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L’Europe au centre du monde : de la fin du XIXème siècle à 1918

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Il y a un fil conducteur qui se dégage. L’Europe domine les relations internationales jusqu’en 1918 puis elle déclina.

Entre 1918 et en 1989, c’est l’ère des superpuissances. À partir de 1989, à la fin de la Guerre froide, le monde devient multipolaire où les grands équilibres sont remis en cause avec des problèmes bien plus complexes.

L’autre fil conducteur et de voir comment se connecte les conflits européens les uns avec les autres.

Système européen et ordre européen[edit | edit source]

Une partie des États-nations tels la Grande-Bretagne ont pris une avance sur le reste du monde suite à la révolution industrielle qui leur donne une avance technique, politique, diplomatique et militaire.

La révolution industrielle en Europe va de pair avec le déclin des grands empires asiatiques. Dès lors, les rapports de force vont changer. Il faut dès lors s’interroger sur pourquoi et comment ce système européen qui domine le monde au début du XXème siècle aboutit à la fin de l’Europe en 1918.

Le système européen est fondé sur la domination des grandes puissances qui a été réglée en 1815 au congrès de Vienne. Il réorganise l’Europe au lendemain des guerres napoléoniennes. On assiste au XIXème siècle à une coexistence d’États-nations anciens comme la France et la Grande-Bretagne et des plus récents comme l’Italie ou encore l’Allemagne, mais aussi des empires.

Un système des États[edit | edit source]

Les États sont le cadre de référence depuis le milieu du XVIIème siècle puisque les relations internationales naissent en 1648 avec le traité de Westphalie qui signifie la fin de la guerre de Trente Ans, mais aussi la fin du rêve médiéval d’un empire universel, rêve qui a traversé tout le Moyen Âge comme volonté de recréer un Empire romain. C'est aussi la naissance du système des États, la fin de la puissance du Saint Empire romain germanique qui éclate et donne naissance à un système des États qui perdure jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Les grands principes des relations internationales sont alors l’équilibre des puissances (1), à savoir qu'aucune puissance ne domine les autres ; la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre État (2), c'est-à-dire que chacun est maître chez lui ; et enfin le « Cujus regio, ejus religio » (3) qui signifie que la religion du prince doit être celle du peuple. Ce dernier principe met fin au rôle politique de l’Église qui était une puissance majeure au Moyen Âge et qui ne gardera que sa puissance spirituelle. C'est donc l'affirmation de l’État-nation.

Le monde post-traité de Westphalie est anarchique, à savoir qu'il n'est soit doté d’autorité supérieure à celle des États et ce jusqu’en 1919. Tout État qui devient trop puissant voit les autres se coaliser contre lui. Chaque État veut étendre sa puissance, donc son territoire, sa puissance politique, militaire, économique, et son influence culturelle, mais cela seulement à partir de la fin du XIXème siècle. Ce système est strictement européen, et disparaît avec la guerre de 1914 - 1918 sauf que les États restent puissants. On assiste même aujourd’hui à un élargissement du rôle des États sur les plans intérieurs et extérieurs intervenant désormais sur les plans culturels, de la santé, de l’éducation entre autres.

États-nations et États empires[edit | edit source]

Les États Nations anciens[edit | edit source]

Le Royaume-Uni est partisan et participe à garantir le "statu quo" sur le continent européen. C'est également la première puissance du monde en terme financier, technique, militaire, diplomatique et colonial.

L'Autriche est un Empire continental qui va jouer un rôle fondamental dans la défaite de Napoléon. C'est Metternich qui sera l’ordonnateur du congrès de Vienne traçant la carte de l’Europe de l’après 1815.

La Prusse a été la troisième grande actrice de la coalition contre Napoléon. Entre 1815 et 1879, la Prusse a tenté de réunir sous sa domination les régions de langue allemande issues de la décomposition du Saint Empire romain germanique.

