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La Guerre froide en Amérique latine, Castro, Che (et Jack) : la révolution cubaine

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De la politique du bon voisinage à la Guerre froide[edit | edit source]

L'année 1945 est marquée par de fortes tensions entre les pays d’Amérique latine et les États-Unis. C’est la logique de la Guerre froide qui va réguler la politique des États-Unis. Les États-Unis est un pouvoir mondial, qui s’occupe de l’Europe et de l’Asie face à l’Union soviétique et qui passe d’allier à ennemi.

La déclaration anti-communiste de l’Organisation des États Américains de 1954[edit | edit source]

Les États-Unis vont mener une politique anti-communiste dans leur hémisphère. Après la fin de la guerre, la Guerre froide va avoir d'importantes implications dans le système américain. Le communisme va être vu officiellement pour la première fois comme un problème pour l’hémisphère ouest et c'est pourquoi le gouvernement lance des avertissements contre les actions subversives du communisme.

Les États-Unis vont souligner le caractère agressif des communistes, revendiquant le droit de se développer librement et sans l’intervention d’État-tiers.

Les États-Unis vont construire le communisme comme étant un danger à la souveraineté. Un dialectique est mise en place afin de qualifier le communisme de système de domination et qui contrôle l'ensemble des institutions politiques.

Danger pour la paix aux Amériques et donc exige une réunion afin de définir la meilleure marge d’action contre cette menace. On se demande pourquoi les peuples d’Amérique latine accepteraient ce type de déclaration venant des États-Unis après tout les drames et les problèmes impérialistes. Ils essaient donc de modifier la constitution afin de protéger leur souveraineté. Seulement le Guatemala rejette la déclaration, l’Argentine et le Mexique s’abstiennent et les États-Unis piquent la mouche.

Les décennies de transition : l’essor de la classe moyenne (1910 - 1930)[edit | edit source]

Les premières décennies du XXème siècle sont vraiment une période de transition dans les sociétés d’Amérique latine. Ces pays vont adopter le modèle exportateur de développement après 1870 mais la prospérité ne s’est toujours pas répandue dans tous les secteurs de la population.

Le Mexique, avec sa révolution qui a engendrée violences et instabilités, fait peur aux oligarques et à la classe moyenne. Ceux-ci sont donc plus près de coopérer les uns avec les autres et désirent améliorer les conditions des classes moyennes et populaires tout en instituant quelques réformes.

En 1914, la Première guerre mondiale a des effets positifs sur l’économie des sociétés d'Amérique latine notamment dû au fait que les exportations vers les États-Unis augmentent (métaux, bœufs, cacao, café) et offrent l’opportunité de proposer plus de ressources aux couches de la société et de mettre en place une politique redistributive en direction des plus pauvres aux pauvres. C'est une tendance à un nouvel ordre social en terme de gestion.

La classe moyenne demande son inclusion politique et émet de vives critiques envers la vieille oligarchie foncière. Les ouvriers, inspirés par la Révolution mexicaine autant que par la Révolution russes, commencent aussi à faire leurs revendications. Après la Première guerre mondiale, une vague de mobilisation populaire touche les pays de l’Amérique du Sud et notamment en Argentine, en Uruguay, au Chili et un peu le Brésil.

Au Chili, par exemple, l’agitation syndicale est très forte et la Confédération des Travailleurs formée en 1919 est en mesure de mobiliser plus de 100000 travailleurs à la fois. Dans les mines au Nord du pays, les militaires ont pour mission de briser les grèves des travailleurs par des procédés brutaux, à savoir plus de 1000 victimes, qui va jusqu'à choquer les classes moyennes de la capitale. Cette mobilisation sociale est vue comme étant ambivalence en ce qui concerne les classes moyennes, notamment celles qui aspirent à la stabilité mais qui n’acceptent plus la répression totale de l’élite oligarchique.

On retrouve une situation similaire à Buenos Aires. Les travailleurs des ports et des abattoirs vont multiplier les grèves entre 1918 et 1819 afin de protester contre les conditions de travail mobilisant des dizaines de milliers de travailleurs. Du 7 au 16 janvier 1919 a lieu la Semaine tragique lorsque les forces de l’ordre essaient de contenir les foules et font plus de 200 morts. À Buenos Aires, les partis réformateurs et partis radicaux ne sont pas nécessairement d’accords avec ces moyens de contenir la mobilisation sociale. Les classes moyennes sont de plus en plus déterminées à mettre un terme à l’ordre oligarchique par des demandes intensives afin d'être intégrées dans le système politique qui, selon eux, se doit d'être réformé.

