paysans qui n’étaient pas propriétaires de leur terre et qui étaient dépendant, ils étaient liés à la terre.

Cela mobilise des quantités assez importantes de gens, cela inquiète énormément les gouvernements de ces petits États dont les troupes sont parfois engagées dans les révoltes urbaines. La révoltes des paysans a beaucoup inquiétée, cependant, les premières révoltes sont matées par les troupes.

La contestation libérale[modifier | modifier le wikicode]

Les frontières, la cohérence de l‘unité politique, la gouvernance par le centre et par Paris n’est pas la question. La question nationale en France est réglée, la révolution à Paris est une révolution sociale et libérale.

Ce n’est pas le mot qu’on utilise aujourd’hui du sens libéral, les libéraux à ce moment sont raisonnables et progressistes et veulent améliorer afin d’apporter plus de droits civils et démocratiques désirant des monarchies constitutionnelles, ils veulent des droits, un parlement, un suffrage, mais pas nécessairement le suffrage universel.

Beaucoup de libéraux ne sont pas pour faire voter le peuple, cela n’empêche pas que certains demandent le suffrage universel.

Les porteurs de ces révolutions ne sont pas les gens sur les barricades, ce sont les bourgeois, les grands patrons, les patrons de journaux, ce sont des intellectuels qui ont des idées fantastiques de reformes et qui étaient, comme à Paris, parfaitement frustré du roi Louis-Philippe qui est un roi censé agir pour la bourgeoisie alors qu’il est lui même le produit de la révolution ; il est autoritaire essaie d’introduire de la censure.

Comme les classes moyennes ne veulent pas faire d’organisations militaires, pour eux, la circulation des idées est extrêmement importante. Beaucoup de ces revendications tournent autour de la liberté de presse, liberté d’expression, liberté d’enseigner comme le revendiquait Michelet.

Dans les années 1830 - 1840 il y avait déjà les germes de la bourgeoise qui veut gérer ses propres affaires, on les appelle les libéraux. Ils veulent libéraliser les paysans, mais aussi le commerce et l’industrie et notamment libéraliser l’expression des idées et la vie politique, ils veulent organiser des partis politiques, des suffrages, veulent plus de transparence, mais surtout des constitutions qui limitent les pouvoirs et notamment du roi c’est pourquoi leur idéal est une monarchie constitutionnelle limitée par des droits constitutionnels.

Guerres civiles et révolutions, 1847 - 1849.png

Le Sonderbund[modifier | modifier le wikicode]

La Suisse a réussie, ce n’était pas une révolution, mais avec les effets que les autres voulaient par une révolution. La Suisse s’est réalisée par une guerre civile entre les cantons protestants et catholiques, mais on peut dire aussi entre les cantons modernisés et libéraux.

On avait déjà des gouvernements libéraux dans ces « grandes » villes, les cantons qui ont déjà plus de progrès et commercialement avancés se tournent contre une sorte de conspiration des cantons très anciens qui veulent défendre leur anciens droits, mais qui sont aussi catholiques, le contraste et aussi politique et social.

Les cantons antérieurs risquent par leur Sonderbund de s’adresser à l’étranger pour défendre leurs intérêts, l’étranger catholique est l’Autriche, mais aussi la France et des pays du sud de l’Allemagne comme le sud de la Bavière. La France est toutefois la puissance impériale la plus menaçante.

Dans une guerre civile bien civile, il est argumenté que le General Dufour était un général et un homme politique extrêmement habile qui a fait cela rapidement avec l’armée fédérale et s’est emparé d’un canton après l’autre. Nous avons une guerre avec environ 101 ou 115 morts des deux côtés dont font partie quelques civils. C’est une campagne de deux mois, c’est une guerre civile, mais la Suisse reste une union, une confédération. Il faut directement après cette guerre, dans les premières déclarations du général, dire que la guerre civile est finie, que personne n’est humilié afin de préserver l’union. La rapidité de la guerre a permis d’empêcher les grands voisins de réagir.

C’est aussi intéressant, car cela nous dit quelque chose sur la manière de gérer l’après-conflit. Le grand problème des conflits mondiaux est de penser immédiatement à intégrer l’autre surtout si c’est un voisin ou un concitoyen.

En 1848, il y a la création de l’État fédéral, de la Suisse moderne à Berne avec des institutions et une constitution. La Suisse à ce moment est un État moderne est s’appelle aussi un État-nation, on essaie de devenir vraiment nation multilingue, multiconfessionnelle avec des traditions différentes.

La Suisse à ce moment est un pays où les idées libérales sont en vogue et où beaucoup d’exiler de l’Europe qui ont été chassés de leur pays à cause de leurs opinions subversives trouvent refuge.

La Suisse expérimente de nouvelles idées et c’est la seule création d’État libéral et démocratique réussie.

