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	<title>Baripedia - Contributions [fr]</title>
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	<updated>2026-04-21T08:27:56Z</updated>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Introduction_%C3%A0_la_th%C3%A9orie_politique&amp;diff=30476</id>
		<title>Introduction à la théorie politique</title>
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		<updated>2016-01-11T15:34:11Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : /* Qu’est-ce que la théorie politique normative */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Introduction à la science politique]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Faculté des sciences de la société]]&lt;br /&gt;
 | département = [[Département de science politique et relations internationales]]&lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Annabelle Lever]] &lt;br /&gt;
 | années = 2015&lt;br /&gt;
 | code = T107005 CR&lt;br /&gt;
 | media_server = [https://mediaserver.unige.ch/play/92520 partie 1 (2015)] [https://mediaserver.unige.ch/play/92636 partie 2 (2015)]&lt;br /&gt;
 | précédent = &lt;br /&gt;
 | suivant = &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le défi de la démocratie moderne vient de ce que l’on apprend de la démocratie grecque. Le sujet de ce cours est la théorie politique de la démocratie. Pour cela, il faut appréhender les problèmes politiques de la démocratie moderne à travers ce que nous avons appris de la démocratie grecque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Qu’est-ce que la théorie politique normative  =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle pluraliste de la démocratie est un modèle qui a été aussi critique pour la science politique empirique que pour la théorie politique normative. C’est ce modèle pluraliste avec ses attraits et ses défauts qui fait la base de ce que nous faisons aujourd’hui dans la science politique empirique ainsi que normative. C’est vraiment à travers ce modèle qui s’est fondé dans les années 1950, 1960 et 1970.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bien comprendre le modèle pluraliste de la démocratie aide à comprendre le modèle élitiste de la démocratie, à savoir le modèle de Schumpeter. Pour bien comprendre les attraits, mais aussi les défauts du modèle élitiste de la démocratie, il faut comprendre pourquoi la démocratie moderne ne semble pas aussi évidente comme possibilité de forme de gouvernement légitime qui nous apparaît maintenant. Pour comprendre cela, il faut voir la démocratie moderne à travers la démocratie d’Athènes et comprendre que si le modèle de la démocratie qu’on connaissait vraiment était la démocratie d’Athènes et de Sparte, pourquoi la possibilité d’avoir un gouvernement démocratique dans le monde moderne, surtout après la Deuxième guerre mondiale, semblait tellement peu probable. Alors, pourquoi avons-nous vraiment même de nos jours un vrai défi, à savoir ce que peut être la démocratie dans le monde moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même si de nos jours, la théorie politique semble être à la marge de la science politique moderne, la théorie politique normative est probablement la forme la plus vieille de la science politique ainsi que de la philosophie morale. C’est avec Socrate et ses questions sur la justice de la société, l’importance de devoirs de fils comparés aux devoirs de citoyen, avec la question de comment est une bonne vie pour les hommes, que nous commençons à la fois la philosophie et l’étude de la théorie politique, alors, en effet, c’est avec la théorie politique normative que commence la science politique et ses problèmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie politique normative se concentre sur comment le monde doit être, pas comment il est. On s’intéresse aux questions de savoir comment on doit organiser ces institutions, quelle forme de gouvernement doit être légitime,acceptée comme moralement bien, on se demande quels devoirs les citoyens devraient avoir et pas ceux qu’ils ont. Par exemple, en ce qui concerne le vote obligatoire, on se demande si ce n’est pas justifié d’avoir un vote obligatoire si nos devoirs citoyens n’incluent pas le devoir d’aller voter. La théorie politique est surtout concernée par les questions de comment le monde devrait être, comment devrions-nous être, comment devrions-nous nous organiser, quelles préférences politiques devrions-nous avoir, quelles formes de liberté, d’égalité et de solidarité nous devrions essayer de mettre en œuvre et ainsi de suite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce sens, la théorie politique normative diffère des aspects plus empiriques de la science politique même si on veut comprendre comment le monde devrait être, c’est une bonne chose de comprendre comment il est et pourquoi elle est comme elle est. Même si on fait de la théorie politique normative, on a des raisons de s’intéresser fortement aux questions empiriques et plus formelles dans la théorie politique. Dans la mesure où la science politique plus généralement empirique essaie d’expliquer comment notre monde est, la manière dont elle est. Dans la science politique plus empirique, ce n’est pas seulement ce qu’on essaie de décrire vraiment d’une façon détaillée, mais on essaie aussi d’expliquer pourquoi ils sont comme ils sont. Cela est la même chose en théorie politique normative, même si nos explications sont des explications normatives au lieu de causale, on ne cherche pas à expliquer pourquoi les gens ont les valeurs qu’ils ont, on essaie par contre d’expliquer ou de démontrer pourquoi nous devrions par exemple changer nos valeurs, pourquoi nous devrions aller voter au lieu de nous abstenir, pourquoi nous devrions être pacifistes au lieu de souscrire aux théories de la guerre juste. L’explication et l’utilisation de l’évidence est aussi importante dans la théorie politique que dans les autres sous-disciplines plus empiriques de la science politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parfois, on a l’impression que la philosophie morale et la philosophie politique font preuve de relativité, cela est faux. Dans la mesure où nous parlons d’une discipline intellectuelle, comme dans les autres disciplines, il y a les questions de méthode, les demandes de preuves, la confrontation avec des opinions diverses, il faut faire face et expliquer avec des preuves à l’appui ; les instruments de la théorie normative sont la logique, l’analyse conceptuelle, le savoir de comment peut on faire les critiques internes et le pouvoir de bien organiser et d’utiliser l’évidence fondée sur les normes, sur la qualité des actions jugées normativement. La question est de savoir comment utiliser les pouvoirs de jugement moral et éthique que nous avons déjà, mais nous essayons de la discipliner et de le raffiner pour qu’on puisse l’utiliser en tant qu’étude académique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les théories politiques à l’Université de Genève =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le département de sciences politiques de l’Université de Genève est à l’heure actuelle le seul département de science politique en Suisse qui enseigne la théorie politique normative du baccalauréat au doctorat, la plupart du temps, en Suisse, on étudie l’histoire des idées. Dans la théorie politique positive, on essaie de donner une formulation aussi précise et donc mathématique que possible sur les idées politiques, normalement sur les problèmes de coordination des conflits et des attentes. D’autre part, on essaie de prendre les problèmes actuels et en utilisant la logique, l’analyse des concepts normatifs tels que la valeur des droits et des devoirs de la démocratie, de gouvernement, de tolérance, nous essayons de comprendre les enjeux de nos jours, les combats, les conflits. Comparé aux autres formes d’histoire des idées, dans la théorie politique normative, on prend les problèmes actuels, les problèmes qui font le sujet des conflits politiques actuels et nous essayons de comprendre quelles sont les valeurs en jeu, essayer de clarifier les enjeux. Parfois, on peut avoir des conflits fondés sur des mécompréhensions, dès qu’on ouvre le champ sur la clarté, le conflit s’évanouit. Une chose importante est d’essayer de clarifier et de faire comprendre les attraits des positions concurrentielles sur les problèmes politiques de nos jours ; après, s’il reste des conflits, des choix difficiles, on essaie de clarifier les mesures, les aspects positifs, mais aussi les mesures négatives de ces options.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Introduction à la théorie politique démocratique moderne =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Importance de pluralisme démocratique ==&lt;br /&gt;
Pourquoi examiner les théories pluralistes de la démocratie dont l’exemple paradigmatique est celui de Robert Dahl. Pourquoi regarder ces théories pluralistes de la démocratie, pourquoi s’intéresser aux théories qui à la fin, se sont faites il y cinquante ans et dont, après tout, on connaît les défauts. La réponse est que les théories, surtout celle de Dahl qui est paradigmatique, présentent un modèle ou une peinture du monde de la démocratie qui semble refléter les aspects clefs de nos sociétés modernes. Par exemple, en dépit des différences entre les États-Unis, la Suisse, la France, l’Inde, l’Angleterre, et les pays scandinaves, on peut dire que les démocraties modernes sont les sociétés avec les gouvernements représentatifs, avec le suffrage universel, avec la règle de décision par la majorité, avec les votes et surtout avec la liberté des modernes ainsi que l’appelait Constant, les libertés d’expression, de pensée, de religion, d’association, de mouvement et naturellement de choix politique. Une chose qui rend ces théories pluralistes importantes est l’effort qu’elles font de nous donner un modèle des démocraties modernes à travers leurs différences, un modèle que nous pourrions utiliser à la fois pour l’analyse empirique, pour les théories sociales et surtout pour les jugements normatifs. Ce que ce modèle essaie de nous montrer est pas seulement les caractéristiques de notre monde et de notre démocratie moderne, mais c’est aussi une façon de penser la légitimité de nos gouvernements, de notre façon de nous gouverner face aux raisons de croire que la démocratie n’est, après tout, pas une forme très bonne de gouvernement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’attrait des théories pluralistes est qu’à la fois, elles nous offrent un modèle utile empiriquement, mais surtout utile du point de vue du point de vue normatif, un modèle qui essaie de montrer pourquoi les gouvernement de nos sociétés, les gouvernement démocratiques, en dépit des défauts trop bien connus, ont une légitimité que les autres formes de gouvernement n’ont pas. Fondé sur ceci, le pluralisme nous offre ce que nous pouvons appeler une étude de concurrence équitable et du gouvernement comme une forme de concurrence équitable entre les partis politiques organisés, mais aussi les associations secondaires organisées telles que les syndicats, les associations des employeurs, les associations religieuses et ainsi de suite ; ils essaient de dire que dans un système politique où les gens ne peuvent pas se mettre d’accord sur comment il faut agir, sur les lois qui font les gouverner tous, la seule forme de légitimité, semble-t-il, dépend de la possibilité de concourir d’une façon équitable pour le pouvoir de gouverner. Cette concurrence équitable dépend à la fois de la protection de l’égalité des citoyens et de leur liberté personnelle ainsi que politique, et, dès alors, le modèle pluraliste est important parce que cela montre, si on peut dire, le minimum nécessaire pour la légitimité politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le défi posé par la démocratie grecque ==&lt;br /&gt;
Pourquoi peut-il sembler si nécessaire de pouvoir répondre à ces questions ? Pourquoi peut-il sembler si nécessaire de montrer que nos gouvernements sont démocratiques et en tant que démocratie, ils ont une légitimité importante. Afin de bien comprendre ceci, il est absolument nécessaire de comprendre les défis que nous pose la démocratie grecque. La démocratie était une question de petits États cités tels qu’Athènes ou encore Sparte, les cités de quelques milliers d’habitants et de beaucoup moins de citoyens, les cités et surtout les démocraties fondées sur l’esclavage qui donnait aux citoyens la possibilité de dévouer leurs heures au gouvernement de leur patrie ainsi que de leur famille et que leurs États. Nous vivons dans des sociétés modernes, gigantesques dans lesquelles il n’y a pas d’esclavage, la majorité des citoyens doivent travailler pour gagner leur vie et doivent rentrer chez eux pour vaquer à leurs occupations ménagères et remplir les obligations familiales, ayant donc donc très peu de temps pour la politique et l’éducation politique. On peut se demander, vu les différences entre la démocratie grecque et notre situation si cela est possible vraiment d’avoir la démocratie dans le monde moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier défi, et c’est un défi fondamental qui a pesé lourdement sur les philosophes tels que Arendt qui, depuis la Seconde guerre mondiale, essayait de comprendre quelles possibilités pour la démocratie dans un monde qui a souffert de deux guerres mondiales dont la nation la plus avancée à l’époque, à savoir l’Allemagne, est tombée dans la barbarie ; alors, songeons-nous, nous qui prenons nos sociétés comme démocratiques, mais on peut se demander en quoi cette démocratie réside vu que nous savons que pour la plupart très peu sur la politique publique même de notre pays et pas seulement sur l’international. Nous avons en plus très peu de temps afin de participer, pour s’organiser, mais aussi pour débattre des questions politiques avec les autres. Pour rendre les choses encore pires, ce n’est pas seulement que nous n’avons pas d’esclaves, on peut avoir des servants payés, et en plus, maintenant qu’il y a eu un peu d’émancipation des femmes, il n’y a pas plus le travail non payé des femmes à la maison. Le problème de l’émancipation des femmes était en partie le problème de comment allons-nous avoir la démocratie dans un monde sans esclave, dans un monde où on n’a pas les esclaves pour éduquer les enfants, pour organiser la maison ; alors, si les citoyens, les gens comme nous, d’intelligence moyenne, avec les énergies moyennes, si les gens comme nous doivent à la fois gagner la vie, garder les enfants, soigner les parents et grands-parents, et en plus s’éduquer et s’intéresser à une politique qui pour nous est parfois très abstraite, mais aussi très difficile à comprendre et naturellement très difficile à influencer, alors, on peut vraiment se demander qu’est-ce que cela a à voir avec la démocratie telle que connue en Grèce où, à la fin, se sont les citoyens qui se gouvernaient eux-mêmes, qui étaient élus au tirage au sort. Ce sont les gens qui pouvaient s’intéresser pleinement en la politique de leur pays.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première chose à comprendre si on essaie de comprendre l’influence du modèle pluraliste est le problème, le défi fondamental de comment on peut avoir la démocratie de nos jours en dépits de ce qu’on appel nos gouvernements. Deuxièmement, les démocraties anciennes, les démocraties grecques n’avaient pas de liberté de religion, Socrate n’avait pas liberté de penser et liberté d’expression. Pour la plupart, c’était les citoyens assez unanimes sur ce qui comptait pour une bonne vie humaine et ce qui devrait être le but de leur pays. Par contre, dans nos sociétés modernes, nous sommes divisés assez profondément sur les questions morales, sur la religion et s’il faut avoir une religion, combien de déités faut-il accepter ou non. Sur le rôle de la religion dans la politique, nous sommes divisées sur l’économie, comment faut-il l’organiser de façon socialiste, devrions-nous accepter le revenu basique. Nous divisés pas seulement sur nos préférences personnelles, mais sur nos convictions les plus profondes, les plus intimes. Alors, de nouveau, on peut se demander si cela est possible dans ces circonstances, les circonstances modernes de la distancions fondamentale sur les questions du bien et de la moralité, dans cette perspective, est-ce que c’est vraiment possible, que les citoyens peuvent partager le gouvernement en tant qu’égaux, est-ce vraiment possible de voir comme nous égaux les gens qui ont les idées que nous trouvons déployables, les idées que nous trouvons idiotes, mal pensées, dangereuses, c’est le défi de nos jours, à savoir si cela est possible de nous traiter en tant qu’égaux si à la fin nous partageons très peu de valeurs en commun. Finalement, nous pouvons nous demander si dans un monde moderne, cosmopolite, avec les économies qui dépassent de loin notre cité et notre pays, dans les économise dont nos gouvernements peuvent gérer qu’une petite part, si cela est possible d’avoir la démocratie. Dans le monde grec, les décisions économiques ne prenaient pas une très grande place dans la vie politique, cela n’était que quelques questions de taxations, de revenus afin de financer le gouvernement, les citoyens pauvres, mais aussi pour financer les guerres et particulièrement à Athènes et Sparte. Par contre, de nos jours, les questions économiques forment une part énorme de la politique publique, mais cela est clair que ces questions dépassent de loin notre compréhension pour la plupart en tant qu’individu et nos pouvoirs d’agir. Alors, de nouveau, il faut se demander si cela est possible et comment cela est possible d’avoir les gouvernements démocratiques dans notre monde actuel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pourquoi nous soucier de ce qu’on fait les grecs ? Il y a de choses qu’ils ont faites, surtout la démocratie qui nous parle, qui nous attire même en dépit de différence de siècles de mœurs et surtout même en dépit de nos différences de valeurs autour des questions d’égalité sexuelle, raciales et naturellement de l’esclavage. L’attrait de la démocratie grecque est l’attrait de l’autogouvernement, de la possibilité de se gouverner, d’avoir une voie, d’avoir une voie avec du poids dans ce qui nous arrive dans la vie. Après tout, cela est très difficile pour nous d’influencer ce qui nous arrive et même dans les questions personnelles. Il y a tout un tas de choses qui nous arrivent que nous ne pouvons pas influencer, mais d’avoir ce manque de puissance, cette impossibilité même d’avoir une voix dans les matières qui nous concernent, surtout dans les questions de politique où il s’agit de la coercition, de la convention, mais aussi des lois, où il s’agit aussi de la force, les risques de la violence, dans ces ces, le manque de voie, de puissance, de possibilité de se gouverner non pas individuellement, mais avec les autres serait vraiment quelque chose de grave. C’est parce que nous nous trouvons, nous pouvons nous trouver dans les grecs, dans cet idéal d’auto gouvernance, que l’idéal de la démocratie a des attraits pour nous et que pour nous cela est une vraie question que si nous pouvons réaliser l’autogouvernement, la démocratie dans les conditions si différentes de ce qui a donné naissance à cette idée et à cette forme de gouvernement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, pourquoi penser que l’autogouvernement est quelque chose d’attirant ? Pour certain cela est une utopie, d’autre que c’est une déception de croire que nous pouvons nous gouverner en tant que groupe, que cela est attirant de se donner les façons d’influencer la politique. Pour aborder ces questions, il faut entrer dans la conception de la personne, dans la philosophie de la personne, de comment nous pensons, nous appréhendons nos possibilités en tant qu’humain, nos possibilités de réfléchir, de délibérer sur nos actions, d’évaluer ce que nous pensons, ce que nous voulons et ce que nous avons fait. Nous avons le sentiment de la liberté, de la possibilité de développer nos capacités d’action et de réflexion, de choix dans nos actions pas seulement individuelles, mais en tant que groupe que cet idéal de l’autogouvernement parle. Nous avons des intérêts dans la politique même si nous allons nous mettre d’accord sur l’idéal de personne autonome en contrôle de ses émotions, en contrôle de ses désirs, cette image de l’idéal stoïque que nous avons appris des grecs. Nous pouvons valoriser la politique et la possibilité d’avoir une voie avec le même poids que les autres pour des raisons purement instrumentales. L’importance de ces raisons instrumentales pour vouloir la démocratie vient, si nous jetons en regard en arrière, sur les formes de gouvernements féodales, sur les formes de gouvernements monarchiques, sur les formes de gouvernement représentatif, mais non démocratique qui caractérisaient par exemple les États-Unis et l’Europe du XIXème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ces autres formes de gouvernements, ce qui arrivait à la grande partie des gens n’importait plus. Si on était un serf, on était tel un animal, une bête pour les nobles, les intérêts des serfs n’avaient aucune importance en soi, ils étaient peut-être les corps à jeter à la guerre, pour travailler dans les champs, pour avoir des enfants, mais leurs sentiments, ce qu’ils voulaient et sentaient ne comptait pour absolument rien. En effet, même dans les gouvernements représentatifs, mais pas démocratiques, les gouvernements tels qu’en Angleterre au XIXème siècle, cela est clair que les intérêts de ceux qui n’avaient pas le vote, les intérêts des femmes ou encore des hommes de classe ouvrière ne comptaient pas pour grand-chose parce qu’ils n’avaient pas de voie, parce que leur statut était beaucoup moins que celui des autres. Si nous pensions que pouvoir se gouverner est quelque chose de valable, si nous pensions qu’il est important de pouvoir participer dans les affaires internationales, il faut pouvoir justifier la capacité politique des autres. La justification était de dire que la grande partie des gens n’était pas assez intelligente afin de participer dans les affaires compliquées telles que la politique. Comme suggérait Platon, la politique a un aspect technique, il y a les choses qui demandent l’expertise, du savoir de comment gérer les gens, comparer les possibilités, il y a les aspects techniques en politique comme en économie et dans la médecine. Dans la mesure où nous croyons que la politique a cet aspect technique, et en plus, en nous rendons compte que la plupart des gens ont très peu de temps afin d’apprendre ces techniques, alors, il est naturel de croire que c’est une mauvaise idée de donner le suffrage à la majorité des gens parce qu’ils ne sauront pas comment l’utiliser. Si on peut le dire, une raison de vouloir un vote démocratique, de vouloir être membre d’un pays démocratique n’est pas parce que nous acceptons peut-être, mais c’est parce que nous craignons ce qui va nous arriver si les autres que nous ne pensons pas être assez intelligent de participer dans les affaires communes, pas assez intelligent de mériter une voie dans les affaires qui nous concernent, alors, les raisons instrumentales de vouloir un vote démocratique, de vouloir participer dans le gouvernement, donne, même de nos jours, un attrait important à l’idéal de l’autogouvernement grec même si nous rejetons une grande partie de la philosophie de l’homme et de la conception du monde qui rendait cette vision de la démocratie attirante pour les grecs eux-mêmes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À travers les difficultés, à travers les différences, nous croyons, soit qu’il y a quelque chose d’attirant dans l’idée que les hommes, les gens tels que nous, sans capacités vraiment spéciales, sans vraiment de savoirs spéciaux, sans atouts spéciaux, peuvent participer dans leur gouvernement. C’est idéal est attirant en soit et pour les raisons instrumentales, nous croyons qu’à la fin que l‘histoire enseigne que la seule façon vraiment de se protéger contre le dédain, l’indifférence, le paternalisme mal placé des autres, est de donner à tout le monde le vote. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À quoi devrions-nous songer ? Nous pouvons voir une justification pour la démocratie à travers les idées et les idées distinctivement moderne de la liberté, de la liberté et même de la solidarité. Indépendamment de l’attrait de l’idée que même les gens sans atouts vraiment spéciaux peuvent participer et faire les choses difficiles dans la vie comme se gouverner. Cela peut se faire dans des petits groupes, alors pourquoi pas essayer dans des groupes plus larges. En dépit de ceci, cela est clair que la démocratie dans ses aspects intrinsèques et instrumentaux, répond à des idées distinctivement modernes de la liberté et de l’égalité. Ils répondent aux idées modernes de la liberté parce que la démocratie évite le paternalisme. L’idée moderne de la liberté est que les gens adultes, rationnels et éduqués, sans défaut intellectuel, en dépit de leur capacité d’erreur, ont intérêt à faire leur choix eux-mêmes, de s’informer à comment gérer leur vie, d’apprendre de ces erreurs, de pouvoir les corriger, mais aussi de pouvoir vivre avec ses erreurs. Nous savons tous que parfois les autres connaissent beaucoup mieux que nous ce que nous devrions faire. Le cas paradigmatique est nos parents, cela est toujours quand nos parents ont raison que cela est le plus difficile de l’admettre. Néanmoins, nous savons aussi que notre sentiment de liberté, de l’importance de la liberté est la possibilité de faire ses erreurs soi-même et de vivre avec les conséquences même si elles sont malheureuses et de pouvoir apprendre de ses erreurs en discutant avec les autres, en réfléchissant à ce qu’on a fait de mauvais et de bien et à continuer d’agir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Alexis de tocqueville cropped.jpg|vignette|Alexis de Tocqueville par Théodore Chassériau (1850).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un aspect important de la démocratie du point de vue moderne est que c’est la forme de gouvernement qui semble répondre au plus direct à la valeur de la liberté individuelle et à nos capacités de protéger ces libertés individuelles en tant que collective. C’est l’une des choses les plus importantes et on trouve un peu de sa justification dans l’idée de Tocqueville dans ses études sur la démocratie en Amérique où il se dit qu’il est clair qu’en Amérique, il y a des politologues de beaucoup moins de qualité qu’en France aristocratique, parfois les gens qui veulent faire une carrière en politique sont mauvais, mais, le plus important de la démocratie n’est pas que les politiciens sont les plus intelligents et la plupart ne le seront pas, mais que nous pouvons corriger leur erreur, que les démocraties ont les possibilités de se corriger parce que ce sont des gouvernements avec la liberté d’expression, pas seulement pour les nobles, mais pour tout le monde, avec la liberté d’association, la liberté de mouvement et naturellement avec les libertés de choix politiques ainsi que personnels. C’est la même idée qui anime [[La théorie des capabilités d’Amartya Sen et Marta Nussbaum|Amartya Sen]] qui a gagné le prix Nobel d’économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ses études sur les famines en Inde, Sen a remarqué qu’après la démocratie, il n’y a plus jamais eu de famine en Inde. Bien sûr, ce n’est pas parce que d’un coup les politiciens en Inde sont devenus beaucoup plus intelligents, ce n’est pas le cas ayant fait un tas d’erreurs y inclus des erreurs économiques assez graves, mais l’importance de la démocratie et les libertés qui la compose, est que si dans un petit quartier, on voit qu’il y a des manques alimentaires, la liberté de mouvement permet que l’on puisse aller dans un autre village dire qu’on manque de blé. Auparavant, sans la possibilité de quitter son village, cela était impossible de distribuer ce savoir. Avec la liberté de se mouvoir, on peut dénoncer une politique ou un changement environnemental à l’origine d’un manque. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si nous valorisons la liberté des modernes, la liberté de mouvement impensable historiquement et dans quelques pays tristement de nos jours, les libertés de mouvement, d’association et d’expression ainsi que de choix, nous savons la raison tout à fait moderne de valoriser la démocratie même si cela est une forme de gouvernement qui ne nous donne pas les formes d’autogouvernement qui faisait l’idéal grec. Si nous pensons ainsi, nous pouvons aussi voir que nous avons les raisons basées sur les idées modernes de l’égalité de valoriser la démocratie. La démocratie est une forme de politique égalitaire qui donne à tout le monde indépendamment de ses ressources, de ses statuts, une voie et une voie égale dans les prises de décision politique. Dans notre monde, la valeur d’égalité est d’une importance, mais aussi d’une controverse importante. Basés sur les idées modernes de l’égalité, nous avons les raisons de valoriser la démocratie même si c’est une forme d’autogouvernement assez restreinte dans le monde moderne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un idéal ancien qui est né dans les sociétés très différentes de nous. Cela est clair qu’en partie, l’idéal d’autogouvernement qui nous attire vers la démocratie comme forme de gouvernement est un idéal difficile à réaliser dans les conditions modernes. Dans les grands pays tels que les nôtres, comment parler d’autogouvernement ? Dans les pays dans un monde tel que le notre où les décisions politiques ne sont pas seulement sou le doigt de notre gouvernement, nous vivons dans un monde global, comment parler d’autogouvernement ? À la fin, même si c’est l’idéal d’autogouvernement, la possibilité de guider la vie qui nous attire vers la démocratie, cela est basé sur les idées modernes de la liberté, de l’égalité et peut être de la solidarité que nous allons trouver plus de fondements, plus de justification pour cette forme de gouvernement que nous valorisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant de décider que nous pouvons appeler nos gouvernements démocratiques, il faut se demander comment les gouvernements représentatifs peuvent être démocraties ; qu’est-ce dans l’idéal de la représentation qui peut donner vie à l’idéal de la démocratie. Bernard Manin montre que l’idéal de gouvernement représentatif était historiquement une façon d’écarter le gouvernement démocratique. Le gouvernement représentatif, à sa naissance au XVIIIème siècle était une théorie du gouvernement explicitement antidémocratique basée sur le fait que dans le monde moderne, la majorité de nous n’ont pas les capacités de se gouverner, du moins il semble que la majorité des nôtres n’a pas de temps à consacrer à se gouverner. Alors, l’idéal de gouvernement représentatif était de minimiser la participation politique de la grande partie des gens dans la politique. Si cela était l’idéal de gouvernement représentatif, cela était une forme idéale de représentation qui essayait de prendre les intérêts que nous avions, de les donner à voir sans que nous soyons là pour les défendre, sans que nous ayons la possibilité de participer aux questions qui nous concernent. Comment était-il possible de concilier l’attrait de la démocratie comme forme de liberté et d’égalité moderne avec une forme de gouvernement représentatif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous vivons dans le monde du XXème siècle, mais après la Deuxième guerre mondiale, mais surtout dans l’ère avant la Première guerre mondiale, c’était des questions vives. On vivait dans les pays les plus riches, stables et puissants du monde tel que l’Angleterre du XIXème siècle. Mais, la grande majorité des gens n’avaient pas le droit de vote dans la politique et leur gouvernement qui se disait représentatif et on se demandait si cela était possible d’avoir à la fois un gouvernement qui essayait de représenter des idéals différents du peuple, et surtout les intérêts différents du peuple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La démocratie « élitiste » de Schumpeter =&lt;br /&gt;
