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	<title>Baripedia - Contributions [fr]</title>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Les_co%C3%BBts_sociaux_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51247</id>
		<title>Les coûts sociaux de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:59:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* L’environnement plus que le travail */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les nouveaux espaces =&lt;br /&gt;
[[Fichier:Évolution de la population urbaine de l'europe 1000 - 1980.png|vignette|300px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bassins et villes industrielles ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Bassins et villes industrielles révolutoin industrielle.png|vignette|300px]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1800, selon la loi des 15%, la population urbaine ne pouvait excéder les 15%&amp;lt;ref&amp;gt;Utenda. &amp;quot;La Loi Des 15%.&amp;quot; Flashcards. Quizlet, 1 Aug. 2014. Web. 03 Oct. 2014. &amp;lt;http://quizlet.com/45990358/heg-flash-cards/&amp;gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cela commence à changer à partir de 1850. Néanmoins, à la fin du XIXe siècle, les paysans constituent toujours la très grande majorité de la population. Il faut attendre les 1950 pour voir le taux d'urbanisation dépasser les 50% en Europe. Aujourd'hui, le taux d'urbanisation est supérieur à 70%. Le premier bassin est  l’Angleterre, puis vient la Ruhr allemande et le nord de la France. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut faire une distinction entre les pays noirs et les villes textiles :&lt;br /&gt;
#les '''pays noirs''' : ce terme est utilisé à cause de la fumée qui se déverse à la campagne. Ce sont les pays du charbon et de métal. Des villages qui tout à coup deviennent des villes industrielles à toute vitesse à cause du charbon puis de la sidérurgie qui suit. Jusque-là, le monde ne bougeait pas. Et tout à coup ces blocages s’effacent, c’est l’industrialisation qui brise ce modèle. La normalité de nos sociétés est aujourd’hui la croissance, on se considère en crise si on n’évolue pas. C’est un fait nouveau et les gens sont pris par la peur d’un désastre. Le charbon est une nouvelle industrie, contrairement au textile et à la sidérurgie, sans compter qu’il demande énormément d’ouvriers. C’est le charbonnage qui fait que les pays noirs se développent beaucoup plus. Pays du fer et du charbon, on y trouve usines sidérurgiques et mines. Quand Cockerill arrive à Seraing, la population est de 2.000 habitants, un siècle plus tard, elle est de 44.000 habitants. La différence quantitative fait lors du recrutement des mineurs : il fallait, jusqu’en 1920, travailler au piolet, et donc embaucher des « immigrés » de la campagne. Le phénomène est le même que pour l’industrie textile. Les usines doivent s’installer sur un seul étage (industrialisation de plain-pied) vu que les matériaux sont lourds ; une telle industrie ne peut se construire en ville, et l’industrialisation se fait donc à la campagne, là où il y a de la place et du charbon. Ceci crée les bassins industriels. &lt;br /&gt;
#les '''villes textiles''' : les usines pouvaient y aller en hauteur grâce à l’extrême division du travail (tissage, filage, teinture…). Ces usines s’intègrent donc dans l’espace urbain. De telles zones apparaissent au nord de la France, en Belgique… de tels bassins se caractérisent par une densité de population effroyable : tous les artisans proto-industriels partant en faillite à cause de l’industrie textile venant travailler dans ces fabriques urbaines, l’urbanisation s’y fait de manière quasi anarchique. On construit dans chaque espace disponible. Le nombre de travailleurs dans le textile n’a pas changé, mais la production a explosé étant donné que la proto-industrie est remplacée par des entreprises modernes : il y a donc eu gains de productivité. Dans la ville industrielle, il n’y a ni hôtel de ville ni place publique ; l’espace public est l’usine. Ce sont de petits bourgs qui se développent tout à coup rapidement. Les usines s’installent en ville où se trouvent déjà les commerçants enrichis au XIXe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|Quand on a passé le lieu appelé la Petite-Flémalle, la chose devient inexprimable et vraiment magnifique. Toute la vallée semble trouée de  cratères en éruption. Quelques-uns dégorgent derrière les taillis des tourbillons de vapeur écarlate étoilée d’étincelles; d’autres dessinent lugubrement sur un fond rouge la noire silhouette des villages; ailleurs les flammes apparaissent à travers les crevasses d’un groupe d’édifices. On croirait qu’une armée ennemie vient de traverser le pays, et que vingt bourgs mis à sac vous offrent à la fois dans cette nuit ténébreuse tous les aspects et toutes les phases de l’incendie, ceux-là embrasés, ceux-ci fumants, les autres flamboyants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce spectacle de guerre est donné par la paix; cette copie effroyable de la dévastation est faite par l’industrie. Vous avez tout simplement là sous les yeux les hauts fourneaux de M. Cockerill.|Victor Hugo (1834), Voyage le long du Rhin}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Deux types de développement démographique ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[File:Vue de Verviers. Joseph Fussell (1818-1912).jpg|thumb|right|upright=1.1|''Vue de Verviers'' (Milieu du XIXe s.)&amp;lt;br/&amp;gt;Aquarelle de J. Fussell.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Développement démographique saint Etienne vs Roubaix.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les villes textiles, les artisans ruraux éparpillés viennent se concentrer en ville. Ils quittent les campagnes pour venir s’installer près des usines étant donné que cela prend beaucoup de temps de se déplacer de la campagne à l’usine. Ce qui est intéressant est que le nombre de travailleurs du textile est resté le même pour une explosion des gains de productivité. En ville, il y a une concentration des forces dispersée. Verviers est par exemple une ville textile où on dénombre 35000 habitants au début XIXe siècle et 100000 habitants à la fin du XIXe siècle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Concernant les régions sidérurgiques, les ouvriers se concentrent dans les bassins industriels dans les pays noirs, il n’y a pas non plus d’explosion d’ouvriers. La machine à vapeur permet d’aérer les galeries des mines, mais il faut des travailleurs. Les pays noirs connaissent une explosion démographique étant due à l’industrie charbonnière. Par exemple, à Liège,  la population augmente de 50000 habitants à 400000 habitants.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De la ville, les agglomérations ont la densité et l’accumulation des populations. Du village, ces bourgades qui ont énormément crû ont conservé l’organisation rudimentaire, le peu de polices, les administrations presque inexistantes, les services publics déficients en ce qui concerne l’hygiène publique, l’instruction primaire et professionnelle archaïque… les grandes villes, elles, se dotent de l’eau courante, de l’électricité, de l’université, des administrations ; bref, de tous les attributs d’une ville moderne. La ville de Seraing (industrielle) s’endette jusqu’au cou pour construire des écoles primaires qui ne suffisent pas vu que la croissance démographique y est énorme. Le dernier prêt permettant la construction d’écoles au XIXe siècle n’a été remboursé qu’en 1961. Ceci se fait parce que la masse fiscale de telles villes est faible vu que les salaires des ouvriers sont faibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conditions de logement et hygiène ==&lt;br /&gt;
Les espaces sont sous-équipés. Les villes textiles subissent le premier choc parce que ce sont des espaces déjà denses, et il faut accueillir une population nouvelle. On rajoute des étages, on construit des logements au-dessus des ruelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l’immense majorité des cas, le développement des pays noirs est tout aussi anarchique. Les ouvriers vivent comme des animaux dans des espèces de bidonvilles. Ces espaces sont à l’origine d’un cercle vicieux, car ces taudis ne sont pas faits pour durer et on ne peut pas amener l’eau, car c’est très étendu donc ça coute cher. D'autre part, ces taudis sans fondations en danger menacent d'effondrement. Il est impossible d'améliorer l’hygiène de ces villes. La seule solution est de bâtir à nouveau. On passe du stade de village à celui de commune avec énormément d’habitants,mais sans être des villes. Les infrastructures ne suivent pas. Au milieu du XIXe siècle, Pasteur fait ses découvertes concernant l’hygiène et les microbes. Certaines villes font appel à lui pour faire construire des canalisations, mais des affaissements de terrain dus aux mines abandonnées y détruisent tout. On peut donc remarquer qu’il est extrêmement difficile de construire des installations d’hygiène et d’eau lorsque les constructions sont déjà faites de manière anarchique. De plus, les taudis ne vont pas en hauteur, mais en largeur, et s’étalent, il faut donc des kilomètres de canalisation là où dans une ville bien agencée, une petite portion de canalisations suffirait pour des centaines d’habitants. De plus, les fumées rejetées par les cheminées des fourneaux font que le pays est littéralement noir de pollution.&lt;br /&gt;
Nous avons vu que les conditions sociales ont été pénibles dans les pays tard venus ; l’Allemagne représente une exception. Les Allemands ont appris des erreurs commises en Belgique et en France pour construire des logements un tant soit peu salubres, dans des rues clairement tracées. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|On construisit des habitations telles quelles, insalubres le plus souvent, en dehors d’un plan général arrêté. Maisons basses, en contrebas du sol, sans air ni lumière ; une pièce au rez-de-chaussée, pas de pavé, pas de cave ; un grenier comme étage ; aération par un trou, muni d’un carreau de vitre fixé dans la toiture ; stagnation des eaux ménagères ; absence ou insuffisance des latrines ; encombrement et promiscuité.|Dr. Kuborn, 1907, sur Seraing.}} &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|C’est « sur ces lieux insalubres, sur ces repaires infects, que les maladies épidémiques s’abattent comme l’oiseau de proie plonge sur sa victime. Le choléra nous l’a démontré, la grippe nous en rappelé le souvenir, et peut-être, le typhus nous donnera-t-il un de ces jours un troisième exemple.|Dr. Kuborn, 1907, sur Seraing.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Une alimentation déficiente et des salaires bas ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Une alimentation déficiente et des salaires bas.png|300px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les marchés mettent très longtemps à s’organiser et il y a très peu de commerçants et d’épiciers dans les villes industrielles.  Ces commerçants pratiquent des prix exagérés profitant de leur situation engendrant un endettement des ouvriers. Les entreprises ont essayé de réagir via le truck-system : le salaire est payé en partie en denrées alimentaires ou en biens de consommations domestiques que l’entreprise achète en gros. Le truck-system donne un pouvoir de l’entreprise sur la survie immédiate. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’ouvrier est considéré comme immature. Durant tout le XIXe siècle, va être entamée une réflexion sur le salaire minimum de l’ouvrier afin qu’il puisse vivre sans le liquider dans la débauche. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Émerge la loi d’Engel : {{citation|Plus un individu, une famille, un peuple sont pauvres, plus grand est le pourcentage de leur revenu qu'ils doivent consacrer à leur entretien physique dont la nourriture représente la part la plus importante}}. Cette loi permet de mesurer le degré de pauvreté d’un peuple, d’une famille ou d’un individu pour voir quel pourcentage de son revenu il consacre à se nourrir. Le faible revenu fait que la majorité de la population ne peut pas payer d’impôts. Cela met en exergue la dureté de la condition ouvrière. Le salaire réel commencera à augmenter quand la révolution industrielle va être bien installée dans la seconde moitié du XIXe siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d’autres termes, la loi d’Engel est une loi empirique avancée en 1857 par le statisticien allemand Ernst Engel&amp;lt;ref&amp;gt;Ernst Engel, Die Lebenskosten belgischer Arbeiterfamilien frueher und jetzt. Ermittelt aus Familienhaushaltsrechnungen und vergleichend zusammengestellt, Bulletin of the International Institute of Statistics, 9, 1895, pp.57 et suiv.&amp;lt;/ref&amp;gt;. D'après cette loi, la part du revenu allouée aux dépenses alimentaires (ou coefficient d'Engel) est d'autant plus faible que le revenu est élevé. Même si la proportion d'une catégorie de biens est réputée décroissante dans un budget de consommation donné, cela n'empêche pas que si le revenu augmente, la dépense allouée à l'alimentation, exprimée en valeur absolue, augmente&amp;lt;ref&amp;gt;Loi d'Engel. (2013, novembre 21). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 20:36, octobre 8, 2014 à partir de http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Loi_d%27Engel&amp;amp;oldid=98523654.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le jugement ultime : la mortalité des populations industrielles =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Le paradoxe de la croissance ==&lt;br /&gt;
Il y a croissance, certes, mais elle se fait au prix d’urbanisation sauvage ; les conditions de vie sont déplorables : hygiène, maladies et tout le bataclan qui vient avec. Dans les villes anglaises vers 1820-1830, au Creusot vers 1840, en Belgique orientale vers 1850-1860, en 1900 à Bilbao, l’espérance de vie tombe à 30 ans. Une génération dans chaque pays a donc payé l’entrée dans la modernité. En parallèle, la mortalité régresse dans les campagnes voisines du fait des ressources plus nombreuses et plus accesibles.&lt;br /&gt;
Les conditions de travail sont dénoncées par les premiers « syndicats ».&lt;br /&gt;
Pourtant, les adultes mourraient moins que les jeunes. L’explication vient du fait que la majorité des ouvriers sont des immigrés venus des campagnes, ce sont donc les plus forts et les plus audacieux uniquement qui y vont, le reste ne voulant pas quitter leur verte campagne. Ceci explique la relative faible mortalité des adultes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’environnement plus que le travail ==&lt;br /&gt;
L’environnement a un rôle meurtrier encore plus important que le travail, bien que les conditions de travail soient épouvantables. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La loi le Chapelier promulguée en France le 14 juin 1791 est une loi proscrivant les organisations ouvrières, notamment les corporations des métiers, mais également les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;Loi Le Chapelier.&amp;quot; Wikipédia, l'encyclopédie libre. 15 sept 2014, 08:00 UTC. 3 oct 2014, 17:39 &amp;lt;http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Loi_Le_Chapelier&amp;amp;oldid=107461787&amp;gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette loi est utilisée pour interdire les syndicats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les émigrants qui arrivent dans les bassins industriels sont les plus robustes, les plus ouverts à la prise de risque et ils ont donc une espérance de vie un peu plus haute faisant que les adultes sont un peu épargnés. Néanmoins, la vieillesse vient plus tôt. On s’use littéralement au travail. Les enfants sont les premières victimes à cause des eaux souillées causant de la déshydratation et des diarrhées. Les conditions de conservation des aliments contribuaient aussi à la mortalité infantile. Par exemple, le lait était amené depuis la campagne posant des problèmes de conservation et de transport participant à l'élévation du taux de mortalité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les épidémies de choléra ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Peur bleu choléra cheminement.png|300px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le choléra, qui vient d’Inde, commence à se répandre en pandémies (épidémies à l’échelle mondiale). Ceci commence avec la colonisation britannique en Inde, puis se répand. Progressivement en 1840 - 1855, la première pandémie mondiale se propage de l’Inde vers la Chine, la Russie, retourne en Inde, suit le chemin de la Mecque, arrive en Europe, parvient à traverser l’Atlantique et touche les États-Unis, l’Amérique centrale et l’Amérique latine. Le cheminement est intéressant, elle développe en Europe l’idée de la « barbarie asiatique » menaçant la civilisation (la seule, l’unique civilisation, qui est l’Européenne). Après avoir enfin connu la croissance, l’Europe a peur de « s’écraser ». La modernité « fragilise » puisqu’elle permet aux faibles de survivre aux petites épreuves, puis d’attraper une maladie infectieuse et de contaminer tout le monde. On a peur d’une chute brutale. La médiatisation des épidémies (« Le choléra arrive ! » ; « Premiers morts à Berlin ! ») rajoute à la peur populaire.&lt;br /&gt;
Il y a de plus une inégalité sociale terrible. On meurt 8 fois plus du choléra quand on est pauvres que quand on est riches, et les épidémies creusent les inégalités sociales. Le virus du choléra est tué par les acides gastriques, si on est bien nourris (viande…) on est donc immunisés Par contre, le pain et les patates…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Choéra taux de mortalité par profession en haute marne.png|200px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De grandes épidémies touchent la France après les révolutions de 1830 et 1848. Les pauvres sont en colère, accusant les bourgeois de vouloir empoisonner la fureur populaire. L’armée du tsar est obligée de réprimer des manifestations à Moscou après des épidémies. Les médecins jouent le rôle d’intermédiaires, et sont écoutés par la population en raison de leur dévouement. Ils sont formés dans des facultés, ont une éducation scientifique. Leur bonté est cependant mise à rude épreuve durant les épidémies. Pasteur n’arrivant qu’en 1885, ils ne savent pas ce qu’est un virus, d’où des techniques de guérison qui peuvent nous sembler pas très orthodoxes, mais qui n’étaient en fait pas très ridicules à l’époque. En effet, les médecins observaient de près les étapes de la maladie, et tentaient. Dans le cas du choléra, de réchauffer le malade dans la phase « froide » et de le fortifier avant qu’arrive la dernière phase, celle qui allait déterminer la survie ou la mort. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:choléra pandémie 1840 - 1855.png|300px|vignette]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, le préfet Haussmann a mené la politique d’assainissement de Paris, en repoussant les petites gens jusque dans les banlieues, en construisant des infrastructures et de grands boulevards. D’où la crainte des bourgeois de la population qui « descend » sur Paris, qui marche sur Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La « question sociale » =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La distinction ne se fait plus sur le sang, mais sur le statut social engendrant une élite bourgeoise. Est internalisée une hiérarchie sociale et morale. L’élite est constituée d'individus qui, ayant réussi à gérer leurs affaires, possèdent donc le crédit nécessaire afin de gérer le pays. Ce sont d'ailleurs pendant un moment les seuls à pouvoir voter. Les ouvriers sont vus comme des enfants cédant à l’alcoolisme. Une idée reçue par les ouvriers est qu'il ne faut pas se mettre en colère, car cela pourrait amener le choléra, c'est pourquoi il n'y a pas de manifestation. Dans ce contexte, les bourgeois deviennent paranoïaques des banlieues ouvrières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation bloc|Si vous osez pénétrer dans les quartiers maudits où [la population ouvrière] habite, vous verrez à chaque pas des hommes et des femmes flétries par le vice et par la misère, des enfants à demi nus qui pourrissent dans la saleté et étouffent dans des réduits sans jour et sans air. Là, au foyer de la civilisation, vous rencontrerez des milliers d’hommes retombés, à force d’abrutissement, dans la vie sauvage ; là, enfin, vous apercevrez la misère sous un aspect si horrible qu’elle vous inspirera plus de dégoût que de pitié, et que vous serez tenté de la regarder comme le juste châtiment d’un crime [...]. Isolés de la nation, mis en dehors de la communauté sociale et politique, seuls avec leurs besoins et leurs misères, ils s’agitent pour sortir de cette effrayante solitude, et, comme les barbares auxquels on les a comparés, ils méditent peut-être une invasion.|Buret, cité par Chevalier, 594-595.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=La_R%C3%A9volution_Industrielle_au-del%C3%A0_de_l%27Europe_:_les_%C3%89tats-Unis_et_le_Japon&amp;diff=51246</id>
		<title>La Révolution Industrielle au-delà de l'Europe : les États-Unis et le Japon</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=La_R%C3%A9volution_Industrielle_au-del%C3%A0_de_l%27Europe_:_les_%C3%89tats-Unis_et_le_Japon&amp;diff=51246"/>
		<updated>2022-01-08T10:54:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Les spécificités du Japon */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le cas des États-Unis = &lt;br /&gt;
{{Article détaillé|La conquête du territoire|La Constitution des États-Unis et la société du début du XIXe siècle|La Guerre de Sécession et la Reconstruction aux États-Unis : 1861 - 1877}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alexander Hamilton portrait by John Trumbull 1806.jpg|right|thumb|100px|Alexander Hamilton.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un marché intérieur de taille ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les États-Unis n’allaient pas chercher la richesse en exportant, mais s’appuyaient plutôt sur leurs marchés de consommation intérieurs, à savoir sur les ménages et les entreprises) La part de la richesse nationale réalisée en interne est très grande. Les États-Unis sont avantagés par leur taille démographique. Au XIXe siècle, 29 millions d’Européens vivent hors d’Europe, dont plus de 23 millions aux États-Unis. Ceci soutient une politique d’indépendance. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, être une colonie impliquait l’interdiction de s’industrialiser, et ne pas avoir l’autonomie financière ni l’autonomie douanière. Les États-Unis étaient des « marchés captifs » : les Anglais envoyaient des bateaux aux Indes, les chargeaient de thé, puis vendaient ce thé aux Américains moyennant le prix du thé + une taxe douanière (alors que les colonies n’étaient pas un État indépendant de l’Angleterre, et que les « frontières » entre les deux pays étaient en principe libre ; d’où le Boston tea party). Voulant développer une industrie (afin que les consommateurs américains ne dépendent pas des produits européens), les États-Unis développent donc une politique d’indépendance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[De l’empire à la fédération : le cas américain|Alexander Hamilton]] (1755 - 1804) va rédiger le premier traité de protectionnisme économique en stipulant de ne pas mettre de taxe d’export, mais taxe d’import. L’État crée une distorsion de concurrence. Pour que le produit local soit le meilleur marché, le gouvernement va intervenir afin d'aider à se développer sans concurrence anglaise ou européenne. 