La France, quant à elle, a dominé l’Europe sous Napoléon, vaincu par la coalition des partenaires précèdent. Entre 1815 et 1870, la France abandonne toute ambition hégémonique en Europe, mais se rattrape par la conquête de son empire colonial.

Les États-nation d'affirmation récente[edit | edit source]

L’Allemagne va s'affirmer en s'appuyant sur le nationalisme. L’unité allemande va être réalisée sous l’égide de la Prusse en janvier 1871. D'autre part, cette unité sera réalisée par la guerre contre l’Autriche surtout, en 1866, et contre la France 1870. Ces conflits vont permettre d'unifier la nation en interne en mobilisant contre des ennemis extérieurs. L’Autriche voulait créer elle-même l’Allemagne en intégrant tous les peuples de langue allemande au sein de son empire étant opposé à l’idée prussienne d’Empire allemand indépendant de l’Autriche. L’Allemagne est un État-nation incomplet, puisqu’elle ne comprend pas l’Autriche, où vivent des populations de langue allemande.

L'Italie est morcelée jusqu’en 1861. L’unité nationale se fait par la guerre contre l’Empire austro-hongrois au sein duquel se trouvent des populations de langue italienne. L’unité italienne est incomplète : le Trentin et l’Istrie qui constituent les Terres Irrédentes sont des régions qui sont partie intégrante de l’Empire austro-hongrois. L’Italie estime qu’elle est incomplète et va tenter de récupère le Trentin et l’Istrie durant la Première guerre mondiale. La France soutient l’Italie et se voit céder par cette dernière la Savoie. Au sein de ces échanges, les volontés populaires jouent assez peu.

Les États empires[edit | edit source]

Il y a en Europe des empires multinationaux comme la Russie, l'Autriche-Hongrie ou bien encore l'Empire ottoman. La montée du nationalisme va être l’un des facteurs fondamentaux qui va miner l’ordre européen. En 1815 a été rétabli le système dynastique et monarchique afin de contrer les ambitions hégémoniques françaises, mais aussi pour endiguer le danger révolutionnaire.

L’ordre de Vienne se construit contre les nationalismes. En 1815, les instigateurs du Congrès de Vienne, à savoir la Russie, la Prusse et l'Autriche sont à la tête d’États monarchiques et multinationaux. Afin d’éviter des revendications d’indépendance, on oblige par la force certaines populations à se soumettre et à cohabiter, l'objectif est d'étouffe les nationalismes.

Tout au long du XIXème siècle, les revendications nationales vont se faire de plus en plus nombreuses entrainant une série de contestations.

Le principal empire est l'Empire austro-hongrois qui est de plus en plus fragilisé au cours du XIXème siècle. Il est l’un des pivots de l’ordre de Vienne de 1815 et avec sa désagrégation vient l’effondrement ledit ordre à partir de 1914. Il est rival avec l’Allemagne et donc la Prusse pour un regroupement des populations allemandes. La défaite de 1866 contre la Prusse sonne le glas de ce rêve, la monarchie autrichienne est fragilisée, les populations internes demandent progressivement leur autonomie, ce qui culmine avec l’éclatement de l’empire en 1919. Avant 1866, on parlait d'Empire autrichien ; après, on parle d'Empire austro-hongrois, car les hongrois obtiennent le compromis austro-hongrois de 1867 ainsi que le partage du pouvoir. Ainsi, il y a une dualité et une opposition entre autrichiens et hongrois. Montée des nationalismes, en particulier des Slaves dans les Balkans, grâce au recul de l’Empire ottoman.