[[Fichier:Joseph Schumpeter ekonomialaria.jpg|vignette|150px|Joseph Schumpeter.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le suffrage universel, pourquoi il semblait avoir un tel problème ? Imaginons, à l’ère de Schumpeter, qu’il y a les gouvernements représentatifs, en tant que membre du gouvernement on sait très bien qu’en face, il y avait des milliers d’ouvriers pas éduqués, nombreux et qui voulait participer dans le gouvernement et on se demandait si on leur donnait le vote, une voie égale, dans les décisions collectives, la question était de savoir ce qui va se passer. La grande peur était que la démocratie, le suffrage universel allait détruire le gouvernement représentatif parce que l’idée était que les ouvriers vont voter en bloc et en bloc aurait été une tyrannie de la majorité au lieu d’un gouvernement libre et représentatif. C’est ce genre de peur qui semblait se réaliser entre les deux guerres et après la révolution russe surtout avec l’exemple des États socialistes. Il semblait que la possibilité de concilier le gouvernement représentatif nécessaire pour les grands pays où on ne peut pas participer tous directement dans la politique ; avec le suffrage démocratique, c’était de détruire le gouvernement représentatif. L’importance de Schumpeter et sa conception élitiste de la démocratie est qu’il semblait ouvrir le champ à la possibilité de concilier à la fois les libertés modernes et les formes d’égalité moderne avec le gouvernement représentatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idée de Schumpeter est qu’en effet, dans une société moderne, même avec le vote, les ouvriers ne vont pas s’intéresser énormément à la politique, ils ont trop peu de temps. La grande majorité de gens, croyait-il, n’ont ni l’éducation ni le désir vraiment de participer dans la politique. En effet, comme l’a remarqué Tocqueville, l’effet de la liberté des modernes de nos possibilités d’avoir une vie privée, une vie familiale, de participer aux sports, aux associations personnelles, de pratiquer sa religion, de former des associations caritatives, de voyager, etc., toutes ces parties du monde moderne inconnu dans le monde ancien ; Schumpeter a remarqué que tout ceci donné à nous, les gens comme nous, les ouvriers, n’ont pas vraiment le désir de participer en politique. Nous voulons bien sûr avoir la possibilité de le faire, nous ne voulons pas être prohibé de la participation, alors le vote universel est très important de ce point de vue : on ne veut pas que les autres nous dédaignent et nous contraignent. Mais, pour la plupart, nous n’avons pas les capacités ni vraiment les envies pensait Schumpeter, de participer vraiment pleinement à la politique. Alors, il croyait que cela était possible de concilier un gouvernement représentatif moderne avec le suffrage universel à travers ce qu’il appelle la « division du travail ». Pour la plupart, les gens ordinaires voulaient voter pour leurs représentants, mais ils n’avaient pas vraiment le désir d’être représentants et de participer directement en politique. On croyait que cela était bien, important de ne pas avoir ces désirs parce que pour la plupart des ouvriers, ils considéraient ne pas savoir assez, ne pas avoir assez de temps pour gérer la politique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idée élitiste de la démocratie selon Schumpeter n’était pas que nous avons une noblesse héritée et menée à nous gouverner. L’élite était une élite élue par le suffrage universel, une élite de ceux qui veulent faire une carrière dans la politique, qui veulent maitriser les questions techniques de la politique du monde. La division du travail restait sur cette distinction entre une élite spécialisée dans la politique et les gens ordinaires qui vont choisir entre les membres de cette élite. La question était de savoir qui préférons-nous voir nous représenter. C’est un modèle de la démocratie qui n’a pas énormément à voir avec l’idée d’autogouvernement. La grande majorité des gens dans les démocraties modernes, mais surtout dans les démocraties modernes telles que Schumpeter les voulait, n’ont pas les moyens de prendre les décisions eux-mêmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Schumpeter, cela était parfait, il n’y avait de problèmes. Après tout, si l’importance de la démocratie, en partie qui protégeait nos libertés personnelles, nous pouvons bien le faire sans participer directement dans le gouvernement de notre société, peut être allons nous protéger nos libertés personnelles mieux en laissant la politique aux spécialistes que nous avons choisis que d’essayer de le faire nous même. Pour Schumpeter, l’égalité moderne était mieux protégée par une forme de démocratie même élitiste, même avec une élite des gens éduqués pour la politique, spécialisés dans la politique qui concourraient pour le pouvoir entre eux. Si nous essayons nous même par exemple de prendre des décisions sur la politique internationale, la politique de l’énergie, les questions financières ; selon Schumpeter et pas seulement, si nous valorisons l’égalité moderne, nous devrions prendre en compte le fait que c’est peu de gens qui vont et veulent se réaliser dans la politique. Comparé aux idéaux républicains historiques, les idées républicains tel que [[Jean-Jacques Rousseau et le nouveau pacte social|Rousseau]] au XVIIème siècle qui pensait que nous devrions forcer les citoyens à être libre, forcer les gens à s’intéresser à la politique, forcer les gens à participer politiquement pour être libre, Schumpeter a cru que la meilleure façon de protéger à la fois nos libertés et notre égalité, est de reconnaitre qu’avec les libertés des modernes, avec les possibilités de choisir son plan de vie, la plupart des gens ne vont pas choisir une carrière en politique que nous n’aimerons pas nous donner, à l’éducation, aux heures de participations, aux difficultés qu’une carrière politique demande. À la place, Schumpeter a suggéré que nous pouvons réaliser à la fois les valeurs démocratiques et les avantages d’un gouvernement représentatif des spécialistes en acceptant que la démocratie moderne serait une démocratie de division de travaille entre les élites qui vont concourir pour nos votes et nous les citoyens qui, en dehors des élections, ne va pas s’intéresser et selon lui, ne devrions pas s’intéresser trop à la politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec le modèle élitiste de la démocratie, selon Schumpeter et pas seulement lui, de nos jours il y a Samuel Huntington aux États-Unis qui pense qu’à la fin, ce modèle, est le seul modèle de la démocratie valable, possible, stable et légitime dans les sociétés modernes. Pourquoi ? Parce que c’est clair que si beaucoup de gens voulaient vraiment participer, voulaient vraiment que leurs idées politiques soient reconnues dans les décisions collectives, nous aurons vraiment des luttes graves des uns contres les autres, des ouvriers contre les autres classes, des religions contre les autres. Si on peut le dire, la démocratie moderne dépend de la possibilité de faire des compromis demandant d’accepter que seulement une partie de nos demandes seront réalisées dans nos politiques communes, que seulement une partie de nos idées, seulement une partie de nos efforts seront réalisés dans la politique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une vision de la démocratie que l’on peut appeler « cynique », mais qu’on peut aussi appeler « réaliste ». l’idée est que dans un monde moderne, l’idéal d’autogouvernement doit être au mieux un idéal personnel et pas un idéal politique, que c’est impossible que des milliers de gens puissent vraiment se gouverner ensemble, que si néanmoins nous voulons garder l’idée que le gouvernement doit se faire pour le bonheur des citoyens, qu’ils doivent traiter ces citoyens en tant que gens libres et égaux, selon Schumpeter et plusieurs politologues, la seule façon de réaliser la démocratie dans ces conditions moderne et ce qu’on appelle la démocratie élitiste. Cela est démocratique dans la mesure où ceux qu’ils veulent avoir, le pouvoir politique, doivent concourir pour leur vote, alors la noblesse de sang n’a rien à voir avec la démocratie élitiste. La bonne famille, la richesse n’ont rien à voir avec la démocratie élitiste, ce qui compte peut être pour le plus est le charisme, la possibilité de bien parler, de promouvoir les gens, de leurs parler, des les entrainer et de faire des compromis afin que les gouvernent arrivent à des décisions difficiles telles qu’on a pu le voir avec Laurent Fabius à la COP21 à Paris. Cela est l’idéal de la démocratie élitiste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut voir ses attraits. Cela semble réaliste, cela semble bien protégé, la liberté des gens qui pour al plupart n’ont pas d’intérêt dans la politique, cela évite les dangers d’une politique autoritaire qui insiste que nous, en tant que citoyen, nous devrions vouloir participer en politique, nous devrions mettre l’intérêt de nos autres citoyens à une échelle plus haute que l’intérêt des étrangers, des gens que nous ne connaissons pas, de l’intérêt de l’environnement, etc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors, l’importance de ce modèle est que c’est à la fois antiautoritaire, anti-paternaliste et anti-moraliste. On peut aussi se demander si cela ne frôle pas le cynisme de parler de la démocratie, de parler de la politique libre et égale dans une situation ou peut être, la vaste majorité des gens ne connaitront jamais l’expérience de faire une décision politique importance. C’est ce Dahl qui va proposer une réponse à la démocratie moderne qui répond à la fois aux attraits du modèle élitiste, mais aussi assez gravement du point de vue empirique et du point de vue empirique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle dit élitiste de Joseph Schumpeter est élitiste dans une forme assez spécifique. Surtout, cela est est élitiste non pas parce que cela prône l’importance d’une aristocratie héréditaire pour le gouvernement. Au contraire, il cherchait une élite qui ferait les spécialistes du gouvernement, ne choisit pas un peuple basé sur un vote démocratique. Alors, comparée à l’idéal d’une noblesse et ‘une aristocratie héréditaire, l’idée de Schumpeter est que la concurrence liée avec les institutions de la démocratie représentative donnait les moyens aux citoyens de choisir parmi eux les gens qui étaient plus intéressés et plus formés pour gouverner. L’élite, si on peut dire, était les gens qui avaient plus de vocations pour la politique, plus de talent et de désir pour la politique et qui pouvait convaincre les autres. Comparé aux façons de choisir son gouvernement par l’héritage ou pas la loterie, Schumpeter croyait que les élections nous donnaient la plus grande opportunité d’un gouvernement compétent, un gouvernement des gens qui savaient ou qui pouvaient maitriser au moins les techniques de la politique, de la persuasion, du jugement politique, et du savoir faire de la politique. Comparé à la noblesse héréditaire qui d’une part avec un tas de problèmes en termes de capacités, selon Schumpeter, l’idéal était que nous, nous pouvons choisir les politiciens qui nous semblent être les mieux. Cela est selon lui la meilleure façon de trouver les politiciens compétents, fiables avec le savoir et les techniques afin de gouverner dans le monde moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus, il croyait que les élections démocratiques comparées à la loterie et comparés au principe d’hérédité nous donnait une plus grande chance d’avoir un gouvernement qui nous valorisait, qui voulait notre bien. Si nous pouvons rester sur l’idéal de la démocratie comme gouvernement pour le peuple, l’idée de Schumpeter était la meilleure façon de trouver un gouvernement pour le peuple qui était de lier un gouvernement représentatif avec le suffrage universel pour choisir parmi ceux qui voulaient gouverner celui qui nous plait le plus. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Naturellement, et c’est cela qui rend élitiste l’idéal de Schumpeter, l’idéal d’autogouvernement, l’idée de la démocratie d’un gouvernement par le peuple, avait très peu d’intérêt pour Schumpeter. À vrai dire, il croyait que dans le monde moderne, l’idéal d’autogouvernement n’avait pas de sens ; comment cela serait possible que chacun de nous puisse nous gouverner puisque nous sommes nombreux. Même dans les républiques classiques, la démocratie participative avait des limites assez strictes. Il croyait qu’à la fin, même dans les républiques grecques, l’idéal d’autogouvernement était plutôt la potence que quelque chose d’attirant. La solution était l’idéal que le gouvernement constitutionnel avec des élections régulières nous donnait les moyens de réaliser ce qui était réalisable dans le monde moderne des idéaux de la liberté, de l’égalité et de la démocratie du monde classique. Nous aurons la liberté parce que nul va être forcé de participer dans le gouvernement s’il ne le veut pas. Selon Schumpeter, on ne doit pas s’intéresser à la politique si on ne veut pas. Alors, pour lui, une démocratie représentative où les citoyens peuvent s’intéresser à leurs propres affaires ou autres affaires que la politique était l’expression simple de la liberté des modernes. Le fait que si nous voulons et pouvons élire nos représentants et nous présenter comme représentant pour les autres, cela nos donnait toute la liberté politique qui était souhaitable et réalisable dans le monde moderne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela est d’autant plus important si nous songeons que dans l’histoire des années après la Première guerre mondiale était l’époque de la révolution soviétique, de l’ère du fascisme et du nazisme où les gens étaient forcés à participer en politique et à participer dans les moyens acceptés. L’importance de la liberté de ne pas s’intéresser à la politique était quelque chose de vraiment essentiel selon Schumpeter à une idée démocratique. Si on n’a pas la possibilité de refuser la participation, le choix de s’abstenir, l’idée d’une politique libre était née. Qui a-t-il de libre dans la politique si on est forcé de participer. En plus, il se demandait où est l’égalité politique si on est forcé de participer selon les idées des autres. Alors, l’essentiel pour lui de la démocratie moderne ne pouvait qu’être que la possibilité de participer aux élections, de se présenter comme candidat si on le voulait, mais d’avoir aussi la possibilité de ne plus s’intéresser à la politique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On croyait que c’était à cause du gouvernement représentatif, démocratique qu’on pouvait lier à la fois l’efficacité, la liberté, l’égalité, mais aussi la stabilité ainsi que la compétence qui manquait à la démocratie grecque. Les républiques anciennes grecques, mais aussi les républiques comme Florence du Moyen-Âge étaient très instables. L’exil était chose courante parce qu’il y avait tellement de combats, tellement de difficultés à concilier les intérêts différents dans une même république. Selon Schumpeter, ce qui rendait la démocratie attirante dans le monde moderne était le fait que cela était représentatif au lieu de participatif. C’était précisément parce que nous participons pour la plupart que nous avons la possibilité d’avoir des formes de démocratie stable parce que puisque nous devrions participer en choisissant nos représentants, les représentants doivent chercher à nous unir, à trouver les plateformes, les idéaux qui nous intéressent, qui vont nous faire voter et les soutenir.  Pour lui, ce qui était important avec le gouvernement représentatif était que cela était à nos représentants de se faire élire, de nous unifier de nous offrir une plateforme qui nous mobilise. Mais après les avoir choisis, nous ne devrions plus faire les vraies demandes politiques. L’idée de Schumpeter était précisément en se fiant à nos représentants de nous représenter que nous pouvons avoir une démocratie stable. L’instabilité selon lui venait avec l’idée que les gens doivent continuer à agir, continuer à présenter leurs demandes, continuer à manifester ; cela, selon lui était de mal comprendre ce qui était valable et important pour la démocratie dans l’innovation du gouvernement représentatif. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on peut dire, le modèle élitiste de la démocratie était que nous allons élire nos représentas, en tant que libre et égaux, nous avons le choix de qui nous allons accepter, nous ne devrions pas voter si on ne veut pas, mais après nous devrions nous taire et laisser les experts faire leurs décisions. Pour la plupart, il croyait que c’était exactement ce que nous allons vouloir faire parce qu’après tout, la majorité d’entre nous ne s’intéresse pas particulièrement à la politique. Cela est un peu la division du travail de laisser à ceux qui s’intéressent vraiment à la politique la tâche de nous gouverner et nous pouvons les autres choses qui nous intéressent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même s’il y a les attraits importants dans l’effort de Schumpeter de lier à la fois l’idée de la représentation et une forme de démocratie élitiste, cela est clair qu’il y a un tas de problèmes empiriques ainsi que normatifs. Empiriquement, la théorie de Schumpeter est que le gouvernement représentatif constitutionnel avec le suffrage universel va générer tant de concurrence parmi les gens qui veulent participer dans la politique que nous n’aurons pas de problèmes à trouver un gouvernement stable, plein de gens compétents qui s’intéressent à notre bonheur. L’idée était que la concurrence entre les partis organisés va donner aux représentants les motivations de chercher parmi toutes les couches de la société les autres individus qui ont les talents politiques pour les amener dans leur parti. Il semblait qu’on avait un modèle avec un cercle vertueux où à cause de la concurrence, les élites vont ne se reproduire pas par le principe d’hérédité, mais parce qu’ils vont chercher parmi les élites les gens qui ont la vocation pour la politique. Empiriquement, nous savons que ce n’est pas vraiment le cas, que dans un système où la majorité des gens ne participe pas dans la politique, les politiciens deviennent des castes parfois héréditaires comme aux États-Unis ou encore en Amérique latine. On sait qu’en devenant plutôt héréditaire, la qualité de ces politiques devient de pire en pire et il faut seulement comparer la famille Bush. La théorie qui lie la concurrence avec une élite spécialisée non héréditaire n’a vraiment pas marché empiriquement. En plus, au lieu de vraiment s’intéresser au bonheur des citoyens qui ne s’intéressent pas à la politique, l’effet inévitable d’avoir une élite qui sait comment gérer les rênes du pouvoir est de donner à nos représentants les moyens de s’entretenir pour le futur et ainsi le pouvoir politique devient le moyen de s’enrichir et de se maintenir à un statut social peut être qu’ils n’avaient pas de naissance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Traditionnellement, les gens riches ou les aristocraties de bonne naissance venaient au pouvoir, mais leur base politique était leur terre, leur sang bleu, etc. Par contre, le problème des élites démocratiques et surtout sur le modèle présenté par Schumpeter était que la prise de pouvoir politique devient le moyen de se sécuriser économiquement et de sécuriser sa position sociale. On voit beaucoup de gens qui entrent en politique précisément pour s’enrichir et pas parce qu’ils avaient déjà les moyens de s’intéresser à la politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voilà les problèmes empiriques modernes. Normativement, on a un tas de problèmes parce qu’après tout, si a une forme de gouvernement avec une partie assez restreinte qui ont une connaissance spéciale des rênes du pouvoir et une majorité qui sait très peu sur la politique comment cela s’organise, comment cela se fait, il est clair que la liberté et l’égalité de ce deuxième groupe beaucoup plus grand est mis en danger. Si on peut dire, un modèle de la démocratie qui devient assez vite cynique au lieu d’idéal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il semble qu’on peut modifier ce modèle élitiste de la démocratie pour le rendre moins élitiste, pour le rendre plus participatif, égalitaire. On peut imaginer par exemple un système où on garde l’idée d’une concurrence de pouvoir parmi un groupe restreint, mais avec peut être une forme d’action positive pour vraiment élargir le cercle du gouverneur, ou on peut imaginer une forme de corporatisme à la Durkheim et ses successeurs, une forme de corporatisme où on essaie de faire participer et de représenter en politique les intérêts divers des parties différentes de la population. Dans le modèle corporatiste de la démocratie, on essaie de faire représenter les gens pas en tant que citoyens seulement à travers les élections, mais on essaie aussi de les représenter en tant qu’ouvrier ou en tant que religieux ou en tant qu’employeur dans les associations qui vont participer directement dans la prise de décision politique. &lt;br /&gt;
On peut imaginer un moyen de rendre moins élitiste, plus égalitaire au moins ou plus participatif le modèle de la démocratie formulé par Schumpeter peut-être en utilisant les idées plutôt corporatistes. Là, il faut se rendre qu’on qu’on le modèle où les gens doivent pour la plupart s’associer en tant que membre d’un syndicat, ils doivent rejoindre un syndicat pour être représenté et les gens doivent se faire représenter en tant qu’agriculteur par exemple afin que les intérêts agricoles soient représentés en politique. On a un modèle de la politique qui dépasse Schumpeter qui perd l’attrait que nous ne devrions pas participer à la politique si cela ne nous intéresse pas et il n’y a pas de forme spécifique de participation. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
David Held n’essaie pas assez de voir comment peut-on modifier ces modèles dans la mesure où cela ne nous plait pas parce que cela est toujours intéressant de voir comment peut-on améliorer un modèle qui a ses attraits et ses désavantages. La théorie du corporatisme, à la fois de Durkheim dans la Divion du travail et du suicide, mais aussi de la pratique du corporatisme. Ces modèles peuvent peut-être améliorer la forme de démocratie prônée par Schumpeter, mais le risque est qu’à la fin nous allons dépasser aussi les attraits de ce modèle en essayant de corriger ces défauts. Cela nous donne la clef à l’intérêt vraiment du pluralisme et de Dahl parce qu’il essaie de montrer comment nous pouvons garantir ou construire sur l’aspect le plus attirant des idées de Schumpeter sans ses défauts à la fois empirique et normatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La démocratie pluraliste de Dahl =&lt;br /&gt;
