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Les nations de l’Europe occidentales au tournant du siècle (c. 1900)

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Nous allons voir comment les nations se construisent à l’intérieur du pays, c’est ce qu’on appelle en anglais du "nation building", de la construction intérieure d’un appareil étatique et de toute une symbolique nationale avec des institutions.

L’unification allemande et le risorgimento, lorsqu’ils sont arrivés à leur but, avaient tout un travail à faire à l’intérieur de ces sociétés afin d’unifier la population, les territoires, les hétérogénéités entre les parties d’un pays afin d’arriver à une communauté nationale qui se perçoit elle-même comme plus ou moins homogène.

Construction intérieure de l’État-Nation[edit | edit source]

Dans Inventer des Traditions[1], Eric Hobsbawm pense à inventer des traditions nationales au XIXème siècle.

Que fait on lorsqu’on construit une nation à l’intérieur ? Cela est lié la construction nationale mais dans un certain sens n’importe quel État qui veut être un État doit faire les choses de cette manière.

Dans un État-Nation où il y a la convergence d’un peuple, d’un gouvernement autonome d’un contenu culturel et ethnique avec la liberté de décider et de déterminer son propre destin, c’est l’idéal des peuples qui veulent devenir nations.

  • mesure, monnaie

À t-on un seul système normatif pour tout le territoire ? La plupart des pays au début de leur existence nationale n’en avait pas. En France la Révolution fait une politique centralisatrice et dure dans toutes ses règlementations. Napoléon a fait que du centre on régule et normalise le territoire national. C’est pour le dernier tiers du XIXème siècle pour l’Italie et l’Allemagne alors qu’en France la question est déjà réglée en 1810.

  • heure normale

La normalisation du temps n’est pas encore garantie. Dans l’empire des Habsbourg et dans l’empire allemand de Bismarck, les petites nations avaient leur heure légale.

  • service militaire, armée

À ce moment, on considère le service militaire comme une école de la nation. Ce n’est pas seulement la puissance militaire qui est en jeu mais c’est aussi un lieu de normalisation, de recensement et de rencontre entre des gens issus de différentes communautés régionales, religieuses, linguistiques d’un même pays.

  • citoyenneté/nationalité

Cela renvoit à la question du passeport.

  • invention de la tradition

C’est imaginer une préhistoire de la nation qui est un sentiment d’appartenance, une identité nationale, une « communauté imaginée ».

Le paysan de la Bretagne en France doit se sentir proche d’un ouvrier alsacien. Les États-Nations veulent créer quelque chose comme une communauté nationale.

Dans un certain sens on a une histoire qui n’est pas folklorique et très importante.

  • Langue
  • Ecole
  • Sentiment d’appartenance

Ces systèmes politiques ont réussi à intégrer et implanter cette identité dans les têtes et les armes de leurs citoyens, parce que les citoyens sont prêts à sacrifier leur vie pour la Nation. Environ 8 millions le feront pendant la première guerre mondiale, c’est un test sur une sorte d’appartenance.

Développement de l’appareil étatique[edit | edit source]

État et Nation ne sont pas nécessairement la même chose, les premiers embryons d’organisations d’États sont très anciens, même l’Empire Romain dans l’antiquité avait un État, les villes comme Venise et Genève avaient un État, ce n’est pas lié à la question de la nation.

Dans le dernier tiers du XIXème siècle, avec une croissance démographique, économique, de l’urbanisation, l’appareil étatique sur tout les niveaux, communes, régions, cantons, État, croit, augmente ses fonctions, il y a plus d’impôts qui sont payés, l’État devient plus gros.

Cela se passe en même temps et donc les nouvelles nations comme l’Italie ou l’Allemagne s’engagent dans cette voie prenant dans un certain sens comme base et fondement de leur action les appareils étatiques qui existaient dans les grands pays qui ont été à la base de l’unification. La Prusse a par exemple un appareil étatique très développé.

La nouvelle nation se greffe sur des structures étatiques existantes mais les développe aussi beaucoup.

Ce que l’État-Nation doit faire est de projeter l’État sur tout le territoire de la nation, cela doit aller jusqu’au bout de la frontière, couvrir tous les citoyens. Cela est diffèrent des empires qui ont des États un peu fragmenté comme Vienne pour l’empire des Habsbourg posant la question de l’homogénéisation.

L’État-Nation a l’ambition de couvrir tous les sujets qui sont des citoyens.

