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La Deuxième guerre mondiale et la Guerre froide : liens avec la construction européenne

De Baripedia

Les années d’après-guerre sont la conjonction de « deux tsunamis historiques » avec la Deuxième guerre mondiale et la Guerre froide. Sans ces deux éléments historiques, il n’y aurait sûrement pas eu la mise en place de ce genre d’institutions. Dans d’autres régions du monde, il y a eu des tentatives d’instaurer des systèmes similaires à celui de l’Union européenne mais sans avoir le même succès.

Il faut se poser la question de savoir pourquoi en Europe cela a fonctionné et pourquoi dans les autres régions du monde cela n’a pas marché ?

C’est d’autant plus paradoxal parce que l’Europe a inventée le concept d’État-Nation mais c’est aussi en Europe qu’on a délégué une partie de sa souveraineté à des instances supranationales. L’argument est qu’on était dans une période unique de l’histoire qui joua comme un élément déclencheur. Il y a eu un contexte historique particulier.

Impact de la Deuxième guerre mondiale[modifier | modifier le wikicode]

Impératif moral[modifier | modifier le wikicode]

Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, il y a une prise de conscience et il ne faut pas recommencer les mêmes horreurs. Ce conflit à engendré de 40 à 60 millions de morts, 6 millions de civils (Juifs, Roms…) furent assassinés dans des camps d’extermination. La prise de conscience des crimes contre l’humanité se fait à partir des années 1980 et 1990 où l’on prend conscience du caractère unique de ces crimes. Ce conflit engendre aussi des dizaines de millions de déplacés et réfugiés ainsi qu’une grande misère économique et sociale.

Au sortir de la Deuxième guerre mondiale il y a l’idée sous-jacente qu’il faut construire quelque chose instaurant un terreau favorable à l’idée de coopération.

Nationalisme est considéré comme responsable[modifier | modifier le wikicode]

En remettant en cause les excès du nationalisme, on accepte de remettre en cause la toute puissance de la souveraineté de l’État-nation rendant acceptable l’idée que l’État n’est pas absolu. Il y a donc ouverture vers l’idée de supranationalité : l’État n’est pas absolu et peut être partiellement remis en cause.

À la sortie de la Deuxième guerre mondiale, la Suisse n’est pas dans cet état d’esprit. Les suisses on observé les ravages de la guerre mais il n’y a pas de raisons de remettre en cause le nationalisme suisse. Une unité politique a été créée comme jamais, la paix sociale a été instaurée, la neutralité a servie la Suisse. Les suisses sortent de la Deuxième guerre mondiale en promouvant la neutralité avec une armée qui a « résistée seule ».

Les autres nations européennes comme la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas sont favorables à un système d’alliance, à combattre le nationalisme, amener une réconciliation franco-allemande. Ce sont des raisonnements différents ce que les constructivistes appellent des « narativs ».

L’impact de la Deuxième guerre mondiale peut être différente selon ce qui a été vécu durant le conflit. La Suisse reste en dehors de la construction européenne, adhérant à l’ONU qu’en 2002. On ne remet pas en cause le nationalisme suisse.

Européisme comme antidote au totalitarisme[modifier | modifier le wikicode]

Va être développé une idéologie européenne qui permet d’avoir un objectif par rapport au totalitarisme. Le totalitarisme est un concept renvoyant au nazisme et au communisme. L’idéologie européenne doit empêcher le retour du totalitarisme. Le fascisme et le communisme stalinien sont le même « virus » à combattre. Cette thèse fut contestée mais les pro-européens vont développer cette idée afin de développer une autre voie pour éliminer l’extrémisme. Cela permet d’avoir un consensus qui permet de se retrouver dans l’idée européenne antitotalitaire.

Le concept « Verfassungspatriotismus » formulé par Jürgen Habermas est l’idée qu’il faut créer un patriotisme d’une constitution antitotalitaire.

