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Adaptation ou résistance à l'Axe ? Commerce, finance et politique pendant la Seconde Guerre mondiale

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Adaptation ou résistance à l'Axe ? Commerce, finance et politique pendant la Seconde Guerre mondiale
Faculté Sciences de la société
Département Histoire, économie et société
Professeur(s) Christophe Farquet[1][2]
Enregistrement [1]
Cours Histoire contemporaine de la Suisse

Lectures

À la veille de la Seconde Guerre mondiale[edit | edit source]

Situation politique et économique de la Suisse[edit | edit source]

Dès 1936, les dirigeants suisses se préparent à la guerre par des mesures inspirées par la mauvaise préparation par apport à la Première Guerre. Elle rentre dans le conflit avec un meilleur appareil fiscal, ce qui va éviter l'augmentation de la dette publique et donc l'inflation. Il y a une stratégie d'éviter la détérioration du pouvoir d'achat pour éviter des conflits sociaux comme ceux observer à la fin de la Première Guerre.

Il y a aussi une recherche d'assuré l'approvisionnement notamment avec le plan Wahlen.

XXX

La préparation est nettement meilleure que durant la Première Guerre et va légitimer les dirigeants suisses et de la politique libérale. La politique après la guerre sera d'ailleurs marquée par une continuité et un refus des politiques keynésiennes avec l'exception de l'AVS.

1939-1940 : De la drôle de guerre à l’intégration à la sphère économique de l'Axe[edit | edit source]

Relations internationales jusqu'à la capitulation française[edit | edit source]

L'élection de Guisan en 1939 à une autre signification que celle de Wille en 1914 qui était-elle clairement une marque germanophile. Guisan a des marques autoritaires, mais n’est pas sur l'axe pro-allemand de certains hauts gradés suisses.

On observe au niveau économique une stratégie multilatérale avec des importations de la Grande-Bretagne et US.

Au début de la guerre, il n'y a donc pas comme à la Première Guerre une orientation pro-allemande.

La seconde moitié de l'année 1940 en suisse[edit | edit source]

Les dirigeants suisses immédiatement après la défaite française démobilise l'armé et choisi la stratégie du réduit. Le but est aussi économique avec une remise au travail des salariés afin de montrer que la Suisse est utile pour l'Axe -> stratégie de dissuasion économique.

Ce qui est paradoxal, car les archives allemandes montrent que c'est durant ce moment même qu'il y avait un risque d'invasion.

1941-1943 L'économie suisse au service de l'Axe[edit | edit source]

Il faut bien regarder quelle est la marge de manœuvre des dirigeants suisse. Une faut voir en détaille chaque relation et négociation.

Clearing[edit | edit source]

Faible marge de manœuvre, dépendance sur le charbon. Avec le crédit de clearing cependant, on remarque que les autres pays neutres n'ont pas été si loin et que la Suisse avait certainement une marge de manœuvre.

Transit[edit | edit source]

peu de marge de manœuvre. Intensification très forte du transit entre l'Allemagne et l'Italie, service considéré comme essentiel par l'Allemagne Nazie.

Services financiers[edit | edit source]

La Suisse est le seul territoire ou l'Allemagne Nazie peut acheter des devises. Ce service est très important et se traduit par des achats d'or de la BNS qui fournit des francs suisses que la Reich Banque peut utiliser sur les marchés étrangers.

Ici le rôle de la place financière est assez unique en comparaison des autres pays neutres.

Cette question fut largement débattue dans les années 2000.

Durant la guerre la BNS à avancer deux arguments qui ne sont pas recevables par les recherches historiques :

–      La BNS ne connaissait pas la provenance de l'or ce qui est démenti par les archives, mais aussi par la balance or de l'Allemagne avant la guerre.

–      En tant que pays neutre, la Suisse était obligée d'accepter l'or. Il n'y a cependant aucune règle qui oblige un pays neutre à accepter de l'or volé.