À ce moment au XIXème siècle la Suisse est un pays absolument progressif à l’avant-garde de ce que font les pays voisins.

Les révolutions allemandes[modifier | modifier le wikicode]

Le tableau a une couleur majoritairement jaune. On reconnait distinctement la ville. 3 révolutionnaires au centre du tableau se dressent sur les barricades et exultent. 4 Drapeaux allemands de grande taille sont présents, dont un au-dessus des trois personnages centraux.
Révolutionnaires triomphant sur les barricades le date 18 mars 1848 à Berlin.

La contestation nationale se lie aux idées libérales autant dans les villes et les pays que les territoires qui n’ont pas été unifiés.

Dans l’empire des Habsbourg, à Vienne, la question du mouvement plus libéral et démocratique se résout par une forte réaction. Metternich essaie avec sa police politique de mater les libéraux et les progressistes. La révolution à Vienne est clairement politique pour les libéraux, toutes les autres révolutions notamment à Berlin, mais aussi à Frankfurt ainsi que les paysans du sud ouest, les italiens et les autres peuples nous permettent de commencer à parler de nationalité.

Ce sont des révoltes et des révolutions contre la capitale de l’empire à Vienne, mais aussi pour réformer et moderniser leur constitution avec l’idée d’une autonomie accrue vis-à-vis de ces empires.

À ce moment, il y a les mêmes porteurs qui veulent plus de libertés, mais qui s’adressent contre un prince qui est lointain, ce sont des révoltes aussi anticoloniales dans un certain sens, ils ont les mêmes troupes pour les paysans et la classe ouvrière. Chez les Tchèques et les hongrois ce sont les fils de paysans principalement, mais cela est très militaire, c’est une autonomisation d’une unité politique plus importante.

En Allemagne, les libéraux qui sont les intellectuels qui tentent la libéralisation veulent aussi penser l’unification. Les révolutionnaires allemands sont les premiers à parler d’unification sur la base du suffrage et de constitutions. Il faut créer un pays unifié contre toutes ces puissances qui ne le veulent pas et notamment l’Autriche ce qui rapproche les révolutionnaires allemands des révolutionnaires italiens dans un certain sens.

En Allemagne c’est plutôt contre la Prusse, mais aussi contre l’Autriche, ce qui est intéressant et qui est constitutif pour les relations internationales est qu’ils ont créés de nouveaux pays entiers sur une carte déjà bien peuplée et distribuée et cela ne va pas sans conflit international. Il y a toujours l’idée qu’une révolte par en bas qui a une revendication sociale, libérale, économique et nationale, mais il y a aussi le rapport des grands voisins qui voient les choses d’une manière critique.

Tous les empires de l’Europe tout autant que « l’Europe grise » regardent avec beaucoup de soucis ce qui se passe dans ces territoires. Par exemple des troupes russes vont aider les autrichiens afin de mater la révolte hongroise, c’est une guerre, mais c’est le couple impérial de l’Autriche lié par les intérêts de l’empereur, c’est de la puissance pure et la conservation d’une certaine dominance sur ces peuples.

C’est pourquoi 1848 est appelé le printemps des peuples, les nationalistes appelaient les empires russes, autrichiens et ottomans les prisons des peuples.

Les idées progressistes, démocratiques, libérales, ce « nous » se lie avec les idées nationalistes, le nationalisme est une idéologie progressiste, à ce moment ce sont les forces vivent de la société et progressistes.

Caricature. Sur une carte de l'Europe on voit Christian du Danemark, Napoléon III, Frédéric-Guillaume IV et la reine Victoria. Les deux premiers sont en train de balayer les révolutionnaires dessinés très petits. Le roi prussien se bas au sabre avec un militaire hongrois. Victoria est sur un carrosse et observe.
La déroute du Printemps des Peuples en 1849 caricaturée par Ferdinand Schröder dans le Düsseldorfer Monatshefte sous le titre de Panorama de l'Europe en Août MDCCCXLIX.

Il y avait beaucoup d’exilés et beaucoup de gens envoyés vers les États-Unis.

Les unifications italienne et allemande[modifier | modifier le wikicode]

Le Risorgimento : 1847 - 1870[modifier | modifier le wikicode]

La plupart des rêves est des revendications ont été des échecs même s’il y a une certaine constitutionnalisation du pouvoir impérial et monarchique.

Du point de vue unité, liberté civique, droits sociaux cela est un début, mais n’est pas tout à fait fini. L’exile de beaucoup d’intellectuels et de politiques montre que cette vague a été matée, mais les aspirations sont quand même là.

Cela va nourrir des mouvements nationalistes et de construction d’une communauté nationale. Les italiens ont eu pendant une vingtaine d’années ce type de mobilisation, la Prusse l’a fait plus rapidement avec la main armée.