Les classes de l’élite tiennent des positions ambivalentes mais décident qu’il est préférable d’inclure les classes moyennes dans le système politique pendant qu’ils ont encore contrôle sur la vie économique. Une fois que la classe moyenne obtient une bonne représentation politique, elle est devenue une présence forte dans la politique de certains pays que cela soit en Argentine, en Uruguay ou au Chili. Une fois que les classes moyennes ont un certain pouvoir dans le gouvernement national, elles essaient d’améliorer leur propre situation, leur accès au pouvoir politique ainsi que leur situation économique et vont notamment s’occuper de la question sociale, notamment en instituant des cotes de travail et multiplient les gestes pour les grandes masses ouvrières.

Les mesures sont typiquement la réforme et l’expansion du système d’éducation afin de permettre à la classe moyenne d'accéder à des professions comme celle de médecin ou d'avocat auxquelles ils ne pouvaient pas prétendre précédemment. Des amélioration vont également se faire sentir en ce qui concerne les conditions de travail avec l'instauration des cotes de travail, des journées de congé, de salaires minimes, des heures limitées, des assurances-sociales ou encore des congés payés. D'autre part, il est porté soin à une certaine professionnalisation du côté de l’administratif, le gouvernement devient plus techniques, de nouvelles stratégies sont mis en oeuvre afin d'améliorer les performances économique, pour améliorer le pays.

Cependant, il y a certains pays où l’oligarchie reste au pouvoir comme par exemple en Colombie. Ces pays sont beaucoup plus répressif, cela n'empêche que les gouvernements oligarchiques vont prendre quand même quelques mesures afin de soulager le mécontentement des classes moyennes et parfois du prolétariat.

C’est le début dune période de réformisme qui se manifeste sous des formes politiques très diverses. Il y a des régimes très divers mais les mesures politiques que l’on prend vont à peu près toutes dans la même direction dans la plupart des pays de l’Amérique latine.

Le « New Deal » et la Seconde guerre mondiale en Amérique latine : vers la démocratisation[edit | edit source]

Les années 1930 et la Deuxième guerre mondiale vont renforcer cette tendance et notamment la crise de 1929 qui laisse les pays qui sont dépendants de l’exportation dans une situation économique catastrophique. La conséquence est que cela a pour effet de fortifier le rôle du gouvernement qui tente d’intervenir afin de lutter contre la misère des pays de l’Amérique latine. Cette période est vraiment difficile notamment pour des pays comme le Chili qui dépend principalement de l’exportation du cuivre et du nitrate vers les États-Unis qui n’en n’achètent plus. La situation économique est telle que le chômage atteint parfois les 50% étant l'une des conséquences de l’absence de recettes provenant de l’exportation des métaux.

Le début des années 1930 est une période de grande instabilité politique puisqu’aucun gouvernement en Amérique latine n’arrive à gérer cette crise économique. Il y a seulement trois pays où il y a une certaine continuité institutionnelle, à savoir le Mexique, la Colombie et le Costa Rica. Les gouvernements souffrent d’une crise politique et expérimentent une période de changements. Les mouvements sociaux que l’on avait déjà dans les années 1920 se redéplois à nouveau assez fortement. Des alliances entre les classes moyennes et ouvrières vont se former. La classe moyenne va se distancier de plus en plus de l’oligarchie alors que les régimes au pouvoir au milieu des années trente essaient d’intégrer les couches populaires dans leur politique peu importe les partis au pouvoir.

Cela est notamment lié à la politique du bon voisinage et la politique des Alliés, dans les années quarante et pendant la guerre. À partir du milieu des années trente, les États-Unis participent beaucoup à développer des idées libérales en Amérique latine au nom du progrès, du développement économique et de la démocratie. Il y a une volonté de protéger l’hémisphère ouest du danger du fascisme. Tout cela renforce la mobilisation sociale déjà présente en Amérique latine.

