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Les réalités de la neutralité : Politique étrangère et relations économiques extérieures durant l’entre-deux-guerres

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Les réalités de la neutralité : Politique étrangère et relations économiques extérieures durant l’entre-deux-guerres
Faculté Sciences de la société
Département Histoire, économie et société
Professeur(s) Christophe Farquet[1][2]
Enregistrement [1]
Cours Histoire contemporaine de la Suisse

Lectures

Il n'y a pas forcément homologie entre la résistance au fascisme intérieur et extérieur.

Introduction : Au-delà du Printemps des Fronts, une surprenante stabilité politique en Suisse pendant les années 1930[edit | edit source]

Réorientation momentanée de la politique étrangère de la Suisse à partir de 1917 et rapprochement des puissances alliées et associées[edit | edit source]

On se rappelle que l'orientation de la Suisse jusqu'en 1917 de la politique étrangère était pro-allemande. Cette orientation n'est cependant pas uniforme, avec certaines élites étant plus francophiles et également un certain fossé avec la Suisse romande plus francophile. Cela se traduit par exemple par une partie des élites suisses notamment l'état-major avait voulu rentrer en guerre aux côtés des puissances centrales au début de la guerre.

Cette orientation politique pose de nombreux problèmes, et scandale dès 1915. On peut retenir trois grandes crises politiques :

–      À l'été 1915 entre la Suisse et l'entente liée à Wille qui va jusqu'à soumettre un mémorandum au conseil fédéral dans le but de rentrer en guerre. Il y a aussi une intention de la part de l'entente de mettre un contrôle sur les exportations. Cependant, le conseil fédéral rejet cette entrée en guerre pour deux facteurs. 1) la guerre semble s'éterniser. 2) économiquement il est difficile pour la Suisse à s'allier pour un camp, car elle fait du commerce de manière multilatéralement.

–      L'affaire des colonelles en 1917, l'état-major suisse ayant toute sorte de collaboration avec l'état-major allemand et autrichien dont des transmissions de renseignement. Cette collaboration va à l'encontre de la neutralité suisse et crée un scandale du côté de l'entente lorsqu'elle apparaît au grand jour.

–      L'affaire Grimm-Hoffmann en 1917 : Le conseiller fédéral Arthur Hoffmann contribue à toute sorte de tentatives d'arbitrage entre les camps belligérants. Une de ces tentatives a été de participer à des offres de médiation entre la Russie et l'Allemagne. Ceci conduira à la démission d'Hoffmann.

À partir de 1917, il y a une réorientation de la politique étrangère en faveur de l'entente. Les scandales, mais aussi l'entrée en guerre des USA et l'économie suisse qui devient de plus en plus dépendante de l'entente précipite ce retournement. Dès 1917, il y a par exemple l'attribution de crédit à l'entente alors qu'il avait été réservé aux centraux.

La Suisse dans le concert de Versailles au début des années 1920 : ambiguïté de l’orientation « ententiste » de la Confédération[edit | edit source]

Échec de la pacification des relations internationales en Europe entre 1919 et 1923[edit | edit source]

À la fin de la guerre dans les pays européens, l'on observe une crise politique. En ce qui concerne les relations internationales, sont très troublé. On peut considérer que la guerre mondiale se termine en 1923, la guerre civile en Allemagne, mais surtout celle de la guerre civile en Russie qui fait à elle seule autant de victimes que la Première Guerre si l'on inclut les famines. Entre nations : Roumanie/ Hongrie, Russie/Pologne et Grèce/ Turquie et aussi la France qui a plusieurs reprises envahies l'Allemagne.

Il y a donc un échec au niveau de la pacification des relations internationales. Ceci est lié à la forme des traités de paix. Ces traités on trois buts : 1) fixé la nouvelle géographique de l'Europe 2) établir le coût financier de la guerre imposé aux vaincus 3) fixer des conditions inégales pour se réinsérer aux pays vaincus pour se réinsérer dans le système international en particulier au niveau commercial.