[[Fichier:Robert A. Dahl in the Classroom.jpg|200px|vignette|droite|Robert A. Dahl.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous allons voir comment Dahl essaie de construire sur l’aspect attirant et peut être même innovateur de Schumpeter, mais essaie d’éviter les difficultés empiriques et normatives de cette conception élitiste de la démocratie. Nous allons voir pourquoi Dahl croit qu’une vision pluraliste basée sur les formes différentes de pouvoir, semblait à la fois plus empiriquement correcte et même plus idéale, normativement attirante que la vision élitiste de Schumpeter. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Qu’est-ce que la clef du pluralisme ? La clef est la liberté d’association, c’est l’importance d’une société démocratique faite d’associations multiples, d’individus qui se cherchent, qui se joignent pour le plaisir de se joindre, mais aussi pour des raisons instrumentales. L’idée de Dahl est de dire que Schumpeter a une idée pauvre de la démocratie parce qu’il ne s’intéresse pas à la démocratie sociétale, la base nécessaire pour un gouvernement démocratique dans le monde moderne et cette base pour Dahl ainsi que pour Tocqueville est l’association libre des individus qui peuvent former des associations parce que cela leur plait et ont des intérêts en commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’idée à la fois de Tocqueville et reprise de façon importante par Dahl est qu’une démocratie moderne, un gouvernement démocratique moderne doit avoir une société, des citoyens qui s’organisent, qui s’associent de multiples façons selon leurs goûts individuels, selon leurs besoins et selon leurs croyances. L’idée est que si nous avons une société où les gens peuvent entrer, quitter, laisser les associations comme ils veulent, nous aurons ce qu’on appelle les clivages enchevêtrés. L’idée est que si voulons et quand nous pouvons nous associer avec les autres pour une raison personnelle, si nous pouvons associer de multiple façon les différences de classe, les différences de race, de croyances politiques, religieuses ou encore morales, va s’estomper d’une façon importante parce que nous allons découvrir à travers nos associations diverses qu’il y a des intérêts multiples, divers qui se traduisent dans la politique, des façons complètement différentes. Comparé à la peur qui hantait Schumpeter, mais aussi un tas de politologues depuis l’avènement du suffrage universel, la peur que la classe ouvrière va voter purement en tant que classe ouvrière et que la classe propriétaire va voter purement en tant que propriétaire pour leurs intérêts, l’importance des associations, comme Dahl l’a reconnu, est que nous pouvons voir que nous avons un tas d’autres intérêts même en tant qu’ouvrier, que propriétaire, un tas d’intérêts divers qui peut aussi se représenter dans la politique et parfois doit se faire représenter. L’idée alors est que dès qu’on voit que la démocratie demande pas seulement une forme de gouvernement représentatif avec le suffrage universel et majoritaire, mais il demande aussi une société vivante où les individus discutent, une société où les individus cherchent les autres avec qui ils peuvent s’associer pour prôner leurs demandes, avec qui ils peuvent identifier ce qui les intéresse et leur signification pour la politique. Dès qu’on fois cette société pleine de groupes, vivantes, combative couvrant tous nos intérêts, nous aurons un modèle de la démocratie vraiment libre parce que cela va refléter la différence et la liberté des citoyens et d’une façon vraiment importants égaux parce que comme cela la naissance ne serait pas la destinée politique. On peut naitre pauvre, mais le fait d’être pauvre n’implique pas qu’on ne peut pas être membre d’un tas d’associations avec les autres qui ne sont pas pauvres et qui auront alors tant d’intérêts. L’idée est que si les gens décident aussi de s’engager en politique sur la base de leur religion, nous aurons aussi les moyens d’estomper les différences raciales, entre les immigrés et les gens de souche parce qu’à la fin, si on peut représenter ces intérêts en tant que membre d’une même association, nous aurons les raisons de vouloir le bien de tous les autres qui prônent notre religion indentant de la couleur, de leur statut d’immigré ou de souche. C’est un idéal d’un monde où les gens vont estomper les différences héréditaires, les différences qui les divisent pour arriver à une politique concurrentielle, mais où les clivages vont changer d’un moment à l’autre, une politique créative, réactive, comptable qui répond directement aux intérêts des individus tels que les individus eux-mêmes les conçoivent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Dahl ainsi que peut être pour Tocqueville dans La Démocratie en Amérique, l’idée était que dans une société vraiment démocratique avec des associations multiples, changeantes, la technique et le savoir politique sont quelque chose à la main de tout le monde parce que les associations doivent se gérer, doivent s’unifier, doivent savoir comment coopérer entre elles, et alors, on peut apprendre la politique comme comptable d’une association ,et petit à petit, c’est l’idée que la politique devient quelque chose liée à nos intérêts personnels qui nos formes et donne les atouts pour participer au niveau national. Cela est loin de l’idée de Schumpeter que la politique est une profession spéciale différente qui n’a rien à voir avec les capacités de la grande majorité des gens. Dans la vision pluraliste de Dahl, la politique n’est pas quelque chose de spécial, c’est quelque chose à la portée de tout le monde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une vision assez attirante, une vision où on peut voir, donner peut-être un sens dans le monde moderne de l’idéal de l’autogouvernement, l’idéal d’une démocratie, des associations démocratiques. Cependant, en dépit des attraits de Dahl, en dépit de cette vision vivante, changeante et fluide la politique qu’il prônait, on a une réalité beaucoup plus complète. Robert Putman a publié en 2000 ''Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community'' qui est un livre pleurant pour la perte de cette vision, mais aussi de ce monde pluraliste que prônait Dahl. Il y avait une vision peut-être idéaliste de l’Amérique des années 1950, une vision où tout le monde était associé avec les autres. Ce qui est triste pour la politique est que la politique ne se fasse plus comme elle se faisait avant. Maintenant, la politique s’est professionnalisée à tous les niveaux. Des partis cherchent à acheter les capacités d’experts politiques afin de prône un agenda. La difficulté, à la fin, empiriquement, du modèle de Dahl, que cela tourne très vite dans la réalité élitiste et il faut dire capitaliste de Schumpeter, cela arrive pour plusieurs raisons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La première est l’idée est que l’idéal du pluralisme où les gens peuvent concourir de manière multiple ignore que dans notre société il y a des groupes qui sont des minorités distinctives des petits. Il y a un tas de petits groupes dans nos sociétés qui sont trop petits pour vraiment se trouver lié avec les autres. Alors, pour la plupart, nous, la majorité, nous ne savons rien d’eux, nous ne portons que très peu d’intérêt sur eux. La conséquence est que la politique qui nous plait ne prend pas en compte leurs intérêts spécifiques. Par contre, la logique du pluralisme était qui puisque nous avons un tas d’intérêts qui se chevauchent, il est très facile de protéger par la politique publique nos intérêts divers. Le problème est pour les groupes isolés, petits et distincts qui ne seront pas inclus dans ce mélange d’association et ne vont pas se retrouver représenté dans la politique.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième problème est que ce modèle attirant du pluraliste où on entre et on quitte les associations ne prend pas vraiment en compte ce que Mancur Olsen appelait la logique de l’action collective. Dans la logique de l’action collective, on se montre combien les ressources, l’argent est nécessaire pour l’organisation des groupes. Le problème sous-jacent de la politique pluraliste est que si les ressources sont très inégales, les associations mêmes les plus volontaires n’auront pas le même pouvoir de représenter les intérêts de ses membres. C’est par exemple le problème de beaucoup d’associations de consommateurs. En tant que consommateur nous sommes très nombreux, on aurait cru qu’en tant que consommateur, nous aurions un pouvoir politique énorme, après tout, en tant que consommateur, nous avons un pouvoir d’achat, mais aussi de voie sans pareil, mais le problème est que le plus grand groupe, le plus cher à organiser, le groupe le plus divisé, alors le plus de difficulté, plus de temps et d’argent il va nous falloir afin d’identifier nos intérêts en commun et de nous organiser pour les avancer. C’est pour cette raison que les intérêts des consommateurs sont beaucoup moins protégés dans les démocraties que les intérêts de producteurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, la théorie pluraliste ne prend pas en compte les préjugés arbitraires et la lègue dans nos institutions et nos politiques comme par exemple contre les femmes, les gens de couleur ou ceux qui ont une opinion différente que celle de la majorité. Le problème c’est qu’avec la liberté d’association, il est très difficile pour les gens victimes de préjugé de vraiment s’associer avec les autres. Même si formellement, cela est quelque chose d’important dans nos démocraties que nous pouvons entrer, quitter également des associations différentes ; dans le monde actuel, nous savons très bien que ces possibilités sont distribuées d’une façon très inégalitaire à cause des différences de la richesse, mais aussi à cause des effets structurels, des préjugés de nos gouvernements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les problèmes empiriques du pluralisme se reflètent dans la difficulté aux États-Unis, mais aussi ailleurs de vraiment estomper les différences de classe, de race et même de religion de nos sociétés. La théorie pluraliste avait promis que sans changer les libertés, nous pouvons estomper ces différences tellement problématiques et parfois tellement injustes. En réalité, pour la plupart, nos associations volontaires, au moins de les estomper, peuvent les approfondir. C’est l’une des tragédies de l’association libre que l’on va peut-être au lieu d’estomper nos différences, les approfondir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons regardé deux efforts de lier l’idée de la démocratie d’une politique de la liberté et de l’égalité, un idéal de l’autonomie pour le monde moderne, mais nous avons vu aussi que ces deux modèles en dépits de leurs attraits réels ont des difficultés très profondes. Les enjeux maintenant dans la théorie politique normative ainsi que dans la science politique plus empirique est de savoir si nous pouvons envisager un modèle, un modèle de la démocratie qui peut à la fois récupérer ce qui était fort et attirant dans le modèle pluraliste de Dahl, dans le modèle de démocratie plutôt tocquevilien, mais en acceptant que sans les efforts intentionnels d’estomper les inégalités héritées du passé, sans les efforts intentionnels de promouvoir le bien commun, il n’y a pas de possibilité vraiment d’arriver à une politique libre et égale basée sur l’intérêt propre des individus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science-politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:relations internationales]]&lt;br /&gt;
[[Category:Annabelle Lever]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
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		<title>Analyse des Politiques Publiques : mise en œuvre et évaluation</title>
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		<updated>2016-01-11T15:01:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : Orthographe&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Nous allons nous poser la question de savoir ce qu’il se passe une fois qu’une loi a été formulée et qu’elle doit être exécutée et appliquée, notamment par des administrations publiques. Nous allons procéder en trois temps : d’abord en nous rappelant ce qu’est la mise en œuvre et la manière dont on la définie quand on fait de l’analyse des politiques publiques, c’est-à-dire le message général est c’est un processus hautement conflictuel ouvert qui peut éventuellement complètement renverser ce qui a été décidé au niveau de la programmation ; puis nous insisterons sur un élément particulier en prenant un exemple des processus de mise en œuvre que l’on observe en Suisse et qui a trait à ce qu’on appel « polity », c’est-à-dire l’architecture institutionnelle fédéraliste de la Suisse qui est le fait que le fédéralisme d’exécution dit en gros que la Confédération formule les lois, mais ce sont les cantons et les communes qui est appliques. Cette configuration particulière amène à des difficultés et peut être aussi des avantages au niveau de la mise en œuvre. Dans un troisième temps, nous allons montrer aussi l’importance quand on analyse les actes de mise en œuvre de se concentrer véritablement sur le terrain donc sur le comportement de ce qu’on appelle les bureaucrates de terrain, les bureaucrates de rue ou les bureaucrates au guichet. Nous allons prendre des entrées par des exemples que plutôt par des grandes théories. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La mise en œuvre : un processus ouvert et complexe =&lt;br /&gt;
Les études sur la mise en œuvre datent des années 1970 et 1980 aux États-Unis. Le livre fondateur des études sur la mise en œuvre se nomme ''Implementation'' de Pressman et Wildavsky qui expliquent la mécanique absolument incroyable qu’il y a dans une politique publique et tous les rouages qui sont nécessaires afin que la mise en œuvre se déroule correctement. Le sous-titre est ''How Great Expectations in Washington Are Dashed in Oakland; Or, Why It's Amazing that Federal Programs Work at All, This Being a Saga ... Morals on a Foundation''. Ce sous-titre interroge sur l’écart qu’il peut y avoir entre l’élaboration et la mise en œuvre sur le terrain. C’est pour jeter un regard nouveau sur ces activités mises en œuvre qu’ont été lancées différentes études sur la mise en œuvre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La définition presque canonique de la mise en œuvre est un processus social au cours duquel les acteurs font valoir leurs intérêts, leurs pouvoirs et leurs possibilités d’influence. Les lois, les ordonnances et les autres prescriptions sont dans une large mesure des offres normatives que les différentes aventures peuvent utiliser pour des buts variables. C’est une vision qui stipule que le contenu de la politique publique va dépendre de la manière dont les acteurs dans le terrain qui sont responsable de la mise en œuvre vont aller piocher dans cette offre normative et ce qu’ils vont faire en fonction de leur propre intérêt de ce qui existe dans les lois. Si on analyse la mise en œuvre, on analyse vraiment le processus négocié et stratégique d’exécution des lois qui existent, on parle de « implementation game » illustrant cette description de la mise en œuvre comme un processus social, ouvert et complexe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Fédéralisme d'exécution - diversité et déficits dans les cantons =&lt;br /&gt;
Comment cela se traduit concrètement en Suisse ? Cela se traduit notamment par le fait que les cantons et les communes ont généralement le pouvoir de mettre en œuvre les lois fédérales. C’est ce qu’on appelle le fédéralisme d’exécution. La Confédération, le Conseil national, le Conseil des États voire le vote des démocraties directes dominent lors de la phase de la formulation des politiques publiques. En suite, lorsqu’il s’agit d’appliquer, d’exécuter et de mettre en œuvre ces lois, cela est généralement les cantons qui sont désignés comme responsables. Cette répartition des tâches, la Confédération formule et les cantons mettent en œuvre et bien souvent un peu plus complexe que l’approche dichotomique clairement séparée présentée. Ce qui est sûr est qu’il y a une autonomie cantonale, voire communale, dans l’application des lois fédérales et cela amène souvent à une diversité extraordinaire dans la mise en œuvre de la même loi. Donc la même loi appliquée dans un canton ou dans un autre canton se traduit par des actes de mise en œuvre donc aussi par des effets sur les citoyens qui sont totalement différents y compris aussi des effets en termes d’inégalité évidente de traitement des citoyens suisses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous allons voir comment des problèmes d’analyse classique illustrent des impacts sur le fédéralisme d’exécution. Ici on est dans le lien de savoir qu’elle est l’impact de la polity sur la public policy, à savoir quel est l’impact du fédéralisme sur la mise en œuvre des politiques publiques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exemple – Régulation de la faune / chasse (cf. étude Nahrath, 2000) ==&lt;br /&gt;
Le premier exemple est un exemple d’actualité qui est de savoir comment la chasse est régulée en Suisse. Si on regarde comment on régule la chasse et la faune, il y a une diversité assez impressionnante et ce que l’on appelle un « laboratoire fédéraliste », donc une expérimentation par les cantons de différentes modalités de régulation de la chasse. Pourquoi ? La Confédération dit au niveau de sa constitution qu’il y a un monopole public sur l’attribution des droits de chasse, néanmoins, c’est aux cantons de savoir quel régime de chasse ils vont véritablement pouvoir mettre en œuvre pour réguler qui peut chasser, mais aussi combien. La Confédération se limite à certaines choses comme les espèces protégées, on n’a pas le droit de tirer sur n’importe quoi, les armes utilisables, ou l’utilisation de pièges sont prohibés ; quand on fait de l’analyse des politiques publiques, on entre dans des domaines parfois très différents. Donc, comment les cantons, face à cette grande marge de manœuvre que leur permet la Constitution fédérale, donc la politique fédérale, ont en suite décidé de réguler la chasse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:The geopgrahical distribution of hunting systems in switzerland.png|400px|vignette|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette carte de la Suisse devrait montrer qu’il existe trois grandes modalités de régulation de la chasse. Il y a une exception nationale qui est Genève dans lequel la chasse est interdite. Il y a un système des cantons romans plus alpin et les deux cantons d’Appenzell Rhodes intérieur et extérieur dans lequel le mode de régulation ce sont les permis, donc pour chasser il faut avoir un permis, et il y a finalement les cantons suisses alémaniques qui ont opté pour un troisième type de mode de gestion qui est dit de l’« affermage ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas du canton de Genève, il y a une interdiction de chasser pour les privés, cela est uniquement les gardes-chasses qui depuis l’adoption de cette régulation à Genève peuvent véritablement tuer des animaux. Cela se traduit par des coûts très élevés étant donné que ce sont des gardes-chasses qu’il faut engager pour réguler la faune. Cela se traduit aussi par l’absence de perception de la régale sur la chasse dans le sens où on ne vend pas de permis donc il n’y a pas de rentrées financières ; et cela se traduit aussi par des effets que certains ont décriés comme étant une éthique cynégétique mal menée. L’éthique cynégétique réunit les grands principes que les chasseurs devraient respecter comme par exemple le fait qu’il ne faille pas tirer de nuit avec des fusils à infrarouge. Cela est interdit par la loi même au niveau fédéral, mais à Genève, si on chasse la journée, il risque d’y avoir des accidents, donc ils tirent la nuit sans respecter la loi, mais c’est le prix qu’il faut pour véritablement mettre en œuvre cette interdiction de la chasse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cadre des régimes des permis, il y a une régulation qui passe par l’octroi de permis à différents chasseurs et ces chasseurs vont aller dans les cantons alpins ou prendre un permis afin de chasser. Donc, l’accès à la chasse va être régulé au travers de l’octroi de permis. Ces permis, généralement, ne sont pas régionalisés dans le sens où on obtient un permis et l’on peut dans tout le territoire cantonal chasser librement. Il y a certes des quotas parfois maximaux que l’on ne peut pas dépasser, donc pas tuer plus de bêtes que ne le prévoit le quota. Dans une majorité de situations, le problème actuellement n’est pas qu’on tue trop d’animaux, mais qu’on ne n’en tue pas assez. Il y a une sous-exploitation de la faune et la faune cause des problèmes notamment aux forets et aux cultures comme c’est par exemple le cas des sangliers dans le canton de Genève. Donc, ce système de gestion par permis ne permet pas véritablement, contrairement par exemple au système genevois, d’avoir une gestion de la faune équilibrée sur tout le territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le troisième modèle que l’on trouve est le modèle de l’affermage qui est totalement différent partant de l’idée que l’on attribue non pas des permis individuels, mais on attribue la gestion d’un territoire pour 6 à 8 ans à une association de chasseurs et c’est elle qui pendant cette période va réguler le nombre de bêtes que l’on peut tirer et elle sera aussi responsable des dégâts faits par la faune à la forêt ou aux cultures et chaque 6 à 8 ans, on va remettre aux enchères cet affermage. Si on est une compagnie de chasseur qui a mal géré pendant 6 à 8 ans le territoire qui a été donné, alors, on va peut-être perdre notre affermage et donc être exclus de la pratique de la chasse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’analyse empirique qui a été faite de ces trois systèmes a montré qu’une terme de durabilité de gestion rationnelle de la ressource « faune », c’est généralement le système de l’affermage qui s’avère le plus efficace. C’est en responsabilisant une association de chasseurs sur un territoire plutôt qu’une donnant à des bureaucrates la possibilité de tuer ou à des individus, à travers un permis, la possibilité de tuer des animaux que l’on a la meilleure gestion de la ressource « faune ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce sont donc trois systèmes basés sur la même délégation de compétences au niveau fédéral qui sont véritablement très différent dans leur modalité de mise en œuvre, mais aussi dans leurs effets. C’est ce que permet typiquement le fédéralisme d’exécution. Il permet d’expérimenter dans un laboratoire fédéraliste différentes solutions d’application et dans le cas de la chasse cela ne s’est véritablement avéré très porteur dans le sens où tout le monde aurait tiré des enseignements sur ce que font les voisins et sur les effets plus ou moins positifs de leur mode de régulation, mais dans certaines autres politiques publiques, lorsqu’il y a des différences cantonales aussi marquées, on expérimente des modes de gestion par exemple de la drogue et de la régulation de la drogue à Genève, Zurich et à Bâle selon des modalités différentes et en suite on va simplement tirer les leçons et reprendre le modèle qui s’avère le plus efficace. Dans la politique de la drogue ou dans différentes politiques sociales, le fédéralisme d’exécution a permis la diversité, mais aussi de l’expérimentation et in fine le choix de la meilleure solution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exemple – Acquisition d'immeubles par les étrangers (cf. étude Delley et al., 1982) ==&lt;br /&gt;
Ce deuxième cas a trait à l’analyse classique telle que faite par Delley qui est un professeur de droit sur l’acquisition d’immeubles par les étrangers. Cette loi qui est toujours en place et cette politique qui est toujours a débuté dans les années 1960 quand on s’est rendu compte que de plus en plus de terrain, mais surtout d’immeubles avaient été acquis ou voulaient être acquis par des étrangers. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certains mouvements à l’époque ont dit qu’il y avait une mainmise étrangère sur le territoire suisse et que cela représentait un réel danger pour l’intérêt national. C’était déjà à l’époque une droite plutôt nationaliste ou nationale qui voulait lutter contre l’emprise étrangère croissante sur le sol suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce n’étaient pas les seuls à thématiser cet enjeu, il y avait aussi la gauche qui était soucieuse du phénomène observé, mais pour une toute autre raison, un tout autre cadrage qui était pour des raisons sociales qui est le fait qu’il y ait des capitaux étrangers qui achètent notamment des immeubles pour spéculer sur l‘immobilier et qui contribuait donc à la rareté de certains loyers modérés voire à l’augmentation de tous les loyers en Suisse. La gauche était aussi préoccupée par ce phénomène, mais pour une raison plutôt de protection des locataires ou si on avait des constructions qui devenaient trop importantes, de protection du paysage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il y a avait un troisième acteurs à l’époque qui participait au débat qui était le reste de la droite qui était une droite libérale qui disait qu’il n’y a absolument aucun problème ou aucune régulation nécessaire puisqu’il faut défendre la propriété privée, la tradition libre-échangiste de la Suisse et si un propriétaire privé est étranger, cela ne pose pas de problèmes en soit. Donc, pas de régulation de l’État de la création de certains immeubles ou du contrôle des loyers ni de dangers d’une emprise étrangère sur le sol. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces trois forces en présence étaient assez équilibrées, il n’y avait pas de majorité claire qui se dégageait pour une des trois parties ce qui fait qu’on a trouvé un compromis qui permettait toutes les politiques. On a dit qu’il faut effectivement contrôler ce problème, il faut que les gens qui sont des étrangers et qui souhaitent acquérir un immeuble en Suisse aient une autorisation de l’État, il faut qu’il soit au bénéfice d’une autorisation formelle de l’État, mais la question est de savoir sous quelles conditions l’autorisation peut-elle être accordée. Dans la loi, l’autorisation est accordée s’il y a un intérêt légitime. C’est un concept juridique indéterminé. La loi qui est sortie a dû être mise en œuvre par les cantons. Donc, c’est au niveau des cantons qui devaient octroyer les autorisations ou refuser les autorisations aux étrangers qui souhaitent acquérir un immeuble qui ont eu la responsabilité de définir concrètement ce que veut dire un intérêt légitime. La loi poursuivait des objectifs très différents, il n’y avait pas un compromis solide au niveau de la Confédération, donc, forcément, on a observé au niveau de la mise en œuvre une instrumentalisation de la loi fédérale selon les intérêts purement cantonaux et locaux. Certains ont parlé d’un détournement de la loi par les cantons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Varrone étude Delley et al 1982.png|400px|vignette|centré]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce graphique montre qu’il y a une situation de départ avec des pratiques cantonales qui sont dans une certaine mesure assez similaires ou comparables et en suite, on introduit ces différentes lois qui essaient, si ce n’est de réduire, en tout cas de contrôler l’acquisition d’immeubles par les étrangers. Les différents cantons ont choisi des stratégies totalement différentes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le canton du Valais a dit que c’était une politique de soutien touristique grâce aux capitaux étrangers donc on va bétonner les stations notamment avec l’afflux de capitaux étrangers, donc le Valais a une politique d’expansion touristique et n’importe qui pouvait obtenir une autorisation même quand la Confédération mettait en doute certaines autorisations et l’intérêt légitime. La parade était de créer des fiduciaires locales avec des capitaux étrangers pour permettre effectivement l’acquisition par un pseudo suisse pour le compte d’un étranger d’un immeuble. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au contraire, un canton touristique comme Lucerne dans lequel les forces politiques en présence au niveau local ont utilisé cette loi comme une loi anti-étrangère ne voulant perdre le contrôle sur le développement touristique, il faut que cela reste en capitaux suisses. Si on regarde la courbe des autorisations à Lucerne, elle est à peu près au niveau zéro. Ils ont vraiment eu l’application opposée de la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas de Genève, il y a eu une politique qui, en gros, fluctuait avec l’évolution du marché du logement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Donc, cet exemple qui est vraiment un exemple classique, qui est l’une des premières études sur la mise en œuvre des politiques publiques qui étaient faites par des juristes qui se sont demandés ce qu’il advient des lois que l’on adopte surtout quand elles sont formulées de manière très vague, de manière très large comme par exemple au travers du concept d’intérêt légitime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exemple – Réformes de l’assurance invalidité (cf. étude de Byland et al. 2015) ==&lt;br /&gt;
Est-ce que si la loi est formulée de manière beaucoup plus concrète, beaucoup plus précise, on va peut-être avoir moins de variations, moins de différences dans la mise en œuvre entre les cantons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Réformes de l’assurance invalidité inégalités de traitement ou convergence entre cantons.png|400px|vignette|centré|Réformes de l’assurance invalidité : inégalités de traitement ou convergence entre cantons ?]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette courbe représente la demande pour une assurance invalidité entre 1990 et 2011. En gras apparaissent les déficits de l’assurance invalidité qui suivaient une courbe à peu près inverse sauf qu’on voit un point d’inflexion. Visiblement, il y a eu une politique qui a été introduite afin d’essayer de réduire l’octroi des rentes et donc de réduire les déficits de l’assurance invalidité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on regarde comment a évoluée cette politique sur l’invalidité, il y a trois grandes périodes : 1999 – 2003, 2004 – 2007 et 2008 – 2011. Chacune de ces périodes se caractérise par une politique publique en particulier. Dans le premier cas, l’instrument de la politique publique était l’octroi de rentes, c’est-à-dire que quelqu’un a une infirmité, quelqu’un qui a une invalidité ne peut plus travailler et on lui octroie une rente. C’était la politique classique, celle qui incitait beaucoup de personnes à demander des rentes et qui s’est répercutée par une croissance du déficit, en tout cas l’augmentation des déficits de l’assurance invalidité. Face à ce constat, a été décidé d’introduire en 2003 une réforme dans laquelle on s’est dit qu’on va octroyer des rentes, mais que si on n’arrive pas à replacer les gens dans le marché du travail. Donc, on octroie toujours la rente, c’est l’instrument principal, mais on essaie quand même de maintenir les gens même avec une invalidité dans le marché du travail. Par exemple, on leur accordait des rentes partielles, c’est-à-dire qu’on touche une rente, mais on travaille toujours à temps partiel permettant de se maintenir dans le marché du travail et cela permettent de réduire la pression sur l’assurance invalidité. Cette mesure s’est avérée insuffisante afin d’assainir les budgets de l’assurance invalidité, ce qui fait qu’on a eu encore une restriction supplémentaire dans l’assurance invalidité où on a dit qu’on va changer de philosophie et la rente ne vient qu’en ultime recours. Il faut prouver qu’il n’y a pas de possibilités sur le marché du travail, que toutes les mesures n’ont pas été prises pour se réinsérer dans le marché du travail avant de pouvoir bénéficier d’une rente. C’est en fait une restriction dans la politique d’assurance invalidité. Plus on avance dans le temps et plus il devient difficile d’obtenir une rente parce que plus on attend que l’on travaille et que l’on soit toujours inséré même à temps partiel dans le marché du travail. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comment se traduit cette politique fédérale qui est appliquée au niveau des cantons ? Les cantons ont des offices AI. On formule une demande est l’office AI va accepter ou refuser, accepter partiellement ou totalement la demande de rente. Comment se traduit la mise en œuvre de cette politique dans les différents cantons suisses. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux d’octroi des rentes AI par canton et régime.png|400px|vignette|centré|Taux d’octroi des rentes AI (offices AI) par canton et régime.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Apparaissent ici les trois périodes et apparaît la moyenne nationale du taux d’acceptation des rentes. Plus on avance dans le temps et plus on voit que le taux d’acceptation de demande de rente chute, donc il y a de moins en moins de rentes qui sont acceptées par rapport aux demandes qui sont formulées. La question qui intéresse le politologue est de savoir si on a les mêmes chances d’avoir une rente si on est dans un canton ou dans un autre ou est-ce que la mise en œuvre qui passe par les cantons va être discriminante. La même situation peut déboucher sur des décisions de l’administration cantonale totalement différente en vertu de la même loi fédérale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On parle souvent de syndrome lémanique en disant qu’il y a que les cantons romans qui donnent des rentes. Le canton le plus restrictif est le Valais, le canton de Neuchâtel a connu une restriction dans ses pratiques au travers du temps. Ce que l’on observe est que tous les cantons deviennent de plus en plus restrictifs, mais à des rythmes très différents. Suite à ces réformes successives, il semble y avoir plus de diversité dans la mise en œuvre par les cantons et éventuellement plus d’inégalités de traitement entre les différents citoyens qui sont dans différents cantons. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Taux octroi des rentes AI par les offices AI par régime médiane et quartiles.png|centré|vignette|Taux d’octroi des rentes AI par les offices AI par régime (médiane et quartiles).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sont représentés ici les box plots avec la médiane, le premier quartile, le deuxième, le troisième et le quatrième quartile. La dispersion que l’on observe au début se réduit dans un premier temps et augmente sensiblement dans la troisième période. Aujourd’hui, les inégalités de traitement dans le sens politique du terme semblent s’être accrues entre les cantons. C’est une analyse purement quantitative, il faudrait bien sûr comparer les dossiers comparables dans différents systèmes cantonaux afin de voir si, effectivement, ce sont des situations objectivement similaires de handicapé qui débouchent sur des décisions totalement différentes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exemple – Canons à neige ==&lt;br /&gt;