C’est aussi un question de droit, une sorte d’égalité qui se créée par la machine étatique. Nous allons le voir avec la question de la scolarisation, tous les enfants doivent au moins avoir quelques années de scolarité obligatoire. À un moment, cela devient une définition de la réussite ou non d’une nationalisation du territoire.

Structure constitutionnelle[edit | edit source]

Modèle unitaire[edit | edit source]

Si on est dans un mode unitaire ou un État centralisé, la France est clairement le modèle. La France était déjà bien centralisée avant la révolution par la monarchie absolue qui fit ce travail, beaucoup de critiques de la révolution française ont dit qu’il y a une continuité avec la monarchie assez fantastique.

L’Italie veut suivre le modèle français seulement avec l’hétérogénéité des régions, il y a le grand contraste entre nord et sud. C’est une tâche qui n’est toujours pas aboutie aujourd’hui, toutefois, on voit une certaine régionalisation, décentralisation et autonomisation de certaines régions.

Après l’unification italienne ont voulait avoir un centre, Rome, et un État qui couvre l’ensemble du territoire, au moins comme ambition.

Modèle fédéral[edit | edit source]

  • Suisse – constitution de 1848

C’est le modèle de la Suisse qui transforme cette confédération en un État fédéral en 1848 qui ont beaucoup de droit. Dans l’agrandissement de l’État suisse, il y a une confirmation de l’État central.

  • Allemagne – le Reich à partir de 1871

Le Reich de Bismarck est certainement dominé par la Prusse, toutefois, c’est une domination à deux tiers, mais pour accommoder le reste du territoire allemand, il faut prendre en compte que d’autres entités restent très puissantes comme la Bavière, la Saxe, les villes automnes, personne ne voulait à ce moment créer un État unitaire.

Le Reich est un État fédéral avec une structure un peu compliquée avec la Prusse qui domine. Il y a une structure politique qui est un peu contre l’esprit du fédéralisme car c’est toujours le roi de Prusse qui est l’empereur de l’Allemagne, le ministre-président de la Prusse est toujours le chancelier de l’empereur soit le rôle de Bismarck. Le Reich est en principe un État fédéral qui associe 25 États.

Il y a aussi beaucoup d’hétérogénéité fédérale dans ce pays. Par exemple, il y a le clivage confessionnel, des territoires plutôt catholique, la Prusse est presque totalement protestante luthérienne, le roi prussien qui est aussi l’empereur du Reich, dans son rôle du roi de Prusse est l’évêque suprême de l’église luthérienne. C’est très différent parce que dans d’autres régions le catholicisme est la confession dominante.

Aussi, pour l’éducation et d’autres aspects, l’Allemagne est un État fédéral avec les États-Unis comme État fédéral en tant que modèle.

Il faut garder à l’esprit que lorsqu’on parle d’unification et de nationalisation, cela doit se négocier selon ces structures étatiques, cela ne se fait pas essentiellement par décret.

Concentration progressive des pouvoirs par l’État[edit | edit source]

La naissance d'une bureaucratie diversifiée est une fonction de la modernisation des sociétés dans ce temps. Les grands empires notamment les Habsbourg et l’empire du tsar en Russie font la même chose. C’est un espace qui n’est pas nécessairement lié à l’identité national, les nations veulent être à l’avant garde de la modernité s’insérant dans ce mouvement de modernisation étatique.

L’important en France est que pendant la Troisième République cela se multiplie avec le recrutement, par exemple, de plus d’instituteurs, mais aussi de policiers, de douaniers et de nombreux autres fonctionnaires.

Il y a beaucoup de conditions et d’unifications des grandes corpus de droit comme par exemple le code civil. Encore une fois, le grand modèle pour beaucoup de ces pays est Napoléon qui introduit le code civile appelé aussi le code napoléon en 1804.

Avec l’empire français, le code civil est appliqué dans beaucoup de territoires occupés par exemple dans la Rhénanie allemande. Ce sont des pays qui faisaient partie pendant une certaine période de l’empire napoléonien. Ils adoptent le code civil parce que c’est le droit le plus moderne et cohérent.

Le code civil dans un certain sens est une création impériale et nationale qui renforce la cohérence des institutions nationales mais dans un autres sens c’est un objet d’exportation.

Les institutions nationales peuvent être aussi nationales ou transnationales. La diffusion du droit et un exemple fantastique pour la diffusion en Europe de modèles. Avec le code de Napoléon on voit l’Allemagne créer un code civil très moderne le Bürgerliches Gesetzbuch en 1896.