1865 avec fin de la [[La Guerre de Sécession et la Reconstruction aux États-Unis : 1861 - 1877|guerre de Sécession ]] est une date importante, car c'est la victoire du protectionnisme contre le Sud libre-échangiste en raison de son commerce de coton.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Dynamisme et protectionnisme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette politique d’indépendance va de pair avec une politique protectionniste. L’idée est qu’étant un &amp;quot;petit poucet&amp;quot; confronté à l’Angleterre et à sa toute-puissance parce que les produits anglais sont imbattables en termes de prix, les américains ne peuvent que mettre en place des droits douaniers. La taxe d’importation sur les produits anglais ainsi instaurée était suffisamment élevée pour permettre aux entreprises américaines de survivre à la concurrence. Les États-Unis ont donc commencé par être adeptes du protectionnisme (Alexander Hamilton, premier secrétaire d’État au trésor, soit Premier ministre des Finances des États-Unis, était un grand théoricien du protectionnisme). &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation des États-Unis s’est surtout faite dans les États du Nord, tandis que les États du Sud vivaient du coton (et leur main-d’œuvre était les esclaves). Les planteurs du Sud vendaient leur production aux États du Nord, mais aussi à l’Angleterre ; or la Perfide Albion taxait le coton américain pour répondre au protectionnisme de leurs ex-colonies concernant le textile anglais. Les États du Sud étaient ainsi libre-échangistes (le libre-échange leur aurait permis de vendre leur coton) quand ceux du Nord étaient protectionnistes (vu que le protectionnisme leur permettait de ne pas subir la concurrence anglaise). &lt;br /&gt;
La révolution industrielle a été protégée par l’État. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation a été extrêmement rapide et dynamique. De 1820 à 1910, le PNB européen a triplé tandis que celui des États-Unis  a été multiplié par 11. Le PNB par habitant y a presque triplé sur la même période. La population des États-Unis est multipliée par 4, notamment grâce à la permanence des flux migratoires (vu que les États-Unis sont riches désormais, ils attirent les populations). L’industrie américaine n’a jamais manqué de main-d’œuvre, et l’afflux des capitaux se fait de manière simultanée. Les États-Unis sont déjà vus comme étant synonymes de développement, de richesse, de prospérité, de dynamisme… ils bénéficient d’un avantage relatif à la taille du pays (richesses et ressources ; le Mississippi était ainsi aussi puissant que moult machines à vapeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1913, les États-Unis sont déjà la première puissance mondiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les spécificités du Japon =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Black and white photo of emperor Meiji of Japan.jpg|100px|right|thumb|L'empereur Meiji vers la fin de son règne.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Japon est un cas très particulier, et était jusqu’au début du XXIe siècle la deuxième économie mondiale. L’échec de la révolution industrielle dans des pays comme l’Égypte ou ceux d’Amérique latine ont fait croire que « la modernité était un truc de blancs». Pourtant, le Japon a réussi. En effet, nombreux sont les pays d’Asie ou d’Afrique ayant connu un décollage industriel, mais le Japon est le seul à ne pas avoir été brisé. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Japon était un pays complètement fermé (politique de fermeture des Tokugawa entre 1640 et 1853, qui ont gagné les guerres civiles au XVIIe siècle, et leur shogunat a maintenu la paix sous dictature militaire, tout en fermant le Japon aux étrangers). Ce renfermement n’était cependant pas total, car contrairement aux pays colonisés par les Européens, où les microbes inconnus par les indigènes (ex. grippe) provoquent une crise de mortalité au sein du peuple colonisé, il n’y a pas eu de telle crise au Japon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:1854 shimoda 02.jpg|right|thumb|200px|Exercice des troupes américaines à Shimoda devant l'envoyé de l'empereur, le 8 juin 1854, lithographie de 1856.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1853, une flotte militaire américaine débarque au Japon, par la route du Pacifique. Les États-Unis voulaient accéder au marché japonais pour y vendre des produits de l’industrie américaine. En usant de la  menace militaire, ils forcent les Japonais à commercer avec eux. Le traité de Kanagawa permet ainsi aux Américains de commercer librement, sans la moindre taxe, avec l’archipel nippon.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ceci cause un réveil chez les Japonais, qui prennent conscience du fait qu’ils avaient à s’ouvrir et à se moderniser pour ne pas être colonisés. La révolution Meiji, qui eut lieu à partir de 1868, a consacré le démarrage de l’économie japonaise. Plusieurs mesures sont alors adoptées :&lt;br /&gt;
*La réforme agraire : la société du Moyen Âge est, comme en Europe, une immense paysannerie. Avant la révolution Meiji, les paysans payaient des taxes proportionnellement à leur récolte. Le gouvernement Meiji remplace cet impôt progressif par des taxes fixes (2.5% de la valeur de la terre). L’État connait donc à l’avance le montant de ses récoltes fiscales annuelles, tandis que les paysans sont encouragés à produire plus. &lt;br /&gt;
*Le gouvernement finance des bateaux de migrants vers le Brésil et le Pérou (un descendant d’immigré japonais, Alberto Fujimori, deviendra d’ailleurs président du Pérou dans les années 1990) afin de ne pas se retrouver en surpopulation. &lt;br /&gt;
*L’État crée un tissu industriel conséquent (industries modernes inspirées de celles anglaises) et vend assez rapidement ces entreprises aux privés. Il obtient l’adhésion des grands seigneurs, et leur donne un accès privilégié à l’industrie en leur présentant ce travail comme une tâche patriotique.&lt;br /&gt;
*L’État importateur : l’État envoie des émissaires en Europe pour acheter des machines, des plans d’usines, des techniques de fabrication d’armes…en faisant le tour des villes, on apprend ensuite aux artisans comment se servir de telles machines, qui sont relativement simples. Très rapidement, le Japon n’est plus dépendant des fabricants occidentaux. &lt;br /&gt;
*L’appropriation. Les japonais s’approprient la technologie occidentale et commencent à y apporter leurs améliorations. Le Japon n’a pas recours aux experts européens, mais envoie ses jeunes se former en Europe. Apparait donc une élite de gens aussi compétents que patriotes. &lt;br /&gt;
*L’enseignement favorise l’appropriation. Dès le XVIIe siècle, l’enseignement était déjà assez développé au Japon. Au milieu du XIXe siècle, seulement 50% de la population japonaise était analphabète bien que l’alphabet soit plus compliqué que l’alphabet latin. Parti sur cette base, le Japon a développé un système éducatif sur le modèle américain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le Japon, afin de ne pas dépendre d’un seul pays, a emprunté des techniques et des savoirs-faire d’un peu partout. La marine militaire japonaise s’inspire de la Royal Navy anglaise, l’infanterie, de la grande armée de Napoléon, la Constitution est réalisée sur le modèle allemand. Tous ces éléments permettent le succès du Japon. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Treaty of Portsmouth.jpg|thumb|right|200px|Russes et japonais lors des négociations du traité de Portsmouth (1905).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1905, à la surprise générale, la flotte japonaise triomphe de la flotte russe dans le golfe de Tsushima tandis que dans le golfe de Port Arthur, en Chine, le Japon défait les troupes terrestres russes. C’est la première victoire durable d’un peuple non-occidental sur un peuple occidental. Le Japon affirme ainsi son indépendance et devient une puissance reconnue. Ce modèle japonais est très ambigu : à peine indépendant, le Japon devient colonisateur. La Corée, Taïwan et une partie de la Chine deviennent des colonies japonaises. En 1910, le Japon se situe entre la 14e et la 18e place au monde, mais sur le plan industriel, il est déjà au niveau de la Russie ou de l’Italie. Dans les années 1930 et après la Seconde guerre mondiale, le Japon continuera son ascension dans la hiérarchie internationale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*Foreign Affairs,. (2015). How Europe Conquered the World. Retrieved 8 October 2015, from https://www.foreignaffairs.com/articles/europe/2015-10-07/how-europe-conquered-world&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51245</id>
		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:35:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Les profits */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le faible coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits élevés =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et la démocratisation les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Ce coût élevé des transports favorise l'apparition d'une multitude de petites usines approvisionnant les marchés locaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière qui protège les industries locales des grandes entreprises : un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs, au début, un phénomène local et régional (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis, la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Il est alors suffisant d'être concurrentiel dans un rayon de 50km, les coûts de transports faisant que la concurrence extérieure à ce périmètre n’est pas élevée. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégée de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien plus avancés. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850. C'est à ce moment-là que disparaitra une partie des petites industries jusqu'alors protégées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négative avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent un développement industriel à moindre coût pour les patrons. Le salaire ne représentait que le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, les fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salaires est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés pour le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert de moins en moins de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants, bien moins payés que les hommes ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile, où l'habilité est un atout. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des hommes adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employeur, puisque la part de population active étant plus importante, l’offre de main d'oeuvre est plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’Occident et de la révolution industrielle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre : les premières technologies industriels sont relativement proches des techniques utilisées dans la proto-industrie. Il existe aussi une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. &lt;br /&gt;
Tout cela est aussi lié avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs afin que les travailleurs restent dociles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