  • L’Empire russe, empire immense, qui continue à s’étendre ; il est composé d’une multitude de nationalités. Cet empire est fragile, il éclate en 1918. Son territoire immense est difficile à contrôler. Les différentes populations ne veulent pas toujours se rattacher au pouvoir tsariste.
  • L’Empire ottoman, « vieil homme malade de l’Europe », est progressivement démembré au XIXème siècle. Sa puissance militaire est en déclin. Il est en butte aux ambitions territoriales des grandes puissances européennes (Russie, Angleterre, Autriche…). Certaines puissances sont contre la désagrégation de l’Empire ottoman (jusqu’au percement du canal de Suez, le Royaume-Uni ne veut pas trop affaiblir l’Empire ottoman, puisqu’il maintient l’ordre dans la région de la route des Indes et de l’Asie. Après le percement du canal, elle participera au démembrement de l’Empire). La Russie est pour cette désagrégation (vu qu’elle pousse vers les mers chaudes par les détroits du Bosphore et des Dardanelles). Il y a moult rivalités politiques et économiques pour s’approprier les richesses et territoires.

L’équilibre européen[edit | edit source]

Le congrès de Vienne par Jean Godefroy.

L'équilibre européen est l’idée d’avoir une série de grandes puissances faisant en sorte qu’aucune ne prend l’avantage sur toutes les autres. Chacune des puissances ne doit pas dépasser les autres.

Cette notion rompue par Napoléon est de nouveau actée au congrès de Vienne en 1815 : est posé comme principe qu’il faut maintenir cet équilibre en évitant le retour de l’hégémonie française. La Grande-Bretagne est la garante de cet équilibre.

Tout au long du XIXème siècle, à chaque fois qu’un État qui essaie de prendre de l’avance, les puissances organisent un Congrès :

  • le Congrès de Paris de 1856 règle les problèmes posés par la guerre de Crimée (1853 – 1856). La Russie est vaincue par une coalition entre la France, la Grande-Bretagne et l’Empire ottoman ;
  • le Congrès de Berlin de 1878 a lieu à la suite d'une offensive russe dans les Balkan qui est repoussée ;
  • le Congrès d’Algésiras de 1906 doit régler un contentieux colonial entre la France et Allemagne à propos du Maroc. La Grande-Bretagne et les États-Unis sont médiateurs et laissent le Maroc à la France.

Cet équilibre fonctionne globalement jusqu’à la fin du XIXème siècle et se dérègle à partir début du XXème siècle.

Les nouvelles puissances hors d’Europe[edit | edit source]

À partir de la fin du XIXème siècle de nouvelles puissances émergent hors de l’Europe :

Les États-Unis est à l’origine un pays neutre qui est limité par ses treize colonies à la façade atlantique. Il va se développer en l’espace de 50 ans sur 9,5 millions de km2, un territoire dont les ressources naturelles sont riches et qui se peuple extrêmement vite. Ce pays va se constituer sur l’immigration passant de 50 à 100 millions au début du XXème. Dès 1900, c’est la première puissance industrielle du monde, elle dépasse pratiquement celle de la Grande-Bretagne, de l’Allemagne et de la France réunie. À partir de 1890, les États-Unis se lancent à son tour dans la conquête coloniale. En 1898, il conquiert les Philippines, Cuba et Porto Rico (protectorat). À partir du début du XXème siècle les États-Unis sous la présidence de Théodore Roosevelt veulent jouer un rôle dans les affaires internationales afin de devenir une puissance mondiale : c’est l’émergence d’une nouvelle puissance.

Le Japon, à partir de 1868 qui marque le début de l'ère Meiji, s’est lancé dans une ère de modernisation effrénée. La Chine est l’objet de convoitise des puissances européennes. Le Japon souhaite échapper à une colonisation en se modernisant pour devenir aussi puissance que les puissances occidentales. Est lancé un programme de modernisation de l’économie, de l’administration et militaire qui va en faire une puissance régionale importante. À partir de 1885, il établit un quasi-protectorat sur la Corée et s’impose en Chine. En 1894 la Chine et Japon se déclarent la guerre pour le contrôle de la Corée qui se solda par une victoire nippone. La guerre russo-japonaise de 1905 est une victoire japonaise qui participa à la montée en puissance du Japon et qui s’octroie de nouveaux territoires aux dépens de la Russie.