Le Bürgerliches Gesetzbuch se crée une trentaine d’années après la création de l’empire, on a attendu presque un siècle après les français. Jusqu’à ce moment, on a largement utilisé le code de Napoléon.

Les territoires occupés par les français maintiennent le droit importé par les français ; cela est vrai notamment pour le droit commercial et des entreprises afin de permettre une industrialisation plus facile.

Les régions à l’avant-garde de l’industrialisation et du développement d’une société de marché sont très contentes d’avoir le code civil même si c’est un droit français.

La Suisse adopte un code tardivement en 1907 avec un code unifié, les Pays-Bas en 1822 et l’Espagne en 1889.

Ce sont les séquences de la création de l’État-Nation peuvent varier énormément, il n’y a pas de concurrence mais les gouvernements s’observent constamment et mutuellement.

En Grande-Bretagne, c’est un droit lié au précédent des juges mais à un moment donné on doit codifier le droit civil mais plus tardivement par rapport aux autres pays, le Common Law est un peu le pendant de ce qu’ont fait les autres pays européens. En 1873, on harmonise les lois et fusionne des instances judiciaires sous la Common Law.

Encadrement de la vie économique[edit | edit source]

  • Banque centrales

Une banque centrale n’est pas nécessaire, elle n’est pas indispensable afin de créer un État ou même pour avoir une monnaie nationale. On peut, dans un certain sens, exercer les fonctions d’une banque centrale par les banques privé, c’est aussi une limite de la constitution de l’État.

On peut le faire autrement et beaucoup de pays ont laissés aux banques commerciales le soin de produire et de surveiller la monnaie nationale.

Ce n’est pas nationaliste contre non-national mais c’est plus privé – publique. Le privé peut parfaitement se substituer aux fonctions publiques.

Notamment, la Suisse jusqu’au début du XXème siècle laisse les grandes banques régler la monnaie suisse. Cela va dans le sens d’intérêts particuliers.

La Banque Nationale Suisse se créée en 1907, 59 ans après la création de l’État fédéral. Ce qui est intéressant est qu’il y a des banques centrales beaucoup plus anciennes que l’État moderne. Par exemple la Suède a créée une banque centrale, c’est une monarchie extrêmement modernisée et modernisatrice de son pays mais cela reste un empire, toutefois, elle créée sa banque nationale au milieu du XVIIème siècle en 1656.

C’est une toute autre ligne de développement, le développement de l’État n’est pas le développement de la nation.

La couronne britanniques et les banques privées ont intérêt à avoir une grande banque qui régule le trafique à la fin du XVIIème siècle plus précisément en 1694. Ces pays sont précurseur en allant de l’avant.

En 1900, 18 États seulement en Europe et aux États-Unis avaient créés une banque centrale. Même aujourd’hui pas tout le monde a une banque centrale. Pour les petits pays cela peut être pratique de s’aligner sur une autre monnaie.

  • Monnaie unique

Est-ce que dans un certain sens une monnaie nationale est nécessaire pour se sentir nation ? Pas nécessairement, c’est beaucoup plus lié à une question pratique et de flux économiques ; la Suisse institut dans un certain sens le franc-suisse mais elle n’est inscrite dans la constitution suisse qu’en 1848.

Les premières pièces en argent furent frappées à Paris. Jusqu’au début du XXème siècle et la création de la banque nationale suisse, la quantité d’argent franc-suisse et la production des billets et régulée par les banques commerciales ou par les cantons. Il n’y a pas de centralisation, ils ont seulement le franc-suisse à l’intention de fonctionner comme barème d’échange, c’est un standard.

Beaucoup de cantons limitrophes utilisaient des monnaies étrangères. Ce n’était pas une diminution de l’identité nationale et citoyenne des suisses, mais pour des raisons très pratiques et des raisons de puissance relative on s’est aligné et on a créé un régime d’échange limité.

C’est quelque chose de très intelligeant mais à l’encontre que chaque nation veuille meubler son pays avec des institutions nationales. On peut restituer fonctionnellement une monnaie nationale par d’autres biais.

Le franc-suisse rentre dans une sorte d’union monétaire avec d’autres monnaies latines notamment avec le franc-français et d’autres monnaies en Europe afin de réguler les échanges.