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		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:35:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Le coût des investissements */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le faible coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et la démocratisation les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Ce coût élevé des transports favorise l'apparition d'une multitude de petites usines approvisionnant les marchés locaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière qui protège les industries locales des grandes entreprises : un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs, au début, un phénomène local et régional (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis, la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Il est alors suffisant d'être concurrentiel dans un rayon de 50km, les coûts de transports faisant que la concurrence extérieure à ce périmètre n’est pas élevée. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégée de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien plus avancés. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850. C'est à ce moment-là que disparaitra une partie des petites industries jusqu'alors protégées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négative avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent un développement industriel à moindre coût pour les patrons. Le salaire ne représentait que le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, les fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salaires est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés pour le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert de moins en moins de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants, bien moins payés que les hommes ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile, où l'habilité est un atout. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des hommes adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employeur, puisque la part de population active étant plus importante, l’offre de main d'oeuvre est plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’Occident et de la révolution industrielle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre : les premières technologies industriels sont relativement proches des techniques utilisées dans la proto-industrie. Il existe aussi une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. &lt;br /&gt;
Tout cela est aussi lié avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs afin que les travailleurs restent dociles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51243</id>
		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51243"/>
		<updated>2022-01-08T10:34:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* La simplicité de la technique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et la démocratisation les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Ce coût élevé des transports favorise l'apparition d'une multitude de petites usines approvisionnant les marchés locaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière qui protège les industries locales des grandes entreprises : un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs, au début, un phénomène local et régional (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis, la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Il est alors suffisant d'être concurrentiel dans un rayon de 50km, les coûts de transports faisant que la concurrence extérieure à ce périmètre n’est pas élevée. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégée de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien plus avancés. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850. C'est à ce moment-là que disparaitra une partie des petites industries jusqu'alors protégées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négative avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent un développement industriel à moindre coût pour les patrons. Le salaire ne représentait que le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, les fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salaires est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés pour le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert de moins en moins de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants, bien moins payés que les hommes ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile, où l'habilité est un atout. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des hommes adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employeur, puisque la part de population active étant plus importante, l’offre de main d'oeuvre est plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’Occident et de la révolution industrielle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre : les premières technologies industriels sont relativement proches des techniques utilisées dans la proto-industrie. Il existe aussi une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. &lt;br /&gt;
Tout cela est aussi lié avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs afin que les travailleurs restent dociles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
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		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:31:05Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Les conditions sociales en matière d’emploi */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et la démocratisation les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Ce coût élevé des transports favorise l'apparition d'une multitude de petites usines approvisionnant les marchés locaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière qui protège les industries locales des grandes entreprises : un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs, au début, un phénomène local et régional (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis, la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Il est alors suffisant d'être concurrentiel dans un rayon de 50km, les coûts de transports faisant que la concurrence extérieure à ce périmètre n’est pas élevée. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégée de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien plus avancés. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850. C'est à ce moment-là que disparaitra une partie des petites industries jusqu'alors protégées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négative avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent un développement industriel à moindre coût pour les patrons. Le salaire ne représentait que le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, les fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salaires est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés pour le patronat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert de moins en moins de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants, bien moins payés que les hommes ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile, où l'habilité est un atout. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des hommes adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employeur, puisque la part de population active étant plus importante, l’offre de main d'oeuvre est plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’Occident et de la révolution industrielle. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre. Il existe une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. Tout cela fait le lien avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
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		<id>https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51241</id>
		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:24:36Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et la démocratisation les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Ce coût élevé des transports favorise l'apparition d'une multitude de petites usines approvisionnant les marchés locaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière qui protège les industries locales des grandes entreprises : un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs, au début, un phénomène local et régional (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis, la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Il est alors suffisant d'être concurrentiel dans un rayon de 50km, les coûts de transports faisant que la concurrence extérieure à ce périmètre n’est pas élevée. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégée de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien plus avancés. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850. C'est à ce moment-là que disparaitra une partie des petites industries jusqu'alors protégées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négatif avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent le développement industriel. Le salaire représentait le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, des fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salariés est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert plus d’habileté que de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employer, puisque la part de population active est plus importante, l’offre de travail étant plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’occident et de la révolution industrielle. On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre. Il existe une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. Tout cela fait le lien avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
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		<author><name>195.216.219.99</name></author>
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		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
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		<updated>2022-01-08T10:17:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* L’exemple Krupp */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec la montée future des transports, seuls les plus grands résisteront et noieront les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Au début, étant donné que les usines avaient un faible rayon d’influence dû à la quantité limitée de transports fiable, on voit apparaître beaucoup de petites usines. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière, un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs un phénomène local et régional au début (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Si on arrive à être concurrentiels dans un rayon de 50km, les coûts de transports font que la concurrence n’est pas élevée, et ne vient pas d’ailleurs. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégé de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien en avancé. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négatif avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent le développement industriel. Le salaire représentait le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, des fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salariés est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert plus d’habileté que de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employer, puisque la part de population active est plus importante, l’offre de travail étant plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’occident et de la révolution industrielle. On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre. Il existe une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. Tout cela fait le lien avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51239</id>