Certains historiens ont avancé d'autres arguments

–      Politique de dissuasion. Cet argument est partiellement valide, car si l'on observe le volume d'achat d'or il augmente justement quand le risque est moindre et est parfaitement incompréhensible en 1954.

–      La Banque Nationale suisse était obligée de procéder à ces achats d'or pour garantir la parité du franc suisse ce qui aurait créé de l'inflation. Cet argument est cependant trop étroit et fait fi des relations politiques. Il y avait d'autres moyens d'éviter l'inflation comme d'imposer des contrôles des changes, et cette stratégie ne fait sens que si l'on fait le choix de démontrer la stabilité de la place financière suisse même dans des conditions de guerre pour maintenir son attractivité après-guerre. Paradoxalement, les achats d'or à court terme ont un effet inflationniste, car ils augmentent la masse monétaire. Pour finir, l'argument de l'encaissement d'or il n'y avait pas d'obligation légale.

Jamais les responsables politiques n’utilisent l'argument de l'achat d'or pour obtenir des concessions envers l'Allemagne Nazie. On voit donc bien que les dirigeants suisses étaient clairement sous pression, mais que suivant les dossiers, il y n'y a pas de justification.

Politique d'asile restrictive[edit | edit source]

La Suisse à une politique très restrictive envers les réfugiés alors qu'elle avait ici clairement une marge de manœuvre. Elle se caractérise par le refus absurde de la Confédération d'accorder le statut de réfugié politique. La Suisse accueille environ 20'000 juifs durant la guerre et ce n'est que vers la fin de la guerre qu'elle augmente un peu l'accueil. Cette politique est menée de façon autonome jusqu'en 1942 par les dirigeants suisses. Jusqu'en 1941, la politique restrictive va même à l'encontre de la politique d'expulsion de l'Allemagne. Avec la mise en place de la solution finale, il y a quelques indications de l'Allemagne, mais pas de pression significative. Ceci était dicté principalement par un climat antisémite.

1943/4-1946 : Réorientions de la politique suisse et "perspective atlantique" de la politique confédérale à la fin de la Seconde Guerre mondiale[edit | edit source]

Pression alliée et réinscription de la Suisse dans le nouvel ordre mondial à la fin de la Guerre[edit | edit source]

Utilisation de liste noire envers la Suisse, pression financière ... dans le but de faire cesser les relations commerciales envers l'Allemagne.

On remarque que dès 1943, la Suisse va faire de moins en moins de concessions envers l'Allemagne.

Sortie de guerre : croissance, bilatéralisme et libéralisme financier[edit | edit source]

(fin dernier cours)

À la sortie de la Seconde Guerre mondiale la suisse à un appareil de production intact et la seule place financière qui permet

Les Suisses sont dans une position de force, ce qui se remarque par leur absences au organisations internationales (Bretten Wood, GATT, ONU) préférant des accords bilatéraux. On a souvent qualifié cette politique de neutralité, ce qui est seulement en partie vrai (il n'y a pas de politique de neutralité en direction de l'URSS).  Les Suisses ne rechignent pas à participer aux organisations s’il estime que celle-ci est dans leurs intérêts.

On remarque trois continuités de la politique économique suisse qui sont à contre-courant des tendances dans le reste de l'Europe. Un État faible, une politique monétaire très orthodoxe, à contre-courant des politiques de deficit spending, et un conservatisme social.

Les années 1950 sont assez conservatrices en Europe, mais sont marquées par l'essor de l'État, l'État providence et la mise en place de la société de consommation. En Suisse, la société suisse est marquée par un conservatisme beaucoup plus important ce qui est une conséquence directe de l'absence de participation au conflit mondial et des bouleversements liés à la guerre. La maque la plus directe de ce conservatisme est le refus d'accorder le droit de vote aux femmes à contre-courant de tous les autres pays occidentaux.

On voit à quel point la démocratie suisse qui faisait figure d'exemple au niveau international au milieu du XIXe siècle, du moins au niveau du droit formel, s'est transformée au cours de la première partie du XXe siècle en un des pays les plus conservateurs au monde.

Références[edit | edit source]