  • Mesures

Il y a plusieurs des grands pays comme l’Allemagne, l’empire autrichien mais pas tellement en France mais aussi au Royaume-Uni, il y a la coexistence de systèmes de mesures différents.

  • Heure légale

Le cas le plus intéressant est l’heure légale qui est le temps standardisé. Dans l’empire allemand où il y a plusieurs de frontières où change l’heure, ce n’est pas seulement le changement d’une heure mais parfois d’un quart d’heure. Il est difficile de faire un horaire pour les chemins de fers impériaux avec de tels changements d’horaires.

C’est une grand machine qui essaie de légaliser l’heure légale, cela dure 25 ans environ en Allemagne parce que c’est un État fédéral on ne peut seulement décréter. En Allemagne les standards n’étaient pas unifiés.

Avec le développement du trafique du commerce et des réseaux de chemin de fer cela devient nécessaire, dans un certain sens, le centre de la nation entre dans chaque ménage avec une volonté de règlementer.

Est-ce une résistance à la nationalisation, pas surement, mais il n’y a pas d’enthousiasme pour un territoire complètement homogénéisé, ce sont des grandes institutions nationales qui se créées pour ce type de standardisation.

Il est intéressant que plus tard ces standards nationaux entrent en dialogue avec les autres standards nationaux. Le dernier tiers du XIXème siècle est le grand moment de la globalisation de l’économie mondiale.

Carte du câble télégraphique transatlantique de 1858.

Pour les sociétés modernes, c’est la deuxième moitié du XIXème siècle, le temps avant la première guerre mondiale est une période de globalisation. Tout ce que font les nations entre dans une tentative de standardisation sur le niveau planétaire divisé par les grands empires coloniaux comme la Grande-Bretagne et la France, mais déjà, les États-Unis, la Russie et le Japon doivent se concerter afin de définir un standard d’heure légal pour le monde.

Le trafique télégraphique a déjà lié techniquement les continents mais les règles juridiques et administratives manquent encore d’homogénéité.

La nationalisation de nos sociétés a lieu en même temps que la globalisation de nos économies et de nos sociétés.

C’est un paradoxe mais un thème très important. Les pays essaient d’homogénéiser leur territoire afin de mieux entrer sur la scène internationale. Ce lien est très important, on joue seulement dans le théâtre globale comme une nation puissante, si on est trop fragmenté à l’intérieur on ne peut jouer ce jeu.

  • Statistiques nationales

On veut aussi créer des offices nationaux de statiques qui organisent quelque chose de très important pour la compréhension de la société nationale qui sont les recensements nationaux, de populations, bétails - on a parfois des données plus exactes sur le bétail que sur les hommes et les femmes - recensement des lieux de production, de l’industrie, du marché du travail.

C’est un travail de nationalisation extrêmement important, comme cela est fait par des interviews, des fonctionnaires vont dans chaque ménage avec un questionnaire mais posent les questions et remplissent le questionnaire afin de recenser aussi les personnes analphabète. Il y a des représentant de l’État qui entrent dans chaque maison paysanne de la Bretagne, de la Bavière ou de la Sicile. L’État s’immisce dans la sphère privée.

Les grands pays d’abord les monarchies les plus modernes comme la Prusse et la Suède instituent des offices de statistiques respectivement en 1805 et 1860.

Carte Philosophique figurant la Population de la France (1830), par Armand Joseph Frère de Montizon.

La France le fait après la révolution et avec Napoléon à partir de 1800 mais avec un succès un peu mitigé parce que le premier bureau de statistiques est interrompu après la fin du règne de Napoléon et cela dure jusqu’à la monarchie de Louis-Philippe pour créer la grande statique de la France en 1840 qui dure jusqu’à la fin de la Troisième République et même jusqu’à Vichy qui est prédécesseur des grands organismes statistiques en France.

La France créée un office statistique comme monarchie et un État territorial qui sera la matrice pour l’office statistique du Reich mais qui dure à tarder car les États fédéraux ne veulent pas nécessairement l’unification. La statistique impériale se heurte à certains États.

La Suisse assez tôt - en 1860 - par rapport à la banque centrale, quelques années après la création de l’État Fédéral à Berne, on a la création d‘un office fédéral de statistique.

Pour les choses les plus banales, la statistique cantonale reste extrêmement forte, les divergences, les questions d’éducation notamment, les cantons ne veulent pas donner leurs chiffres à Berne et garder l’autonomie et le contrôle sur les questionnaires. Même des choses assez techniques peuvent être une question politique notamment entre les niveaux de gouvernement d’un pays.