L'unité italienne (1859-1924) - Atlas-historique.net

Nous devons faire une comparaison, porter un regard analytique sur ces deux mouvements avec leurs variantes et leurs différences.

Il y a une Italie qui est divisée en plusieurs États : dans le nord il y a des provinces sous tutelle autrichienne mais il y a le Piémont qui est avec la Sardaigne une monarchie.

Le Piémont-Sardaigne sera le moteur de la région, la plus avancée du point de vue économique et militaire ce qui va lui permettre de mener l’unification afin de convaincre d’abord les autres de s’allier à des revendications nationales sous le leadership des hommes politiques de Piémont-Sardaigne et notamment du roi Victor Emanuel II.

Le grand problème est que dans le centre de cette future Italie il y a l’État de l’église qui est l’État du Pape, l’État du Vatican avec des territoires assez grands à ce moment, mais pas seulement Rome. La capitale italienne est habitée par le chef d’État d’un autre État qui est le Pape.

Comme c’est le chef catholique il y a des puissances assez puissantes qui protègent le siège du catholicisme mondial avec notamment la France qui était déjà sous les monarques du début du XVIIIème siècle et même sous Louis-Philipe avec l’idée que la France catholique doit protéger le Saint-Siège.

Il y a là une sorte d’alliance qui va créer des problèmes, mais pour les nationalismes italiens ce n’est pas l’unification de plusieurs régions, mais c’est la lutte contre l’empire des Habsbourg, mais aussi cet obstacle au milieu qui est un obstacle avec une légitimité énorme avec la foi catholique et un pays catholique. Les libéraux, les intellectuels, et les reformes politiques et constitutionnelles amenaient la question de savoir ce que l‘on fait avec l’Église.

Très tôt, les libéraux critiquent l’Église, ils ont une vision anticléricale qui essaie de se détacher de l’emprise de la foi.

La fondation de l’Empire allemand : 1866 - 1871[modifier | modifier le wikicode]

L’Allemagne est dominée en population démographiquement, mais surtout économiquement et militairement par la Prusse.

La Prusse acquiert après le traité de Vienne la Rhénanie et la Westphalie.

La Rhénanie est le centre de la modernisation du pays, les mines, la finance, les négoces, les nouvelles entreprises et les chemins de fers. C’est une Allemagne moderne très francophile, on a appris beaucoup des français à ce moment c’est pourquoi il y a beaucoup de grands bourgeois qui sont dans le rang révolutionnaire de 1848 voulant contrôler le gouvernement à Berlin parce que ces grands bourgeois pensaient qu’ils se mariaient avec un pouvoir assez pauvre.

Vers Königsberg et la Pologne actuelle sont des régions très rurales dominées par une aristocratie terrienne vraiment réactionnaire. La Prusse est divisée menant à trois différents types de revendications, le social par les ouvriers et les petites-gens, le libéral par les classes moyennes et la question de l’unification n’est pas très évidemment. Le roi de Prusse est à Berlin, il est protestant et convaincu d’avoir un droit divin de régner sur ce peuple et est très hostile aux idées libérales.

Le roi de Prusse est antinational, il voit dans l’idée d’unifier tous les germanophones une idée complètement folle. En 1849, des révolutionnaires allemands réunis à Frankfurt ont délibéré afin de créer un État allemand unifié, une monarchie, un empire selon la forme d’un État unifié.

Les révolutionnaires vont à Berlin en 1849 pour convaincre l’empereur d’accepter ce nouveau régime, mais se dernier refuse.

Comme en Italie on a essayé de faire par la guerre contre l’Autriche la première tentative d’unification en 1848.

Le résultat d’une synergie fantastique a permis de faire une transition révolutionnaire dans le contenu, mais non révolutionnaire en ce qui concerne l’élite gouvernante : l’aristocratie reste en place entourée par une élite bourgeoise et contrôlée par une constitution permettant l’unification et parce que c’est démocratique le roi de Prusse refuse.

L’Italie et l’Allemagne ont le problème d’avoir autour d’eux des territoires, des monarchies, des villes-États parfaitement automnes et indépendantes qui ne sont pas nécessairement intéressées par l’unité.

L’empire autrichien est encore, officiellement à ce moment, l’empire de tutelle de la confédération germanique. La grande question déjà en 1848 et plus tard est avec ou sans les autrichiens ?

À ce moment ce n’est pas un État germanophone avec quelques millions d’habitants, mais un grand empire qui vis-à-vis aurait accepté l’unification de la grande Allemagne autour de Vienne ou l’unification de la petite Allemagne seulement la Prusse et tout le reste, à ce moment l’Alsace-Lorraine est encore française.

L’Allemagne est biconfessionnelle, les prussiens sont protestants et les catholiques du sud ne sont pas si fanatiques de cette unification parce que ca serait une unification sous tutelle protestante.