Reconstruire l’Europe dans la coopération[modifier | modifier le wikicode]

Comme l’Europe est détruire cela incite à la reconstruction. Les États-Unis vont financer la reconstruction en poussant à lutter contre des politiques purement nationales à travers le Plan Marshall et la création de l’OECE. Lorsque tout a été détruit, il est plus facile de reconstruire en harmonisant.

Économie de marché social [« socialmarktwirtschaft »][modifier | modifier le wikicode]

Le concept de « socialmarktwirtschaft » est une idée allemande. On va reconstruire les sociétés européennes et l’Europe en général en élaborant une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme. En règle générale, dans tous les pays européens, se sont essentiellement des alliances des démos-chrétiens et des sociaux-démocrates qui arrivent au pouvoir.

Ce sont des forces non-extrémistes qui essaient de trouver une compatibilité entre, d’un côté, plus de marché, plus de libre-échangisme et plus concurrence. L’Europe se différencie du reste du monde à travers ce consensus. D’un autre côté, les États ont mis en place un système d’État providence avec plus de redistribution sociale, plus de régulation et plus de planification. C’est en Europe que furent développés les welfare states les plus élaborés avec des assurances chômage, accidents, retraite, l’éducation obligatoire et gratuite.

Il y a eu une tentative de combiner les deux avec des aspects libéraux et un système d’État providence très développé.

La grande erreur de la plupart des États européens dans les années 1930 ont pratiqués le protectionnisme afin de se protéger de la crise. Cela a accentué la crise économique, la misère facilitant le travail des extrémistes pour prendre le pouvoir. Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, il faut être libéral pour éviter les mêmes erreurs que dans les années 1930.

Les années 1930 ont été socialement difficiles à surmonter sans assurance chômage, sans retraite, cela a touché les classes vulnérables étant un terrain fertile pour les extrémistes. Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, il est nécessaire de mettre en place un État social. L’ensemble de la classe politique accepte de mettre en œuvre ces programmes. La période des années 1930 est le terrain fertile au concept unique en Europe « d’économie social de marché ».

Dès le début, l’Europe a voulu être libérale et sociale. Les principales réussites de l’Union Européenne furent la création du grand marché unique et de la monnaie unique, d’autre part, mais aussi l’élaboration d’un droit européen. Vont être mise en place un système d’institution avec la création de commissions, d’une Cour de justice, d’aides aux paysans, d’aides aux régions défavorisées. C’est une politique qui coûte chère à l’Union Européenne mais qui est souhaitée. Les États-Nations ont toutefois voulu garder la mise en œuvre de l’État social.

À la fois, les États européens, y compris la Suisse et l’Union Européenne, sont marqués par le concept « d’économie sociale de marché » et tirent des leçons des années 1930.

Régler la question allemande[modifier | modifier le wikicode]

Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, la question allemande est au cœur du projet européen en évitant d’avoir une Allemagne impérialiste en l’encadrant mais il faut aussi éviter qu’elle soit humiliée comme après la Première guerre mondiale et le traité de Versailles. Les révisionnistes comme Hitler se sont appuyés sur les humiliations du traité de Versailles pour arriver au pouvoir et exalter le nationalisme.

L’Allemagne est bien plus responsable de la Deuxième guerre mondiale que de la Première guerre mondiale mais on va lui imposer moins de sanctions pour éviter que le même schéma ne se reproduise. Il y a une prise de conscience qu’il ne faut pas humilier l’Allemagne et faire avec l’Allemagne.

Il va y avoir une pression anglo-saxonne pour que Allemagne retrouve rapidement sa place et aide à résister dans le cas d’une attaque communiste. L’Allemagne fédérale est au contact du communisme, c’est pourquoi il faut rapidement reconstruire une Allemagne fédérale qui n’est pas humiliée du côté occidental avec une armée forte. Les anglo-saxons sont plus conscients de cela que les français qui émettent des réticentes. Les français vont tenter d’annexer la Sarh jusqu’en 1958 mais aussi profiter de la Ruhr.

Le problème est de comment avoir une Allemagne forte et faible à la fois. Faible parce qu’il y a des mémoires et forte pour lutter contre le communisme. La CECA et la CED sont des moyens pour sortir du dilemme de l’Allemagne forte et faible.