C’est une particularité des pays fédéraux d’avoir à l’intérieur de la nation des obstacles politiques assez importants.

Construction culturelle de l’identité nationale[edit | edit source]

C’est un autre niveau de la politique d’homogénéiser le peuple de l’État notamment. Les unités territoriales qui se créées comme en Autriche ont en leur sein des minorités nationales, linguistes ethniques ou religieuses. L’unification est aussi un travail d’intégration, on intègre les membres à la culture.

Il y a beaucoup de migrations, de mobilité de travail entre ces pays. La fin du XIXème siècle est un temps qui n’est pas caractérisé par le cloisonnement des nations.

La construction de l’identité nationale est très grande, cela touche l’université, l’école, la littérature, la musique. Les différents pays essaient de développer des caractéristiques propres. C’est un vrai travail aussi des États. La société civile est importante, des associations, des fondations et des grands mécènes mais cela reste un travail politique et étatique.

Constitution d’un paysage national[edit | edit source]

Dahl Hans - Par le Fjord

Le paysage ne fait rien mais les gens commencent à représenter le paysage et ils le font très souvent avant l’autonomie étatique de leur pays comme par exemple les norvégiens avec leur fjord. La Norvège jusqu’en 1903 est une partie de la Suède. Suède et Norvège sont combinés, ce sont pourtant deux États.

En 1903, la Suède et la Norvège obtiennent chacune leur autonomie mais quand même pendant tout le XIXème siècle il y a un nationalisme culturelle norvégien basé sur la langue et il y aussi une présentation d’une particularité, une individualité nationale liée à la nature.

Carte Dufour représentant Lausanne.

Les hongrois privilégient la Puszta, les suisses débattent autour des montagnes. Le général Dufour héro du Sonderbund se lance après sa retraite de l’État major dans un très grand projet de cartographie nationale qui est la fameuse Carte Dufour qui est la première carte du territoire Suisse mais aussi la première carte qui mesure toutes les montages étant considéré comme un effort pour unifier la nation.

Cette carte est exposée à certains moments en public. Ainsi tout le monde peut se reconnaitre dans un certain sens en fonction de son origine géographique mais à l’intérieur des frontières d’un pays qui est un symbole national. En France l’hexagone est dans l’imaginaire national.

Pour les autres pays, c’est aussi le cas surtout pour les pays où la frontière est débattue comme pour l’Allemagne ou l’Italie.

L’idée d’un territoire qui est un « tout » mais un « tout » structuré ou chaque famille et chaque village se retrouve. Avec une carte, on a cette imagination très matérielle.

Conservation et patrimoine national[edit | edit source]

Prospekt des Germanisches Nationalmuseum im Jahr 1884.

La constitution du patrimoine est la préhistoire d’un pays que l’on retrouve dans les musées : les grands musées nationaux sont des créations politiques. Le Louvre est créé en 1793 comme « palais de la nation », il y a un programme formulé que tous les autres pays essaient plus ou moins d’imiter. Par ailleurs, il y a l’élargissent les Archives Nationale - en 1790 - en « mémoire de l’Europe ».

Londres le fait bien avant dans la monarchie non lié à des considérations tellement nationales mais quand même avec l’idée de confirmer le rôle de la capitale anglaise dans un empire transatlantique coloniale. C’est le British Museum fondé en 1753.

Berlin en 1824, la Prusse après la défaite de Napoléon, après une période très difficile pour la Prusse ou Napoléon était à Berlin comme occupant, l’État construit toute une série d’affirmations pour se constituer en tant qu’État contre la France comme l’élaboration de l’armée, la formation d’une élite comme réaction à l’avant-garde française qui à ce moment définit le standard de comment créer un État-moderne.

Les musées arrivent plus tardivement. C’est un musée plutôt de la peinture, de la sculpture et de la culture allemande ce n’est pas tellement un musée d’histoire mais cela est un vrai musée pour le Louvre et le British Museum, ce qui est dedans est l’art antique, des collections égyptiennes, etc. La culture nationale est peut être parfaitement cosmopolite mais on y protège la grandeur de sont pays.

Le musée de l’Hermitage est fondé à Saint-Pétersbourg en 1840 avec le renouveau de la monarchie russe.

