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Le modèle de Ricardo : différences de productivité comme déterminant du commerce

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Les pays font du commerce international pour deux raisons :

  • Exploitations des différences entre pays :
    • dotation en facteurs (capital, travail, ressources naturelles)
    • productivité
  • Afin d’exploiter des économies d’ échelles dans la production

Définitions et notations:

  • Productivité du travail =
Nombre d’unités produites par unité de travail
  • Quantités unitaires de travail =
Coefficient unitaire
Nombre d’unités de travail nécessaire par unité de produit
  • La fonction de production de Ricardo

Avantage comparatif[edit | edit source]

Un exemple[edit | edit source]

Le jour de la Saint Valentin la demande de fleurs aux EU est de 10 millions.

Produire des fleurs en Février aux EU est coûteux.

Les ressources utilisées pour produire des fleurs peuvent être utilisées pour produire autre chose : ordinateurs.

La production de fleurs a un coût d’ opportunité en termes d' ordinateurs (ou un autre bien).

Supposons qu’aux EU 10 millions de fleurs peuvent être produites avec les mêmes ressources que 100,000 ordinateurs.

Supposons qu’en Amérique du Sud 10 millions de fleurs peuvent être produite avec 30,000 ordinateurs.

Les 10 millions de fleurs ont un coût d’ opportunité moins élevé en Am du Sud => spécialisation dans la production de fleurs.

Les gains du commerce et l’avantage comparatif: Si au lieu de produire les 10 millions de fleurs dont ils ont besoin aux EU, ils se spécialisent dans la production des ordinateurs et l’ Amérique du Sud dans la production de fleurs, et qu’ils commercent alors le « monde » aura à sa disposition 70,000 ordinateurs de plus.

Économie internationale avantage comparatif exemple 1.png

Dans le modèle de Ricardo l’avantage comparatif est déterminé par la productivité relative du travail.

Avantage absolu vs. comparatif[edit | edit source]

Tous les individus (pays) n’ont pas un avantage absolu.....

La bonne nouvelle est que tous les pays (individus) ont un avantage comparatif: une activité dans laquelle on est relativement meilleur que n’importe qui (tant qu’il y a plus d’activités que de pays). La spécialisation dans l’activité dans laquelle on est relativement meilleur est une source de gain au commerce, même lorsque l’on a aucun avantage absolu (notion de coût d’opportunité).

Exemple: Tony Parker joue mieux au basket que son jardinier. Il coupe aussi le gazon plus vite. Parker a donc deux avantages absolus sur son jardinier et son jardinier n’en a aucun. Cependant il est raisonnable pour Parker d’avoir un jardinier. Pourquoi ? Car, pour l’activité de jardinage, le coût d’opportunité de Parker est bcp plus grand que celui de son jardinier qui ne joue pas dans la NBA.

L’ économie fermée de Ricardo[edit | edit source]

Hypothèses[edit | edit source]

Le travail est le seul facteur de production

Son offre est fixe (parfaitement inélastique)

La productivité du travail est fixe

Deux biens substituables sont produits, à savoir le fromage et le vin.

Concurrence parfaite sur tous les marchés (biens et travail)

Possibilités de production[edit | edit source]

La frontière des possibilités de production (FPP) nous donne la quantité maximale de vin qui peut être produite étant donnée la quantité produite de fromage.

  • On part de la condition d’équilibre sur le marché du travail :
  • Et on résout pour (ou ) :
La frontière des possibilités de production : Correspond à la figure 3.1 page 34 de KOM (2012).

Equilibre de production dans l’ économie fermée[edit | edit source]

= prix du vin, = prix du fromage.

= salaire dans le vin, = salaire dans le fromage

Si concurrence parfaite => pas de profit :

  • =>
  • =>

Mobilité parfaite du travail entre les deux secteurs donc :

  • Si (autrement dit si
alors pas de production de vin
  • Si (autrement dit si
alors pas de production de fromage
Equilibre de production.

En Economie fermée les deux biens sont produits (car quantités produites = quantités consommées) et comme mobilité parfaite du travail entre les deux secteurs, à l'équilibre:

Donc

Prix relatif d'autarcie = coût d'opportunité</math>

Les quantités consommées/produites de chaque bien sont déterminées par la demande relative des deux biens au prix relatif fixé par les coefficients de travail unitaire

L’équilibre d’autarcie: Les quantités consommées d’autarcie sont déterminées par les conditions de demande relative.