Pendant la guerre, Roosevelt argument que l’on lutte non seulement pour la liberté mais également pour les quatre libertés suivantes : liberté de religion, d’expression, la liberté de vivre à l’abri de la peur et du besoin. Les besoins de chacun devraient être couverts, nécessité du gouvernement de s‘assurer que chaque individu a assez à manger, un endroit où dormir. Ceci est en effet assez loin de la réalité des pays de l’Amérique latine.

Le contexte international dans ce cas n’est pas déterminant mais donne certaines possibilités aux forces réformistes à l’intérieur des pays de s’allier avec les États-Unis, de reprendre ce discours du progrès, du développement économique et des libertés individuelles. C’est donc un processus qui se renforce.

Les limites de la démocratie[edit | edit source]

Le Chili du Front Populaire au régime d’Ibanez[edit | edit source]

Le Chili est un des pays les plus progressistes dans les années 1920 avec notamment l'élaboration d’une nouvelle constitution qui donne plus de droit de vote aux hommes ainsi qu'aux illettrés. La crise économique au Chili a des effets assez graves étant donné que c’est un pays exportateur de métaux. Vers 1936, le parti radical se rapproche du parti de gauche et du parti communiste. Ces trois partis vont créer une alliance électorale en 1938 qui gagne les élections présidentielles. C’est le parti radical qui sera à la tête du pouvoir avec la formule « pain, logements et manteaux ».

Le président Gabriel González Videla au cours d'une visite officielle à Washington, en 1950.

Le Front populaire garde le poste de président au cours des deux élections suivantes de 1942 et de 1946. Il va y avoir une expansion des réformes sociales commencées au cours des années 1920 telles que le salaire minime, le développement de l’accès à l'éducation ou encore la distribution d'allocations aux familles pauvres. Vont également être adoptés de petites mesures mais chargées de valeur symbolique telles que le petit-déjeuner à l’école insistant sur la distribution d'un demi litre de lait par enfant chaque jour. Cela a contribué à ce que le peuple continue à voter pour le Front populaire les années suivantes.

En 1946, le président Videla nomme plusieurs communistes au sein de son administration et même des ministres. C’est à partir de ce moment que les États-Unis vont commencer à à exercer une pression afin de se distancer de la gauche et du parti communiste. Comme moyen de pression, les États-Unis menaceny de retirer des offres pour des crédits que le gouvernement chilien avait demandé pour avancer l’industrialisation du pays.

Videla décide de se conformer aux demandes des États-Unis au point de demander l’état de siège en 1947, d’interdire le parti communiste et d’éliminer tous les candidats communistes connus des listes électorales du pays. Une chasse aux communistes débute, il installe même des camps de concentration dans le Nord et la plupart des anciens dirigeants communistes sont poussés à l’exil.

Malgré la pression exercée par les États-Unis, cela reste de la responsabilité de Videla d'avoir instauré une "chasse au sorcières" voyant l’opportunité de se débarrasser d’un potentiel candidat présidentiel qui avait obtenu 17% des voix dans les élections municipales en 1947. Si l’on pense à la déclaration de Caracas, on peut se demander si ces pourcentages représentent le contrôle du gouvernement par les communistes. Mais pour Videla, cette pression était une bonne justification afin de s’en débarrasser des opposant et surtout dans un période où il pensait pouvoir s’en passer.

Videla s’était trompé car la répression des communistes a vraiment été mal perçue par les Chiliens ce qui entraîna la défaite du parti radical au élections suivantes. Le Chili est donc resté conservateur du début des années 1950 jusqu’à l’année 1964.

Ce n’est pas le seul pays à mettre le communisme dans l’illégalité dans l’année 1948 avec notamment le Brésil et le Costa Rica qui vont procéder de la sorte.

Le coup d’État contre Arbenz au Guatemala[edit | edit source]

Le Guatemala fut l'un des pays les plus pauvres d'Amérique latine. Le nombre d’illettré approchait les 70%. D'autre part, les populations d’indigènes, qui représentaient la proportion majoritaire de la population étaient des populations rurales et en marge de la société.