Invention des traditions populaires[edit | edit source]

Il y a un identification ethnique de la nation on créé un État-nation par décision par un acte politique comme la révolution française ou par cette voie ethnoculturelle qu’on prit lesallemands de dire qu’on a pas un État unifié mais une hétérogénéité avec une idée commune d’appartenir à quelque chose qui est une grande famille nationale par la langue, un passé commun, un substrat ethnique.

Dire que c’est une construction ne veut pas dire que ca n’a pas eu d’importance pour les gens. Il y a invention de la tradition[2]. On créé à un moment consciemment par des spécialistes qui se penchent sur le passé populaire afin de retrouver les racines de la nation. On projette une image très contemporaine sur le passé et c’est pourquoi on dit invention ou construction. Ce ne sont pas des idées subjectives, c’est la question que c’est un effort fait dans ce moment là. La création des institutions mais aussi un discours, le mot folklore n’est pas péjoratif, à ce moment c’est tout ce qui touche aux arts, les coutumes, les traditions populaires.

À ce moment, cela commence à ce distinguer sérieusement de l’ethnographie des peuples lointains, cela devient une science des barbares, l’ethnologie de nos propres peuples est digne. Ce sont parfois les mêmes personnes qui font le deux.

Les musées sont importants mais ce sont des musées des arts et traditions populaires comme les meubles, les costumes, on note l’invention des costumes populaires, mais à un moment on termine les costumes populaires avec l’avènement de l’industrie. Les derniers costumes deviennent les costumes traditionnelles, on les sauvegarde, on stoppe un développement qu’on considère comme un patrimoine et une tradition.

L’invention de la tradition est renforcée par des associations locales qui exposent dans des musées locaux, cela devient un standard de tradition. L’invention veut dire construction d’un patrimoine national mais non pas la réalité des pratiques.

Au Nordiska Museet de Stockholm fondé en 1873, il y a une initiative d’un philologue Arthur Hazelius. Ce nouveau musée présente ses collections d’objets traditionnels lors des exposions universelles de Paris.

Les expositions universelles existent depuis les année 1850. Elles sont là pour que les nations se montrent mutuellement, exposent leurs prouesses technologiques, esthétiques mais aussi des objets de leurs inventions. Les suédois viennent avec leur musée d’Arts et Traditions le montrant aux autres nations.

Le national et le global sont tout à fait mariés dans un certain sens.

Il y a des musées ethnographiques dans le Nord et l’Est parce que les identités nationales sont encore plus fragiles surtout à l‘est ou Prague fait toujours partie de l’empire des Habsbourg, ce n’est pas un État indépendant. De présenter à ce moment avec une emphase politique et culturelle les traditions culturelles de la bohème est une raison pour une autonomie politique et notamment pour les écoles, pour les langues et la culture.

Rapidement, la mode des musées ethnographiques recouvre toute l’Europe du Nord et de l’Est : à Berlin en 1889, à Oslo en 1894, à Vienne la même année, à Prague en 1895 puis à Budapest l’année suivante.

Langue et école[edit | edit source]

Même aujourd’hui dans le conflit frontalier et entre communauté à l‘intérieur des États qui se sont créés par exemple en ex-Yougoslavie la question de l’école est la question de la langue.

Les politiques de la langue et d’éducation sont très souvent au cœur du projet d’une autonomie nationale et notamment au sein des empires multiethniques et multilingues. Il y a énormément d’associations nationalistes mais aussi pour se protéger contre la censure policière qui étaient les associations de champs.

C’étaient des mouvements de millions de personnes. Beaucoup de mouvements de la société civile vont dans ce sens mais les États qui ont déjà réglés la question de la nation comme la France dans le cadre de la Troisième République. L’Allemagne et l’Italie de l’après risorgimento investissent énormément dans des politiques d’enseignements et universitaires.

L’école et l’éducation comme fabrique de la nation[edit | edit source]

Les acteurs contemporains considèrent l’éducation comme fabrique de la nation tout autant qu’on considère l’armée comme l’école de la nation. On confond et on fusionne le rôle des petits citoyens dans leur rôle d’écolier et ensuite de recrus. Il y a la main mise de l’État sur eux.

La France de la Troisième République avec la loi et la législation de Jules Ferry de 1880 réalise l’ambition de la Révolution française à savoir l’harmonisation et l’unification du territoire autour de la langue française, l’éducation universelle d’abord élémentaire pour les couches populaires qui est déjà un projet des années 1830, toutefois, l’infrastructure manque.