Comparaison des deux processus[modifier | modifier le wikicode]

Dans une nation il peut y avoir des intérêts et des clivages, des structurations profondes des intérêts et des identités qui ne se prêtent pas facilement à une sorte de discours nationaliste commun.

L’unification italienne dure plus longtemps que celle de l’Allemagne, il y a des reformes intérieures, des votations du peuple dans certain pays, il y a un élément démocratique très fort dans le risorgimento en Italie.

L’élément démocrate en Allemagne a été éliminé en 1849, l’unification de l’Allemagne fut par des guerres, l’unification italienne fut aussi par des campagnes militaires, mais beaucoup plus par une mobilisation démocratique.

Ce qui est comparable est la région et le territoire politique moteur à savoir la Prusse et le Piémont-Sardaigne, ce n’est pas parce qu’il y a eu Cavour et Bismarck, mais c’est aussi intéressent que les mêmes idées afin de procéder soient similaires. Les deux ont l’Autriche comme voisin, l’Allemagne à la France, car elle ne peut tolérer un grand État allemand. Ces adversaires communs sont très pratiques.

Selon Bismarck, il procède « par le sang et par le fer », une petite guerre intérieure dans le nord contre le Danemark en 1864, c’est une guerre géopolitiquement sans importance, mais qui mobilise l’opinion publique.

C’est une campagne nationaliste pure, on peut faire appel aux alliés de la confédération allemande afin de joindre l’armée et de créer par une petite guerre un mouvement d’unification des puissances allemandes pour une cause nationale.

Bismarck est un stratège très froid, c’est un realpolitik, Cavour n’est pas romantique, mais plus civil dans un certain sens.

Bismarck fait une campagne militaire en 1866 contre les prussiens dont il sort vainqueur à Sadowa. Comme l’Autriche est au milieu de ce processus de réunification, autant du côté allemand qu’italien, la défaite de l‘Autriche contre les prussiens libère la possibilité pour les italiens de boucler l’unification italienne parce qu’ils peuvent libérer l’Italie du nord des autrichiens.

Il y a un triangle, les deux unifications sont géopolitiquement liées. Il y a deux nationalismes qui ont leurs caractéristiques propres, mais dans le jeu des rapports de force européens, la construction de ces États unifiés se fait à travers les affaires internationales. L’Autriche est la nation n’a pas d’intérêts, mais c’est l’empire autrichien.

La France est l’ennemie héréditaire de l’Allemagne, Bismarck invente un conflit, Napoléon III déclare la guerre permettant à Bismarck de s’emparer de l’Alsace-Lorraine suite à la défaite française à Sedan en 1871.

En même temps, la Prusse modernise les bureaucraties, les infrastructures industrielles et de communication, l’industrie d’armes est développée et Cavour a fait la même chose afin d’être préparé pour le dernier pas dans l’unification.

Les alliés pour l’Italie sont la France parce que Napoléon III est dans un certain sens favorable à une autodétermination du peuple même si la France protège le Vatican créant vers 1870 - 1871 un problème.

Comment prépare-t-on l’unification d’un territoire extrêmement hétérogène ?[modifier | modifier le wikicode]

List et entré très tôt en conflit avec les autorités allemandes et a dû s’exiler aux États-Unis, devient américain et rentre en Allemagne dans les années 1830 comme Consul américain à Leipzig et a l’idée d’une union douanière. Ces États dans les années trente poussent les petits et les grands États à baisser les tarifs. La solution par l’autoexclusion de l’Autriche est l’union douanière.

La question de la construction interne passe par la communauté de citoyens. Il faut dans un certain sens créer la nation vers l’intérieur. Selon D’Azeglio, « abbiamo fatto l’Italia, adesso dobbiamo fare gli italiani »[1].

Références[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  1. Sarebbe quest'ultima frase all'origine dei motti "Abbiamo fatto l'Italia, ora dobbiamo fare gli italiani", "Fatta l'Italia bisogna fare gli italiani" e simili, genericamente attribuiti a Massimo d'Azeglio. Tuttavia, secondo gli storici Simonetta Soldani e Gabriele Turi, nell'introduzione a Fare gli italiani. Scuola e cultura nell'Italia contemporanea, il Mulino, il motto "Fatta l'Italia bisogna fare gli Italiani" non apparterrebbe a d'Azeglio, ma sarebbe stato coniato nel 1886 da Ferdinando Martini «nel tentativo di "tradurre" il senso politico» (Carlo Fomenti, Siamo una nazione, ma chi ha fatto l'Italia?, Corriere della sera, 17 luglio 1993) di tale frase ne I miei ricordi. Si veda peraltro Giuseppe Fumagalli, Chi l'ha detto?, Hoepli, 1921, p. 208.