À la fin du XIXème siècle, l’Europe domine, cependant d’autres puissances émergent ce qui commence à faire évoluer l’équilibre européen.

L’expansion coloniale[edit | edit source]

Le XIXème siècle est marqué par la constitution d'importants empires coloniaux et notamment européens. Les puissances coloniales contrôlent 35% de la surface du globe en 1800 et 85% en 1914.

C’est un phénomène tout à fait majeur du XIXème siècle. Presque toutes les puissances européennes vont se lancer dans la conquête mondiale.

L’impérialisme n’est pas seulement une conséquence du nationalisme, cela sert aussi à renforcer le prestige. Pour illustrer ce propos, l'Allemagne n’a, par exemple, pas besoin économiquement de colonies remettant en cause la thèse léniniste de l’impérialisme économique. C’est un État récent qui doit affirmer son autorité notamment en se projetant à l’international.

L’expansion coloniale permet de construire les nationalismes.

Les empires coloniaux[edit | edit source]

Les États-nations sont aussi des États empires avec le processus de colonisation. Dans l'ensemble des empires, on a une situation d'assujettissement avec une domination politique et économique. Les empires coloniaux sont avant tout des territoires à exploiter qui se faisant au profit quasi exclusif de la métropole, comme par exemple le Congo, qui est riche en matières premières de toutes sortes.

Ainsi, sept puissances européennes (inégales) se partagent le monde :

Le monde colonisé en 1914.

L'Empire britannique : recouvrant environ 25% des terres émergées, c’est un empire sur lequel « le soleil ne se couche jamais », le plus vaste du monde s'étendant presque sur chaque partie du globe. Il comprend des colonies et protectorats, où il n'y a pas de peuplement anglais aussi important que dans les dominions, qui sont des colonies de peuplement sur des terres peu peuplées où émigrent les anglais et les irlandais. Au milieu du XIXème siècle, ils évoluent vers des systèmes de « self-government » faisant toujours partie du royaume. En ce qui concerne la politique interne, les dominions jouissent d’une autonomie de gouvernement ; cependant en ce qui concerne leur politique externe, ils sont soumis à la couronne. Ses colonies et protectorats comprennent donc l'Inde, le Nigéria, l’Égypte, le Soudan et la Rhodésie. Le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud sont les dominions de l'Empire anglais.

La possession des petites îles est très importante pour les empires coloniaux, car la puissance d'un État se mesure à la puissance de sa flotte. Les îles jouent donc le rôle de relais pour les ravitaillements en nourriture, mais aussi en carburant.


  • Empire français : L'empire français est le deuxième empire le plus important en superficie. Moins étendu que l'empire anglais, il est, lui, essentiellement concentré sur l'Afrique et l'Asie.

L'Algérie est la seule colonie à statut de département français où se concentre un nombre de français important (colonie de peuplement). Intégrée au territoire français, l'Algérie vivra une extrême difficulté lors de la décolonisation. Ses colonies et protectorats comprennent le Sénégal, la Mauritanie, la Tunisie, le Maroc ainsi que l'Indochine.

  • Empire néerlandais : comprend l’Indonésie et la Guyane néerlandaise.
  • Empire belge : comprend essentiellement le Congo
  • Empire portugais : détient des colonies dans la partie sud de l’Afrique
  • Empire italien : comprend l’Érythrée, la Somalie et la Libye conquise en 1911 sur l’Empire ottoman.
  • La Russie: un empire continental: La Russie se lance également dans ce processus de colonisation de marge dans le Caucase et l'Asie centrale. La situation récente de la Tchétchénie, qui appartenait à l'empire russe, montre les rejeux de cette conquête russe. Propriétaires de l'Alaska, les russes vendent ce territoire aux États-Unis en 1867.