Cet exemple relève des différences qui existent entre ce qui est prévu par la loi et ce qui effectivement mise en œuvre, même dans le cas où la règle est très clairement définie. C’est ce qu’on appelle des déficits de mise en œuvre et des détournements de la loi. C’est-à-dire qu’il y a une loi qui existe, elle est on ne peut plus claire, mais elle est contournée au niveau local. Parfois, au niveau local, la mise en œuvre bute sur des configurations d’acteurs qui rendent tout simplement impossible l’application des règles. Les rapports de force sont tels qu’il y a un contournement en règle de ce qui se trouve dans la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas d’espèce, on a véritablement un enneigement artificiel qui est régulé et très clairement. Il y a un plan directeur qui fixe une norme qui ne souffre d’aucune interprétation qui est le fait qu’il n’y a pas le droit d’enneiger avant le premier novembre. Cette loi arrive dans un terrain dans le Valais dans la commune des Agettes qui est une petite ville qui devrait fusionner avec Sion, des milieux écologiques qui essaient de faire respecter l’enneigement artificiel seulement après la date du premier novembre, un promoteur local de Téléveysonnaz et puis des acteurs qui sont les producteurs d’hydroélectricité qui eux ont besoin d’eau pour turbiner et produire de l’électricité et qui ne voudraient pas que leur électricité soit trop utilisée à des fins d’enneigement parce que typiquement dans ces périodes et dans les périodes de froid, ils ont besoin d’hydroélectricité à d’autres fins, que cela soit industrielle ou de chauffage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les relations de pouvoir sont tellement fortes en faveur du groupe cible de cette politique publique donc de monsieur Fournier étant décrit comme un acteur touristique influant et quelqu’un au-dessus des lois et il peut, en toute quiétude, en l’annonçant sans trop sourciller, comme un fait acquis, mais qu’il y a une loi et qu’on la contourne parce qu’il est tout à fait naturel de la contourner. Ce qu’il y a de plus étonnant est la passivité de la commune et aussi la passivité des milieux écologiques qui visiblement n’ont pas poursuivi devant les tribunaux cet acte non légal. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au niveau de la mise en œuvre, il n’y a pas de demande d’autorisation, il n’y a pas de réactions de la commune qui aurait dû l’octroyer ni de dénonciation auprès des cantons et il y a un accord tacite entre tous les acteurs pour dire qu’on n’applique pas certainement la loi. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet exemple est symbolique et parlant. Il y a des cas où il est un peu plus gênant parce que les enjeux sont plus importants que l’enneigement que quelques pistes de ski. Il faut retenir le concept de déficit de mise en œuvre, de trou de la mise en œuvre, d’implémentation gap quand, véritablement alors que la loi est claire, la résistance au niveau local empêche toute activation des normes juridiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Bureaucratie « de terrain » =&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Administration et mise en œuvre des politiques publiques{{!}}La théorie de la Street-Level Bureaucracy (SLB)}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Définition ==&lt;br /&gt;
Il n’y a pas uniquement le fédéralisme d’exécution qui est un facteur explicatif des difficultés que l’on retrouve au niveau de la mise en œuvre, il y a aussi le fait qu’au sein même de l’administration, il y a certains acteurs que l’on appel des &amp;quot;streets levels bureaucrats&amp;quot;, des agents de première ligne dit aussi des agents au guichet qui jouent un rôle décisif dans la mise en œuvre. Ces bureaucrates dits &amp;quot;de terrain&amp;quot; sont généralement des membres de l’administration qui sont en interaction directe et régulière avec les citoyens auxquels ils donnent des autorisations ou ils fournissent des prestations. Mais, dans l’exercice de leurs fonctions, ils bénéficient, d’une chose essentielle qui est le pouvoir discrétionnaire. Les règles qu’ils doivent appliquer ne sont pas suffisamment précises afin de leur dire comment se comporter dans tous les types de situations. C’est donc eux qui en fonction de leur marge d’appréciation vont décider de la manière dont sera mise en œuvre la politique. De plus, ce pouvoir discrétionnaire peut s’exercer parce que bien souvent, ils bénéficient d’une certaine autonomie vis-à-vis de leur hiérarchie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on applique ces caractéristiques, à savoir interaction directe régulière, pouvoir d’interprétation et marge discrétionnaire, cela s’applique à de nombreux fonctionnaires dont certains peuvent jouer un rôle important. Ce sont par exemple les enseignants ou professeurs d’université qui sont des bureaucrates de terrain, mais aussi les policiers, les travailleurs sociaux, les juges, tout le personnel de la santé publique qui fournit des prestations, bien souvent, le nombre d’actes qu’ils doivent poser pour mettre en œuvre une politique publique sont tellement diversifiés que la loi ne peut pas prévoir toutes les situations concrètes, individuelles auxquelles ils seront confrontés. C’est donc à eux de juger sur le moment que faire, prendre une sanction, ne pas prendre une sanction, délivrer un soin, ne pas délivrer un soin, choisir un thème ou ne pas choisir un thème, etc. Lorsqu’on formule une politique publique, on est tout à fait conscient que l’on va pouvoir buter lors de la mise en œuvre sur la résistance des bureaucrates de terrain. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Lisky qui est la personne à l’origine du terme « street level bureaucracy », dans son ouvrage ''Street-LevelBureaucracy: Dilemmas of the Individual in Public Service''  publié en 1980 est que « I argue that the decisions of street-level bureaucrats, the routines they establish, and the devices they invent to cope with uncertainties and work pressures, effectively become the public policies they carry out. I argue that public policy is not best understood as made in legislatures or top-floor suites of high-ranking administrators, because in important ways it is actually made in the crowded offices and daily encounters of street-level workers ». Il faut se concentrer sur les interactions de ces bureaucrates de terrain avec les citoyens parce que c’est la que se joue et se noue la politique publique. En fait, la politique publique est vraiment les décisions et les actions que prennent ces bureaucrates de terrain. C’est la manière dont peut être ils développent des routines ou des stratégies afin de mettre en œuvre les politiques publiques dont ils sont responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Exemple d'une réforme de politique sociale en Californie (cf. étude Meyer et al., 1998) ==&lt;br /&gt;
Cet exemple est celui des personnes qui étaient à l’aide sociale aux États-Unis. La réforme avait comme destinataire les personnes qui étaient récipiendaires de l’aide publique de l’assistance sociale et qui touchaient généralement une rente ou une aide financière dès qu’ils remplissaient certaines conditions comme s’ils n’avaient pas de travail, étaient dans une situation familiale difficile ou dans un quartier à problèmes. Le but de la réforme que l’on a voulu introduire en Californie qui s’inscrit parfaitement dans les buts d’activation dans le marché du travail dont on parle depuis une dizaine d’années dans tous les pays européens aussi était d’essayer de les réintégrer, de les réinsérer dans le monde du travail donc de promouvoir ce que l’on a appelé le workfair plutôt que le wellfair. On promeut l’État social active ; on est prêt à apporte une aide financière pour autant que le récipiendaire fasse aussi un effort pour se réintégrer et pour prendre toutes les mesures afin de réintégrer le marché du travail en particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lorsqu’on a souhaité introduire cette réforme, on s’est dit qui va concrètement la mettre en œuvre. C’était les bureaucrates de rue qui étaient des gens qui travaillaient dans des agences sociales à un niveau décentralisé dans des contés en Californie et on été tellement conscient que toute la réforme n’allait avoir d’effets que si ces gestionnaires dans les services sociaux jouaient le jeu qu’a été mis en place tout un programme de formation afin de leur expliquer qu’une nouvelle réforme était souhaitée, quel était le sens de cette réforme et surtout comment devaient-ils se comporter par rapport aux gens qui étaient récipiendaires de l’aide sociale. Donc, de manière ciblée on a vraiment insisté sur la formation, la sensibilisation, la motivation de ces bureaucrates de rue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À été essayé, après avoir mis en œuvre la réforme, de regarder comment cela s’était passé. Les personnes qui ont analysé la mise en œuvre ont observé au travers d’approches ethnographiques comment les travailleurs sociaux discutaient avec les récipiendaires de l’aide sociale et est-ce qu’ils essayés de les inciter à se réintégrer dans le marché du travail. Ils ont regardé dans quatre contés représentatifs au travers d’une observation directe des interactions de face-à-face entre la personne qui travaillait pour l’État et celui qui venait demander de l’aide sociale et ils ont également fait les entretiens après avec ces bureaucrates de terrain pour essayer de comprendre ce qui se passait. La surprise ou plutôt la désillusion était que lorsqu’ils ont fait ces observations, jamais, le mot d’ordre qui avait été donné, « it always pay to work, n’avait été mentionné par les bureaucrates de rue. Donc, la réforme était réduite à néant ; malgré la formation, malgré la sensibilisation, rien ne s’était passé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’aune de ce cas, il faut retenir que vouloir mettre en œuvre une politique publique présuppose la collaboration, y compris des plus petits fonctionnaires que l’on a dans la hiérarchie. La politique d’éducation présuppose que les plus petits fonctionnaires de l’éducation comme par exemple les professeurs jouent un rôle pour appliquer une réforme. S’ils résistent, s’ils s’opposent à cela, ces petits bureaucrates de rue peuvent bloquer tout ce qui a été décidé en amont et y compris au niveau du parlement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annnexes =&lt;br /&gt;
* Cours : [[Administration et mise en œuvre des politiques publiques]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Frédéric Varone]]&lt;br /&gt;
[[Category:Administration et politiques publiques]]&lt;br /&gt;
[[Category:Politiques Publiques]]&lt;br /&gt;
[[Category:analyse des politiques publiques]]&lt;br /&gt;
[[Category:science-politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=28584</id>
		<title>L'Âge d'Or de l'Économie Occidentale : Les Trente Glorieuses (1945-1973)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=28584"/>
		<updated>2015-11-18T11:42:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : /* La spécialisation industrielle */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les Trente Glorieuses est la période de forte croissance économique qu’a connu entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l’Organisation de coopération et de développement économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expression a été créée par Jean Fourastié dans son ouvrage ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'' publié en 1979&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Fourastié : ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'', 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt; en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= De la guerre à la croissance =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Coûts de la seconde guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
Le monde et l’Europe, qui a été le champ de bataille privilégié, sont profondément marqués par la Deuxième guerre mondiale qui fut d’une ampleur beaucoup plus considérable. Le tableau suivant récapitule quelques données clefs permettant de faire une brève comparaison entre la Première guerre mondiale et la Deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Morts	 || 14 à 16 millions || 37 à 44 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Déplacés || 3 à 5 || 28 à 30&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certain économiste évaluent les destructions de 10 à 12 années de production pour revenir au niveau de 1939.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation dramatique se situe dans un contexte politique qui a énormément changé par l’émergence d’une monde bipolaire à savoir le monde libéral incarné par les États-Unis et le monde soviétique incarné par l'Union soviétique. C’est un affrontement interposé à travers des guerres locales. Avec la fin de la Deuxième guerre mondiale, le bloc soviétique s’oppose au bloc atlantiste. Ce sont deux pôles antagonistes qui vont s’opposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La reconstruction ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Système de Bretton Woods : 1944 – 1973}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Europe Plan Marshall. Poster 1947.JPG|200px|thumb]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction est réalisée entre 3 ans et 4 ans alors que pour la Première guerre mondiale cela avait pris entre 7 ans et 9 ans. La reconstruction est plus rapide que les estimations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan Marshall est de 13,2 milliards de dollars sur une période allant de 1948 à 1952. Cela représente 2% de la richesse des États-Unis. C’est un  plan stratégique de reconstruction de l’Europe. En 1947, Marshall appelle les États-Unis à s’engager dans la reconstruction de l’Europe de l’ouest afin de constituer un glacis défensif contre le bloc soviétique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands accords initient des pratiques économiques avec la mise en place d’un nouvel ordre économique international dominé par les États-Unis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords de [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|Bretton Woods]] sont signés en juillet 1944 créant la BIRD (Banque international de reconstruction et de développement) ainsi que  le FMI (Fond monétaire international). L’idée est de mettre en place un monde nouveau. Il y a une dynamique intellectuelle qui permet de mettre en place les institutions économiques qui sont aujourd’hui encore les régulateurs de l’économie internationale. Le dollar américain devient la monnaie de référence des échanges internationaux permettant une stabilisation des taux de change et une sécurisation de la valeur des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) est signé en  janvier 1948. C’est  accord de libre-échange, de refus du protectionnisme et d’affirmation du libre-échange. En 1994, l'OMC remplace le GATT. Ces accords relève d'une forme d’intervention de l’État dans l’économie avec la mise en place de politiques « keynésiennes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance rapide et stable ==&lt;br /&gt;
La reconstruction est marquée par une évolution historique de la croissance concernant l'ensemble des pays développés. Entre 1750 et 1830, les pays développés connaissent une croissance de 0,3% durant de l'époque de la proto-industrie. Entre 1830 et 1913, la croissance est de 1,3% avec la généralisation et la diffusion de la révolution industrielle sur le continent européen. Entre 1920 et 1939, la croissance est de 2,0%, la performance moyenne est liée notamment à la diffusion du taylorisme et au rôle pionnier du fordisme. Après la guerre entre 1950 et 1973, la croissance des pays concernés est de 3,9% en faisant une croissance fantastique dans un contexte qui ne connait pratiquement aucun accident conjoncturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la croissance du PNB par habitant entre 1950 et 1973 laisse apparaitre des disparité géographiques. L'ensemble pays développés connaît une croissance de 3,9% par an. Plus en détail, l'Europe occidentale a une croissance du PNB par habitant de 3,8%, les États-Unis de 2,1%, le Japon un taux élevé de 7,7% et enfin la croissance du PNB par habitant de l'Europe de l'Est oscille entre 6% et 7%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison de la forte croissance en Europe de l’est est que l’Europe de l’est était plus pauvre que l’Europe de l’ouest. Les pays d’Europe de l’est ont été détruits de manière systématique et il fallait tout reconstruire permettant de dynamiser l’intensité économique. Quant au Japon, il a réussi là ou l’Égypte de Mehmet Ali avait échoué.  C’est après la Deuxième guerre mondiale que le Japon a bâti sa puissance économique actuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction dynamise l’économie et permet d'améliorer considérablement le niveau de vie offrant une « sécurité d’existence ». En effet, la pauvreté recule et l’État-Providence commence à se developper avec notamment la mise en place de systèmes de sécurité sociale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement de la société de consommation (équipement ménager, moyens de locomotion, etc.) permet de mettre en place une dynamique de consommation et de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que les États-Unis ont le leader du bloc atlantiste, leur performance ne sont pas exceptionnel en comparaison a l’Europe occidentale qui va faire presque deux fois mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut comprendre les trois facteurs économiques globaux derrière cette croissance à savoir la  libéralisation des échanges internationaux à travers des accords du GATT et sécurisé par les [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|accords de Bretton Woods]] [1], la révolution des transports (naval, aérien, etc.) [2] et la Troisième révolution industrielle [3] qui est l'émergence de nouveaux secteurs comme l’électronique, l’automatisation et la maitrise de l’énergie atomique. D'autre part, la course aux armements dans le cadre de la « guerre froide » a permis de soutenir des industries archaïques en même temps que le développement de secteurs pointes. Ainsi, de nouveaux secteurs émergent tandis que d’autres plus anciens sont soutenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La revanche des vaincus : le « miracle » allemand =&lt;br /&gt;
De 1951 à 1960, l’Allemagne va réaliser une croissance de 9% par an. L’élément fondamental de ce miracle a été de mettre en place une économie sociale de marché. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’aide internationale ==&lt;br /&gt;
À partir de 1947, les pénalités sont suspendues. L’objectif est de contrer la domination soviétique de l’est pour associer l’Allemagne de l’ouest au camp libéral. C’est un politique d’endiguement du communisme. D'autre part, dès 1948, plan Marshall se met en place en 1948. 1,5 milliards de dollars vont être engagés dans l’économie allemande pour soutenir la reconstruction de l’Allemagne et mettre en place une économie performante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La mise en place de la  « soziale Marktwirtschaft » ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-R70674, Köln, Hohenzollernbrücke, Wiederaufbau.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Wiederaufbau der Dom-Brücke im kriegszerstörten Köln. Nach der Fertigstellung rollten wieder täglich 360 Züge über die Brücke.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-H25292, Plakate zum Ankauf von Wertsachen.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Werbegraphiker bei der Arbeit an neuen Plakaten. Die Wirtschaft Westdeutschlands richtet sich für den Tag der Währungsreform ein.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une réflexion qui prend ses fondements dans les intellectuels allemands libéraux dans un mouvement que l’on appelle « ordo libéralisme ». Le libéralisme allemand de l’après Deuxième guerre mondiale est différent des autres en se construisant en opposition au nazisme alors que traditionnellement le libéralisme se construit en opposition à la gauche. C'est une nouvelle forme de libéralisme qui donne un rôle légitime à l’État avec l'intégration d’une politique sociale et fondé sur un large consensus anticommuniste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une distinction entre le cadre et le processus ===&lt;br /&gt;
L’État impose les règles économiques tout en faisant respecter les règles de la concurrence afin de réguler le cadre mais reste en dehors du processus. L'idée qu'il n'y ait pas de monopole, pas de dumping, que les contrats soient respectés, l’État se porte garant de la stabilité de la monnaie et enfin, l’État s'engage dans l’éducation en encourageant la recherche scientifique. À terme, cela permet à l’économie allemande de s’appuyer sur des techniciens de qualité à travers le développement d’universités techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une protection de la liberté économique sans pour autant que l’État prenne contrôle du processus économique. C’est un État engagé dans les cadres de l’activité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique qui favorise l’investissement et la consommation ===&lt;br /&gt;
C’est une période de solde des comptes du nazisme. C’est la faillite de la monnaie allemande qui a en partie permis à Hitler d’aller chercher des électeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, le Deutsch Mark est dramatiquement dévalué. En 1948, le deutsch marks est réévalué. Désormais, 10 deutsch marks équivalent à 1 deutsche mark. C’est un arbitrage politique en faveur des salariés et des investissements mais qui défavorise l’épargne. Cela favorise aussi la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique constante favorable à l’investissement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique se fonde sur trois axes :&lt;br /&gt;
#'''imposition sur les sociétés est faible''' : permet le profit ;&lt;br /&gt;
#'''maintien de charges sociales faibles''' : permet d’employer ;&lt;br /&gt;
#'''orthodoxie budgétaire''' : pas de budget à perte  en diminuant les emprunts  qui permet de diminuer l’inflation et ainsi de garantir des bénéfices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela permet aux entreprises allemandes d’être compétitives ainsi de 1950 à 1970, la croissance annuelle des investissements est de 9,5%. C’est une économie qui explose que l’on continu à améliorer et qui attire aussi des capitaux étrangers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La modération salariale ===&lt;br /&gt;
C’est un choix économique ce qui fait que les salaires augmentent plus faiblement que dans les autres pays. Le contrôle de l’inflation permet un coût de la vie stable qui permet de sécuriser les investissement à terme. Le consensus social entre patronat et syndicats fait que les revendications sont modérées car les syndicats allemands sont conscient que l’on est dans un cercle vertueux. D'autre part, l'abondance de main-d’œuvre fait que le chômage n’existe pas, il y a une situation de plein emploi. D’abord, il y a des réfugiés à savoir 10 millions d’allemand qui se sont réfugiés en Allemagne de l’ouest ce qui forme une main d’œuvre peu exigeante. Puis, l'ascension sociale des allemands de l’ouest nécessite de faire venir une main d’œuvre étrangère pour les remplacer à des postes moins élevés. Les Trente glorieuses sont la période des grands flux migratoires. Cela permet d’explicitement mettre en place des différences salariales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Libre-échange et ouverture européenne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La poussée spectaculaire du commerce allemand ====&lt;br /&gt;
L’Allemagne s’est transformée en se positionnement sur les marché internationaux. D’autre part, le marché intérieur allemand fait preuve d’un patriotisme économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1950 et 1970 la part des exportations dans le PNB allemand passe de 8,5 % à 21 % tandis que la part de l'Allemagne dans les exportations mondiales, sur la même période augmente de huit points passant de 3% à 11 %. Ainsi, le dynamisme allemande se fait sur les marchés extérieurs. Un autre exemple sont les exportations entre l’Allemagne et la France qui ont été multipliées par 25. Dès lors, nous pouvons remarquer que cette expansion s’est faite en collaboration avec les pays européens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’intensification des échanges dans la CEE ====&lt;br /&gt;
Au XVIème siècle apparait le mercantilisme qui est associé à la royauté absolue qui considère que la grandeur de la nation et liée à la grandeur du roi. Dès lors, le peuple est un outil qui permet d’arriver à cette grandeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mercantilistes sont ceux qui ont théorisés la colonisation et le pacte colonial qui est typiquement un héritage du mercantilisme. La pensée fascisme est aussi un enfant du mercantilisme ou la nation est le haut lieu du sacrifice et de la gloire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En même temps apparait les physiocrates qui inclus le libéralisme anglais mais aussi ceux qui vont faire la guerre d’indépendance des États-Unis. Ils ont aussi voulu théoriser la paix juste : la guerre n’est pas l’état naturel de l’ humanité pour mettre fin aux conflit, il faut conclure la paix par des paix justes. Ensuite, il faut sortir de l’autarcie en faisant du commerce qui favorise les intérêts des nations. Les facteurs économiques internationaux sont vus comme des facteurs de paix. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas de la sortie de la Seconde guerre mondiale, se fut une politique volontariste qui a été approprié par les économistes. La multiplication des échanges entre français et allemands provient de cet mise en place des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La spécialisation industrielle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:1000000th beatle.jpg|thumb|150px|miniatur|Der einmillionste VW-Käfer am 5. August 1955: ein Exportschlager der deutschen Nachkriegswirtschaft und ein Symbol des so genannten Wirtschaftswunders.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la spécialisation industrielle, on retrouve une idée de Gerschenkron à savoir que les allemand ne sont pas retardataire mais qu'ils doivent repartir de zéro et tout reconstruire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vont émerger des infrastructures économiques à la pointes en mettant en place une stratégie spécifique. L'accent va être mis sur des produits à valeur ajoutée notamment des bien d’équipement (équipement industriels, équipement domestiques). Va être mis en place le label de « qualité » allemande qui est le fait qu'un produit va être distingué par sa solidité mais par l’efficacité du service après-vente. C’est un stratégie marketing et d’image de marque, c’est un concept marketing. L'industrie va connaître une spécialisation dans l’automobile qui est notamment la production de biens à forte valeur ajoutée. Il va y avoir une accroissement de la valeur ajoutée en se concentrant sur des produits à forte valeur ajoutée mais aussi de haute-qualité (produit cher mais bénéficiant d’un label qualité). Cette stratégie nécessite des travailleurs aux compétences à haute valeur ajoutée justifiant des investissements dans la formation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique sociale limitée mais originale ===&lt;br /&gt;