Il n’y a pas de grands mouvements sociaux dans les années 1920 et c’est une élite foncière très conservatrice qui utilise encore le travail forcé pour le café et les fruits (banane) qui est au pouvoir. Après 1931, cela sera la dictature de Ubico qui défendra les intérêts de cette oligarchie. Les élections pendant la Deuxième guerre mondiale ont quand même des tendances démocratiques qui sont en partie acceptée par les élites des villes. Les classes moyennes poussent à l’acceptation. En 1944, Ubico se voit contraint de démissionner et les élections sont remportées par Arévalo, universitaire revenu de l’exil. Il est soutenu par la classe moyenne urbaine, par les étudiants et par les militaires progressistes et notamment par les jeunes officiers qui font partie de la classe moyenne en faveur des réformes.

Miembros de la Junta Revolucionaria de Gobierno. De izquierda a derecha: Jacobo Árbenz Guzmán, Jorge Toriello Garrido y Francisco Javier Arana.

Arévalo commence par la mise en place de réformes assez modérées telles que des campagnes contre l’analphabétisme. Il instaure également un nouveau code de travail avec la journée de huit heures, la possibilité de faire des grèves, la syndicalisation, la tenue de congés ou encore des salaires minimums. La droite va tenter à de nombreuses reprise des coups d’Etat et la gauche va presser à des réformes plus rapides. Arévalo se trouve dans une situation délicate puisqu’il se retrouve au milieu de deux tendances. Il termine son mandat de quatre ans et aux élections suivantes c’est Arbenz qui se fait élire.

Jacobo Arbenz Guzmán un jeune officier d’origine suisse par son père qui annonce qu’il va poursuivre la modernisation capitaliste de son pays. Il souhaite maintenir le Guatemala au sein du commerce international mais avec un rôle plus fort pour l’État. Il commence à moderniser l’infrastructure notamment par la construction d’autoroutes et de ports mais sous le contrôle du gouvernement et non des compagnies étrangères tel que la United fruits. Arbenz annonce en 1951 qui désir prendre en main le problème agraire car seulement 2% de la population possède 70% des terrains dont seulement 12% sont cultivés. Ainsi, est annoncé en 1952 que les terrains qui ne seront pas en culture d’ici 1953 seront expropriés. Le gouvernement va racheter les terrains à la valeur telle que déclarée par les propriétaires dans leur déclaration d'impôts. Étant donné que les gens avaient tendance à mentir sur l’étendue de leurs terres, beaucoup se retrouvent perdants.

«Gloriosa victoria», obra del muralista mexicano Diego Rivera.[1]

Le gouvernement d’Eisenhower déclare que les États-Unis n’accepteront pas de complot communiste et Arbenz répond au contraire que ce sont ces réformes qui vont arrêter l’avance des communistes à l’intérieur du pays. Arbenz se déclare comme un nationaliste qui vise à stopper l’avancer des communistes en améliorant les conditions du pays. Les États-Unis qui ne sont pas du tout convaincus par ce discours décide de mettre sur pied et sous l'égide de la CIA l’opération « PBS Success » qui vise à élaborer un coup d’Etat contre Arbenz. Ils vont s'appuyer sur Carlos Castillo Armas, un colonel dissident exilé au Honduras. C’est la CIA qui finance une campagne de propagande à l’intérieur du pays utilisant même l'aviation pour lâcher depuis les airs des documents de propagande retombant sur les villes.

Y avait-il véritablement une menace communiste ? Les historiens pensent que non car les communistes étaient trop peu nombreux et d’ailleurs Arbenz n’en était pas un. En 1954, on assiste à l’invasion par les troupes de Carlos Castillo Armas pendant quelques semaines après la déclaration de Caracas. Il n’y avait pas eu de consentement entre les ministres mais cette déclaration donnait un minimum de légitimité à cette intervention. C’est à se moment que le poète Neruda dénonce les cités-bananes.

Arbenz est parti en exil pour éviter une guerre civile et en pensant que pays à proximité allaient réagir et que le peuple n’allait pas accepter l’intervention des États-Unis. On se demande aussi si les États-Unis sont intervenu à cause des communistes dans le gouvernement ou à cause des intérêts économiques dans la balance (relation intéressante entre la United fruit et le patron de la CIA).

Le cas cubain[edit | edit source]

Article détaillé : La Révolution cubaine.