		<title>Mécanismes structurels de la révolution industrielle</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=M%C3%A9canismes_structurels_de_la_r%C3%A9volution_industrielle&amp;diff=51239"/>
		<updated>2022-01-08T10:15:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* L’exemple Krupp */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Carnegie steel ohio panorama.jpg|center|1000px|vignette|''Industrialisation massive :'' panorama sur les usines sidérurgiques Andrew Carnegie à Youngstown dans l'Ohio, 1910.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Le coût des investissements =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’amorce de la Première révolution industrielle a mobilisé peu de capital, car le niveau technique était très bas, et limitait la nécessité de capital fixe. Peu de machines, peu d’ouvriers, un local : voilà ce dont on avait besoin à la fin du XVIIIème siècle pour monter une activité industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le capital nécessaire pour mettre un actif au travail dans la manufacture en Angleterre à la fin du XVIIIème siècle représentait 4 à 5 mois de salaire masculin, l’autofinancement est donc possible. Dans les pays du tiers-monde, en 1950, 300 à 350 mois de salaire masculin (x80 à peu près) étaient nécessaires, et ces chiffres sont toujours très élevés de nos jours. Ce faible coût s’explique par la technologie peu avancée : les machines, composées de bois et de métal pour l’essentiel, ne nécessitent pas de compétences particulières, et la main-d’œuvre requise pour construire ces machines est peu qualifiée, donc peu chère. Ce coût faible de l’investissement consacre une classe nouvelle d’entrepreneurs issus de classes artisanales. Ils impulsent ces innovations. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On emploie n’importe quel hangar pour stocker les machines. Le capital circulant – matières premières - est légèrement plus important, mais est financé par des emprunts bancaires. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les profits sont investis, entre autres, dans d’autres pays et servent à la diffusion de la révolution industrielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les profits =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Le niveau de profits réalisés est particulièrement élevé : 20-30% de taux de profit (dépendamment des secteurs évidemment) ; ceci permet l’accumulation du capital et son réinvestissement. Dans les années, 1950, ce taux tombe à 10%, puis à 5% dans les années 1970. Ces taux de profits élevés expliquent le développement des entreprises : si le capital initial est peu élevé, et peut être regroupé par des particuliers, l’accumulation financière sert par la suite à de nouveaux investissements plus importants au sein d’expériences industrielles nouvelles. Le processus d’industrialisation est donc accéléré, ainsi que le développement économique, par l’investissement et l’innovation rendus possibles. Le sens moral du pouvoir d’employer l’argent dans des activités productives marque les esprits en Angleterre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La taille des entreprises =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== L’absence d’une taille optimale ou minimale ==&lt;br /&gt;
Aujourd’hui, les entreprises doivent avoir une certaine taille pour résister aux crises, alors que durant la révolution industrielle, avec le coût d’entrée modeste, on voit une multitude de très petites entreprises en termes de capital, mais qui peuvent se permettre d’employer beaucoup de personnes, car il y a toujours de la demande et la main-d’œuvre est très peu chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Image:Alfred Krupp.jpg|thumb|180px|right|Alfred Krupp.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== L’exemple Krupp ==&lt;br /&gt;
Krupp, le géant de l’industrie allemande, va commencer avec 142 employés, ce qui est peu, même pour l’époque. L’entreprise va petit à petit s’étendre jusqu'à atteindre dans les années 1960 les 100000 employés. Au début de la révolution, la taille ne compte pas, mais avec les crises, seuls les plus grands résistent et rachètent les plus petits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les coûts de transport =&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
== Des coûts élevés : un atout au début de l’industrialisation ==&lt;br /&gt;
Jusqu’en 1840 et les bateaux à vapeur, le coût des transports est très élevé. Au début, étant donné que les usines avaient un faible rayon d’influence dû à la quantité limitée de transports fiable, on voit apparaître beaucoup de petites usines. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Les coûts de transport sont élevés et jouent comme une barrière douanière, un atout pour l’industrialisation. Ils permettent, au niveau local, un isolement des marchés. La révolution industrielle est d’ailleurs un phénomène local et régional au début (en Angleterre la région du Lancashire, soit de Manchester, en France le Nord et l’Alsace, en Espagne la Catalogne, aux États-Unis la Nouvelle-Angleterre, soit la région de Boston). Si on arrive à être concurrentiels dans un rayon de 50km, les coûts de transports font que la concurrence n’est pas élevée, et ne vient pas d’ailleurs. Les coûts de transport élevés jouent un rôle encore plus important dans le développement international puisque l’Europe est au début protégé de la concurrence anglaise, vu que les Anglais étaient bien en avancé. Cela joue le rôle de « barrières douanières ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces coûts des transports diminuent avec le développement des infrastructures et du chemin de fer au cours du XIXème siècle, notamment après 1850.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Les conditions sociales en matière d’emploi =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Lh1 03.jpg|vignette|right|200px|Carreau de mine de La Houve à Creutzwald (Lorraine).]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il y a une fluidité sociale assez importante. Les paysans qui sont tombés en faillite viennent demander du travail à l’industrie. On ne parle pas de la fluidité positive, comme le petit marchand qui devient très riche, mais plutôt négatif avec des milliers d’hommes qui cherchent un emploi à bas salaire. De plus, il n’y a aucune loi sociale pour les protéger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les bas salaires et le travail des femmes et des enfants permettent le développement industriel. Le salaire représentait le minimum nécessaire pour la survie. L’absence de frein et de protection sociale a permis d’importantes baisses de salaires ; la main-d’œuvre est fluide, des fils de paysans se dirigent ainsi vers les usines. Une autre conséquence des faibles salariés est la non-obligation de partager les profits, ce qui permet l’accumulation des capitaux et les profits élevés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’industrialisation se fait par la participation active du travail des femmes et des enfants. Évidemment, les femmes travaillaient dans l’agriculture, mais leur travail dans l’industrie est permis par le type particulier de mécanisation : celle-ci requiert plus d’habileté que de force, ce qui favorise le travail des femmes et des enfants ; la présence des femmes et de leurs filles est particulièrement marquée dans le secteur du textile. Ceci est d’autant plus avantageux puisqu’elles touchent des salaires encore plus bas que ceux des hommes. Dans un premier temps, aucune règlementation n’existe concernant le travail des enfants. De manière générale, avant que n’interviennent les lois du travail en 1840, les enfants travaillent et touchent un salaire dix fois inférieur à celui des adultes. Les avantages sont donc du côté de l’employer, puisque la part de population active est plus importante, l’offre de travail étant plus importante, les salaires diminuent. À l’époque, le salaire des femmes ne représente que le tiers du salaire des hommes. Cette période est une des pages noires de l’histoire de l’occident et de la révolution industrielle. On a deux types de patrons : ceux qui embauchent uniquement des femmes et des enfants pour payer des salaires encore plus bas, alors que dans les entreprises plus petites qui sont plus dans une mentalité paternaliste, on n’embauche que des hommes, car on a l’idée que l’homme doit être celui qui amène l’argent au foyer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= La simplicité de la technique =&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
L’acquisition des nouvelles compétences n’est pas difficile pour les ouvriers, et ce jusqu’à l’introduction de la machine à vapeur. Les paysans proto-industriels peuvent se recycler de manière rapide, et les industriels n’ont pas besoin de former la main-d’œuvre. Il existe une possibilité d’imitation des autres industries par copiage des machines. Tout cela fait le lien avec l’éducation (44% d’illettrés en Angleterre en 1830, soit 60-70% des ouvriers, alors que l’Angleterre est rentrée dans l’industrialisation depuis 70 ans, et l’éducation primaire devient obligatoire en 1880). Qui dit illettré dit forcément plus servile et moins désobéissant, l’éducation de masse est donc opposée par les lobbies d’entrepreneurs. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La conjonction de ces éléments fait que la révolution industrielle se diffuse en Europe. Après des millénaires d’immobilisme, on passe donc de sociétés agraires et rurales à des sociétés urbaines et industrielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Annexes =&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Références =&lt;br /&gt;
&amp;lt;references/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51238</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
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		<updated>2022-01-08T10:03:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Les enclosures */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un '''phénomène graduel''', et qu’il y a une '''carence de relevés statistiques'''. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à tisser sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le rôle de l’innovation==&lt;br /&gt;
===Le concept d’innovation===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en est servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’origine, se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le factory system==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’usine===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La discipline===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?=&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
==Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une attitude nouvelle : le désir de consommer===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les premiers pas d’une économie de consommation===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne l'est pas: il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, l'importance de la Noblesse décline, au profit de la bourgeoisie (statut économique &amp;gt; statut social). Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peut s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut: &amp;quot;Je ne suis peut-être pas un Noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits)&amp;quot;. On passe donc d'un statut hérité (Noblesse) à un statut acquis (fortune). Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des salaires élevés==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, les salaires augmentent ce qui permet que même les petites gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[http://mb-soft.com/believe/txn/protesta.htm Protestant Ethic]&amp;quot;. Believe: Religious Information Source&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 ([https://epub.ub.uni-muenchen.de/1366/1/weberLMU.pdf PDF]), Munich: Department of Economics University of Munich,&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&amp;amp;amp;E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;« [https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/DUFOUR/58219 Les prospérités du vice] », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La disponibilité d’énergie===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les facteurs climatiques et géographiques===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le morcellement politique===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’expansion coloniale===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La révolution industrielle : un événement inéluctable ?===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La fin progressive de la jachère===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Les élites anglaises et l’évolution du paysannat===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les gentlemen-farmers====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les enclosures====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. Cet exode rural provoque l'inversion des rapports de force entre travailleurs et patrons dans les villes: l'abondance de travailleurs fait que le rapport entre offre et demande de main d'oeuvre va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans venus chercher du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Annexes=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Références=&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51237</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51237"/>
		<updated>2022-01-08T10:02:42Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Les élites anglaises et l’évolution du paysannat */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un '''phénomène graduel''', et qu’il y a une '''carence de relevés statistiques'''. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à tisser sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le rôle de l’innovation==&lt;br /&gt;
===Le concept d’innovation===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en est servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’origine, se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le factory system==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’usine===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La discipline===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?=&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
==Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une attitude nouvelle : le désir de consommer===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les premiers pas d’une économie de consommation===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne l'est pas: il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, l'importance de la Noblesse décline, au profit de la bourgeoisie (statut économique &amp;gt; statut social). Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peut s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut: &amp;quot;Je ne suis peut-être pas un Noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits)&amp;quot;. On passe donc d'un statut hérité (Noblesse) à un statut acquis (fortune). Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des salaires élevés==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, les salaires augmentent ce qui permet que même les petites gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[http://mb-soft.com/believe/txn/protesta.htm Protestant Ethic]&amp;quot;. Believe: Religious Information Source&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 ([https://epub.ub.uni-muenchen.de/1366/1/weberLMU.pdf PDF]), Munich: Department of Economics University of Munich,&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&amp;amp;amp;E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;« [https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/DUFOUR/58219 Les prospérités du vice] », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La disponibilité d’énergie===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les facteurs climatiques et géographiques===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le morcellement politique===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’expansion coloniale===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La révolution industrielle : un événement inéluctable ?===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La fin progressive de la jachère===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Les élites anglaises et l’évolution du paysannat===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les gentlemen-farmers====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les enclosures====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. Cet exode rural provoque l'inversion des rapports de force entre travailleurs et patrons dans les villes: L'abondance de travailleurs fait que le rapport entre offre et demande de main d'oeuvre va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans venus chercher du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Annexes=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Références=&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51236</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51236"/>
		<updated>2022-01-08T09:48:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Des salaires élevés */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un '''phénomène graduel''', et qu’il y a une '''carence de relevés statistiques'''. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à tisser sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le rôle de l’innovation==&lt;br /&gt;
===Le concept d’innovation===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en est servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’origine, se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le factory system==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’usine===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La discipline===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?=&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
==Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une attitude nouvelle : le désir de consommer===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les premiers pas d’une économie de consommation===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne l'est pas: il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, l'importance de la Noblesse décline, au profit de la bourgeoisie (statut économique &amp;gt; statut social). Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peut s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut: &amp;quot;Je ne suis peut-être pas un Noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits)&amp;quot;. On passe donc d'un statut hérité (Noblesse) à un statut acquis (fortune). Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des salaires élevés==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, les salaires augmentent ce qui permet que même les petites gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts de production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[http://mb-soft.com/believe/txn/protesta.htm Protestant Ethic]&amp;quot;. Believe: Religious Information Source&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 ([https://epub.ub.uni-muenchen.de/1366/1/weberLMU.pdf PDF]), Munich: Department of Economics University of Munich,&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&amp;amp;amp;E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;« [https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/DUFOUR/58219 Les prospérités du vice] », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La disponibilité d’énergie===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les facteurs climatiques et géographiques===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le morcellement politique===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’expansion coloniale===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La révolution industrielle : un événement inéluctable ?===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La fin progressive de la jachère===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Les élites anglaises et l’évolution du paysannat===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les gentlemen-farmers====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les enclosures====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. La loi de l’offre et de la demande va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans qui cherchent du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Annexes=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Références=&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51235</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51235"/>
		<updated>2022-01-08T09:46:56Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un '''phénomène graduel''', et qu’il y a une '''carence de relevés statistiques'''. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à tisser sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le rôle de l’innovation==&lt;br /&gt;
===Le concept d’innovation===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en est servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’origine, se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le factory system==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’usine===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La discipline===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?=&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
==Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une attitude nouvelle : le désir de consommer===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les premiers pas d’une économie de consommation===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne l'est pas: il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, l'importance de la Noblesse décline, au profit de la bourgeoisie (statut économique &amp;gt; statut social). Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peut s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut: &amp;quot;Je ne suis peut-être pas un Noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits)&amp;quot;. On passe donc d'un statut hérité (Noblesse) à un statut acquis (fortune). Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des salaires élevés==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, même les petite gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts salariaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[http://mb-soft.com/believe/txn/protesta.htm Protestant Ethic]&amp;quot;. Believe: Religious Information Source&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 ([https://epub.ub.uni-muenchen.de/1366/1/weberLMU.pdf PDF]), Munich: Department of Economics University of Munich,&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&amp;amp;amp;E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;« [https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/DUFOUR/58219 Les prospérités du vice] », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La disponibilité d’énergie===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les facteurs climatiques et géographiques===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le morcellement politique===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’expansion coloniale===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La révolution industrielle : un événement inéluctable ?===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La fin progressive de la jachère===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Les élites anglaises et l’évolution du paysannat===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les gentlemen-farmers====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les enclosures====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. La loi de l’offre et de la demande va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans qui cherchent du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Annexes=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Références=&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>195.216.219.99</name></author>