L’État allemand privatise les société nationalisées par les nazi notamment en développement de l’actionnariat à l’ensemble des entreprises : c’est le consensus allemand à travers la promotion d’un capitalisme populaire. De plus l’État allemand a décidé de compenser les épargnants suite à la réévaluation de 1948 et notamment les personnes âgées. L'Allemagne va être un place un système d’État providence original. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le consensus allemand est une recherche d'arbitrage entre cogestion et limitation du droit  de grève. Un droit de cogestion de l’entreprise va être mis en place dans la mesure où des représentants du syndicat siège au conseil d’administration. Les représentants des syndicats reçoivent les bilans comptables. Il peuvent adapter leurs négociations et négocier à bon escient.  Le droit de cogestion a été mis en place avec des compris. Par exemple, pour une mettre en place une grève, il faut que 75% des ouvriers soient d’accord pour faire grève selon un vote à bulletin secret. Pour certains, c'est une limitation sévère du droit de grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une Suisse proche du modèle allemand ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse présente de nombreux éléments économiques proches de ceux que l’on peut observer en Allemagne à savoir une abondance de main d’œuvre notamment du au fait que la Suisse a passée un accord avec l’Italie. Si les infrastructures sont vétustes, cela est compensé par une immigration peu payés. Le franc suisse fort ainsi que le faible niveau d’inflation fait que le franc suisse est devenu une valeur refuge. Cela implique des investissements. Le label « qualité  Suisse » est le résultat d'une spécialisation de la production sur des produits à haute valeur ajoutée.  La Suisse est un pays où prime le consensus social qui fait que la politique sociale est faible permettant une « paix du travail » et une volonté de dépasser les tensions en désignant des arbitres au pouvoir contraignant afin de régler les conflits. L’ordonnance et l’organisation permet de pacifier les tensions sociales par une discipline des comportements et des revendications. En 1937, la Fédération de la métallurgie et de la construction mécanique signent le premier accord de la « paix du travail » qui doit éluder les conflits selon la règle de la bonne foi. La « paix du travail » a durée pratiquement de manière absolu jusqu’au années 1980. En 1948 a été mis en place une assurance vieillesse santé (AVS) et en 1976 une assurance chômages totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une nouvelle géopolitique ==&lt;br /&gt;
Avant 1945 il y avait une cohérence des hégémonies économique et politique. L’Angleterre dominait le monde même si les États-Unis étaient une  puissance montante tandis que la  France et l’Allemagne se concurrençaient jusqu’à mener à la Première guerre mondiale. Après 1945, c'est une rupture du lien hégémonique avec la mise en place de l’ONU. Les membres permanents sont les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale ce qui pose un problème de légitimité dans le contexte géopolitique actuel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs commencent a être puissant sur la scène économique mais reste des nains sur le plan international. La nouvelle politique économique va permettre l'émergence de société d'abondance et de consommation de masse. Ce sont des sociétés qui veulent pacifier les relations sociales de manières systématiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= État-providence et société d’abondance : de Ford à Beveridge et Keynes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-providence de Beveridge ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Sir W.H. Beveridge, head-and-shoulders portrait, facing left.jpg|thumb|150px|right|Lord William Beveridge.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette forme d’État-providence est élaboré en 1942 par Lord Beveridge à la demande du gouvernement britannique afin de mettre en place un système de sécurité sociale. La guerre a été à l'origine d'une dynamique intellectuelle extraordinaire qui a permis de réfléchir à un nouveau modèle de société après la guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lord William Beveridge qui vécu de 1879 à 1963, proposa un rapport en 1942 sur le modèle du &amp;quot;Cradle-to-Grave&amp;quot; : chaque individu va être suivi dans son parcours de vie, et veiller à le soutenir si nécessaire. C’est l’élaboration d’une sécurité d’existence liée à la situation économique favorable et à l’État-providence qui permet la mise en place une société de relative abondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beveridge va proposer d’ancrer tout système de sécurité sociale dans le principe des trois «U» :&lt;br /&gt;
*'''universalité ''': la couverture sociale s’étend à l’ensemble de la population et non plus seulement aux ouvriers ;&lt;br /&gt;
*'''unicité''' : un seul service public gère l’ensemble ;&lt;br /&gt;
*'''uniformité''' : les aides sont indépendantes du niveau de revenu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle est diffusé dans le monde occidental dit « développé ». Cependant, ce système est partiellement adopté en Suisse. L’État-Providence va détenir une fonction politique (« full employment and free society »), c'est-à-dire changer la démocratie politique en une démocratie sociale . C’est le parlement qui vote le budget de la sécurité sociale. C’est un outil de politique social et politique géré par le gouvernement, contrôlé par le parlement et financé par l’impôt des contribuables. L’État garde ses caractéristiques libérales mais garde un social en venant au recours aux accidentés de la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autre part, l’inscription de la sécurité sociale va être adopté dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Le 10 décembre 1948 est adoptée la déclaration universelle des Droits de l'Homme par l'Assemblée générale des Nations-Unies. L'article 25 établit que {{citation|toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le triomphe du keynésianisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Keynes.jpg|thumb|200px|John Maynard Keynes.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Keynes théorise une politique économique qui va au-delà de l’ordo libéralisme allemand car c’est une politique où l’État s’engage. Toute l’Europe de l’ouest jusque dans les années 1980, à l’exception de l’Allemagne, va mener des politiques keynésiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'État va mener des politiques sociales en pensant aux effets économiques, d'une part en prônant la redistribution de la richesse par le biais de l’impôt notamment à travers la mise en place d'un impôt progressif sur le revenu, d'autre part, la redistribution des revenus permet de soutenir la consommation et les investissements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, ce qui est fondamental n’est pas l’offre mais la demande qui engendre de la consommation. L’idée est de doper la consommation au contraire des ordo-libéraux  allemands qui étaient en faveur de l’investissement. Keynes est en faveur de l’impôt sur la fortune et de la baisse des taux d’intérêts afin de stimuler l’investissement. Vont être élaboré des politiques de grands investissements afin de relancer l’activité économique. C’est au cœur de la demande que se trouve la consommation, c‘est pourquoi Keynes élabore une théorie économique de la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le multiplicateur keynésien commence par l’investissement de l’État. L'idée est d'investir et de s’endetter mais également de les rembourser pour engendrer un cercle vertueux. L'investissement dans des infrastructures va permettre à l’économie de fonctionner de manière plus efficace. Le secteur privé va recruter des travailleurs menant à une augmentation du niveau d’emploi qui permet, en augmentant l’emploi, d’accroitre les salaires. Selon le principe expliqué, la consommation va se dynamiser et pour répondre à cette consommation, l’économie va devoir accélérer son fonctionnement. Le cercle de la croissance économique est vertueux. L’État verse de moindre aides sociales tandis que les rentrées fiscales sont plus nombreuses. Ainsi, le risque premier va être remboursé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, c’est un endettement producteur de richesses. Ce mécanisme a marché dans les pays occidentaux pendant les Trente glorieuses étant une des sources de financement de l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-Providence et la sécurité d’existence ==&lt;br /&gt;
Selon le mécanisme proposé par Keynes, l'État-providence peut être très généreux avec peu de chômeurs. C’est un éléments qui a permis de dynamiser l’économie, c'est-à-dire que l'économie libérale est plus actif à travers le système de protection sociale et initiatrice de la croissance économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La croissance économique après la fin de la Seconde guerre mondiale permet de soutenir n’importe quelle politique d’État-providence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La sécurité d’existence ===&lt;br /&gt;
La montée du niveau de vie est liée aux salaires réelles qui augmentent engendrant par ailleurs une réduction des inégalités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tertiarisation de la société permet de sécuriser et d’améliorer le niveau de vie. L’administration pérennise et sécurise le travailleur, la consommation permet de soutenir le niveau de vie et d’améliorer les conditions de vie. La misère d’existence est très largement éradiquée par l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un transformation de la sécurité sociale et un filet de protection qui sécurise l’existence. La dynamique économique des Trente glorieuses permet de soutenir et de compenser les secteurs économiques par le déversement de travailleurs entre secteurs. La théorie du déversement est une théorie économique indiquant que des progrès techniques améliorant la productivité engendrent un transfert (déversement) des emplois d'un secteur d'activité vers un autre. Cette thèse est formulée par l'économiste et démographe français Alfred Sauvy dans son ouvrage ''La machine et le chômage'' publié en 1980&amp;lt;ref&amp;gt;A SAUVY, La machine et le chômage, DUNOD, 1980&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Trois causes ou composantes ===&lt;br /&gt;
La première cause est '''l’importance relative des services '''. Depuis les années 1950, le secteur tertiaire n’a fait que progresser. Désormais, nous ne sommes plus dans une société de production mais dans une société de la connaissance. Dans le tertiaire, il y a aussi toute les services liés à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième cause est '''le rôle grandissant des revenus de transfert'''. Ce sont les dépenses de l’État social et de l’État-providence. La tendance est à l’augmentation partout, ils sont de plus en plus considérable en poids économique. Ils sont stable et sécurisant, ils participent à la sécurisation d’existence. Soit, ils sont insensibles à la conjoncture. Les revenus de transfert sont proportionnels à la conjoncture ainsi cela permet de continuer à consommer. C’est un dispositif anticonjoncturel et anticyclique qui permet, en cas de récession, de limiter les dégâts et de maintien de la dynamique économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième cause est '''une intervention plus efficace de l’État dans un cadre multinational'''. Aujourd’hui, il y a une tension entre l’État sécurisant et l’inscription de la mondialisation. Auparavant, tout fonctionnait bien, l’État-Nation assume clairement sa fonction protectrice. L’État-providence est mis en place partout tandis que la planification keynésienne dope l’économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La société de consommation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Fredmeyer edit 1.jpg|thumb|right|200px|Produits alimentaires présentés dans les linéaires d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux États-Unis a été développé le welfare state qui est une forme de bien-être ancré dans la consommation. Tout converge vers la montée d’une société de consommation qui est au cœur de la théorie keynésienne. La société de consommation est un système économique qui pousse à la consommation et suscite sans cesse de nouveaux besoins dans des secteurs profitables. Elle ne satisfait pas que des besoins, elle en créée de nouveaux. Dans son ourvage ''Le Nouvel État Industriel'' publié originellement en 1967, Galbraith parle de  théorie de la filière inversée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système a commencé dans les années 1920 aux États-Unis qui puise ses origines dans la société américaine avec une économie politique et le fordisme qui font former l’American way of life.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système passe par une extension de la gamme des produits et la mise en place de crédits populaires. La diversification des produits et l’augmentation des « besoins » ont en partie soutenu un système de « crédit aux ménages ». Pour consommer dans les centres de consommations, il faut un véhicule mais aussi une sollicitation par la publicité. Dans les grands magasins on trouve une masse de produits mis a disposition, il y a une extension de la gamme de produit grâce aux grands magasins mais aussi grâce aux innovations techniques. Est aussi mis en place le crédit en corrélation avec la montée des classes moyennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dépenses alimentaires dans le budget vont devenir minoritaires dans le revenu des ménages. À la fin des années 1960, les dépenses alimentaires représentent une part du budget allant de 20% à 30 % aux États-Unis, tandis que pour l'Europe, elles sont comprises entre 30% à 40 %. De ce fait, les ménages américains et certain européen peuvent consacrer leur revenus à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société de consommation passe également par une révolution des modes de vie. Cela prolonge la dynamique de la société de consommation avec l’amélioration des services publiques et du matériel ménagé qui permet de libérer du temps pour consommer mais qui stimule aussi la montée d’une économie de loisir. Le mode de vie et de communication se transforme. Ainsi, l’affirmation de la société des loisirs couronne ce processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'économiste canado-américain John Kenneth Galbraith considère que l’on a noyé tous les mouvements sociaux dans une orgie américaine d’auto félicitation et de consommation. Aux États-Unis, la limite se situe par rapport à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=28583</id>
		<title>L'Âge d'Or de l'Économie Occidentale : Les Trente Glorieuses (1945-1973)</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=28583"/>
		<updated>2015-11-18T11:35:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : /* Une distinction entre le cadre et le processus */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les Trente Glorieuses est la période de forte croissance économique qu’a connu entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l’Organisation de coopération et de développement économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expression a été créée par Jean Fourastié dans son ouvrage ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'' publié en 1979&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Fourastié : ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'', 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt; en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= De la guerre à la croissance =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Coûts de la seconde guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
Le monde et l’Europe, qui a été le champ de bataille privilégié, sont profondément marqués par la Deuxième guerre mondiale qui fut d’une ampleur beaucoup plus considérable. Le tableau suivant récapitule quelques données clefs permettant de faire une brève comparaison entre la Première guerre mondiale et la Deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Morts	 || 14 à 16 millions || 37 à 44 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Déplacés || 3 à 5 || 28 à 30&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certain économiste évaluent les destructions de 10 à 12 années de production pour revenir au niveau de 1939.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation dramatique se situe dans un contexte politique qui a énormément changé par l’émergence d’une monde bipolaire à savoir le monde libéral incarné par les États-Unis et le monde soviétique incarné par l'Union soviétique. C’est un affrontement interposé à travers des guerres locales. Avec la fin de la Deuxième guerre mondiale, le bloc soviétique s’oppose au bloc atlantiste. Ce sont deux pôles antagonistes qui vont s’opposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La reconstruction ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Système de Bretton Woods : 1944 – 1973}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Europe Plan Marshall. Poster 1947.JPG|200px|thumb]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction est réalisée entre 3 ans et 4 ans alors que pour la Première guerre mondiale cela avait pris entre 7 ans et 9 ans. La reconstruction est plus rapide que les estimations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan Marshall est de 13,2 milliards de dollars sur une période allant de 1948 à 1952. Cela représente 2% de la richesse des États-Unis. C’est un  plan stratégique de reconstruction de l’Europe. En 1947, Marshall appelle les États-Unis à s’engager dans la reconstruction de l’Europe de l’ouest afin de constituer un glacis défensif contre le bloc soviétique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands accords initient des pratiques économiques avec la mise en place d’un nouvel ordre économique international dominé par les États-Unis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords de [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|Bretton Woods]] sont signés en juillet 1944 créant la BIRD (Banque international de reconstruction et de développement) ainsi que  le FMI (Fond monétaire international). L’idée est de mettre en place un monde nouveau. Il y a une dynamique intellectuelle qui permet de mettre en place les institutions économiques qui sont aujourd’hui encore les régulateurs de l’économie internationale. Le dollar américain devient la monnaie de référence des échanges internationaux permettant une stabilisation des taux de change et une sécurisation de la valeur des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) est signé en  janvier 1948. C’est  accord de libre-échange, de refus du protectionnisme et d’affirmation du libre-échange. En 1994, l'OMC remplace le GATT. Ces accords relève d'une forme d’intervention de l’État dans l’économie avec la mise en place de politiques « keynésiennes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance rapide et stable ==&lt;br /&gt;
La reconstruction est marquée par une évolution historique de la croissance concernant l'ensemble des pays développés. Entre 1750 et 1830, les pays développés connaissent une croissance de 0,3% durant de l'époque de la proto-industrie. Entre 1830 et 1913, la croissance est de 1,3% avec la généralisation et la diffusion de la révolution industrielle sur le continent européen. Entre 1920 et 1939, la croissance est de 2,0%, la performance moyenne est liée notamment à la diffusion du taylorisme et au rôle pionnier du fordisme. Après la guerre entre 1950 et 1973, la croissance des pays concernés est de 3,9% en faisant une croissance fantastique dans un contexte qui ne connait pratiquement aucun accident conjoncturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la croissance du PNB par habitant entre 1950 et 1973 laisse apparaitre des disparité géographiques. L'ensemble pays développés connaît une croissance de 3,9% par an. Plus en détail, l'Europe occidentale a une croissance du PNB par habitant de 3,8%, les États-Unis de 2,1%, le Japon un taux élevé de 7,7% et enfin la croissance du PNB par habitant de l'Europe de l'Est oscille entre 6% et 7%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison de la forte croissance en Europe de l’est est que l’Europe de l’est était plus pauvre que l’Europe de l’ouest. Les pays d’Europe de l’est ont été détruits de manière systématique et il fallait tout reconstruire permettant de dynamiser l’intensité économique. Quant au Japon, il a réussi là ou l’Égypte de Mehmet Ali avait échoué.  C’est après la Deuxième guerre mondiale que le Japon a bâti sa puissance économique actuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction dynamise l’économie et permet d'améliorer considérablement le niveau de vie offrant une « sécurité d’existence ». En effet, la pauvreté recule et l’État-Providence commence à se developper avec notamment la mise en place de systèmes de sécurité sociale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement de la société de consommation (équipement ménager, moyens de locomotion, etc.) permet de mettre en place une dynamique de consommation et de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que les États-Unis ont le leader du bloc atlantiste, leur performance ne sont pas exceptionnel en comparaison a l’Europe occidentale qui va faire presque deux fois mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut comprendre les trois facteurs économiques globaux derrière cette croissance à savoir la  libéralisation des échanges internationaux à travers des accords du GATT et sécurisé par les [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|accords de Bretton Woods]] [1], la révolution des transports (naval, aérien, etc.) [2] et la Troisième révolution industrielle [3] qui est l'émergence de nouveaux secteurs comme l’électronique, l’automatisation et la maitrise de l’énergie atomique. D'autre part, la course aux armements dans le cadre de la « guerre froide » a permis de soutenir des industries archaïques en même temps que le développement de secteurs pointes. Ainsi, de nouveaux secteurs émergent tandis que d’autres plus anciens sont soutenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La revanche des vaincus : le « miracle » allemand =&lt;br /&gt;
De 1951 à 1960, l’Allemagne va réaliser une croissance de 9% par an. L’élément fondamental de ce miracle a été de mettre en place une économie sociale de marché. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’aide internationale ==&lt;br /&gt;
À partir de 1947, les pénalités sont suspendues. L’objectif est de contrer la domination soviétique de l’est pour associer l’Allemagne de l’ouest au camp libéral. C’est un politique d’endiguement du communisme. D'autre part, dès 1948, plan Marshall se met en place en 1948. 1,5 milliards de dollars vont être engagés dans l’économie allemande pour soutenir la reconstruction de l’Allemagne et mettre en place une économie performante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La mise en place de la  « soziale Marktwirtschaft » ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-R70674, Köln, Hohenzollernbrücke, Wiederaufbau.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Wiederaufbau der Dom-Brücke im kriegszerstörten Köln. Nach der Fertigstellung rollten wieder täglich 360 Züge über die Brücke.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-H25292, Plakate zum Ankauf von Wertsachen.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Werbegraphiker bei der Arbeit an neuen Plakaten. Die Wirtschaft Westdeutschlands richtet sich für den Tag der Währungsreform ein.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une réflexion qui prend ses fondements dans les intellectuels allemands libéraux dans un mouvement que l’on appelle « ordo libéralisme ». Le libéralisme allemand de l’après Deuxième guerre mondiale est différent des autres en se construisant en opposition au nazisme alors que traditionnellement le libéralisme se construit en opposition à la gauche. C'est une nouvelle forme de libéralisme qui donne un rôle légitime à l’État avec l'intégration d’une politique sociale et fondé sur un large consensus anticommuniste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une distinction entre le cadre et le processus ===&lt;br /&gt;
L’État impose les règles économiques tout en faisant respecter les règles de la concurrence afin de réguler le cadre mais reste en dehors du processus. L'idée qu'il n'y ait pas de monopole, pas de dumping, que les contrats soient respectés, l’État se porte garant de la stabilité de la monnaie et enfin, l’État s'engage dans l’éducation en encourageant la recherche scientifique. À terme, cela permet à l’économie allemande de s’appuyer sur des techniciens de qualité à travers le développement d’universités techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une protection de la liberté économique sans pour autant que l’État prenne contrôle du processus économique. C’est un État engagé dans les cadres de l’activité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique qui favorise l’investissement et la consommation ===&lt;br /&gt;
C’est une période de solde des comptes du nazisme. C’est la faillite de la monnaie allemande qui a en partie permis à Hitler d’aller chercher des électeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, le Deutsch Mark est dramatiquement dévalué. En 1948, le deutsch marks est réévalué. Désormais, 10 deutsch marks équivalent à 1 deutsche mark. C’est un arbitrage politique en faveur des salariés et des investissements mais qui défavorise l’épargne. Cela favorise aussi la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique constante favorable à l’investissement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique se fonde sur trois axes :&lt;br /&gt;
#'''imposition sur les sociétés est faible''' : permet le profit ;&lt;br /&gt;
#'''maintien de charges sociales faibles''' : permet d’employer ;&lt;br /&gt;
#'''orthodoxie budgétaire''' : pas de budget à perte  en diminuant les emprunts  qui permet de diminuer l’inflation et ainsi de garantir des bénéfices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela permet aux entreprises allemandes d’être compétitives ainsi de 1950 à 1970, la croissance annuelle des investissements est de 9,5%. C’est une économie qui explose que l’on continu à améliorer et qui attire aussi des capitaux étrangers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La modération salariale ===&lt;br /&gt;
C’est un choix économique ce qui fait que les salaires augmentent plus faiblement que dans les autres pays. Le contrôle de l’inflation permet un coût de la vie stable qui permet de sécuriser les investissement à terme. Le consensus social entre patronat et syndicats fait que les revendications sont modérées car les syndicats allemands sont conscient que l’on est dans un cercle vertueux. D'autre part, l'abondance de main-d’œuvre fait que le chômage n’existe pas, il y a une situation de plein emploi. D’abord, il y a des réfugiés à savoir 10 millions d’allemand qui se sont réfugiés en Allemagne de l’ouest ce qui forme une main d’œuvre peu exigeante. Puis, l'ascension sociale des allemands de l’ouest nécessite de faire venir une main d’œuvre étrangère pour les remplacer à des postes moins élevés. Les Trente glorieuses sont la période des grands flux migratoires. Cela permet d’explicitement mettre en place des différences salariales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Libre-échange et ouverture européenne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La poussée spectaculaire du commerce allemand ====&lt;br /&gt;
L’Allemagne s’est transformée en se positionnement sur les marché internationaux. D’autre part, le marché intérieur allemand fait preuve d’un patriotisme économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1950 et 1970 la part des exportations dans le PNB allemand passe de 8,5 % à 21 % tandis que la part de l'Allemagne dans les exportations mondiales, sur la même période augmente de huit points passant de 3% à 11 %. Ainsi, le dynamisme allemande se fait sur les marchés extérieurs. Un autre exemple sont les exportations entre l’Allemagne et la France qui ont été multipliées par 25. Dès lors, nous pouvons remarquer que cette expansion s’est faite en collaboration avec les pays européens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’intensification des échanges dans la CEE ====&lt;br /&gt;