De l’Amendement Platt à Fulgencio Batista[edit | edit source]

Batista with U.S. Army Chief of staff Malin Craig in Washington, D.C., riding in an Armistice Day parade, 1938.

Cuba a été victime de l’impérialisme des États-Unis. La politique du bon voisinage, politique qui fut acceptée par les gouvernements en Amérique latine, était une forme de dérogation à l’amendement Platt datant de 1934 lorsque les États-Unis ont déclaré qu’ils n’allaient plus intervenir dans la politique cubaine. 1934 est une date importante car à cette période faisant suite à la crise de 1929, l’occupation et la présence militaire étaient devenues couteuse pour les États-Unis. Rossevelt, élu nouvellement président, souhaitait marquer une rupture en terme de politique extérieure. D'autre part, les États-Unis avaient quelqu’un à Cuba en la personne de Batista qui avait une grande influence et était allié des États-Unis. Ils ont donc pensé qu’ils pouvaient déroger à l’amendement Platt puisqu’ils avaient une personne de confiance là-bas.

Batista est soutenu et même si il n’est pas encore président, il reste l’homme fort se trouvant derrière les présidents. Il doit néanmoins suivre certaines tendances réformistes que l’on voit partout en Amérique latine car les cubains avaient beaucoup souffert du gouvernement autoritaire de Machado, au pouvoir de 1925 à 1933. Dans les années trente il fallait donc améliorer la situation de la classe moyenne urbaine et un peu moins des autres Cubains.

Même sous Batista la constitution change en 1940, on applique un salaire minimum, une limitation des journées de travail, est instauré des assurances maladie et retraite, etc. Cuba suit les mêmes tendances même si le gouvernement ne peut pas être considéré comme un régime démocratique.

Batista le dictateur : 1952 - 1959[edit | edit source]

Après la guerre, après que l’enthousiasme pour des réformes fut un peu passé, Batista laisse tomber toutes ses prétentions et devint dictateur en 1952. Cela implique que Cuba reste complètement dépendant des États-Unis économiquement.

Ainsi, le commerce extérieur est complètement dominé par les États-Unis : 75% des importations viennent des États-Unis et 66% des exportations sont destinées au marché américain. Les liens économiques restent donc très serrés entre ces deux États. D'autre part, les Américains possèdent 40 % de la production de sucre, ils sont également propriétaires de la radio à Cuba, du système électrique mais aussi des compagnies de téléphones. Les États-Unis dominent donc le système de communications.

Il faut quand même préciser que cela ne veut pas dire que Cuba va mal. Même s’ils sont dépendants, ils restent en meilleur état que certains de leurs voisins d’Amérique latine. Cuba est d’ailleurs même en avance sur certains pays européens par rapport d'un point de vue technologique. On y retrouve aussi une consommation de la viande élevée.

Il faut néanmoins remarquer que persiste beaucoup d’inégalités sur l’île. D’abord entre les cubains et les américains vivant sur l’île, notamment parce que les salaires des américains sont plus élevés, ce qui dérange fortement la classe moyenne.

Un sentiment de frustration progresse aussi car maintenant, la classe moyenne ne se compare plus à l'Amérique latine mais aux États-Unis en partie parce que les cubains regardent la télévision américaine, écoute la radio américaine et lisent la presse américaine. L’échelle de comparaison est donc plus élevée. Les États-Unis deviennent l’aspiration des cubains.

Par rapport à l’Est de Cuba, on retrouve beaucoup d’africains et des plantations de sucre. Cette classe rurale souffre beaucoup entre autre de la misère, de la faim; ce sont des gens sans terres et le travail saisonnier.

L’Ile du plaisir[edit | edit source]

Dans les années 1950, Cuba devient la capitale de la prostitution et du tourisme du sexe. Environ 300000 touristes par année viennent à Cuba pour les casinos, les clubs et plus.

Les filles de province trouvent du travail dans cette industrie et la mafia américaine y trouve ses collaborateurs. Cela a pour effet d'engendrer beaucoup de corruption, de violence physique et morale. Le fait d’être considéré comme le "bordel des États-Unis" dérange beaucoup les cubains des classes moyennes qui sont éduquées ayant souvent une suivi un cursus universitaire. Le sentiment est celui d’être exploités, il y a un malaise à ce que les hommes américains prennent avantage des filles souvent pauvres cubaines. Cela étant perçu comme un viol de l’île autant économiquement que socialement.