	</entry>
	<entry>
		<id>https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51234</id>
		<title>Origines et causes de la révolution industrielle anglaise</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://baripedia.org/index.php?title=Origines_et_causes_de_la_r%C3%A9volution_industrielle_anglaise&amp;diff=51234"/>
		<updated>2022-01-08T09:40:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;195.216.219.99 : /* Le concept d’innovation */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Infobox Lecture&lt;br /&gt;
 | image = &lt;br /&gt;
 | image_caption = &lt;br /&gt;
 | cours = [[Histoire économique et sociale de la globalisation, 16e-21e siècles]]&lt;br /&gt;
 | faculté = [[Global Studies Institute]]&lt;br /&gt;
 | département = &lt;br /&gt;
 | professeurs = [[Michel Oris]]&lt;br /&gt;
 | enregistrement = &lt;br /&gt;
 | lectures = &lt;br /&gt;
*[[Une gigantesque paysannerie]]&lt;br /&gt;
*[[Le régime démographique ancien : l'homéostasie]]&lt;br /&gt;
*[[Structures et changements de structures : le XVIIIe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Origines et causes de la révolution industrielle anglaise]]&lt;br /&gt;
*[[Mécanismes structurels de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[La diffusion de la révolution industrielle en Europe continentale ]]&lt;br /&gt;
*[[Au-delà de l'Europe]]&lt;br /&gt;
*[[Les coûts sociaux de la révolution industrielle]]&lt;br /&gt;
*[[Introduction : les trois temps de la conjoncture]]&lt;br /&gt;
*[[Marchés nationaux et marchés mondiaux de produits]]&lt;br /&gt;
*[[La formation de systèmes migratoires mondiaux]]&lt;br /&gt;
*[[La mondialisation des marchés de l'argent]]&lt;br /&gt;
*[[La transformation des structures et des relations sociales]]&lt;br /&gt;
*[[Aux origines du tiers-monde]]&lt;br /&gt;
*[[Echecs et blocages dans les Tiers-Mondes]]&lt;br /&gt;
*[[L’organisation des rapports de production : un raccourci pour aller de la fin du XIXe au milieu du XXe siècle]]&lt;br /&gt;
*[[Les Trente Glorieuses]]&lt;br /&gt;
*[[Une nouvelle économie : 1973 - 2007]]&lt;br /&gt;
*[[Les défis de l’État-Providence]]&lt;br /&gt;
*[[Autour de la colonisation : peurs et espérances du développement]]&lt;br /&gt;
*[[Le temps des ruptures]]&lt;br /&gt;
*[[Globalisation et modes de développement dans les « tiers-mondes »]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''La révolution industrielle''' est une rupture majeure. En l’espace de moins d’un siècle, on assiste à une transformation radicale des paysages économiques et sociaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle a eu lieu en Angleterre, et non en Grande-Bretagne ou au Royaume-Uni. L’Angleterre comptait alors 6 millions d’habitants (en 1700) sur un total de 9 millions au Royaume-Uni. La révolution industrielle a été confinée en Angleterre pendant un demi-siècle, et il a fallu attendre pour que les changements qui sont survenus en Angleterre se transfèrent ailleurs. Ce processus de transfert se fait de manière différente selon les pays. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce phénomène est sans précédents historiques. Vers 1780-1790, le niveau technique de l’Angleterre n’avait jamais été atteint. L’Angleterre représente alors 1% de la pop mondiale et 10% de la production de fer. Les activités de filature, soit celles demandant le plus de main-d’œuvre, connaissent une mécanisation rapide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La question de la datation de la révolution industrielle est complexe vu que c’est un '''phénomène graduel''', et qu’il y a une '''carence de relevés statistiques'''. Pour Paul Bairoch, la révolution agriculture est la base de la révolution industrielle, mais il y a débat là-dessus. On peut placer le début de la révolution industrielle vers 1750. La genèse du terme « révolution industrielle » est bien plus tardive (le terme « révolution » n’est utilisé qu’à partir de 1789). À partir de 1884, le terme de « révolution industrielle » est consacré. Le terme révolution semble évoquer quelque chose de fulgurant, mais en réalité nous assistons ici à une série de phénomènes, à un processus lent. Cette image de la fulgurance du démarrage économique a été reprise dans les années 1960 par Rostov (« take off », décollage), pour qualifier cette révolution industrielle. Le décollage n’a en réalité pas eu lieu et s’est fait selon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les trois secteurs fondamentaux de la révolution: le textile, la sidérurgie/charbonnage et l’énergie mécanique==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Spinning jenny.jpg|200px|vignette|right|La ''Spinning-jenny'' de James Hargreaves, 1765, musée à Wuppertal, Allemagne.]]'''Le''' '''textile''' : en 1733, est inventée ‘’la navette volante’’ où avec un jeu de poids et de contrepoids, les métiers à tisser sont plus rapides et plus performants, car ils fonctionnent sans que les travailleurs n’aient à intervenir. Cela provoque un blocage économique, car il manque de fil. En 1764, on invente la ‘’spinning Jenny’’ qui est un métier à filer mécanique, qui file beaucoup plus de laine que la navette volante et beaucoup plus vite. Mais alors, on a trop de fil et les tisseurs n’arrivent pas à suivre la production de fil. La spinning Jenny effectue le travail de 30 ouvriers à la fois. Donc, pour compenser avec la production massive de fil et le surmenage des tisseurs: on invente en 1780, les premiers métiers à tisser mécaniques, qui fonctionnent à vapeur, et permettent d’utiliser tout le fil que produisent les ‘’spinning Jenny’’.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
la '''combinaison sidérurgie-charbonnage''' : en 1709, la fonte au coke est inventée par Darby. On la réalise à l’aide d’une technique d’élimination du soufre pour que la fonte soit beaucoup plus résistante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’'''énergie mécanique''' : en 1720 apparaissent les premières machines à vapeur. À partir de 1780 sont créées des machines avec lesquelles il est possible de cadencer le mouvement des machines. Ainsi, l’ouvrier sait exactement combien de temps il met pour faire une tâche et peut donc optimiser son temps en réglant les machines.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le rôle de l’innovation==&lt;br /&gt;
===Le concept d’innovation===&lt;br /&gt;
'''Une innovation''' est une invention qui répond à un besoin, elle est utile. Par exemple, on a retrouvé une pile électrique dans des fouilles babyloniennes, ils ont donc inventé la pile électrique, mais ce n’était pas une innovation, car elle n’a servi a rien, personne ne s’en est servi à l’époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La relation entre invention et industrialisation ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l’origine, se trouve une hausse de la demande de consommation en général, mais il n’y a pas de machines pour répondre à cette hausse, il n’y a pas encore de mécanisation. Donc si on doit produire plus pour répondre à la demande sans mécanique, il faut bien sûr plus de matière première, mais surtout plus de travailleurs. Mais dans ce contexte d’offre et de demande, si tous les employeurs demandent des ouvriers, les ouvriers peuvent négocier de bons salaires. Il y a donc une hausse du coût du travail. Ainsi, les prix augmentent. Donc, on va avoir besoin des inventions et les transformer en innovation pour diminuer les prix et répondre à la demande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::::PV (prix de vente) = Sa (salaire) + MP (matières premières) + E (Espérance de revenu)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si les deux premiers sont chers, et qu’on veut un prix de vente attractif, on doit réduire l’espérance de revenu, ce qui entraîne donc une forte motivation de l’innovation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le phénomène d’accélération du rythme de création technologique===&lt;br /&gt;
Une innovation crée un blocage, auquel on répond par une nouvelle innovation, qui crée à nouveau un blocage, etc., et tout cela rend la chaîne de production toujours plus efficace. Il y a également la diffusion latérale, c’est-à-dire qu’une innovation dans un domaine va être reprise dans d’autres secteurs et être adaptée à d’autres domaines. Par exemple, on utilisait la machine à vapeur pour sortir l’eau des mines. Les seaux étaient hissés de haut en bas, puis on leur a donné un mouvement rotatif, ce qui a permis le développement de la locomotive qui fonctionne sur un système de rotation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le factory system==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’usine===&lt;br /&gt;
Au lieu d’avoir des paysans qui travaillent chez eux, on les amène à l’usine. Il y a donc une révolution dans l’ordre du travail. Ce changement est dû à la mécanisation ; une machine à vapeur donne de l’énergie aux métiers à tisser, mais elle ne peut fournir de l’énergie qu’aux métiers qui sont tout proches. De plus, la machine à vapeur coûte cher, il faut donc un bâtiment pour la protéger. Donc on amène les ouvriers à la machine. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La discipline===&lt;br /&gt;
De plus, on introduit la discipline dans le travail : par exemple, les ouvriers n’ont pas envie d’aller travailler, dans l’ancien système, ils peuvent se lever plus tard et se mettre au travail quand ils le veulent. Mais avec les usines, les ouvriers doivent se régler par rapport aux heures où tournent les machines, car il faut un ouvrier derrière chaque métier à tisser. Il faut donc discipliner les ouvriers et cela va prendre plus d’un siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Angleterre?=&lt;br /&gt;
  &lt;br /&gt;
==Une révolution des consommateurs dès 18e siècle : 1700 - 1760==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Une attitude nouvelle : le désir de consommer===&lt;br /&gt;
On voit apparaître un désir de consommer. Durant cette période, on a une croissance économique sans gain de productivité. Donc, il y a plus de demande sans que l’on mécanise encore les productions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette croissance n’est pas vraiment expliquée, mais il y a deux hypothèses : la flotte britannique est très développée et aurait permis le désenclavement les îles britanniques. On amène des produits exotiques comme le chocolat, les épices, ce qui crée une envie chez le consommateur. Ainsi, on voit naître une attitude nouvelle, qui est le désir de consommer. Ce qui est intéressant, c’est que toutes les couches sociales sont concernées. Dans les inventaires de décès au 18e, où le notaire répertorie toutes les possessions d’un défunt, on voit apparaître beaucoup plus d’objets, ainsi que certains effets de mode, même chez les petits artisans : au lieu de garder les même vieux vêtements, on commence à s’acheter des habits &amp;quot;à la mode&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les premiers pas d’une économie de consommation===&lt;br /&gt;