Au XVIème siècle apparait le mercantilisme qui est associé à la royauté absolue qui considère que la grandeur de la nation et liée à la grandeur du roi. Dès lors, le peuple est un outil qui permet d’arriver à cette grandeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mercantilistes sont ceux qui ont théorisés la colonisation et le pacte colonial qui est typiquement un héritage du mercantilisme. La pensée fascisme est aussi un enfant du mercantilisme ou la nation est le haut lieu du sacrifice et de la gloire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En même temps apparait les physiocrates qui inclus le libéralisme anglais mais aussi ceux qui vont faire la guerre d’indépendance des États-Unis. Ils ont aussi voulu théoriser la paix juste : la guerre n’est pas l’état naturel de l’ humanité pour mettre fin aux conflit, il faut conclure la paix par des paix justes. Ensuite, il faut sortir de l’autarcie en faisant du commerce qui favorise les intérêts des nations. Les facteurs économiques internationaux sont vus comme des facteurs de paix. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas de la sortie de la Seconde guerre mondiale, se fut une politique volontariste qui a été approprié par les économistes. La multiplication des échanges entre français et allemands provient de cet mise en place des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La spécialisation industrielle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:1000000th beatle.jpg|thumb|150px|miniatur|Der einmillionste VW-Käfer am 5. August 1955: ein Exportschlager der deutschen Nachkriegswirtschaft und ein Symbol des so genannten Wirtschaftswunders.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la spécialisation industrielle, onretrouve une idée de Gerschenkron à savoir que les allemand ne sont pas retardataire mais qu'ils doivent repartir de zéro et tout reconstruire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vont émerger des infrastructures économiques à la pointes en mettant en place une stratégie spécifique. L'accent va être mis sur des produits à valeur ajoutée notamment des bien d’équipement (équipement industriels, équipement domestiques). Va être mis en place le label de « qualité » allemande qui est le fait qu'un produit va être distingué par sa solidité mais par l’efficacité du service après-vente. C’est un stratégie marketing et d’image de marque, c’est un concept marketing. L'industrie va connaître une spécialisation dans l’automobile qui est notamment la production de biens à forte valeur ajoutée. Il va y avoir une accroissement de la valeur ajoutée en se concentrant sur des produits à forte valeur ajoutée mais aussi de haute-qualité (produit cher mais bénéficiant d’un label qualité). Cette stratégie nécessite des travailleurs aux compétences à haute valeur ajoutée justifiant des investissements dans la formation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique sociale limitée mais originale ===&lt;br /&gt;
L’État allemand privatise les société nationalisées par les nazi notamment en développement de l’actionnariat à l’ensemble des entreprises : c’est le consensus allemand à travers la promotion d’un capitalisme populaire. De plus l’État allemand a décidé de compenser les épargnants suite à la réévaluation de 1948 et notamment les personnes âgées. L'Allemagne va être un place un système d’État providence original. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le consensus allemand est une recherche d'arbitrage entre cogestion et limitation du droit  de grève. Un droit de cogestion de l’entreprise va être mis en place dans la mesure où des représentants du syndicat siège au conseil d’administration. Les représentants des syndicats reçoivent les bilans comptables. Il peuvent adapter leurs négociations et négocier à bon escient.  Le droit de cogestion a été mis en place avec des compris. Par exemple, pour une mettre en place une grève, il faut que 75% des ouvriers soient d’accord pour faire grève selon un vote à bulletin secret. Pour certains, c'est une limitation sévère du droit de grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une Suisse proche du modèle allemand ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse présente de nombreux éléments économiques proches de ceux que l’on peut observer en Allemagne à savoir une abondance de main d’œuvre notamment du au fait que la Suisse a passée un accord avec l’Italie. Si les infrastructures sont vétustes, cela est compensé par une immigration peu payés. Le franc suisse fort ainsi que le faible niveau d’inflation fait que le franc suisse est devenu une valeur refuge. Cela implique des investissements. Le label « qualité  Suisse » est le résultat d'une spécialisation de la production sur des produits à haute valeur ajoutée.  La Suisse est un pays où prime le consensus social qui fait que la politique sociale est faible permettant une « paix du travail » et une volonté de dépasser les tensions en désignant des arbitres au pouvoir contraignant afin de régler les conflits. L’ordonnance et l’organisation permet de pacifier les tensions sociales par une discipline des comportements et des revendications. En 1937, la Fédération de la métallurgie et de la construction mécanique signent le premier accord de la « paix du travail » qui doit éluder les conflits selon la règle de la bonne foi. La « paix du travail » a durée pratiquement de manière absolu jusqu’au années 1980. En 1948 a été mis en place une assurance vieillesse santé (AVS) et en 1976 une assurance chômages totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une nouvelle géopolitique ==&lt;br /&gt;
Avant 1945 il y avait une cohérence des hégémonies économique et politique. L’Angleterre dominait le monde même si les États-Unis étaient une  puissance montante tandis que la  France et l’Allemagne se concurrençaient jusqu’à mener à la Première guerre mondiale. Après 1945, c'est une rupture du lien hégémonique avec la mise en place de l’ONU. Les membres permanents sont les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale ce qui pose un problème de légitimité dans le contexte géopolitique actuel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs commencent a être puissant sur la scène économique mais reste des nains sur le plan international. La nouvelle politique économique va permettre l'émergence de société d'abondance et de consommation de masse. Ce sont des sociétés qui veulent pacifier les relations sociales de manières systématiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= État-providence et société d’abondance : de Ford à Beveridge et Keynes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-providence de Beveridge ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Sir W.H. Beveridge, head-and-shoulders portrait, facing left.jpg|thumb|150px|right|Lord William Beveridge.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette forme d’État-providence est élaboré en 1942 par Lord Beveridge à la demande du gouvernement britannique afin de mettre en place un système de sécurité sociale. La guerre a été à l'origine d'une dynamique intellectuelle extraordinaire qui a permis de réfléchir à un nouveau modèle de société après la guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lord William Beveridge qui vécu de 1879 à 1963, proposa un rapport en 1942 sur le modèle du &amp;quot;Cradle-to-Grave&amp;quot; : chaque individu va être suivi dans son parcours de vie, et veiller à le soutenir si nécessaire. C’est l’élaboration d’une sécurité d’existence liée à la situation économique favorable et à l’État-providence qui permet la mise en place une société de relative abondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beveridge va proposer d’ancrer tout système de sécurité sociale dans le principe des trois «U» :&lt;br /&gt;
*'''universalité ''': la couverture sociale s’étend à l’ensemble de la population et non plus seulement aux ouvriers ;&lt;br /&gt;
*'''unicité''' : un seul service public gère l’ensemble ;&lt;br /&gt;
*'''uniformité''' : les aides sont indépendantes du niveau de revenu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle est diffusé dans le monde occidental dit « développé ». Cependant, ce système est partiellement adopté en Suisse. L’État-Providence va détenir une fonction politique (« full employment and free society »), c'est-à-dire changer la démocratie politique en une démocratie sociale . C’est le parlement qui vote le budget de la sécurité sociale. C’est un outil de politique social et politique géré par le gouvernement, contrôlé par le parlement et financé par l’impôt des contribuables. L’État garde ses caractéristiques libérales mais garde un social en venant au recours aux accidentés de la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autre part, l’inscription de la sécurité sociale va être adopté dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Le 10 décembre 1948 est adoptée la déclaration universelle des Droits de l'Homme par l'Assemblée générale des Nations-Unies. L'article 25 établit que {{citation|toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le triomphe du keynésianisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Keynes.jpg|thumb|200px|John Maynard Keynes.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Keynes théorise une politique économique qui va au-delà de l’ordo libéralisme allemand car c’est une politique où l’État s’engage. Toute l’Europe de l’ouest jusque dans les années 1980, à l’exception de l’Allemagne, va mener des politiques keynésiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'État va mener des politiques sociales en pensant aux effets économiques, d'une part en prônant la redistribution de la richesse par le biais de l’impôt notamment à travers la mise en place d'un impôt progressif sur le revenu, d'autre part, la redistribution des revenus permet de soutenir la consommation et les investissements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, ce qui est fondamental n’est pas l’offre mais la demande qui engendre de la consommation. L’idée est de doper la consommation au contraire des ordo-libéraux  allemands qui étaient en faveur de l’investissement. Keynes est en faveur de l’impôt sur la fortune et de la baisse des taux d’intérêts afin de stimuler l’investissement. Vont être élaboré des politiques de grands investissements afin de relancer l’activité économique. C’est au cœur de la demande que se trouve la consommation, c‘est pourquoi Keynes élabore une théorie économique de la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le multiplicateur keynésien commence par l’investissement de l’État. L'idée est d'investir et de s’endetter mais également de les rembourser pour engendrer un cercle vertueux. L'investissement dans des infrastructures va permettre à l’économie de fonctionner de manière plus efficace. Le secteur privé va recruter des travailleurs menant à une augmentation du niveau d’emploi qui permet, en augmentant l’emploi, d’accroitre les salaires. Selon le principe expliqué, la consommation va se dynamiser et pour répondre à cette consommation, l’économie va devoir accélérer son fonctionnement. Le cercle de la croissance économique est vertueux. L’État verse de moindre aides sociales tandis que les rentrées fiscales sont plus nombreuses. Ainsi, le risque premier va être remboursé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, c’est un endettement producteur de richesses. Ce mécanisme a marché dans les pays occidentaux pendant les Trente glorieuses étant une des sources de financement de l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-Providence et la sécurité d’existence ==&lt;br /&gt;
Selon le mécanisme proposé par Keynes, l'État-providence peut être très généreux avec peu de chômeurs. C’est un éléments qui a permis de dynamiser l’économie, c'est-à-dire que l'économie libérale est plus actif à travers le système de protection sociale et initiatrice de la croissance économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La croissance économique après la fin de la Seconde guerre mondiale permet de soutenir n’importe quelle politique d’État-providence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La sécurité d’existence ===&lt;br /&gt;
La montée du niveau de vie est liée aux salaires réelles qui augmentent engendrant par ailleurs une réduction des inégalités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tertiarisation de la société permet de sécuriser et d’améliorer le niveau de vie. L’administration pérennise et sécurise le travailleur, la consommation permet de soutenir le niveau de vie et d’améliorer les conditions de vie. La misère d’existence est très largement éradiquée par l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un transformation de la sécurité sociale et un filet de protection qui sécurise l’existence. La dynamique économique des Trente glorieuses permet de soutenir et de compenser les secteurs économiques par le déversement de travailleurs entre secteurs. La théorie du déversement est une théorie économique indiquant que des progrès techniques améliorant la productivité engendrent un transfert (déversement) des emplois d'un secteur d'activité vers un autre. Cette thèse est formulée par l'économiste et démographe français Alfred Sauvy dans son ouvrage ''La machine et le chômage'' publié en 1980&amp;lt;ref&amp;gt;A SAUVY, La machine et le chômage, DUNOD, 1980&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Trois causes ou composantes ===&lt;br /&gt;
La première cause est '''l’importance relative des services '''. Depuis les années 1950, le secteur tertiaire n’a fait que progresser. Désormais, nous ne sommes plus dans une société de production mais dans une société de la connaissance. Dans le tertiaire, il y a aussi toute les services liés à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième cause est '''le rôle grandissant des revenus de transfert'''. Ce sont les dépenses de l’État social et de l’État-providence. La tendance est à l’augmentation partout, ils sont de plus en plus considérable en poids économique. Ils sont stable et sécurisant, ils participent à la sécurisation d’existence. Soit, ils sont insensibles à la conjoncture. Les revenus de transfert sont proportionnels à la conjoncture ainsi cela permet de continuer à consommer. C’est un dispositif anticonjoncturel et anticyclique qui permet, en cas de récession, de limiter les dégâts et de maintien de la dynamique économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième cause est '''une intervention plus efficace de l’État dans un cadre multinational'''. Aujourd’hui, il y a une tension entre l’État sécurisant et l’inscription de la mondialisation. Auparavant, tout fonctionnait bien, l’État-Nation assume clairement sa fonction protectrice. L’État-providence est mis en place partout tandis que la planification keynésienne dope l’économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La société de consommation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Fredmeyer edit 1.jpg|thumb|right|200px|Produits alimentaires présentés dans les linéaires d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux États-Unis a été développé le welfare state qui est une forme de bien-être ancré dans la consommation. Tout converge vers la montée d’une société de consommation qui est au cœur de la théorie keynésienne. La société de consommation est un système économique qui pousse à la consommation et suscite sans cesse de nouveaux besoins dans des secteurs profitables. Elle ne satisfait pas que des besoins, elle en créée de nouveaux. Dans son ourvage ''Le Nouvel État Industriel'' publié originellement en 1967, Galbraith parle de  théorie de la filière inversée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système a commencé dans les années 1920 aux États-Unis qui puise ses origines dans la société américaine avec une économie politique et le fordisme qui font former l’American way of life.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système passe par une extension de la gamme des produits et la mise en place de crédits populaires. La diversification des produits et l’augmentation des « besoins » ont en partie soutenu un système de « crédit aux ménages ». Pour consommer dans les centres de consommations, il faut un véhicule mais aussi une sollicitation par la publicité. Dans les grands magasins on trouve une masse de produits mis a disposition, il y a une extension de la gamme de produit grâce aux grands magasins mais aussi grâce aux innovations techniques. Est aussi mis en place le crédit en corrélation avec la montée des classes moyennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dépenses alimentaires dans le budget vont devenir minoritaires dans le revenu des ménages. À la fin des années 1960, les dépenses alimentaires représentent une part du budget allant de 20% à 30 % aux États-Unis, tandis que pour l'Europe, elles sont comprises entre 30% à 40 %. De ce fait, les ménages américains et certain européen peuvent consacrer leur revenus à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société de consommation passe également par une révolution des modes de vie. Cela prolonge la dynamique de la société de consommation avec l’amélioration des services publiques et du matériel ménagé qui permet de libérer du temps pour consommer mais qui stimule aussi la montée d’une économie de loisir. Le mode de vie et de communication se transforme. Ainsi, l’affirmation de la société des loisirs couronne ce processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'économiste canado-américain John Kenneth Galbraith considère que l’on a noyé tous les mouvements sociaux dans une orgie américaine d’auto félicitation et de consommation. Aux États-Unis, la limite se situe par rapport à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=L%27%C3%82ge_d%27Or_de_l%27%C3%89conomie_Occidentale_:_Les_Trente_Glorieuses_(1945-1973)&amp;diff=28582</id>
		<title>L'Âge d'Or de l'Économie Occidentale : Les Trente Glorieuses (1945-1973)</title>
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		<updated>2015-11-18T11:32:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : /* Une distinction entre le cadre et le processus */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;Les Trente Glorieuses est la période de forte croissance économique qu’a connu entre 1945 et 1973 la grande majorité des pays développés, membres pour la plupart de l’Organisation de coopération et de développement économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’expression a été créée par Jean Fourastié dans son ouvrage ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'' publié en 1979&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Fourastié : ''Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975'', 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt; en rappel des Trois Glorieuses, journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830 qui avaient fait chuter Charles X.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= De la guerre à la croissance =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Coûts de la seconde guerre mondiale ==&lt;br /&gt;
Le monde et l’Europe, qui a été le champ de bataille privilégié, sont profondément marqués par la Deuxième guerre mondiale qui fut d’une ampleur beaucoup plus considérable. Le tableau suivant récapitule quelques données clefs permettant de faire une brève comparaison entre la Première guerre mondiale et la Deuxième guerre mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Morts	 || 14 à 16 millions || 37 à 44 millions&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Déplacés || 3 à 5 || 28 à 30&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certain économiste évaluent les destructions de 10 à 12 années de production pour revenir au niveau de 1939.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La situation dramatique se situe dans un contexte politique qui a énormément changé par l’émergence d’une monde bipolaire à savoir le monde libéral incarné par les États-Unis et le monde soviétique incarné par l'Union soviétique. C’est un affrontement interposé à travers des guerres locales. Avec la fin de la Deuxième guerre mondiale, le bloc soviétique s’oppose au bloc atlantiste. Ce sont deux pôles antagonistes qui vont s’opposer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La reconstruction ==&lt;br /&gt;
{{Article détaillé|Système de Bretton Woods : 1944 – 1973}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Europe Plan Marshall. Poster 1947.JPG|200px|thumb]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction est réalisée entre 3 ans et 4 ans alors que pour la Première guerre mondiale cela avait pris entre 7 ans et 9 ans. La reconstruction est plus rapide que les estimations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan Marshall est de 13,2 milliards de dollars sur une période allant de 1948 à 1952. Cela représente 2% de la richesse des États-Unis. C’est un  plan stratégique de reconstruction de l’Europe. En 1947, Marshall appelle les États-Unis à s’engager dans la reconstruction de l’Europe de l’ouest afin de constituer un glacis défensif contre le bloc soviétique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les grands accords initient des pratiques économiques avec la mise en place d’un nouvel ordre économique international dominé par les États-Unis. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les accords de [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|Bretton Woods]] sont signés en juillet 1944 créant la BIRD (Banque international de reconstruction et de développement) ainsi que  le FMI (Fond monétaire international). L’idée est de mettre en place un monde nouveau. Il y a une dynamique intellectuelle qui permet de mettre en place les institutions économiques qui sont aujourd’hui encore les régulateurs de l’économie internationale. Le dollar américain devient la monnaie de référence des échanges internationaux permettant une stabilisation des taux de change et une sécurisation de la valeur des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) est signé en  janvier 1948. C’est  accord de libre-échange, de refus du protectionnisme et d’affirmation du libre-échange. En 1994, l'OMC remplace le GATT. Ces accords relève d'une forme d’intervention de l’État dans l’économie avec la mise en place de politiques « keynésiennes ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une croissance rapide et stable ==&lt;br /&gt;
La reconstruction est marquée par une évolution historique de la croissance concernant l'ensemble des pays développés. Entre 1750 et 1830, les pays développés connaissent une croissance de 0,3% durant de l'époque de la proto-industrie. Entre 1830 et 1913, la croissance est de 1,3% avec la généralisation et la diffusion de la révolution industrielle sur le continent européen. Entre 1920 et 1939, la croissance est de 2,0%, la performance moyenne est liée notamment à la diffusion du taylorisme et au rôle pionnier du fordisme. Après la guerre entre 1950 et 1973, la croissance des pays concernés est de 3,9% en faisant une croissance fantastique dans un contexte qui ne connait pratiquement aucun accident conjoncturel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Néanmoins, la croissance du PNB par habitant entre 1950 et 1973 laisse apparaitre des disparité géographiques. L'ensemble pays développés connaît une croissance de 3,9% par an. Plus en détail, l'Europe occidentale a une croissance du PNB par habitant de 3,8%, les États-Unis de 2,1%, le Japon un taux élevé de 7,7% et enfin la croissance du PNB par habitant de l'Europe de l'Est oscille entre 6% et 7%.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison de la forte croissance en Europe de l’est est que l’Europe de l’est était plus pauvre que l’Europe de l’ouest. Les pays d’Europe de l’est ont été détruits de manière systématique et il fallait tout reconstruire permettant de dynamiser l’intensité économique. Quant au Japon, il a réussi là ou l’Égypte de Mehmet Ali avait échoué.  C’est après la Deuxième guerre mondiale que le Japon a bâti sa puissance économique actuelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La reconstruction dynamise l’économie et permet d'améliorer considérablement le niveau de vie offrant une « sécurité d’existence ». En effet, la pauvreté recule et l’État-Providence commence à se developper avec notamment la mise en place de systèmes de sécurité sociale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le développement de la société de consommation (équipement ménager, moyens de locomotion, etc.) permet de mettre en place une dynamique de consommation et de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que les États-Unis ont le leader du bloc atlantiste, leur performance ne sont pas exceptionnel en comparaison a l’Europe occidentale qui va faire presque deux fois mieux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut comprendre les trois facteurs économiques globaux derrière cette croissance à savoir la  libéralisation des échanges internationaux à travers des accords du GATT et sécurisé par les [[Système de Bretton Woods : 1944 – 1973|accords de Bretton Woods]] [1], la révolution des transports (naval, aérien, etc.) [2] et la Troisième révolution industrielle [3] qui est l'émergence de nouveaux secteurs comme l’électronique, l’automatisation et la maitrise de l’énergie atomique. D'autre part, la course aux armements dans le cadre de la « guerre froide » a permis de soutenir des industries archaïques en même temps que le développement de secteurs pointes. Ainsi, de nouveaux secteurs émergent tandis que d’autres plus anciens sont soutenus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La revanche des vaincus : le « miracle » allemand =&lt;br /&gt;
De 1951 à 1960, l’Allemagne va réaliser une croissance de 9% par an. L’élément fondamental de ce miracle a été de mettre en place une économie sociale de marché. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’aide internationale ==&lt;br /&gt;
À partir de 1947, les pénalités sont suspendues. L’objectif est de contrer la domination soviétique de l’est pour associer l’Allemagne de l’ouest au camp libéral. C’est un politique d’endiguement du communisme. D'autre part, dès 1948, plan Marshall se met en place en 1948. 1,5 milliards de dollars vont être engagés dans l’économie allemande pour soutenir la reconstruction de l’Allemagne et mettre en place une économie performante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La mise en place de la  « soziale Marktwirtschaft » ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-R70674, Köln, Hohenzollernbrücke, Wiederaufbau.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Wiederaufbau der Dom-Brücke im kriegszerstörten Köln. Nach der Fertigstellung rollten wieder täglich 360 Züge über die Brücke.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:Bundesarchiv Bild 183-H25292, Plakate zum Ankauf von Wertsachen.jpg|200px|right|thumb|miniatur|Werbegraphiker bei der Arbeit an neuen Plakaten. Die Wirtschaft Westdeutschlands richtet sich für den Tag der Währungsreform ein.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est une réflexion qui prend ses fondements dans les intellectuels allemands libéraux dans un mouvement que l’on appelle « ordo libéralisme ». Le libéralisme allemand de l’après Deuxième guerre mondiale est différent des autres en se construisant en opposition au nazisme alors que traditionnellement le libéralisme se construit en opposition à la gauche. C'est une nouvelle forme de libéralisme qui donne un rôle légitime à l’État avec l'intégration d’une politique sociale et fondé sur un large consensus anticommuniste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une distinction entre le cadre et le processus ===&lt;br /&gt;
L’État impose les règles économiques tout en faisant respecter les règles de la concurrence afin de réguler le cadre mais reste en dehors du processus. L'idée qu'il n'y ait pas de monopôle, pas de dumping, que les contrats soient respectés, l’État se porte garant de la stabilité de la monnaie et enfin, l’État s'engage dans l’éducation en encourageant la recherche scientifique. À terme, cela permet à l’économie allemandee de s’appuyer sur des techniciens de qualité à travers le développement d’universités techniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une protection de la liberté économique sans pour autant que l’État prenne contrôle du processus économique. C’est un État engagé dans les cadres de l’activité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique qui favorise l’investissement et la consommation ===&lt;br /&gt;
C’est une période de solde des comptes du nazisme. C’est la faillite de la monnaie allemande qui a en partie permis à Hitler d’aller chercher des électeurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sortir de la guerre, le Deutsch Mark est dramatiquement dévalué. En 1948, le deutsch marks est réévalué. Désormais, 10 deutsch marks équivalent à 1 deutsche mark. C’est un arbitrage politique en faveur des salariés et des investissements mais qui défavorise l’épargne. Cela favorise aussi la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique constante favorable à l’investissement ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique se fonde sur trois axes :&lt;br /&gt;