Jules Ferry prévoit pour la Troisième République des financements et la création d’institutions afin de garantir à chaque fils et fille de la population une école élémentaire laïque, gratuite et obligatoire. En Espagne, l’État prend en charge le paiement des salaires des enseignants à partir de 1901.

Afin de réaliser cela il faut créer des infrastructures, former des instituteurs et il faut un curriculum national pour lire, calculer et écrire mais aussi pour donner les éléments d’une identification nationale.

Quelle matière est la meilleure pour transformer des petits paysans en citoyens de la République ? L’histoire est au service de la nation à ce moment.

Les pays s’observent, s’imitent mais cela ne réussi pas partout. Parfois ce sont les communes et très souvent les paroisses qui paient les salaires, ainsi l’État centrale augmente sont contrôle.

La densité des maitres d’école par rapport aux populations diffère d’un pays à l’autre en 1890 : 37 instituteurs pour 10000 habitants en France, 35 au Royaume-Uni et aux pays bas, 31 en Suisse, 27 en Suède, 20 en Belgique et en Espagne, 19 en Italie, 18 en Autriche-Hongrie mais seulement 8 au Portugal. Cela reste une carte fragmentée notamment dans le sud.

L’Espagne : un cas d’échec de la nationalisation de la société[edit | edit source]

L’Espagne est la création d’un État-Nation problématique avec un échec de l’alphabétisation car 73% le reste sans progrès ou à peine en 1900 par rapport à 1860. Les gens doivent signer lorsqu’ils se marient étant l’indicateur quantitatif pour l’alphabétisation. Les jeunes soldats sont aussi testés sur leur alphabétisation.

L’harmonisation des langues est aussi un échec partiel car en 1900 un espagnol sur quatre parle une autre langue à la maison. Cela est très rependu de parler un dialecte ou une langue régionale et de parler la « haute » langue au sein de la société plus en général.

L’histoire nationale[edit | edit source]

Tout le monde a essayé d’inventer une histoire nationale. La norme suprême de l’État-Nation était projetée dans une sorte de préhistoire où on trouvait les racines de cette nation unifiée dans l’antiquité, dans le moyen-âge parfois pour justifier le pays et notamment des petits pays qui avaient une structure hétérogène.

En Belgique les historiens ont essayés d’écrire une histoire qui projette la fin dans le passé, dans les peuples un peu marginaux. Cela est parfois un peu farfelu et on va chercher des peuple antiques originaires.

La Grèce du XIXème siècle n’a rien à faire avec la Grèce classique, seul le territoire est le même. Les grecs ont réussis à créer une continuité de deux millénaires. En Macédoine, on a essayé de faire la même chose et on a voulu une histoire.

En France, cela marche beaucoup mieux parce qu’il y a la monarchie : sont-ce les gaulois les fondateurs de la tradition étatique, les romains ou les germaniques ? Il faut écarter les germaniques, laisser les romains mais fondamentalement ce sont les gaulois. On se créé des ancêtres, une lignée continue, les monarchies du moyen-âge deviennent les prédécesseurs de l’État moderne.

Chaque historien national doit se plonger dans la construction d’une histoire.

Lavisse fut un grand intellectuel de la nation, au sommet de la pyramide du système éducatif et très lié à Jules Ferry, après la création de l’école maternelle il faut rénover et remodeler le secondaire avec un projet de diffuser et enseigner une histoire de France.

Il entreprend une histoire de France scientifique académique, l’état des connaissances autour de 1900.

Lavisse créé plusieurs manuels dont un destiné à l’école maternelle pour enseigner l’histoire de Frances aux enfants. C’est un manuel relevant du roman historique. Lavisse va unifier le projet scientifique et pédagogique avec la formation des maitres et des professeurs et même l’écriture des manuels.

Dans l’empire allemand on a de nombreux historiens nationalistes et patriotiques mais la réalisation pédagogique est dans un État fédéral plus compliquée parce qu’il n’y a vraiment pas d’unicité. L’exemple de la France est aussi un modèle pour les autres.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. Eric Hobsbawm & Terence Ranger, ed. (1983). The Invention of Tradition. Cambridge University Press. ISBN 0521246458.
  2. E. Hobsbawm, Inventer des traditions, Enquête 2 (1995), p. 171-189, traduction par André Mary, Karim Fghoul et Jean Boutier, mis en ligne sur le site Revues.org