La Révolution[edit | edit source]

Ca sera la classe moyenne qui fera la révolution à Cuba. La classe moyenne va prendre conscience de la violence et du niveau de corruption du régime de Batista ; régime qui use notamment de la torture à l’encontre des dissidents. Batista se pensait tout-puissant avec la protection des États-Unis, mais la classe moyenne ne supportant plus cette infraction aux libertés fondamentales du peuple cubain commence à protester avec les étudiants et les dissidents.

Fidel Castro, en 1959.

Fidel Castro, étudiant en droit, organise une attaque contre la caserne de la Moncada en 1953 s'achevant par un échec à la suite duquel il sera fait prisonnier. C'est durant cette période d'emprisonnement que son militantisme va prendre de l'ampleur notamment avec la rédaction de sa plaidoirie L'histoire m'acquittera.

En 1956, la pression sur Batista se fait de plus en plus préssante notamment à cause du faite que de plus en plus de dissidents politiques se retrouvent en prison. Batista doit déclarer une armistice et les prisonniers sont libres et partent en exil, souvent au Mexique. Fidel continue à trouver des collaborateurs et à monter un mouvement révolutionnaire. C’est là qu’il rencontre le Che qui est lui exilé du Guatemala après la chute de Arbenz. Ils commencent à planifier la libération de Cuba. Ils fondent donc le mouvement M-26-7 (26 juillet, référence à l’attaque de la caserne) qui commence à rechercher des gens afin de planifier une invasion puis une attaque militaire contre Batista. Ils arrivent à Cuba et commencent à travailler dans l’Est, à collaborer avec les classes rurales et à se battre contre les troupes de Batista. Leur victoire s’explique par le grand mécontentement des Cubains face au régime de Batista. Ils suivent un tactique de guérilla, on travaille avec les civils, on s’intègre, il n’y a pas de grands affrontements mais plutôt des attaques surprises.

Che et Castro doivent maintenant mettre au point leurs idées révolutionnaires. Fidel rend visite aux US pour leur assurer que c’est une révolution nationaliste qui a eu lieu et non une révolution rouge (socialiste) et qu’il désire garder de bonnes relations avec les US. Castro a quand même un programme révolutionnaire.

Le Cuba révolutionnaire[edit | edit source]

Castro élabore un programme en dix points, dont le plus important est la souveraineté nationale. Indépendance économique qui va toucher les intérêts des US. Travail pour tous en vue du chômage rural.

Ils décident de changer cette dépendance presque historique des plantations sucrières et d’en finir avec cette dépendance de l’économie avec les US. En mai 1959 Castro déclare qu’il va opérer une réforme agraire, que toutes les grandes propriétés (>400 hectares) seront nationalisées, expropriées. Il ajoute que les étrangers ne pourront plus posséder de terrains à Cuba, ils pourront au mieux les louer sous certaines conditions (cf. 1938 au Mexique). 40% des terres deviennent maintenant propriétés de l’Etat et on trouve que le nouveau gouvernement révolutionnaire va bien vite en besogne. On essaie de diversifier la production (coton, riz, soja, arachides). Ils réussissent aussi avec le plein-emploi après deux ans. C’était très important pour la population cubaine à cause des problèmes liés au travail saisonnier. On a aussi eu beaucoup de campagnes d’alphabétisation qui ont contribué à renforcer la loyauté des jeunes envers le nouveau gouvernement car beaucoup d’étudiants de la Havane ne se rendaient pas compte de l’ampleur de la misère subit à l’Est du pays et donc de partager cela pendant un petit moment leur a fait comprendre qu’une révolution était nécessaire. Pour les familles de classe moyenne, ces campagnes étaient délicates car elles n’appréciaient pas que leurs jeunes filles partent en campagne. Les rôles de genres étaient donc aussi un peu délicat étant donné que Castro pensait que les filles devaient aussi participer à la révolution, ce qui entrait un peu en contradiction avec les valeurs traditionnelles.