#'''imposition sur les sociétés est faible''' : permet le profit ;&lt;br /&gt;
#'''maintien de charges sociales faibles''' : permet d’employer ;&lt;br /&gt;
#'''orthodoxie budgétaire''' : pas de budget à perte  en diminuant les emprunts  qui permet de diminuer l’inflation et ainsi de garantir des bénéfices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela permet aux entreprises allemandes d’être compétitives ainsi de 1950 à 1970, la croissance annuelle des investissements est de 9,5%. C’est une économie qui explose que l’on continu à améliorer et qui attire aussi des capitaux étrangers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La modération salariale ===&lt;br /&gt;
C’est un choix économique ce qui fait que les salaires augmentent plus faiblement que dans les autres pays. Le contrôle de l’inflation permet un coût de la vie stable qui permet de sécuriser les investissement à terme. Le consensus social entre patronat et syndicats fait que les revendications sont modérées car les syndicats allemands sont conscient que l’on est dans un cercle vertueux. D'autre part, l'abondance de main-d’œuvre fait que le chômage n’existe pas, il y a une situation de plein emploi. D’abord, il y a des réfugiés à savoir 10 millions d’allemand qui se sont réfugiés en Allemagne de l’ouest ce qui forme une main d’œuvre peu exigeante. Puis, l'ascension sociale des allemands de l’ouest nécessite de faire venir une main d’œuvre étrangère pour les remplacer à des postes moins élevés. Les Trente glorieuses sont la période des grands flux migratoires. Cela permet d’explicitement mettre en place des différences salariales.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Libre-échange et ouverture européenne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La poussée spectaculaire du commerce allemand ====&lt;br /&gt;
L’Allemagne s’est transformée en se positionnement sur les marché internationaux. D’autre part, le marché intérieur allemand fait preuve d’un patriotisme économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1950 et 1970 la part des exportations dans le PNB allemand passe de 8,5 % à 21 % tandis que la part de l'Allemagne dans les exportations mondiales, sur la même période augmente de huit points passant de 3% à 11 %. Ainsi, le dynamisme allemande se fait sur les marchés extérieurs. Un autre exemple sont les exportations entre l’Allemagne et la France qui ont été multipliées par 25. Dès lors, nous pouvons remarquer que cette expansion s’est faite en collaboration avec les pays européens. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L’intensification des échanges dans la CEE ====&lt;br /&gt;
Au XVIème siècle apparait le mercantilisme qui est associé à la royauté absolue qui considère que la grandeur de la nation et liée à la grandeur du roi. Dès lors, le peuple est un outil qui permet d’arriver à cette grandeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les mercantilistes sont ceux qui ont théorisés la colonisation et le pacte colonial qui est typiquement un héritage du mercantilisme. La pensée fascisme est aussi un enfant du mercantilisme ou la nation est le haut lieu du sacrifice et de la gloire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En même temps apparait les physiocrates qui inclus le libéralisme anglais mais aussi ceux qui vont faire la guerre d’indépendance des États-Unis. Ils ont aussi voulu théoriser la paix juste : la guerre n’est pas l’état naturel de l’ humanité pour mettre fin aux conflit, il faut conclure la paix par des paix justes. Ensuite, il faut sortir de l’autarcie en faisant du commerce qui favorise les intérêts des nations. Les facteurs économiques internationaux sont vus comme des facteurs de paix. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le cas de la sortie de la Seconde guerre mondiale, se fut une politique volontariste qui a été approprié par les économistes. La multiplication des échanges entre français et allemands provient de cet mise en place des échanges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La spécialisation industrielle ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[image:1000000th beatle.jpg|thumb|150px|miniatur|Der einmillionste VW-Käfer am 5. August 1955: ein Exportschlager der deutschen Nachkriegswirtschaft und ein Symbol des so genannten Wirtschaftswunders.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec la spécialisation industrielle, onretrouve une idée de Gerschenkron à savoir que les allemand ne sont pas retardataire mais qu'ils doivent repartir de zéro et tout reconstruire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vont émerger des infrastructures économiques à la pointes en mettant en place une stratégie spécifique. L'accent va être mis sur des produits à valeur ajoutée notamment des bien d’équipement (équipement industriels, équipement domestiques). Va être mis en place le label de « qualité » allemande qui est le fait qu'un produit va être distingué par sa solidité mais par l’efficacité du service après-vente. C’est un stratégie marketing et d’image de marque, c’est un concept marketing. L'industrie va connaître une spécialisation dans l’automobile qui est notamment la production de biens à forte valeur ajoutée. Il va y avoir une accroissement de la valeur ajoutée en se concentrant sur des produits à forte valeur ajoutée mais aussi de haute-qualité (produit cher mais bénéficiant d’un label qualité). Cette stratégie nécessite des travailleurs aux compétences à haute valeur ajoutée justifiant des investissements dans la formation professionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une politique sociale limitée mais originale ===&lt;br /&gt;
L’État allemand privatise les société nationalisées par les nazi notamment en développement de l’actionnariat à l’ensemble des entreprises : c’est le consensus allemand à travers la promotion d’un capitalisme populaire. De plus l’État allemand a décidé de compenser les épargnants suite à la réévaluation de 1948 et notamment les personnes âgées. L'Allemagne va être un place un système d’État providence original. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le consensus allemand est une recherche d'arbitrage entre cogestion et limitation du droit  de grève. Un droit de cogestion de l’entreprise va être mis en place dans la mesure où des représentants du syndicat siège au conseil d’administration. Les représentants des syndicats reçoivent les bilans comptables. Il peuvent adapter leurs négociations et négocier à bon escient.  Le droit de cogestion a été mis en place avec des compris. Par exemple, pour une mettre en place une grève, il faut que 75% des ouvriers soient d’accord pour faire grève selon un vote à bulletin secret. Pour certains, c'est une limitation sévère du droit de grève.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une Suisse proche du modèle allemand ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Suisse présente de nombreux éléments économiques proches de ceux que l’on peut observer en Allemagne à savoir une abondance de main d’œuvre notamment du au fait que la Suisse a passée un accord avec l’Italie. Si les infrastructures sont vétustes, cela est compensé par une immigration peu payés. Le franc suisse fort ainsi que le faible niveau d’inflation fait que le franc suisse est devenu une valeur refuge. Cela implique des investissements. Le label « qualité  Suisse » est le résultat d'une spécialisation de la production sur des produits à haute valeur ajoutée.  La Suisse est un pays où prime le consensus social qui fait que la politique sociale est faible permettant une « paix du travail » et une volonté de dépasser les tensions en désignant des arbitres au pouvoir contraignant afin de régler les conflits. L’ordonnance et l’organisation permet de pacifier les tensions sociales par une discipline des comportements et des revendications. En 1937, la Fédération de la métallurgie et de la construction mécanique signent le premier accord de la « paix du travail » qui doit éluder les conflits selon la règle de la bonne foi. La « paix du travail » a durée pratiquement de manière absolu jusqu’au années 1980. En 1948 a été mis en place une assurance vieillesse santé (AVS) et en 1976 une assurance chômages totale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une nouvelle géopolitique ==&lt;br /&gt;
Avant 1945 il y avait une cohérence des hégémonies économique et politique. L’Angleterre dominait le monde même si les États-Unis étaient une  puissance montante tandis que la  France et l’Allemagne se concurrençaient jusqu’à mener à la Première guerre mondiale. Après 1945, c'est une rupture du lien hégémonique avec la mise en place de l’ONU. Les membres permanents sont les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale ce qui pose un problème de légitimité dans le contexte géopolitique actuel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Des acteurs commencent a être puissant sur la scène économique mais reste des nains sur le plan international. La nouvelle politique économique va permettre l'émergence de société d'abondance et de consommation de masse. Ce sont des sociétés qui veulent pacifier les relations sociales de manières systématiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= État-providence et société d’abondance : de Ford à Beveridge et Keynes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-providence de Beveridge ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Sir W.H. Beveridge, head-and-shoulders portrait, facing left.jpg|thumb|150px|right|Lord William Beveridge.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette forme d’État-providence est élaboré en 1942 par Lord Beveridge à la demande du gouvernement britannique afin de mettre en place un système de sécurité sociale. La guerre a été à l'origine d'une dynamique intellectuelle extraordinaire qui a permis de réfléchir à un nouveau modèle de société après la guerre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Lord William Beveridge qui vécu de 1879 à 1963, proposa un rapport en 1942 sur le modèle du &amp;quot;Cradle-to-Grave&amp;quot; : chaque individu va être suivi dans son parcours de vie, et veiller à le soutenir si nécessaire. C’est l’élaboration d’une sécurité d’existence liée à la situation économique favorable et à l’État-providence qui permet la mise en place une société de relative abondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beveridge va proposer d’ancrer tout système de sécurité sociale dans le principe des trois «U» :&lt;br /&gt;
*'''universalité ''': la couverture sociale s’étend à l’ensemble de la population et non plus seulement aux ouvriers ;&lt;br /&gt;
*'''unicité''' : un seul service public gère l’ensemble ;&lt;br /&gt;
*'''uniformité''' : les aides sont indépendantes du niveau de revenu. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce modèle est diffusé dans le monde occidental dit « développé ». Cependant, ce système est partiellement adopté en Suisse. L’État-Providence va détenir une fonction politique (« full employment and free society »), c'est-à-dire changer la démocratie politique en une démocratie sociale . C’est le parlement qui vote le budget de la sécurité sociale. C’est un outil de politique social et politique géré par le gouvernement, contrôlé par le parlement et financé par l’impôt des contribuables. L’État garde ses caractéristiques libérales mais garde un social en venant au recours aux accidentés de la vie. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autre part, l’inscription de la sécurité sociale va être adopté dans la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Le 10 décembre 1948 est adoptée la déclaration universelle des Droits de l'Homme par l'Assemblée générale des Nations-Unies. L'article 25 établit que {{citation|toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le triomphe du keynésianisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Keynes.jpg|thumb|200px|John Maynard Keynes.]] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Keynes théorise une politique économique qui va au-delà de l’ordo libéralisme allemand car c’est une politique où l’État s’engage. Toute l’Europe de l’ouest jusque dans les années 1980, à l’exception de l’Allemagne, va mener des politiques keynésiennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'État va mener des politiques sociales en pensant aux effets économiques, d'une part en prônant la redistribution de la richesse par le biais de l’impôt notamment à travers la mise en place d'un impôt progressif sur le revenu, d'autre part, la redistribution des revenus permet de soutenir la consommation et les investissements. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, ce qui est fondamental n’est pas l’offre mais la demande qui engendre de la consommation. L’idée est de doper la consommation au contraire des ordo-libéraux  allemands qui étaient en faveur de l’investissement. Keynes est en faveur de l’impôt sur la fortune et de la baisse des taux d’intérêts afin de stimuler l’investissement. Vont être élaboré des politiques de grands investissements afin de relancer l’activité économique. C’est au cœur de la demande que se trouve la consommation, c‘est pourquoi Keynes élabore une théorie économique de la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le multiplicateur keynésien commence par l’investissement de l’État. L'idée est d'investir et de s’endetter mais également de les rembourser pour engendrer un cercle vertueux. L'investissement dans des infrastructures va permettre à l’économie de fonctionner de manière plus efficace. Le secteur privé va recruter des travailleurs menant à une augmentation du niveau d’emploi qui permet, en augmentant l’emploi, d’accroitre les salaires. Selon le principe expliqué, la consommation va se dynamiser et pour répondre à cette consommation, l’économie va devoir accélérer son fonctionnement. Le cercle de la croissance économique est vertueux. L’État verse de moindre aides sociales tandis que les rentrées fiscales sont plus nombreuses. Ainsi, le risque premier va être remboursé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Keynes, c’est un endettement producteur de richesses. Ce mécanisme a marché dans les pays occidentaux pendant les Trente glorieuses étant une des sources de financement de l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’État-Providence et la sécurité d’existence ==&lt;br /&gt;
Selon le mécanisme proposé par Keynes, l'État-providence peut être très généreux avec peu de chômeurs. C’est un éléments qui a permis de dynamiser l’économie, c'est-à-dire que l'économie libérale est plus actif à travers le système de protection sociale et initiatrice de la croissance économique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La croissance économique après la fin de la Seconde guerre mondiale permet de soutenir n’importe quelle politique d’État-providence &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La sécurité d’existence ===&lt;br /&gt;
La montée du niveau de vie est liée aux salaires réelles qui augmentent engendrant par ailleurs une réduction des inégalités.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tertiarisation de la société permet de sécuriser et d’améliorer le niveau de vie. L’administration pérennise et sécurise le travailleur, la consommation permet de soutenir le niveau de vie et d’améliorer les conditions de vie. La misère d’existence est très largement éradiquée par l’État-providence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C’est un transformation de la sécurité sociale et un filet de protection qui sécurise l’existence. La dynamique économique des Trente glorieuses permet de soutenir et de compenser les secteurs économiques par le déversement de travailleurs entre secteurs. La théorie du déversement est une théorie économique indiquant que des progrès techniques améliorant la productivité engendrent un transfert (déversement) des emplois d'un secteur d'activité vers un autre. Cette thèse est formulée par l'économiste et démographe français Alfred Sauvy dans son ouvrage ''La machine et le chômage'' publié en 1980&amp;lt;ref&amp;gt;A SAUVY, La machine et le chômage, DUNOD, 1980&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Trois causes ou composantes ===&lt;br /&gt;
La première cause est '''l’importance relative des services '''. Depuis les années 1950, le secteur tertiaire n’a fait que progresser. Désormais, nous ne sommes plus dans une société de production mais dans une société de la connaissance. Dans le tertiaire, il y a aussi toute les services liés à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La deuxième cause est '''le rôle grandissant des revenus de transfert'''. Ce sont les dépenses de l’État social et de l’État-providence. La tendance est à l’augmentation partout, ils sont de plus en plus considérable en poids économique. Ils sont stable et sécurisant, ils participent à la sécurisation d’existence. Soit, ils sont insensibles à la conjoncture. Les revenus de transfert sont proportionnels à la conjoncture ainsi cela permet de continuer à consommer. C’est un dispositif anticonjoncturel et anticyclique qui permet, en cas de récession, de limiter les dégâts et de maintien de la dynamique économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La troisième cause est '''une intervention plus efficace de l’État dans un cadre multinational'''. Aujourd’hui, il y a une tension entre l’État sécurisant et l’inscription de la mondialisation. Auparavant, tout fonctionnait bien, l’État-Nation assume clairement sa fonction protectrice. L’État-providence est mis en place partout tandis que la planification keynésienne dope l’économie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La société de consommation ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Fredmeyer edit 1.jpg|thumb|right|200px|Produits alimentaires présentés dans les linéaires d'un supermarché de Portland, Oregon, États-Unis.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aux États-Unis a été développé le welfare state qui est une forme de bien-être ancré dans la consommation. Tout converge vers la montée d’une société de consommation qui est au cœur de la théorie keynésienne. La société de consommation est un système économique qui pousse à la consommation et suscite sans cesse de nouveaux besoins dans des secteurs profitables. Elle ne satisfait pas que des besoins, elle en créée de nouveaux. Dans son ourvage ''Le Nouvel État Industriel'' publié originellement en 1967, Galbraith parle de  théorie de la filière inversée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système a commencé dans les années 1920 aux États-Unis qui puise ses origines dans la société américaine avec une économie politique et le fordisme qui font former l’American way of life.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce système passe par une extension de la gamme des produits et la mise en place de crédits populaires. La diversification des produits et l’augmentation des « besoins » ont en partie soutenu un système de « crédit aux ménages ». Pour consommer dans les centres de consommations, il faut un véhicule mais aussi une sollicitation par la publicité. Dans les grands magasins on trouve une masse de produits mis a disposition, il y a une extension de la gamme de produit grâce aux grands magasins mais aussi grâce aux innovations techniques. Est aussi mis en place le crédit en corrélation avec la montée des classes moyennes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les dépenses alimentaires dans le budget vont devenir minoritaires dans le revenu des ménages. À la fin des années 1960, les dépenses alimentaires représentent une part du budget allant de 20% à 30 % aux États-Unis, tandis que pour l'Europe, elles sont comprises entre 30% à 40 %. De ce fait, les ménages américains et certain européen peuvent consacrer leur revenus à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La société de consommation passe également par une révolution des modes de vie. Cela prolonge la dynamique de la société de consommation avec l’amélioration des services publiques et du matériel ménagé qui permet de libérer du temps pour consommer mais qui stimule aussi la montée d’une économie de loisir. Le mode de vie et de communication se transforme. Ainsi, l’affirmation de la société des loisirs couronne ce processus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'économiste canado-américain John Kenneth Galbraith considère que l’on a noyé tous les mouvements sociaux dans une orgie américaine d’auto félicitation et de consommation. Aux États-Unis, la limite se situe par rapport à la consommation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Les_th%C3%A9ories_de_la_violence_en_science_politique&amp;diff=28379</id>
		<title>Les théories de la violence en science politique</title>
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		<updated>2015-11-11T17:51:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Damien : /* Introduction et étymologie du mot « violence » */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;= Étymologie du mot « violence » = &lt;br /&gt;
L’étymologie permet de comprendre l’ensemble des réflexions en matière de science-politique sur le concept de violence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La racine du mot violence&amp;lt;ref&amp;gt;violence. https://fr.wiktionary.org/wiki/violence.&amp;lt;/ref&amp;gt; est le mot violé qui est créé dans les années 1980 qui est l’atteinte à l’intégrité d’une personne ; c’est l’atteinte à la personne dans son intégrité physique, moral et c’est-à-dire dans son être-même.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce mot va être ensuite étendu aux institutions et à l’ordre moral. Le mot va évoluer vers le XIIIème siècle signifiant dés lors l’abus de la force. Celui qui ferrait usage de la violence et celui qui abuse de sa force, c’est-à-dire que c’est celui qui utilise sa force dans des desseins qui sont contraires au bonnes conventions. À partir de 1342 apparait le verbe de « violenter » qui désigne le fait que qu'il y a une action dans la violence. Ce qui caractérise au sens premier la violence est une action, elle a une dimension d’intentionnalité. Agir avec violence est agir avec intention de façon abrupte et immédiate. Au XVIème siècle apparait l’adjectif « violemment » et l’expression de « faire violence » qui montre que l’on parle d’une action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, la violence est du domaine de l’action et de l’ordre de l’action humaine qui est de l’ordre de l’intentionnalité, une intention de l’action. La composante essentielle est la force. Cependant, il existe de nombreuses autres dimensions, on peut être dans la violence morale ou psychologique. Ce n'est pas nécessairement quelque chose qui est de l’ordre de l’agression par la force, c’est une agression d’esprit morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La violence relève du domaine de l’action, il y a une intentionnalité de l’action qui est de faire violence. Un des modes possible de l’expression de la violence est l’utilisation de la force et de fait de la contrainte.  C’est une contrainte à changer de position en raison même de l’atteinte fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hannah Arendt va opposer la violence qui exige des instruments à ce qu’elle appelle le ''pouvoir de la puissance''. Au fond, il faut distinguer la violence du pouvoir et de la puissance parce que la puissance est directement instrumentale. Ainsi, elle va s’interroger sur l’expression des différentes formes de violences.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Champs scientifiques de réflexion =&lt;br /&gt;
Depuis une trentaine d’année les cognitivistes travaillent sur la violence de manière scientifique. Le concept central est le concept d’agressivité exprimé par Konrad Lorenz dans les années 1970. Il va d’abord s’interroger sur ce qu’est une conduite agressive et si elle ne relèverait pas de l’instinct naturel de l’homme. Suivant les contextes et la nature de la situation contextuelle l’agressivité serait naturelle à l’homme. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les sciences et la biologie renvoi sur la question des pulsions sur l’instinct d’agression qui est dans tous les êtres vivants et que l’on retrouve dans la nature. Ainsi il pourrait exister un point commun qui serait l’agressivité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut aussi considérer  que l’agressivité serait aussi un mode d’expression et d’action. On peut voir le passage d’une science cognitiviste médicale a une question. A une question culturel et politique. Ainsi l’expression ne serait-elle pas un moyen d’expression,l’agressivité permet d’exprimer l’individualité. l’expression de l’individualité est malgré tout une expression de communication.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au fond, on prend la tridimensionnalité de la violence comme des facteurs biologiques.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il y a des facteurs biologiques, des facteurs liés à la personnalité du sujet sachant que l’agressivité est liée en partie à la difficulté d’être sociale, ainsi  un enfant, moins il est  socialisé jeune plus la violence et l’agressivité ressort. Ces trois cercles permettent de comprendre ces facteur d’échange socioaffectifs et dans quelle mesure cela peut être géré. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’enjeu fondamental pour limiter l’agressivité et la violence peut être la capacité que les individus ont à maitriser leur environnement. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’émotion est au cœur du sujet, c’est la perception et la lecture de sa situation. Le concept d’émotion est important car il permet de comprendre ces situations où il y a perte de rationalisation ; effectivement c‘est parce que l’on ressent une agression que l’on peut exprimer une agressivité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ces trois dimensions sont importantes et expliquent des situations agressogenes c’est-à-dire une situation de l’ordre de la perception. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si la science-politique s’intéresse à la violence  c’est parce que le cœur même de la science-politique est la question de l’action de l’action, si on parle de l’hypothèse que la violence est de l’action dès lors il y a une théorie à forger. D’autre part, c’est une théorie contextuelle c’est-à-dire le rapport entre l’individu et le collectif f mais c’est la dimension collective.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La question est de savoir comment passe-t-on d’un fait individuel à un fait collectif est comment peut-on qualifier la violence de fait sociétal.  On intègre dans une analyse d’une fonctionnement et de régulation social qui pose la question de la gestion politique comme un fait fondamentale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les théories classiques de la violence =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Hobbes et la théorie de la violence comme utilité sociale ==&lt;br /&gt;
[[Image:Thomas_Hobbes_(portrait).jpg|right|150px|thumb|Thomas Hobbes.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon [[La naissance du concept moderne de l’État|Hobbes]], il existe trois niveaux de violence possible :&lt;br /&gt;
*Niveau des relations interindividuelles dans l’état de nature ;&lt;br /&gt;
*Niveau de la guerre internationale ;&lt;br /&gt;
*Niveau de la  guerre entre souverain et rebelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hobbes dénombre trois causes de la violence :&lt;br /&gt;
*la rivalité ;&lt;br /&gt;
*la méfiance ;&lt;br /&gt;
*la fierté. &lt;br /&gt;
Il en découle des guerres et des conflits. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Niveau des relations interindividuelles dans l’état de nature ===&lt;br /&gt;
Ainsi, la violence est déraisonnable, c’est de l’espace de la passion. Le paradoxe est que la violence est passionnelle et déraisonnable mais elle donne lieu à une action rationnelle. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Opposition = déraison = passion = anarchie&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La question sous-jacent de de savoir si l’action peut être rationnelle peut-on dès lors parler d’irrationalité ?&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Niveau de la guerre internationale ===&lt;br /&gt;
Le passage à l’état de guerre est une théorie de l’État westphalien, ce sont des États qui se font la guerre.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La première hypothèse est le désir d’accumulation qui veut que chaque État veuille à un moment donné acquérir plus de puissance pour régner par rapport aux autres. L’état de guerre est un état d’accumulation qui va triompher grâce au souverain et aux institutions publiques, c’est un état d’appropriation des ressources. Pour que cela fonctionne cela ne signifie pas que la violence va être rapportée du côté de la guerre mais que l’État va devoir gérer sa propre violence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dans la théorie de [[La naissance du concept moderne de l’État|Hobbes]], la violence peut toujours ressurgir dans le cadre de l’État car il doit par essence être instrumentalisé vers des fins et des objectifs, il va devoir se défendre de l’extérieur mais aussi de la violence à l’intérieur de son propre système. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, Hobbes nourrit l’hypothèse que la violence va être canalisée mais elle va exister au sein de l’État même si l’enjeu fondamental est la guerre entre États. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Niveau de la  guerre entre souverain et rebelle ===&lt;br /&gt;