Commerce dans le modèle de Ricardo[edit | edit source]

Hypothèses[edit | edit source]

Deux pays : Home et Foreign*

Deux biens : Fromage et Vin

Travail est le seul facteur de production

Son offre est fixe (parfaitement inélastique)

La productivité du travail est fixe

Concurrence parfaite sur tous les marchés :biens et travail

On exporte le bien dans lequel on a un avantage comparatif et on importe l’autre bien.

Si => Home a un avantage comparatif dans la production de fromage (un coût d’opportunité moins élevé que Foreign)

En équilibre de libre-échange, on a spécialisation (complète?) de Home en Fromage et Foreign en Vin

Le prix d’équilibre est déterminé par l’intersection de demande et offre relatives.

La demande et offre mondiales relatives[edit | edit source]

Correspond à la figure 3.3 page 38 de KOM (2012)


Correspond à la figure 3.3 page 38 de KOM (2012)
Correspond à la figure 3.3 page 38 de KOM (2012)

Les gains du commerce[edit | edit source]

Remarque : en économie ouverte la FPP (de pente et la contrainte budgétaire du consommateur (de pente ne sont plus forcement confondues!

Rappelons que

Correspond à la figure 3.4 page 39 de KOM (2012)

Les salaires[edit | edit source]

En présence de commerce les prix des biens sont identiques dans les 2 pays (sinon arbitrage)

Donc, les différences de productivités absolues entre les pays font que les salaires ne sont pas nécessairement égaux

Mais tant que le prix relatif de libre échange est entre les deux prix d’autarcie, les salaires (réels) augmentent dans les deux pays lorsqu’on s’ouvrent au commerce.

Évidence empirique sur le modèle de Ricardo[edit | edit source]

Malgré une productivité absolue plus élevée aux États-Unis qu’en Angleterre a la fin de la 2ème guerre mondiale, les exportations des 2 pays correspondaient à la prédiction du modèle de Ricardo (McDougall, EJ 1951).

Économie internationale évidence empirique sur le modèle de Ricardo 1.png

Trois idées reçues sur l’avantage comparatif[edit | edit source]

« L’ouverture au libre échange ne peut profiter à une économie qu’à condition qu’elle soit suffisamment efficace ou compétitive. »

Faux : ce qui détermine les gains au commerce n’est pas l’avantage absolu, mais l’ avantage relatif.
et , Mais donc et donc Home gagne en se spécialisant dans la production de fromage, même s’il est 10 fois moins productif que Foreign.

« La concurrence de pays à bas salaires est injuste et pénalise les pays développés (« dumping social »). »

Faux. Le salaire reflète les différences de productivité absolue entre les pays. Et les gains du commerce sont indépendants des avantages absolus.
Coûts horaires du travail en Europe.

« Le commerce international permet aux entreprises et consommateurs des pays développés d’exploiter les travailleurs du Tiers- Monde en y maintenant de faibles salaires. »

Faux. Le commerce augmente le salaire des travailleurs en leur permettant de se spécialiser là où ils sont relativement plus productifs. Lorsque le prix du bien exportable augmente (Fromage), ceci engendre une augmentation des salaires réels.
La solution n’est pas d’arrêter le commerce, mais de leur permettre d’augmenter leur productivité (éducation, institutions, respect de la loi, etc.)

Résumé[edit | edit source]

Le modèle Ricardien est le modèle le plus simple pour expliquer comment des différences entre pays peuvent nous amener des gains aux échanges

Le travail est le seul facteur de production et les gains du commerce sont expliqués par les différences de productivité relative entre les pays

Dans le modèle Ricardien un pays va exporter le bien dans lequel il a un avantage comparatif, et importer le bien dans lequel il a un désavantage comparatif, même lorsqu’ il a un avantage absolu dans la production de ce bien importé.

Les gains au commerce peuvent être vu comme :

  • Le commerce étant une méthode indirecte de production plus productive
  • Une expansion de la possibilité de consommations des pays

La distribution des gains au commerce va dépendre de la différence entre les prix relatifs d’autarcie et les prix relatifs de libre échange.

La prédiction de base du modèle Ricardien selon laquelle un pays exporte plus du bien dans lequel il a un productivité relative plus importante (indépendamment de sa productivité absolue) a été confirmée par un grand nombre d’études.

Références[edit | edit source]