La révolution était aussi très populaire dans les milieux ruraux grâce à l’interdiction de ségrégation sociale, qui existait beaucoup dans les villes à forte concentration américaine. Pour attirer les touristes il fallait donc séparer les américains des blacks. En faisant cela, Castro s’est attiré le soutien de toute la population et il a renforcé l’unité nationale.

Du débâcle de la baie des Cochons, avril 1961 à la crise des missiles[edit | edit source]

Lorsque Castro arrive en visite à la Maison Blanche, Kennedy doit s’occuper de tout cela. Le président se rend compte qu’un plan d’invasion avait été mis au point déjà par Eisenhower mais il n’est pas sûre qu’il veut suivre cette route mais son conseiller et le chef de la CIA le pousse à continuer avec le plan, mentionnant le fait que avec la réforme agraire, les choses vont tourner au communisme. C’est intéressant aussi de savoir que le frère du chef des services secrets avait des relations avec le United Fruit. L’expédition à la baie des Cochons est un désastre pour les militaires américains. Une énorme propagande découle de cette victoire des cubains. Humiliation de l’intrusion des Américains. Grande victoire pour la révolution.

Cet épisode a néanmoins des conséquences assez graves, Castro se rend compte que les US n’accepteront jamais les réformes de son régime, ce qui le pousse vers le régime soviétique. Khrouchtchev saute sur l’occasion et affirme qu’il va maintenant protéger les intérêts cubains. Ce qui était une révolution nationaliste devient un phénomène de la guerre froide. Guerre de propagande à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Le pic de la Guerre Froide : la crise des missiles, octobre 1962[edit | edit source]

Résultat plus ou moins direct de la tentative d’invasion des Américains. K. profite de cette affaire car en 1962 il demande l’installation de missiles de moyenne portée à Cuba, ce qu’il obtient. Cette installation ne se fait pas vraiment discrètement et cela mène à une crise politique grave, la télévision nationale présente un discours de Kennedy où il dit qu’il ne va pas accepter ça et qu’il va protéger l’hémisphère. On parle alors des armes nucléaires car on pensait que l’URSS en avait installé à Cuba. Crise des 14 jours en octobre 1962.

On a des négociations entre Kennedy et K. par l’intermédiaire d’un émissaire de l’ONU. Plusieurs clauses secrètes, Kennedy promet d’enlever des missiles US disposés en Turquie. Diffusion de la crise des armes nucléaires.

Où sont les cubains ?

Logique de la Guerre froide[edit | edit source]

Les mouvements politiques et indigènes progressistes et révolutionnaires sont tout de suite déclarés comme « menace rouge », ils sont vu comme l’expression de la diffusion du communisme international et ne sont pas vus comme des mouvements qui se forment selon les conditions locales. Exemple de Guatemala, Cuba. Les élites en Amérique latine profitent de cela pour freiner les réformes (exemple du Chili). On voit les indigènes de l’Amérique latine à travers le prisme du communisme → augmente le risque qu’ils se tournent vers les Rouges afin d’obtenir du soutient. Même problème à travers les années cinquante jusqu’au années 1970.

Le choc de la révolution cubaine va resté en mémoire et on y associe Kennedy qui commence tout de suite avec l’Alliance du Progrès, où les États-Unis veulent investir beaucoup d’argent en Amérique latine (20 milliard) pour pousser au progrès (éducation, etc.).

Le problème avec cette alliance c’est qu’elle arrive à un moment où les US sont embourbé au Vietnam.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]

  1. En el centro del cuadro, el secretario de estado de los EE.UU, John Foster Dulles le da la mano a Castillo Armas. El jefe de la CIA, Allen Dulles, y el embajador estadounidense en Guatemala, John Peurifoy están regalando dinero a los comandantes militares, mientras que los indígenas trabajan como esclavos, cargando los barcos de la United Fruit Company con bananos. A los pies del embajador, hay un bomba antropomorfizada que contiene la cara sonriente del presidente Dwight Eisenhower. En el fondo está el arzobispo Mariano Rossell y Arellano oficiando una misa sobre los cuerpos masacrados de los trabajadores. Este cuadro fue prohibido en los Estados Unidos y desapareció completamente durante los siguientes cincuenta años. En el año 2000, fue encontrado en una bodega del museo Pushkin, en Rusia y desde entonces, está en calidad de préstamo y en exhibición permanente en México.