Même si il a y une violence à l’état de nature, une violence entre les État dans un système westphalien avec un contrôle de la violence au sein d’eux même, il n’empêche qu’il peut y avoir un troisième qui est la guerre entre le souverain est le rebelle entre celui qui détient le pouvoir et celui qui conteste.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce qui est intéressent dans la théorie de [[La naissance du concept moderne de l’État|Hobbes]] est qu’il décrit la violence comme une histoire et comme l’hypothèse que la violence reste et ne peut disparaitre entant que telle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== George Sorel et la violence contestataire ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Georges_Sorel.jpg|right|thumb|150px|Georges Sorel.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sorel est un socialiste d’État, un marxiste, un syndicaliste et un révolutionnaire puis il a va dériver vers l’extrême droite. Son ouvrage intitulé Réflexion sur la violence publié en 1906 est intéressent car il va poser la violence comme un collectif. Il va reprendre des éléments qui structurent en disant que la violence n’est pas de l’ordre du spontané, elle n’est pas de l’ordre du spontané et  de l’imprévisible, elle serait au contraire de l’ordre du constitué et d’une volonté en acte. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
:Chapitre 1. Lutte de classe et violence&lt;br /&gt;
:Chapitre 2. La décadence bourgeoise et la violence&lt;br /&gt;
:Chapitre 3. Les préjugés contre la violence&lt;br /&gt;
:Chapitre 4. La grève prolétarienne&lt;br /&gt;
:Chapitre 5. La grève générale productive&lt;br /&gt;
:Chapitre 6. La moralité de la violence&lt;br /&gt;
:Chapitre 7. La morale des producteurs&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si la violence est du collectif qui a pour usage de changer les rapports sociaux et de lutter contre la pauvreté et l’exploitation bourgeoise capitaliste il y a une forme de moralité  de la violence, dès lors elle n’est pas considérée comme amoral mais profondément morale. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La lutte des classes est une violence positive car c’est le moyen de faire pression sur les patrons pour obtenir une avancée sociale. Il faut regarder les formes de violence  qui peuvent animer le prolétariat pour obtenir réponse à ces demandes légitimes. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cela permet de comprendre aussi l’une des impasses du terrorisme et des mouvements extrémistes qui part d’une légitimité de la violence au nom de l’oppression qui est la théorie de l’anarchisme. Puisque la violence est légitime, on va commencer à agresser les bourgeois ce qui justifient d’une moralité des actes. Du point de vue éthique et philosophie, à partir du moment où l’on part de l’hypothèse de la violence comme morale on peut atteindre des extrêmes.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le débat sur la morale et la violence est traversée par la question de la politique et la façon dont on analyse la question du politique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== René Girard et la violence sacrificielle ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Ren%C3%A9_Girard.jpg|right|thumb|150px|René Girard.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
René Girard était un philosophe de formation né en 1923 et décéde le 4 novembre 2015&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Birnbaum (2015). ''Mort de René Girard, anthropologue et théoricien du « désir mimétique »''. ''Le Monde.fr''. Retrieved 5 November 2015, from &amp;lt;nowiki&amp;gt;http://www.lemonde.fr/livres/article/2015/11/05/l-anthropologue-et-academicien-francais-rene-girard-est-mort_4803285_3260.html&amp;lt;/nowiki&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il fut enseignant dans les plus grande universités américaines et est membre aussi de l’Académie française. Toute sa carrière a été portée sur des ouvrages de philosophie, de religion, d’éthique. Il est très intéressant car il se situe dans la grande lignée des anthropologues structuralistes et il a travaillé toute sa vie sur la question de la violence et du sacré.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
*La violence et le sacré&amp;lt;ref&amp;gt;La Violence et le Sacré (1990), René Girard, éd. Hachette, coll. Pluriel, 2004 (ISBN 2-01-278897-1)&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Le Bouc-émissaire&amp;lt;ref&amp;gt;Le Bouc émissaire, René Girard, éd. Grasset, 1982 (ISBN 2-253-03738-9)&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
*Le sacrifice&amp;lt;ref&amp;gt;Le sacrifice, René Girard, éd. Bibliothèque Nationale, 2003, (ISBN 2-717-72263-7)&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce qui est intéressant est qu’il va relire tous les mythes fondateurs des sociétés pour s’interroger sur la question de la violence. Son hypothèse fondamentale est que l’acte individuel ne sert à rien en lui-même, on doit le prendre dans une question de système collectif. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Au fond tous les individus sont pris dans un processus mécanique de stratégies d’imitation, c’est ce qu’il appelle la théorie du mimétisme. Les actes individuelles ne sont rien en soi et s’inscrivent dans un processus mimétique vis-à-vis de la société inscrites dans un destin collectif mimétique que cela soit dans les relations amoureuses autant que  dans les relations affectives. Ainsi la violence ne peut échapper à ce mimétisme.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le premier point théorie très fort de Girard est de dire que toute société est constituée dans la violence, c’est un concept structurant. Dès lors toute société se doit de contrôler la violence. Souvent la violence est de l’ordre du mythe et de la pratique sacrificielle, elle se doit de contrôler sa violence. Le paradoxe est que les sociétés vont se construire avec de la violence et se doivent de la contrôler.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La violence est un espace du mythe, du rituel et de la pratique sacrificielle, c’est-à-dire que toute société doit avoir un rapport consensualiste historique dans sa narration avec la violence. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La violence sociétale va pouvoir se réguler dans la théorie du bouc émissaire. Toute société selon René Girard construit d‘abord un rapport spécifique à la violence non pas pour l’interdire mais pour l’encadrer et la ritualiser. Il ne s’agit pas d’arrêter la violence mais de la structurer et de la canaliser. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dès lors la cause la plus importante est de travailler sur les mythes,puisque le mythe est au fondement de notre société. Le premier travail de philosophe est un travail d’analyse culturelle des mythes pour les déchiffrer non pas comme un simple récit mais pour comprendre la structure signifiante mimétique de la violence c’est-à-dire comment le mythe distribue et va construire la violence comme un phénomène qui va s’incorporer à la société.En les déchiffrant on voit apparaitre au fond les notions fondamentales qui permettant de comprendre comment émerge cette théorie du sacrifice nécessaire pour calmer les dieux.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’hypothèse de Girard est de dire que toute société doit conjurer la violence en élaborant des mythes qui deviennent eux-mêmes des rituels pour exorciser la violence tout en s’aident ou en encourageant une violence contrôlée. Puisque la violence est constitutive de la société il faut la contrôler et la canaliser mais aussi encourager par moment de  la violence contrôlée. La violence contrôlée fait fonctionner le système sociétal.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut détourner la violence propre à la société dans un système de société parce que le système de sacrifice fait cohésion. La théorie est que le détournement implique que le fidèle ne connaît pas le rôle joué par la violence. La théologie du sacrifice est que les dieux réclament des victimes,c’est pour satisfaire dieu permettant de retourner à un ordre normal. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La violence sacrificielle peut donc être entendue soit comme une violence de rechange ou une violence de substitution. On substitut une forme de violence acceptée par l’ensemble des acteurs au nom du bonheur collectif, c’est un transfert symbolique de la charge de la violence. Ce qui est en jeu est le transfert de la violence collective par un jeu collectif de redésignassions du coupable ou du fautif. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le sacrifice à une fonction sociale importante qui est d’apaiser les conflits internes à la société, il désigne un substitut, il désigne une tierce personne qui apaise les conflits. Le sacrifie permet d’apaiser les conflits internes à toute société d’où l’utilité de rendre le sacrifice constant calqué sur des rites symboliques très forts. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le sacrifice qui restaure l’état de pureté est une sorte de renaissance perpétuelle qui est le concept de bouc émissaire.C’est-à-dire que c’est  la théorie ou la violence s’expulse de la violence, il doit payer et expier le péché des autres,il est sacrifié au nom de tous les autres. On limite la violence au maximum mais on va y recourir à l’extrémité pour éviter une violence plus grand, c’est un transfert de charge.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le paradoxe est que du coup, la violence de la société s’expulse encore par de la violence.  Il ne peut pas avoir de société sans mythe qui est à l’essence même de la société, il ne peut y avoir de société sans espace mythique parce qu’il est au fondement même de la construction de ce rapport entre les individus et de la violence. De plus dans toute société il y a la capacité de production de bouc émissaire. Ainsi toute société produit des boucs émissaires, tout ceci se fait sans rationalité de jugement, on ne va pas se poser la question de la véracité de l’action néfaste du bouc émissaire. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le bénéfice est que le seul intérêt du dispositif et la perception selon laquelle la société gagne et a gagnée quelque chose en particulier, elle gagne une forme de cohésion autour d’un objectif commun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= État et violence politique =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Violence politique et violence extrême ==&lt;br /&gt;
Quatre concepts sont employés de nos jours :&lt;br /&gt;
*le concept classique de violence politique ;&lt;br /&gt;
*le concept de violence infrapolitique ;&lt;br /&gt;
*le concept de violence métapolitique ;&lt;br /&gt;
*le concept de violence extrême vs le barbare.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Concept classique de violence politique ===&lt;br /&gt;
Le concept classique de la violence politique instaure un lien entre l’usage de la violence et la puissance publique et politique. Il peut y avoir un rapport entre l’usage de la violence et la puissance publique et politique. Il n’y  a pas d’interrogation sur la légitimité de la violence, elle renvoie à la relation au politique qui s’exerce dans un cadre qui soit légitime ou illégitime.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Deux arguments évoqués pour justifier l’usage de la violence :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:1) La violence comme principe d’action défensive &lt;br /&gt;
C’est l’idée selon laquelle l’usage de la force serait légitime dans la mesure où le bien est défendu :&lt;br /&gt;
*soit l’État peut se tromper et il n’est pas infaillible ;&lt;br /&gt;
*soit l’État ne se trompe jamais et à ce moment-là il n’avait pas de raisons de remettre en cause la légitimité de sa violence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
:2) La violence au service d’une cause juste &lt;br /&gt;
Il s’agit d’un mode de légitimation qui a toujours existé&lt;br /&gt;
*légitimité des intentions guerrières ou des actions violentes par des argumentations idéalistes ;&lt;br /&gt;
*le rapport à la religion et à la morale sont le plus évoqués. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dans ces considération et cette conception de la violence politique il y a la question du but de la violence dans le but de défendre l’état de droit mais avec un danger du côté de acteurs publiques qui est que  si on est trop violent il est probable de remobiliser l’opposition. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La question symbolique et de savoir jusqu’où il est possible d’aller, la bavure qui est un acte de violence qui aboutit à une chose grave qui coûte très chère sur le plan symbolique et peut être des lors  dénoncé comme un acte barbarie et de brutalité. &lt;br /&gt;
Au-delà d’un certain seuil la violence répressive  suscite du rejet expliquant pourquoi lorsque les politiques usent de la violence ils doivent l’argumenter et  l’expliciter. La question de la violence politique passe souvent par la construction d’un discours. Il faut fabriquer une rationalité de jugement de l’usage de la violence.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La violence au service d’une cause juste est une interprétation morale de la violence. Le droit de la morale a un débouché important dans les années 1980 qui est la droit d’ingérence international.-&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le droit d’ingérence international a été une invention assez curieuse qui fut presque contre nature du droit international. Si des populations sont meurtries et victimes de génocides, la communauté internationale doit faire usage d’un droit d’ingérence international au nom du droit humain. Ainsi le droit humanitaire justifie l’intervention militaire dans certains pays. Dès lors l’intervention militaire peut se justifier au nom de la paix.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Le concept de violence infrapolitique === &lt;br /&gt;
Il rentre en relation avec les mutations économiques et politiques dans la planète des années 1980, c’est-à-dire dans l’affaiblissement de l’État-Nation avec une violence politique privatisé donnant la possibilité à des groupes armés qui vont se constituer en système de forces pour  user de la violence pour avoir un certain nombre de prérogatives territoriales, spatiales et  économiques. Ce sont des violences infrapolitique qui articule de façon compliquée la légalité et illégalité qui ne permet plus de démêler ce qui relèverait d’enjeux politique réelle de ce qui relèverait d’une criminalité organisé.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Cela  renvoie à un concept de privatisation de ressources et articule de manière conjointe légalité et illégalité dans des pays ou des régions défavorisées où  il y a des systèmes ou l’État-Nations n’a plus le pouvoir de contrôler le territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Concept de violence métapolitique ===&lt;br /&gt;
Le concept de violence métapolitique signifie que la violence dépasse les frontières du politique de l’État-Nation ou qui subordonne le politique à des nouveaux enjeux stratégiques.  Ce sont par exemple la violence politique ou religieuse, ou encore des violences qui surgissent de la modernité,c’est-à-dire de la  forme de violence métapolitique  au nom d’un intérêt général.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Origine de la violence métapolitique :&lt;br /&gt;
*critique de la surmodernité des sociétés avancées&lt;br /&gt;
*la critique de la laïcisation politique et de la perte de lien avec le spirituel&lt;br /&gt;
*ensemble des frustrations nées de la modernité &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
=== Violence extrême vs barbarie ===&lt;br /&gt;
La violence extrême est la violence qui a perdue tous les modes classique de régulation qui est souvent gratuite et qui aboutit à une perte de rationalité absolue.  C’est tout ce qui est de l’ordre de la violence gratuite spécifique comme le viole des femmes comme armes de guerres dans certains guerres africaines, mais aussi les guerres de purification ethnique, c’est détruire l’autre de façon absolue. Cela signifie le dérèglement des formes classique de la violence, elle est qualifiée d’extrême parce qu’elle est qualifiée de violence au-delà de la violence, c’est une violence qui n’aurait plus aucun rituel et qui est une cruauté extrême.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*exponentialité des violences physiques sur les personnes &lt;br /&gt;
*processus de régression par rapport au processus civilisation&lt;br /&gt;
*dérégulation des lois et principes de la guerre&lt;br /&gt;
*désinstitutionalisation de la violence : la violence n’a plus de forme institutionnelle &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, on peut se poser la question de savoir à partir de quel seuil peut-on parler de violence extrême. C’est une question de l’ordre de la philosophie, cependant dans le cas de la violence extrême, il y aurait peut-être un passage entre rationalité et irrationalité. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La théorie de la violence extrême met à mal toutes les théories de [[Guerre|Clausewitz]] et de [[La Renaissance italienne|Machiavel]] sur la guerre, on est au-delà de toute rationalité, on rentre dans la barbarie à l’état pure. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Michel Henry né en 1922 et décédé en 2000 rédigea un ouvrage intitulé ''La barbarie'' en 1987 constatant la montée de la violence extrême en s’interrogeant sur ce qu’est la barbarie et sur comment se joue l’amputation de l’homme dans un système de barbarie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Hannah Arendt [1906 - 1975] et le Mal radical ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Hannah Arendt.jpg|right|thumb|150px|Extrait d'un timbre allemand imprimé en 1988 à l'effigie de Hannah Arendt.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hannah Arendt est philosophe de formation, élève de Heidegger, elle s’exile en France entre 1933 et 1940 avant de s’installer aux États-Unis à partir de 1941. Elle est une philosophe politique très importante sur la société, la culture, le totalitarisme, la violence. C’est une philosophe incontournable du XXème siècle.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Arendt a vue les deux guerres mondiales, la Guerre froide, tous les totalitarismes, dans son ouvrage ''Le système totalitaire'' elle postule que le mal est en l’homme, au fond, le XXème siècle a inventé un mal inédit qui est un mal radical. C’est quelque chose qui était inconnu des hommes auparavant car c’est quelque chose qui résiste à toutes les catégories théologiques et philosophiques occidentales. Au fond, c’est quelque chose qui échappe à toute la connaissance qui  été accumulé sur la société, la guerre, la violence pendant des générations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{#ev:youtube|oIA97t0kjYw|375|center}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
C’est quelque chose qui est un mal absolu en l’homme. Il faut remonter à Kant car il abordé le mal absolu dans l’être humain, ainsi, il a montré qu’il y avait en l’homme une potentialité du mal impossible à penser et à conceptualiser. Ainsi, sa théorie est une tentative de penser le mal et le nouveau mal ainsi que la transformation du monde moderne qui était incompréhensible dépassant les formes de rationalités.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Arendt va contester la théorie du bouc émissaire à propos des juifs, ils ne porteraient pas simplement la mal des autres mais c’est l’antisémitisme nazi, on les tue avant tout parce qu’ils sont juifs.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ainsi, elle va travailler sur le mal radical dont apparait une notion importante qui est le concept de superfluité. Dès lors, il y a la possibilité de tuer en masse parce qu’a un moment donné l’homme n’est plus rien, il n’est plus un être conscient, dès lors il n’appartient plus à l’humanité. Elle dénote  trois types de camps de concentrations :&lt;br /&gt;
*Hadès : tout ce qui est au XXème siècle la gestion des apatrides, des asociaux ;&lt;br /&gt;
*Purgatoire : ce sont les camps de rééducation des individus que l’on considère dangereux ;&lt;br /&gt;
*Enfer : c’est le camp d’extermination qui est la mort concrétisé par les camps d’extermination des juifs. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
L’enfer est le lieu de la dépossession en tant qu’homme, l’homme est dépossédé d’abord juridiquement. La première chose qui arrive dans un camp de concentration est la soustraction de l’individu à la protection des lois. La deuxième chose est l’abandon à toute régulation, le camp devient un lieu sauvage ou il n’y a pas de gestion, les aristocrates sont les criminels ; c’est le lieu où se détruit la personnalité. La dernière phase est la destruction de l’individualité. Le projet nazi en tant que tel est de faire de l’homme un animal en l’obligeant à l’animalité pour survivre et se nourrir, en faire un être sans conscience. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Jorge Semprun raconte comment pour arriver survire dans cette violence absolue il fixe son regard sur un arbre qui représente une métaphore mythologie de la liberté.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Dès lors, l’absurde devient le mode de gestion pour arriver à l’animalité afin de faire perdre à l’homme la conscience de la solidarité qui lui aurait permis de survivre dans les camps expliquant la destruction de la conscience morale de l’homme avant son assassinat. Il faut noter qu’afin de réduire l’homme à l’état d’animal il faut réduire la capacité à penser le temps où on est projeté dans une immédiateté absolue qui détruit la cohésion.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Hannah Arendt et la banalité du mal ==&lt;br /&gt;
[[File:Adolf Eichmann at Trial1961.jpg|thumb|Adolf Eichmann en avril 1961 lors de son procès à Jérusalem.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Arendt va s’interroger sur le pardon et le procès Eichmann. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Adolf_Eichmann Eichmann] est un petit fonctionnaire nazi, il est chargé de la logistique de la déportation des juifs d’Europe. Son emploi  de petit fonctionnaire est d’encadrer les trains pour qu’ils partent vers l’est. Il sera récupéré par les services secrets israéliens en Argentine l’amenant à Jérusalem où il sera jugé.  &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
La grande question est de juger de sa culpabilité parce qu’au chef de l’accusation il va y avoir la question de l’extermination des juifs qui a été décidé en 1942 lors de la [http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Wannsee conférence de Wannsee], cependant aucune trace écrite n’a été conservée. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce qui frappe Arendt est qu’Eichmann est un petit fonctionnaire qui se comporte comme un petit fonctionnaire se défendant sur le fait qu’il a agi en tant que fonctionnaire en s’occupant de logistique de l’appareil de déportation. Ainsi ayant obéit aux ordres il ne se sent pas coupable, il n’a fait que son devoir. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le discours d’Arendt et de dire que l’on n’a pas à faire a un monstre inhumain mais un homme ordinaire. Ce n’est pas un monstre parce qu’il est simplement stupide ne comprenant pas le lien entre particulier et universel ne se sentant pas responsable. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
{{citation bloc|Nous nous attendions à rencontrer un monstre humain, nous avons eu à faire un homme ordinaire soit moins un monstre qu’un clown;}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le mal est dès lors ordinaire. Ce que décrit Eichmann est une réalité ordinaire, c’est quelque chose qui peut être en chacun de nous qui en fonction de circonstances particulières peut mener à commettre les plus grands crimes. L’homme dans des circonstances historique et politiques, s’il n’a pas une conscience spécifique il peut faire de choses dramatiques. L’esprit du mal veille est n’attend que le moment favorable pour pousser l’individu au mal radical.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Ce que montre le procès Eichmann est la banalité du mal. Au fond, dans la banalité du mal, il se passe que l’individu n’est pas dans la possibilité d’intégrer le réelle. Sa thèse fondamentale est que la méchanceté peut être causée par l’absence de pensée. Ce qui aurait poussé Eichmann à faire cela est qu’il ait été incapable de penser son action. Dès lors, il n’y a pas d’action sans pensé. Si on ne pense plus l’action on est dans la compulsion, on reproduit un dispositif sans le penser, des lors on a plus la capacité de penser sa propre action. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|Nous nous attendions à rencontrer un monstre humain mais nous avons affaire à un homme ordinaire… soit moins un monstre qu’un clown… L’homme mauvais serait donc chacun d’entre nous… S’il se laisse glisser et entraîner insensiblement il parvient dans des circonstances historiques et politiques à commettre les plus grands crimes. Il n’y a pas plus de génie dans le mal que dans le bien, mais seulement des hommes ordinaires, en qui l’esprit du mal veille et n’attend que le moment favorable pour souffler et les pousser au mal radical, de sorte qu’il y a disproportion entre le mal commis et l’apparence tout ordinaire de l’être humain qui l’a accompli;}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme aime à le souligner le professeur Rémi Baudoui, admirateur de Arendt, {{citation|IL N’Y A PAS D’ACTION SANS PENSÉE.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le concept de violence ==&lt;br /&gt;
La violence possède un caractère instrumental, elle s’apparente à la puissance mais elle n’est pas la puissance,  le pouvoir et une aptitude de l’homme à agir. La violence peut détruire le pouvoir en place mais elle est incapable de le créer.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Arendt va contester le concept de violence légitime de Max Weber ; il ne faut pas parler de violence légitime parce qu’il y a un usage de la violence fait par les États qui est illégitime ; d’autre part il n’a jamais eu de gouvernement exclusivement fondé sur la violence mais il faut parler de violence instrumentale c’est-à-dire de l’usage de la violence comme un instrument d’action. L’usage de la violence ou l’usage répété de la violence peut être considéré comme une forme d’impuissance absolue du politique. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Si à un moment donné il n’y a plus que le recours à la violence cela n’est plus faire de la politique. Dès lors, il y a des risques de substituer la violence au pouvoir c’est-à-dire de rentrer dans des régimes de terreurs tout comme l’avait énoncé Robespierre sous la terreur révolutionnaire  en justifiant le cycle de violence et de terreur absolue afin de gouverner au nom de la morale, de la justice et au nom de la République française. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le danger que pointe Arendt est que la violence peut devenir dans certains cas une fin en soi, alors, c’est la fin du politique et de la politique. Ainsi, la violence détruit le pouvoir mais ne peut le créer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|En résumé, il ne suffit pas de dire que, dans le domaine politique, il ne faut pas confondre pouvoir et violence. Le pouvoir et la violence s’opposent pas leur nature même ; lorsque l’un des deux prédomine de façon absolue, l’autre est éliminé. La violence se manifeste lorsque le pouvoir est menacé, mais si on la laisse se développer, elle provoquera finalement la disparition du pouvoir. Il en résulte que la non-violence ne devrait pas être considérée comme le contraire de la violence. Parler d’un pouvoir non-violent est en fait une tautologie. La violence peut détruire le pouvoir, elle est parfaitement incapable de le créer.|Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, trad. fr G. Durand, Paris, Calmann-Lévy, 1972, p.166}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
*Arendt, Hannah, and Dominique Séglard. &amp;quot;Édifier Un Monde&amp;quot;: Interventions, 1971-1975. Paris: Éditions Du Seuil, 2007. Print.&lt;br /&gt;
*Sorel, George : [http://www.singulier.eu/textes/reference/texte/pdf/Sorel_Reflexions_violence.pdf Reflexion sur la violence] (livre)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:science-politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:théorie politique]]&lt;br /&gt;
[[Category:Rémi Baudoui]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Damien</name></author>
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