Il faut y ajouter deux empires hors d’Europe, le Japon et les États-Unis :

  • Japon : Le Japon qui voulait se moderniser pour éviter la colonisation de ses propres terres, va monter en puissance et affirmer ses ambitions coloniales à la fin du 19e siècle. À l'issue de la guerre russo-japonaise, le Japon acquiert de nouveaux territoires et établit un protectorat sur la Corée à partir de 1895 finissant par l’annexer en 1910. Le colonialisme japonais va s’affirmer dans l’entre-deux-guerres puis connaître son apogée durant la seconde guerre mondiale avec la conquête d’un certain nombre d’îles qui va former la « sphère de coprospérité japonaise ».
  • États-Unis : né d'une révolution anticolonialiste, un fort débat va naître à la fin du 19e siècle menant à la conquête d'un petit empire. La guerre contre l'Espagne en 1898 va se traduire par la défaite espagnole qui délaissera le reste de ses colonies aux États-Unis. Porto-Rico, Cuba, les Philippines et quelques îles feront partie du nouvel empire des États-Unis. Fin 1860, les États-Unis détiendront également Hawaii ainsi que l'Alaska.

Leur empire va finalement se concentrer sur une puissance économique et non coloniale.

Après la crise de 1929, une partie des forces coloniales vont voir dans leur empire un moyen de la surmonter. Les empires se replient sur leur économie en créant des « marchés préférentiels » pour échapper au marasme économique.

La justification officielle revient au discours renvoyant à leur « mission civilisatrice ». Cependant, il cache très mal une entreprise de domination politique, économique et culturelle.

Les rivalités entre puissances coloniales : la course aux colonies[edit | edit source]

La conquête de nouvelles terres va créer une rivalité entre les différents colonisateurs.

La Conférence de Berlin (1884-1885): organisée par le chancelier Bismarck, elle avait pour but de partager des zones d'influence entre les puissances économiques et grands empires européens, tels que l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne ainsi que la Belgique. L'intérêt de Bismarck était d'éviter la revanche de la France et va dans un premier temps favoriser la colonisation française pour l'éloigner de l'Allemagne. L’idée est de leur faciliter les choses en les incitants à coloniser l’Afrique du Nord, mais il décide de faciliter la colonisation de l’Égypte par la Grande-Bretagne. En même temps, l’Allemagne s’attribue le Togo et le Cameroun.

Cependant, Bismarck ne fit que mondialiser le problème: les rapports conflictuels entre certains pays d'Europe ne se limitèrent pas aux frontières européennes et s'exportèrent à l'étranger, créant ainsi dans trois régions du monde un terrain d'affrontement colonial;

Représentation de la conférence de Berlin (en 1884) où sont réunis les représentants des puissances européennes.

L'Afrique Au début du XVIIIème siècle, l'Afrique est pratiquement indépendante. A la fin du 19e, début 20e siècle, elle sera presque entièrement colonisée. Fondamentalement considérée comme un partage des parts les rivalités persistent en Afrique:

  • Il y a un partage des zones d’influence qui se fait n’empêchant pas les puissances européennes d’être en rivalité.
  • L’objectif de la Grande-Bretagne est de se créer un empire colonial qui va du Caire au Cap. Dans le même temps, les français souhaitent se créer un empire qui va de Dakar à Djibouti. Au croisement se trouve le sud Soudan et Fachoda qui est l’emblème de la rivalité coloniale en 1898 qui se résout au bénéfice des anglais.
  • La France qui obtient la possibilité de poursuivre sa colonisation jusqu'à la Tunisie, entre en conflit avec l'Italie qui avait l'espoir de faire de même (Tunisie 1881) *L'Allemagne qui avait favorisé fin 18e l'extension de la France en Afrique du Nord change de position. Après 1890 la politique allemande change, et n'est plus juste une politique européenne. Guillaume II se lance dans une politique mondiale et va se heurter aux ambitions anglaises et françaises. Il finira par s'opposer au protectorat français sur le Maroc (crise marocaine, 1905)