Ces traités de paix sont déstabilisateurs. Prenons par exemple le traité de Versailles, qui malgré ce que disent nombreux historien, n'est pas un dictat. L'Allemagne garde la plupart de son territoire, les clauses commerciales bien que discriminatoire lui donne accès aux marchés internationales. Propos iconoclaste, les réparations peuvent être supportées par l'Allemagne. Si l'on observe les annuités, cela représente 5% du PIB allemand ce qui aurait demandé une augmentation d'impôt au niveau de la GB.

Le problème est plutôt que ce traité est à la fois trop doux et trop fort. L'Allemagne sort en position de relative force au niveau économique de la Deuxième Guerre mondiale, le traité n'affaiblit dès lors pas assez l'Allemagne ce qui permet à l'Allemagne de ne pas le suivre le traité et qui rentre dans un politique révisionniste face au traité. D'un autre côté, le traité contient des paragraphes humiliants comme celle qui indique l'Allemagne comme seul responsable de la guerre.

Le deuxième problème est qu’entre les vainqueurs il y a une désunion sur la politique d'enfoncement du traité. Les Britanniques ont moins d'intérêt (peu de réparation) et cherchent à sortir des conflits de l'Europe continentale pour se concentrer sur l'empire. De plus elle pense que ces réparations ne sont pas compatibles avec une économie libérale.

Troisièmes facteurs, l'isolationniste des États-Unis qui refuse d'assumer leur rôle de leadership au niveau mondial.

Dans ce contexte, la SDN est très faible jusqu'en 1924. Au début elle reste surtout une association de continuité entre les alliés la Russie, l'Allemagne et les USA y étant absents. Il existe cependant du multilatéralisme, mais pas à Genève, mais dans des commissions comme celle des réparations.

La Suisse et l’Europe de Versailles[edit | edit source]

Questions territoriales[edit | edit source]

La Suisse est intégrée dans les conférences de paix. Certaines élites suisses essaient de profiter de la réorganisation pour étendre la surface de la Suisse, notamment en direction de l'Italie ou de l'Autriche (foranbelrgue).

Les zones de libre-échanges autour de Genève sont révisées.

Économie et problème commerciaux[edit | edit source]

La Suisse est affectée au niveau des relations économiques avec des problèmes d'approvisionnement alimentaire et en charbon. Les exportations sont touchées par l'inflation des monnaies étrangères et de l'augmentation du protectionniste.

La politique étrangère de la Suisse à la sortie de la guerre est focalisée sur le rétablissement des relations commerciales. Réorientation sur les USA puis la Grande-Bretagne et non plus l'Allemagne notamment pour les textiles.

Le secteur financier fait des nouvelles affaires, mais subi de nombreux problèmes dut à l'inflation et à la socialisation des capitaux en URSS. Mais de manière générale, l'afflux de capitaux renforce la position de la Suisse grâce à une force financière nouvelle (emprunt lié, attitude impérialiste).

Neutralité[edit | edit source]

On présente classiquement la Suisse ayant une neutralité intégrale jusqu'en 1920 puis une neutralité différentielle jusqu'en 1938. Ceci serait dû au faîte que la Suisse accepte d'appliquer des sanctions de la SDN. En 1938, la Suisse décide formellement de ne plus appliquer les sanctions.

Cette présentation n'est pas valable, la Suisse n'a pas de neutralité intégrale et la politique de neutralité existe très peu jusqu'à la Première Guerre mondiale. De plus la Suisse n'applique pas les sanctions de la SDN. Pour finir, le fait d'adhérer à la SDN à une signification qui est changeante.

Ce qui est paradoxal, c'est qu'il y a conceptualisation de la neutralité après la Première Guerre mondiale alors même que la Suisse n'est plus neutre. Il faut analyser ça comme une stratégie permettant d'intégrer la SDN et de faire des concessions à l'entente, mais on utilise la neutralité afin de garder une partie de son orientation allemande.

Il y a cependant des oppositions assez importantes à l'entrée de la Suisse à la SDN. Les socialistes s'opposent à la SDN la voyant la voyant comme une internationale libéral qui s'oppose à l'international socialiste, les milieux germanophiles, les milieux du commerce (proche de l'Allemagne) et les milieux liés à l'armée.

Références[edit | edit source]