On commence à faire croire aux gens qu’ils ont besoin d’un objet. Jusqu’au 18e, on vend via le colportage, c’est-à-dire que des vendeurs vont de village en village et proposent leurs produits (livres…). En Angleterre on crée la boutique, avec de grandes vitrines, on donne envie au consommateur. On voit naitre les publicités. On voit également naitre de nouveaux loisirs : la promenade le dimanche après la messe, on visite les boutiques par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Il y a deux changements majeurs dans la société britannique dans la première moitié du 18e siècle===&lt;br /&gt;
Le système de valeur des anglais évolue : on accorde moins d’intérêt au religieux et au moral, on valorise plus le profit matériel. On assimile le progrès au matériel : le progrès permet de mieux s’habiller, de mieux isoler son habitation…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le deuxième changement est la fluidification de la société. Au 18e siècle, on sort des blocages sociaux. Avant ça, on nait noble, ou on ne le nait pas, il est impossible de devenir noble si on n’est pas né noble. Au 18e siècle, on sort de ce système. Les nobles anglais se passionnent pour l’agriculture et investissent leur argent dans ce domaine (agroéconomie). En même temps, l’artisan qui crée des biens de consommation s’enrichit, et peu s’habiller comme un riche. Les biens de consommation permettent de changer le statut. Je ne suis peut-être pas noble, mais je me présente comme eux (beaux carrosses, beaux habits). On passe donc d'un statut hérité à un statut acquis. Ce changement de système se voit le plus aux États-Unis, où les nobles se mélangent avec les riches non-nobles, on voit d’ailleurs des aristocrates renoncer à leur noblesse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Augmentation de la production de 60% entre 1700 et 1760===&lt;br /&gt;
Sur la période allant de 1700 à 1760, la production augmente de 60%. Cette augmentation s’est faite sans machines mécaniques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Des salaires élevés==&lt;br /&gt;
Cela s’est fait avec l’emploi de plus en plus de travailleurs. Et avec la loi de la demande, même les petite gens s’enrichissent. Mais ces salaires élevés vont pousser à la mécanisation pour diminuer les coûts salariaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Pourquoi la révolution industrielle débute en Europe?=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un sentiment de supériorité et l’esprit d’ouverture ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une première explication est le sentiment de supériorité des européens sur les autres civilisations, mais en même temps un certain esprit d’ouverture. Marx explique quand dans les grands empires asiatiques, on trouve plusieurs religions dans un seul empire (Ottoman=juifs, musulmans (sunnites et chiites), bouddhistes…) alors qu’en Europe, on a un bloc catholique. On le voit par le fait qu’à la fin du Moyen-Âge, on expulse les juifs. C'est l’Europe de la chrétienté, il n’y a aucune concurrence. C’est cette unité chrétienne qui serait à la base de ce sentiment de supériorité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’Europe a toutefois absorbé une grande quantité d’inventions d’autres cultures : l’algèbre provient de l'arabe, la patate est importée des Amériques. David Landes pense que la certaine supériorité de l’Europe est due à l’alphabet : en Chine ou au Japon, il faut savoir lire des milliers de caractères, ce qui rend l’alphabétisation extrêmement difficile. Seule une élite intellectuelle est capable de lire. En Europe, c’est beaucoup plus facile, car il n’y a que vingt-six caractères à apprendre. De plus, le protestantisme demande aux fidèles de lire la Bible, ce qui contribue à l’alphabétisation&amp;lt;ref&amp;gt;&amp;quot;[http://mb-soft.com/believe/txn/protesta.htm Protestant Ethic]&amp;quot;. Believe: Religious Information Source&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Becker, Sascha O.; Wößmann, Ludger (2007), Was Weber Wrong? A Human Capital Theory of Protestant Economic History - Munich Discussion Paper No. 2007-7 ([https://epub.ub.uni-muenchen.de/1366/1/weberLMU.pdf PDF]), Munich: Department of Economics University of Munich,&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;History.com Editors. “American Women in World War II.” History.com, A&amp;amp;amp;E Television Networks, 5 Mar. 2010, www.history.com/topics/world-war-ii/american-women-in-world-war-ii-1.&amp;lt;/ref&amp;gt;&amp;lt;ref&amp;gt;« [https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/DUFOUR/58219 Les prospérités du vice] », Le Monde diplomatique,‎ 1er décembre 2017 &amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais comment les japonais ont-ils fait pour s’industrialiser s’ils ont tant de caractères à apprendre, les enfants japonais apprennent bien tous ces caractères…&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La disponibilité d’énergie===&lt;br /&gt;
L’Europe était recouverte d’immenses forêts, les cours d’eau sont abondants, il y a du vent pour les moulins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Les facteurs climatiques et géographiques===&lt;br /&gt;
L’Europe profite d’un climat relativement agréable, soi-disant plus propice au travail. Le climat tempéré présente dans tous les cas des facilités. Par exemple, il n’y a pas le problème des moussons. L’Europe profite également d’une ouverture sur la mer, or ce qui débloque la société de l’ancien régime c’est le commerce maritime à partir du XVIème siècle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Fichier:Monumento a Colón (Madrid) 02b.jpg|thumb|Colomb et la reine Isabelle Ire de Castille représentés sur un monument de la ''Plaza de Colón'' à Madrid.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Le morcellement politique===&lt;br /&gt;
Au sortir du Moyen-Âge, on a un très grand morcellement politique, et les États-nations sont constamment en compétition les uns avec les autres. Karl Marx théorise le fait qu’un empire comme la Chine ne pouvait se développer, car le pouvoir était trop centralisé, et ne permettant donc pas la progression. Il établit donc toute une théorie où les dictatures sont vouées à s’effondrer sur elles-mêmes. En Europe, les découvertes sont dues au fait qu’il y a une compétition entre les États. Par exemple, Christophe Colomb a été financé par l’Espagne, car Isabelle la Catholique désirait impressionner ses rivaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===L’expansion coloniale===&lt;br /&gt;
Ces grandes découvertes sont la base du commerce triangulaire, et ont permis le développement de l’Europe.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
Il faut noter que personne n’est d’accord sur ces éléments. Par exemple, la Suisse a été un des premiers pays à s’industrialiser, mais la Suisse n’a pas eu d’empire colonial ni d’ouverture sur la mer par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La révolution industrielle : un événement inéluctable ?===&lt;br /&gt;
On en vient à se demander si la révolution industrielle n’était pas quelque chose d’inéluctable. Pourquoi est-ce que c’est l’Angleterre, et pas l’Espagne, qui réunissait tous les éléments ci-dessus, qui a été le berceau de la révolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui est certain, c’est qu’à partir de 1760, l’Angleterre change son économie très rapidement, de telle sorte que la révolution est totalement installée en 1800. Cet évènement s’est répandu au reste de l’Europe, mais pas au-delà causant cette fracture entre l’Europe et le reste du monde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une hypothèse controversée : une révolution agricole ?==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===La fin progressive de la jachère===&lt;br /&gt;
Toute la communauté d’historiens se met d’accord pour dire qu’il n’y a pas eu de révolution agricole en Europe, dans le sens où on n’a pas connu l’invention des tracteurs et des engrais au 18e siècle. À cette époque, c’est la naissance de l’agronomie, de la culture du riz et de la pomme de terre en Europe. En Angleterre, au 18e siècle, on supprime progressivement la jachère. Jusqu’alors, l’agriculture fonctionne sur un système triennal, avec un tiers des terres en jachère permanente. Or on découvre que certaines plantes comme le trèfle permettent une régénération des sols. Et avec ces plantes comme le trèfle, qu’on fait pousser sur les terres qui auparavant étaient en jachère, on peut nourrir du bétail. Le fumier de ces animaux sert comme engrais pour les champs. Ainsi, on peut ramener les troupeaux dans les plaines, et on profite  d’une production continue. C’est la fin de la tyrannie du blé. &lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Le développement de l’agronomie et des techniques agricoles===&lt;br /&gt;
Encore une fois, les nobles s’intéressent à l’agronomie. Ils tentent des expérimentations notamment en croisant des races de vache pour avoir des races laitières ou encore des moutons qui produisent plus de laine.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
===Les élites anglaises et l’évolution du paysannat===&lt;br /&gt;
[[Image:Enclosure.jpg|thumb|right|150px|thumb|Un acte d'enclosure datant de 1793.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les gentlemen-farmers====&lt;br /&gt;
Les artisans proto-industriels possèdent de petites terres qu’ils compensent avec leur revenu dans leur petite production textile. Mais en 1760 avec l’arrivée de la spinning Jenny, ils ne peuvent pas concurrencer et font faillite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====Les enclosures====&lt;br /&gt;
Les nobles rachètent les terres des paysans qui ont fait faillite. Si le prince de Galles est le plus grand propriétaire terrien d’Angleterre, cela date de cette époque. Les paysans se regroupaient en communautés pour cultiver leur terre, mais les grands propriétaires, en rachetant les terres, mettent en place des clôtures. Les paysans en faillite demandent donc du travail aux usines, car ils n’ont plus de terre et plus de revenu. La loi de l’offre et de la demande va s’inverser, et cette fois-ci, les patrons vont pouvoir payer de bas salaires aux paysans qui cherchent du travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En d'autres termes et en paraphrasant Will Kymlicka dans son ouvrage ''Les théories de la justice : une introduction'' publié en 1999&amp;lt;ref&amp;gt;Les théories de la justice: Une introduction, La Découverte, Paris.&amp;lt;/ref&amp;gt;, {{citation|Dans l'Angleterre du XVIIème siècle, on assistait à un mouvement pour l'enclosure (l'appropriation privée) de terres jadis détenues par la communauté et accessible à tous.  Sur ces terres (les &amp;quot;communs&amp;quot;), tout à chacun  pouvait exercer un droit de pâture, de collecte du bois, etc. L'appropriation privée des communs entraîna la fortune de certains et la perte de ressource des autres, désormais privés de moyens de subsistance}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Annexes=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Références=&lt;br /&gt;
&amp;lt;references /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Category:Michel Oris]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire]]&lt;br /&gt;
[[Category:histoire économique]]&lt;br /&gt;
[[Category:2011]] &lt;br /&gt;
[[Category:2012]]  &lt;br /&gt;
[[Category:2013]] &lt;br /&gt;
[[Category:2014]]&lt;br /&gt;
[[Category:2015]]&lt;/div&gt;</summary>
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