En ce qui concerne l'Empire ottoman, plus on avance dans le XIXème siècle siècle plus l’Empire ottoman s’affaiblit. En effet, l'Empire ottoman vivra. La rivalité fondamentale est entre la Russie et la Grande-Bretagne. En 1980 l’Empire ottoman est quasiment sous la tutelle des grandes puissances. La désagrégation continue au début du XXème siècle avec la conquête de la Libye par l’Italie en 1910 aux dépens de l’Empire ottoman. De plus à partir de 1905 – 1908 on découvre du pétrole qui aiguise les appétits. La marine britannique était la première flotte du monde et à partir des 1910 décide de passer sous propulsion à base de pétrole. Depuis le pétrole est un enjeu permanent.

En Extrême Orient, c’est l’affrontement russo-anglais autour de la peur anglaise de voir la conquête de l’Inde par les Russes qui est un lieu fondamental pour le commerce anglais. Cette rivalité fait le malheur de l’Afghanistan qui est l’enjeu de la Russie et de la Grande-Bretagne afin d’en faire un « État tampon » en 1879. Une rivalité nait également entre toutes les grandes puissances en Chine qui suscite les convoitises. À partir de 1840 – 1850, les grandes puissances poussent la Chine à s’ouvrir ce qui donnera naissance à des concessions internationales. Cela engendre des tensions assez importantes qui voient l’installation des européens et des japonais en Chine en même temps que l’affaiblissement de la dynastie en place.

Dès la fin du XIXème siècle, par le biais de la mondialisation, il y a une mondialisation des affrontements. Les grandes puissances exportent leurs affrontements dans le monde sauf l’Amérique du Sud qui est considérée par les États-Unis comme une « zone réservée ».

L’idée de Bismarck était de détourner l’idée de revanche française vers la conquête coloniale, au contraire cela n’a fait qu’accentuer les rivalités et mondialiser les affrontements.

La mise en place des systèmes d’alliances[edit | edit source]

La mise en place des systèmes d’alliance est l’un des facteurs de désagrégation des conditions.

À partir des années 1880 vont se constituer deux blocs ; d’un côté la « triple alliance » formée de l’Allemagne, Autriche-Hongrie et l’Italie, de l’autre la « triple entente » formée de la France, la Grande-Bretagne et de la Russie.

La Triple Alliance[edit | edit source]

La Triple Alliance entre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Italie

On parle de « duplice » pour désigner l’alliance entre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. Elle commence en 1879 par un traité. Ces deux nations étaient rivales pour réaliser l’unité des pays de langue allemande. Elles finissent par reconnaître la communauté de leurs intérêts. En 1881 est suivi un traité germano-austro-russe qui ne fonctionnera pas, car leurs intérêts sont divergeant en Europe. La Russie se veut protectrice des slaves situés dans le territoire austro-hongrois. Ce traité va être remplacé par un traité germano-austro-italien qui sera conclu en 1882 puis finalisé en 1992 quand la Russie s’est retirée de l’alliance. L’Italie se rapproche de l’Allemagne, car elle avait des vues sur l’Afrique du Nord et la Tunisie.

Elle est constituée dès le début des années 1890. Mais en 1902 l’Italie signe un accord secret avec la France et la Grande-Bretagne ce qui en fait un partenaire peu fiable ; quand la Première guerre mondiale va éclater, elle se déclarera dans un premier temps neutre. Ce bloc est de type continental c’est pourquoi on parle des « puissances centrales »

La Triple Entente[edit | edit source]

Triple Entente.jpg

Il n’y a pas de traité entre les partenaires. Cela commence par un accord entre la France et la Russie en 1891 qui vient de se dégager de son alliance avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. En 1892, un traité franco-russe renforce les liens économiques. En 1904, la France et la Grande-Bretagne signent « l’Entente cordiale » devant la montée de la « double alliance ». En 1907, la Grande-Bretagne et la Russie résolvent leur diffèrent en Extrême-Orient notamment vis-à-vis du Tibet.