Sursaut pour sortir la fière Europe, divisée et occupée par des puissances extra-européennes[modifier | modifier le wikicode]

La Deuxième guerre mondiale va amener l’Europe dans une situation qu’elle n’avait connue divisée et occupée par des puissances non-européennes que sont l’URSS et les États-Unis

Pendant cinq siècles l’Europe avait dominée le monde, a colonisée le monde entier, répandant sa culture, ses langues, ses conceptions créant un sentiment de supériorité. Jusqu’en 1945 la France et la Grande-Bretagne sont de grands empires. En cinq années, ces nations passent de grands empires à de petits pays déclassés sous l’influence de puissances non-européennes.

Alors que jusqu’à présent l’Europe dominait le monde en s’affrontant, pour garder son influence, il faut dès à présent s’unir dans le contexte d’une division de l’Europe entre Occident et communisme.

Accélération du processus de décolonisation[modifier | modifier le wikicode]

L’accélération du processus de décolonisation fait prendre conscience aux européens de leur perte d’influence dans le monde, donc, une plus grande unité européenne peut permettre d’avoir de nouveau de l’influence.

Les puissances coloniales ont perdues leurs liens avec leurs colonies. Le conflit les a détourné de l’administration de leurs colonies, les colonisés ont profité de ce conflit pour s’autonomiser. D’autre part, ils perçoivent la fragilité de leur colonisateur. Les puissances de l’Axe vont exploiter les rancœurs des colonisés contre les colonisateurs en soutenant les mouvements anticolonialistes. Dans le cadre du realpolitik c’est une bonne idée de soutenir les nationalismes contre les puissances coloniales. Cela va renforcer les sentiments anticolonialistes et nationalistes. Parfois des mouvements communistes vont se former contre le colonialisme avec le soutien de l’URSS.

Impact de la Guerre froide[modifier | modifier le wikicode]

Dans les années 1950, la Guerre froide est plutôt perçue comme une potentielle Troisième guerre mondiale. La guerre a eu lieu par des théâtres d’opérations interposés.

L’ennemi communiste commun relativise les antagonismes traditionnels[modifier | modifier le wikicode]

Le communisme est un courant fort avec une forte influence suscitant des inquiétudes et des peurs. Pour un certain nombre de pays la priorité devient de lutter contre la menace communiste. Cette menace extérieure favorise la réconciliation.

Ils ne se seraient pas estompés en 5 ans [CECA], c’est très rapide par rapport aux traumatismes subis.

Soutien américain[modifier | modifier le wikicode]

Jusqu’en 1947 les administrations américaines étaient contre les intégrations régionales. Ils souhaitent la paix universelle dans le cadre des Nations Unies. Les États-Unis se méfiaient de la construction européenne.

Toutefois, ils changent d’opinion avec le début de la Guerre froide. Les américains sont intéressé par la réconciliation franco-allemande. Les États-Unis entrent dans la Première guerre mondiale en 1917, dans la Deuxième guerre mondiale en 1941. Les américains sont neutre dans le cas de la Deuxième guerre mondiale y entrant à reculons. Si les américains avaient été contre l’intégration régionale, elle ne se serait jamais faite.

Plus difficile de s’unir avec les pays d’Europe centrale et orientale[modifier | modifier le wikicode]

Le fait que les pays d’Europe centrale et orientale furent interdits de participer au projet d’union occidentale, cela a permis de commencer avec un plus petit nombre d’États. C’est un argument cynique, mais quelque part, la Guerre froide a facilitée la construction. Cela aurait amené des dizaines d’États d’autant plus que ces États étaient très retardés économiquement.

La question allemande se serait posée dans d’autres termes[modifier | modifier le wikicode]

Si l’Allemagne n’avait pas été divisée, cela aurait pu créer un déséquilibre et l’intégration européenne n’aurait pas été possible car l’Allemagne aurait paru trop forte.

Notes[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]