En 1902, c’est ajouté un accord militaire d’entraide entre la Grande-Bretagne et le Japon qui en fera un acteur auprès de la « triple entente ».

Au système d’équilibre européen se substitue un système deux blocs qui se font face dont l’aspect mécanique est fondé sur des accords de soutien militaire en cas d’entrée en guerre d’un des pays indépendants les uns des autres. Il y a une automaticité des alliances qui va faire engager la Première guerre mondiale.

La Première guerre mondiale : le suicide de l’Europe[edit | edit source]

La Première guerre mondiale est à la fois le paroxysme et la concrétisation des affrontements. C’est un suicide sur le plan humain et sur le plan géopolitique.

La montée des tensions[edit | edit source]

La crise de l’été 1914 n’est que la dernière d’un ensemble de crises à chaque fois plus fortes. Il y a eu d’abord la crise du Maroc donnant lieu à la conférence d’Algésiras, puis l’invasion de la Libye par l’Italie en 1911 qui ébranle l’équilibre européen, car tout ce qui touche à l’Empire ottoman déclenche des tensions; ensuite les guerres balkaniques en 1912 – 1913 qui font office de prélude à la Première guerre mondiale.

À partir du XXème siècle, il y a une série de crises qui engendrent des tensions entre les puissances européennes. Les blocs sont en opposition et se lancent dans une « course à l’armement », d’autre part les alliances s’étendent à de nombreux autres pays en achevant les blocs et en cristallisant les oppositions. La Bulgarie, à la suite des guerres balkaniques qu’elle a provoquées et perdues, qui était autrefois alliée de la Serbie, va s’allier à la « tripe alliance » pendant que la Grèce se range du côté de la « triple entente ».

De la crise localisée à la guerre européenne[edit | edit source]

Ce qui provoque l’éclatement de la Première Guerre mondiale est l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914, qui est l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche François-Ferdinand par un extrémiste bosniaque. L’Autriche va l’utiliser comme prétexte pour accuser la Serbie afin de réduire le nationalisme serbe et pour éviter que les autres populations slaves du Sud se détachent de l’Empire austro-hongrois. Depuis 1870 – 1880, la Serbie était « l’épine dans le pied » de l’Empire austro-hongrois qui sépare les populations slaves du sud. Ainsi, il est possible de se débarrasser d’un voisin gênant.

Le front Ouest entre 1915 et 1916 - atlas-historique.net

Chronologie des évènements :

  • 28 juin 1914 : assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo
  • l’Autriche réclame la mise en place d’une commission d’enquête sur le territoire serbe qui sera refusée et mènera à la déclaration de la guerre à la Serbie à la fin de juillet 1914 .
  • fin juillet – mi-aout 1914 : tous les pays par les systèmes d’alliance se déclarent la guerre.
  • fin aout – début septembre il y a une offensive éclair de l’Allemagne passant par la Belgique qui est stoppée en septembre 1914 aux abords de Paris donnant lieu à la « bataille de la marne » et qui permet de repousser les armées allemandes.
  • septembre – décembre 1914 c’est la « course à la mer ».
  • décembre 1914 : le front va de la manche jusqu’à la frontière allemande.
  • à partir de décembre 1914 – octobre 1918 : entre les deux armées, une guerre de position s’installe.
  • 1915 – 1918 : la guerre des tranchées sera une véritable boucherie.
  • 1916 : Bataille de Verdun et Offensive de la Somme.
  • printemps 1917 : Offensive du « Chemin des Dames ».
  • été 1917 : le rapport de force change après l’entrée en guerre des États-Unis.
  • 1918 : le conflit évolue en faveur de la « Triple Entente ».
  • novembre 1918 : signature de l’armistice.
  • Un deuxième front se met en place, la Russie entre en guerre en septembre 1914 . Elle a subi des revers importants face à l’armée austro-hongroise à Tannenberg et au lac Mazure dû à un manque de préparation. Fin 1917, la Russie quitte la guerre est signe une paix séparée avec l’Allemagne.
  • Dans les Balkans des fronts sont lancés du côté de la Roumanie et de la Serbie, alliées de la « Triple Entente ».
  • L’ambition séculaire de la Russie est de pousser vers la Méditerranée qui ouvre un front en orient du côté de l’Empire ottoman.
Fronts de la première guerre mondiale

La mondialisation du conflit[edit | edit source]

On voit comment une crise européenne devient une crise mondiale à travers le jeu des empires et des colonies. Le conflit se mondialise très rapidement.

Le monde et le premier conflit mondial - atlas-historique.net

La Première Guerre mondiale est un conflit qui se déroule sur tous les fronts, elle est à la fois militaire sur le plan de bataille, mais aussi économique concernant les approvisionnent afin d’étouffer l’adversaire ainsi qu’une guerre idéologique sur la notion de civilisation.

  • Dans les colonies : Il y a également des opérations militaires dans les colonies entre les empires au sein des colonies qui mèneront à la conquête des colonies allemandes par les anglais et les français
  • Les États-Unis : ils entrent en guerre en 1917. Dans un premier temps ils affirment leur neutralité parce qu’ils ne veulent pas intervenir dans les affaires européennes, mais c’est aussi un pays d’immigration qui représente un microcosme européen qui pourrait mener à une guerre civile. C’est aussi un moment ou les États-Unis essaient de fortifier leur unité nationale. Les liens entre les émigrés et leur pays d’origine ne sont pas rompus d’autant plus que l’opinion publique est extrêmement partagée.
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Des événements vont pousser les États-Unis à entrer en guerre :

  • le torpillage du Lusitania en 1915 par les allemands dans lequel se trouvent des passagers américains.
  • En 1917, les allemands déclenchent la « guerre sous-marine à outrance ». Un des objectifs des puissances de l’Entente est d’étouffer économiquement les puissances centrales grâce à un blocus maritime. La stratégie allemande est de couler des navires commerciaux et militaires, cependant avec la guerre à outrance ils vont s’attaquer aussi aux navires civils.
  • L’évènement du télégramme Zimmerman propose au Mexique une alliance contre les États-Unis pouvant leur permettre de reprendre le Texas perdu en 1845.
  • Le Japon : à partir de la fin 1914, le Japon entre en guerre.
  • Empire ottoman : c’est une zone stratégique alliée à l’Allemagne et par ailleurs la Russie, la Grande-Bretagne et la France ont des objectifs clairs pour l’après-guerre dans cette région du monde.
  • Amérique du Sud : un certain nombre de pays comme le Brésil vont entrer dans la guerre de façon anecdotique pour s’affirmer sur la scène internationale, mais aussi pour tenter de s’émanciper du joug américain qui devient de plus en plus pressant à partir des années 1910 . Cela va leur permettre de participer à la Conférence de la Paix en 1918 et de faire partie de la Société des Nations.
  • Participation économique et humaine des Empires : ils mobilisent leur population dans la métropole ainsi que des soldats venant des empires comme la France en provenance d’Afrique du équatoriale et d’Algérie ou la Grande-Bretagne qui faisait venir des soldats depuis l’Empire des Indes. De même le Canada et l’Australie envoient des soldats fournissant en même temps un appui logistique et économique.

Avec l’inclusion de ces différentes dimensions, c'est un conflit qui est mondial. Si le principal théâtre d’opérations est en Europe, son implication est mondiale.

Conclusion[edit | edit source]

C'est un conflit qui prend sa source en Europe qui est le paroxysme des affrontements intraeuropéens qui s’est mondialisé rapidement. La Première guerre mondiale est la conséquence de l’opposition des grandes puissances européennes en Europe et en dehors. Il est possible de la qualifier comme guerre interimpériale. C’est la concrétisation de tous les enjeux géopolitiques, mais aussi l’événement qui mènera au déclin de l’Europe et de sa domination.

Annexes[edit | edit source]

Références[edit | edit source]